Le régime syrien ne recule pas devant les prises d’otage


La prise d’otages a été utilisée avec un acharnement et une cruauté particulières au cours des derniers mois contre la famille du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch.

La prise en otage de citoyens innocents, une pratique couramment utilisée par les moukhabarat au début des années 1980, lorsque le régime de Hafez Al Assad cherchait par tous les moyens à éliminer de la scène locale les derniers survivants des Frères Musulmans, a connu un regain d’actualité à la faveur du mouvement de protestation contre Bachar Al Assad et son pouvoir.

Jamais totalement abandonnée, même après la succession en l’an 2000, elle fait partie de la panoplie des moyens illégitimes auxquels les services syriens n’hésitent jamais à recourir contre les opposants/adversaires/ennemis du régime.

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Harmouch annonçant sa défection

Elle a été utilisée avec un acharnement et une cruauté particulière au cours des derniers mois contre la famille du lieutenant-colonel Huseïn Harmouch. Originaire du gouvernorat d’Idlib, dans le nord de la Syrie, cet officier avait annoncé sa défection des rangs de l’armée syrienne le 9 juin dernier.

Il était apparu dans plusieurs vidéos pour justifier sa décision, dénonçant les ordres de tuer des innocents donnés aux militaires et invitant ses camarades à se ranger au côté du peuple.

Les autorités syriennes sont parvenues, au début du mois de septembre, à le récupérer dans la zone frontalière avec la Turquie, sans qu’on sache encore s’il a été livré par les autorités turques en échange de quelques combattants du PKK, livré par des agents alaouites des services de renseignements turcs ou trahi par le compatriote syrien qui lui avait fourni son logement.

Avant de diffuser ses aveux spontanés à la télévision syrienne, le 15 septembre, le régime de Bachar Al Assad s’était vengé de l’humiliation provoquée par sa fuite en arrêtant et en assassinant plusieurs membres de sa famille, parmi lesquels un enfant, qui n’avaient évidemment rien eu à voir dans la décision de l’officier.

Selon les Comités Locaux de Coordination en Syrie, dès l’annonce de sa défection, les moukhabarat et les chabbiha ont commencé à s’en prendre à ses proches, habitant comme lui le village d’Ablin, dans le Jabal al Zawiyeh, au nord-ouest d’Idlib.

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Le village d’Ablin

La première victime a été son frère, Hasan Harmouch, âgé de 33 ans, qui a été enlevé alors qu’il se rendait à Alep pour y rendre visite à des cousins. Les agents de la sécurité militaire auteurs de ce haut fait l’ont ensuite livré aux moukhabarat de l’armée de l’air, un service réputé en Syrie pour sa cruauté et ses manières expéditives, d’où est d’ailleurs issu l’actuel homme fort de la sécurité d’Etat et du renseignement en Syrie, le général Ali Mamlouk.

Les forces de sécurité ont aussi envahi la maison d’un autre de ses frères, Mohammed. Agé de 74 ans, malade et souffrant de déficit cardiaque, il a été emmené en compagnie de son fils Ahmed (30 ans) et de son gendre Mohannad (34 ans).

Sa femme, blessée à l’épaule et à la jambe par des coups de feu tirés au hasard durant l’opération, a également été kidnappée. Quelques jours plus tard, les dépouilles de Mohammed et de Mohannad ont été remises à leur famille.

Elles portaient des traces de tortures sévères. En revanche, aucune information ne lui a été transmise sur le sort de Ahmed et de sa mère. Un troisième frère, Mahmoud, âgé de 44 ans, est parvenu à fuir hors de Syrie après avoir été blessé à la jambe.

Le 8 septembre, à l’aube, des moukhabarat de différents services sont arrivés dans le village d’Ablin, habillés en civil, à bord de deux camions utilisés pour la distribution de pain. Parvenus devant la maison des Harmouch, où se cachaient plusieurs officiers ayant fait défection et ayant rallié le Mouvement des Officiers Libres Syriens, ils l’ont encerclée.

A 7 heures, des véhicules blindés et deux chars sont à leur tour arrivés sur les lieux. Ils ont bombardé et détruit la maison, faisant 5 prisonniers parmi les militaires qui s’y trouvaient.

D’autres moukhabarat appartenant au service de renseignement de l’armée de terre ont enlevé deux cousins du déserteur : Moussa Harmouch, 22 ans, et son jeune frère Hassan, 12 ans. Leurs cadavres portant des traces de sévices et de tortures ont été restitués à leur famille le jour suivant…

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Huseïn Harmouch passe aux aveux

Les Syriens, atterrés par le raffinement de cruauté des services censés assurer la sécurité de leur pays, préfèreraient que les moukhabarat consacrent leur temps et leurs efforts à déjouer les agressions et attentats commis sur le territoire syrien au cours des années écoulées.

Ils constatent que la lumière n’a jamais été faite, officiellement, sur les nombreuses opérations dont la Syrie a été le théâtre au cours de la première décennie de pouvoir de Bachar Al Assad. Et ils regrettent qu’au lieu de se dédier à leur tâche essentielle, ils passent le plus clair de leur temps à poursuivre et torturer des manifestants pacifiques ou à extirper des « aveux spontanés » à leurs prisonniers, de manière à terroriser l’ensemble de la population en faisant des uns et des autres des exemples.

P.S

20 septembre 2011

Source : http://syrie.blog.lemonde.fr/2011/0…

« Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières » –


21 septembre 2011

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communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur  la déclaration d’Etat de septembre 2011

Par « Mouvement de la Jeunesse palestinienne »

Nous, du Mouvement de la Jeunesse palestinienne (PYM), sommes résolument opposés à la proposition de reconnaissance d’un Etat palestinien dans les frontières de 1967 qui doit être présentée aux Nations Unies en ce mois de septembre par la direction officielle palestinienne. Nous croyons et nous affirmons que la déclaration d’Etat ne cherche qu’à finaliser le processus de normalisation, qui a débuté avec les accordsde /paix/ mensongers. L’initiative ne reconnaît ni n’aborde le fait que notre peuple continue de vivre sous un régime colonial dont le but est le nettoyage ethnique de notre terre et la soumission et l’exploitation de notre peuple.

‘Contre la tentative d’imposer une fausse paix sur de fausses frontières’ –

communiqué du Mouvement de la Jeunesse palestinienne sur la déclaration d’Etat de septembre 2011

Cette déclaration est une opération de sauvetage du processus de /paix/ défaillant et de dépolitisation de la lutte pour la *Palestine* en retirant la lutte de son contexte colonial historique. Les tentatives d’imposer une fausse paix par la normalisation du régime colonial n’ont fait que nous conduire à abandonner des portions croissantes de notre terre, les droits de notre peuple et nos aspirations en délégitimant et en marginalisant la lutte de notre peuple et en approfondissant sa fragmentation et sa division. Cette déclaration met en péril les droits et les aspirations de plus des deux-tiers du peuple palestinien qui vivent en tant que réfugiés dans des pays d’accueil et en exil à revenir dans leurs maisons originelles, d’où ils ont été déplacés pendant la Nakba de 1948 et postérieurement à cette date. Elle menace également la position des Palestiniens qui vivent dans les territoires occupés en 1948, qui continuent de résister tous les jours contre le nettoyage ethnique et les pratiques raciales du régime colonial. De plus, elle soutient et renforce ses partenaires palestiniens et arabes à agir comme garde-chiourmes de l’occupation et de la colonisation dans la région dans un cadre néo-colonial.

Le fondement de ce processus ne sert qu’à assurer la continuité de négociations, de la normalisation économique et sociale et de la coopération sécuritaire. La déclaration d’Etat consolidera de fausses frontières sur une petite portion de la *Palestine* historique et elle ne règle aucune des questions les plus fondamentales :*Jérusalem*, les colonies, les réfugiés, les prisonniers politiques, l’occupation, les frontières et le contrôle des ressources. Nous pensons qu’une telle déclaration d’Etat ne garantira ni ne promouvra la justice et la liberté pour les Palestiniens, ce qui signifie en soi qu’il n’y aura pas de paix durable dans la région.

De plus, cette initiative de déclaration d’Etat est présentée aux Nations Unies par des dirigeants palestiniens illégitimes qui n’ont pas été élus pour être en position de représentation du peuple palestinien dans son ensemble par un processus démocratique. Cette proposition est un produit politique que ces dirigeants ont conçu pour masquer leur échec à représenter les besoins et les désirs de leur peuple. En affirmant qu’elle réalise la volonté palestinienne à l’auto-détermination, cette direction détourne et exploite la résistance et les sa**CRIF**ices du peuple palestinien, en particulier nos frères et soeurs de *Gaza*, et elle pirate même le travail de la base populaire de la solidarité internationale, comme le travail de boycott, désinvestissement et sanctions et les initiatives telles celles de la Flottille. Cette proposition ne sert qu’à gaspiller tous les efforts entrepris pour isoler le régime colonial et le tenir pour responsable.

Que la proposition pour la reconnaissance de l’Etat soit acceptée ou non, nous appelons les Palestiniens, dans notre patrie occupée et dans les pays de refuge et d’exil, à rester engagés et convaincus de la valeur de notre lutte et déterminés à la défendre par leurs droits et leurs responsabilités. Nous appelons les gens libres du monde et les alliés du peuple palestinien à exercer une véritable solidarité avec la lutte palestinienne anti-coloniale en ne prenant pas position sur la déclaration d’Etat mais plutôt en continuant à tenir *Israël* pour  responsable par le boycott sous toutes ses formes, économique,  académique et culturel, le désinvestissement et les sanctions.

 *Jusqu’au retour et à la libération,*

*Conseil central international Mouvement de la Jeunesse palestinienne.*

adresse email : pym@pal-youth.org <mailto:pym@pal-youth.org>
site web : www.pal-youth.org <http://www.pal-youth.org> <http://www.pal-youth.org>   <http://pal-youth.org/>

Source : Palestinian Youth Movement<http://pal-youth.org/>