Coupe de l’UEFA junior : Pas en Israël !


publié le samedi 8 octobre 2011

Le quotidien britannique The Guardian a publié mercredi une lettre de personnalités demandant aux dirigeants du football européen de ne pas aller jouer la coupe de foot des moins de 21 ans en Israël.

La place d’Israël dans la communauté des nations

Ceux qui dirigent le football européen doivent répondre à un appel des Palestiniens leur demandant de renoncer à jouer en Israel le championnat européen 2013 du foot junior.

Un Etat qui se sert de sa puissance militaire pour voler des terres, qu’il occupe et exploite illégalement, qui viole le droit international et se moque des résolutions de l’ONU, ne peut prétendre à faire normalement partie de la communauté des nations, même si les puissances occidentales continuent à considérer Israël comme un allié.

Au cours du championnat des juniors qui s’est déroulé au Danemark en juin 2011, 42 clubs de foot de la bande de Gaza, soutenus par un grand nombre d’associations sportives, ont écrit au président de l’UEFA, Michel Platini, pour lui demander de ne « pas récompenser Israël pour sa violente répression des droits Palestiniens ».

Nous appelons l’UEFA à répondre positivement à cette requête. »

  •  Stephane Hessel, diplomate
  •  Ken Loach, réalisateur de films
  •  Michael Mansfield, avocat
  •  Miriam Margolyes, acteur
  •  Nurit Peled, Israélienne, Prix Sakharov 2011 pour la Liberté de Pensée
  •  John Pilger, journaliste et réalisateur de films
  •  Ahdaf Soueif, rommancier et commentateur politique et culturel
  •  Jean Ziegler, vice-president, de la Commission des Nations Unis pour les Droits de l’Homme http://www.guardian.co.uk/world/2011/oct/05/israel-palestinians (Traduit par CAPJPO-EuroPalestine)

Indignés à Bruxelles: deux témoignages de Facebook


09 Octobre 2011

Par  » Dominique Couturier

J´étais enseignante en milieu rural. Maintenant j´agis dans le domaine associatif.

 « Je ne veux voir qu’une seule tête ». C’est ce qu’on pourrait attribuer comme attitude aux autorités belges, en ce qui concerne leur réaction face aux Indignés qui viennent protester dans la capitale européenne. De même que l’occupation à proximité de Wall Street fait « désordre » et qu’on les a repoussés un peu plus loin, on ne permet pas aux contestataires, aussi pacifiques soient-ils de choisir leur façon de s’afficher… S’exprimer, oui, mais dans les strictes limites de ce que leur autorise notre monde formaté.

Premier témoignage: Victor

Les Marches sont arrivées un peu après 19 h. Après la bienvenue et les interviews, et après que la nuit soit tombée et que la pluie ait cessé, on a commencé une assembée. L’assemblée a décidé que ceux des Indignés qui désiraient camper dans le parc Elisabeth y resteraient.

Composé de marcheurs des deux itinéraires, d’habitants de la Belgique, ainsi que de personnes qui s’étaient jointes pour faire du « tourisme indigné », un groupe numériquement assez important a résisté pacifiquement en formant une  « pomme de pin » (ndlt: une grappe humaine unie, chaque individu s’aggrippant à ses voisins).

La police a commencé à agir de façon assez correcte pour une intervention policière, sans se servir de violence extrême. J’ai apprécié que parmi la plupart des policiers anti-émeutes de Bruxelles on respectait l’humanité. La situation s’est conclue par la raffle de la « grappe » dans un autobus; auparavant, la police les avait encerclés pour les séparer de la multitude qui était arrivée pour protester. On a essayé d’arrêter le bus, mais ça n’a pas marché; ça n’a fait que le ralentir sur 150 m.

La police de Bruxelles ne lésine pas sur les moyens et se déplaçait avec des chiens, des bouteilles de gaz lacrymogène, des matraques, des flics en civil armés de matraques pliantes…, et n’hésitait pas à agir de façon stricte et ferme pour mener à bien l’expulsion, éloigner les gens du chemin de l’autobus, ainsi qu’arrêter les exaltés.

Finalement, nous, la plupart des Indignés avons fini dans l’Université atribuée par les autorités. A noter cette anecdote: quelques-uns se faufilèrent dans des zones interdites de l’édifice universitaire, et le concierge les y enferma par mégarde.

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Témoignage de Álvaro

Bruxelles comme tu es belle.
Salut, gens du monde nouveau.
Je suis un de ceux qui ont marché jusqu’à Bruxelles.
Aujourd’hui nous sommes arrivés au parc Elisabeth et ils nous ont déjà expulsés pour la première fois. Cela fait une semaine qu’on se doute qu’on va faire beaucoup parler, et pas seulement sur ce qu’on débattra en Agora…
Nous avons été traînes dans la boue, tirés par les cheveux, trompés, matraqués et mordus par leurs chiens (au sens propre: ils se sont servis des chiens contre nous).

ET ILS NOUS ONT MENTI, parce que quand nous étions assis, et qu’ils nous encerclaient, ils nous ont dit que tout ce dispositif policier était dû au fait que nous étions un groupe numériquement important « potentiellement dangereux » (sic).
Ils nous ont dit que si nous nous séparions en groupes de moins de cinq  il n’y aurait plus de problème. Tenant compte de ça, nous nous nous sommes mis en groupes de 4 personnes agrippées les unes aux autres.. Et ce tas de f*ls de p*t*s en ont profité pour commencer le « massacre »…

Plus ou moins 50 arrestations, 20 blessés, mais demain matin à la première heure ils seront libresssss, je ne sais pas jusqu’à quand.
Demain, plus d’infos sur Youtube.
Allez le 15 Octobre!

A retrouver, l’original en espagnol sur le groupe  15M: Marche Bruselas

Une émission sur la Palestine déclenche une polémique avec la communauté juive


En cause : un numéro du magazine "Un oeil sur la planète" diffusé lundi et intitulé "Un Etat palestinien est-il encore possible ?".

En cause : un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».AP/CHRISTOPHE ENA

La diffusion sur France 2 d’une émission sur les territoires palestiniens a déclenché une polémique, obligeant la direction de la chaîne à rencontrer prochainement l’ambassadeur d’Israël et les représentants de la communauté juive en France, a indiqué samedi 8 octobre le groupe public.

« Des rendez-vous ont été pris entre l’ambassadeur d’Israël et le CRIF (le Conseil représentatif des institutions juives de France, ndlr), et le président de FranceTélévisions Rémy Pflimlin, avec Thierry Thuillier« , le directeur de l’information de France Télévisions, a indiqué la chaîne. A l’origine de cette polémique, un numéro du magazine « Un oeil sur la planète » diffusé lundi et intitulé « Un Etat palestinien est-il encore possible ? ».

« INTENSE ÉMOTION ET UNE STUPÉFACTION ÉCOEURÉE »

Cette émission « a entraîné au sein de la communauté juive une intense émotion et une stupéfaction écoeurée », a déclaré le président du CRIF, Richard Prasquier, dans une lettre ouverte à Rémy Pflimlin. Il a jugé que l’équipe qui l’a réalisée « a présenté, d’un conflit complexe, une image caricaturale et unilatérale »« en distordant les causalités, en ridiculisant l’adversaire, sans éviter les insinuations à la limite des théories conspirationistes antisémites ». M. Prasquier a demandé derencontrer Rémy Pflimlin.

L’ambassade d’Israël à Paris n’était pas joignable samedi, jour du Yom Kippour, leGrand Pardon, la fête la plus importante du judaïsme. Un groupe a parallèlement été créé sur Facebook, « Boycott France Télévisions », demandant que la chaîne« revienne sur cette émission et présente des excuses ».

MENACES PHYSIQUES

Le rédacteur en chef de l’émission, Patrick Boitet, s’est expliqué dans une interview au Parisien : « Nous avons fait notre travail de journalistes avec rigueur (…) Pour le Proche-Orient, les opinions s’enflamment facilement. Mais là, c’est exagéré ». Il raconte avoir reçu « 800 mails » cette semaine, « où nous sommes traités de petits nazillons ». Le présentateur de l’émission, Etienne Leenhardt, aurait pas ailleurs été physiquement menacé.

Le journaliste de France télévisions spécialiste du Proche-Orient, Charles Anderlin,s’est fendu d’un article sur son blog intitulé « Bonjour les censeurs ». Il y fustige la polémique, estimant que « cela s’appelle de la censure et c’est une atteinte intolérable au droit d’informer. »

Syrie, dans les coulisses de l’enfer


Le Point.fr – Publié le 08/10/2011 à 15:01
La journaliste Sofia Amara a filmé clandestinement les acteurs de la révolution syrienne et les risques auxquels ils s’exposent.

Syrie, dans les coulisses de l'enferDes manifestants brandissent un drapeau d’indépendance à Homs. © – / arte

Sofia Amara, 43 ans, est la première journaliste indépendante à avoir pu filmer la révolte syrienne. C’était en août dernier. De Damas à Hama en passant par Homs et Rastan, elle a pu suivre clandestinement le travail au quotidien des comités de coordination de la révolution, rencontrer des officiers résistants et mesurer la violence des sanctions. Son documentaire, Syrie, dans l’enfer de la répression, diffusé mardi 11 octobre à 20 h 40 sur Arte, est le journal de bord de ce périple à haut risque. Pour Le Point.fr, elle raconte les coulisses de ces images exclusives.

Le Point.fr : La Syrie est interdite aux médias étrangers. Comment avez-vous pu tourner votre documentaire ?

Sofia Amara : Je suis entrée avec un visa touristique, sans mentionner mon statut de journaliste. Mais, comme une femme seule éveille forcément les soupçons, une collègue qui parle également l’arabe m’a accompagnée du 4 au 15 août. Pour les autorités, nous étions des touristes pro-syriennes et pro-Hezbollah.

C’était risqué…

Oui, mais il fallait que je voie ce qu’il se passait réellement. Et surtout, que je rapporte des preuves. C’est un pays qui connaît la terreur depuis 40 ans. Aujourd’hui, avec le Printemps arabe, la chute de Moubarak en Égypte, la soif de liberté, le peuple se soulève et doit affronter de nouvelles atrocités. J’avais surtout peur pour mes guides, à qui j’ai fait prendre beaucoup de risques. Mais la peur est partout en Syrie. Diffuse, elle vous quitte parfois, mais vous rattrape toujours. C’est l’instrument maître de Bachar el-Assad. Je me souviens d’un réfugié qui vivait en France depuis des années et qui me disait : « Je vais mourir avec cette peur. »

Qu’avez-vous observé pendant ces deux semaines ?

Pour moi, qui connais bien le pays, c’était très surprenant de voir qu’une population qui a vécu des dizaines d’années dans la méfiance, dans l’oppression, sans possibilité de tisser des liens sociaux sûrs, peut se lever comme un seul homme et prendre autant de risques. N’importe qui peut être indic là-bas. Un enfant, une jeune femme… Ils sont cachés partout. Mais j’ai surtout rétabli la vérité sur les idées fausses véhiculées par le pouvoir via la télévision officielle. D’une part, ce ne sont pas des communautaires à la botte de l’Arabie saoudite qui mènent la révolte. Et d’autre part, les révolutionnaires ne sont pas armés. Ils souhaitent avant tout rester pacifistes et militent pour un État laïc.

Comment s’organise la révolte ?

La population n’ayant pas le droit de se réunir, les manifestations s’organisent principalement via les réseaux sociaux. Les responsables des comités de coordination comme Omar, que j’ai suivi dans son quotidien, ont des pages secrètes sur Facebook, sur lesquelles ils échangent les principales informations, les slogans… Certains, comme on le voit dans le film, sont aussi sur le terrain. Mais ceux qui se sont fait repérer doivent désormais se contenter d’agir derrière l’écran. Comme cette jeune Homsienne qui envoie les vidéos des activistes torturés à Human Rights Watch pour le « jour où le régime aura à rendre des comptes au Tribunal pénal de la Haye ». Des pages Facebook favorables au régime de Bachar el-Assad demandent aujourd’hui la liquidation pure et simple de cette jeune fille. Al Jazeera joue aussi un rôle fondamental en diffusant régulièrement des vidéos consignées par les coordinateurs. Mais il faut composer avec les interruptions d’Internet et de téléphone. À chaque fois que l’armée entre dans une ville, elle coupe tout.

À Rastan, vous avez rencontré des membres de l’armée en résistance, que risquent-ils ?

Ce sont les « militaires de l’armée libre ». Ils considèrent que l’armée syrienne, c’est eux, et non pas ceux qui restent dans les rangs du pouvoir. Comme ils ont juré fidélité à la nation et au peuple, c’est leur devoir de les protéger. Au mois d’août, cette armée était composée d’à peu près 400 personnes. Aujourd’hui, je sais qu’elle a fortement augmenté. Mais ces hommes qui vivent dans la clandestinité sont activement recherchés… Et terminent pendus s’ils se font rattraper.

Des témoignages évoquent aussi la torture pratiquée dans les hôpitaux militaires…

J’ai en effet pu filmer des médecins, des chirurgiens qui m’ont fait part des atrocités pratiquées dans l’enceinte de ces centres. Lors des manifestations, tous les blessés sont traqués par les gens de la sûreté et rapatriés dans ces lieux de torture. Si le blessé insiste pour aller dans une clinique privée, on lui tire dessus. À l’hôpital, on vous questionne pour que vous balanciez les membres des comités d’organisation, on vous torture pendant des heures, on vous humilie… Puis les hommes de la sûreté s’amusent comme bon leur semble avant de, peut-être, vous achever. Tout dépend sur qui vous tombez. C’est la « roulette syrienne ».

Washington demande aujourd’hui à Bachar el-Assad de partir. Six mois après le début de la contestation, quel est l’état d’esprit des Syriens ?

Ils n’attendaient qu’une chose quand j’y étais : un geste ou une parole de la communauté internationale pour condamner ce massacre quotidien. Après autant d’années de terreur, beaucoup estiment ne plus rien avoir à perdre. Pour les Syriens, la révolution est orpheline, puisqu’elle n’a ni père ni mère. Le peuple ne peut compter que sur lui-même. Et sur Dieu. Je n’ai plus qu’à espérer qu’ils aillent au bout de leur révolte et qu’ils fassent tomber la dictature. Car je pense qu’ils ont raison : « les moitiés de révolution reviennent à un suicide »…


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