Affrontement diplomatique au Conseil de sécurité sur la Syrie


OLJ/Agences | 15/10/2011 | 09h45

Une session à huis clos du Conseil de sécurité des Nations Unies a tourné vendredi à l’affrontement diplomatique sur la Syrie entre les pays européens et la Russie et la Chine, qui ont opposé leur veto à une résolution condamnant la répression. De sources diplomatiques, on rapporte que les ambassadeurs de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne et du Portugal ont apporté leur soutien à un rapport émanant de Navi Pillay, haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, qui a réclamé une protection internationale pour les civils en Syrie.

« Les partisans du silence du Conseil de sécurité devraient tirer les conclusions de la poursuite de la répression », a notamment déclaré l’ambassadeur de France, Gérard Araud, dont les propos sont rapportés par la mission permanente de la France auprès de l’ONU sur son compte Twitter (@FranceOnu). Le diplomate français visait explicitement la Russie et la Chine, qui ont opposé leur veto il y a dix jours à un projet de résolution préparé par les Européens qui condamnait la poursuite de la répression menée par le régime de Bachar el-Assad. Le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud, qui se sont abstenus lors du vote du 4 octobre, étaient également concernés par l’interpellation du diplomate français, dont l’intervention a provoqué l’irritation de la délégation russe.

Alexander Pankine, ambassadeur adjoint de la Russie auprès des Nations Unies, lui a reproché de ne pas avoir respecté les procédures en évoquant un point qui ne figurait « pas à l’ordre du jour de la réunion ». L’ambassadeur chinois a fait valoir pour sa part que la déclaration de Navi Pillay ne constituait pas une réponse à une requête du Conseil de sécurité, et que celui-ci n’avait donc pas à s’en saisir.

La réunion de vendredi devait porter sur le rapport mensuel établi par le département des Affaires publiques de l’ONU sur les affaires et les conflits mondiaux.

« La situation (en Syrie) se détériore rapidement », a affirmé Jose Filipe Moraes Cabral, l’ambassadeur du Portugal. « Le conseil (de sécurité) devrait y revenir », a-t-il ajouté. « Depuis que le double veto a été mis, la situation a continué d’être extrêmement préoccupante », a confirmé l’ambassadeur d’Allemagne, Peter Wittig, ajoutant qu’il avait indiqué à ses partenaires du Conseil de sécurité que le rapport de Navi Pillay « dressait un tableau très lugubre de la répression qui se poursuit ».

Dans ce document publié vendredi à Genève, le haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme met en garde contre un risque de « guerre civile totale » en Syrie. Relevant que les violences ont fait plus de 3.000 morts, dont au moins 187 enfants, depuis le début du soulèvement contre le régime syrien en mars dernier, il réclame une initiative internationale pour que cesse l' »impitoyable répression » du mouvement de contestation.

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Complot iranien présumé : C’est le prélude d’une guerre pour The Independent


Le journal britannique The Independent a mis en garde contre l’affaire montée du soi-disant complot iranien contre l’Arabie Saoudite, estimant que « l’administration américaine s’est impliquée dans un parcours qui la conduira à déclarer la guerre à l’Iran

« Ceux à qui profiteront ce soi-disant plan ne peuvent tromper personne. Ce sont bien les nouveaux conservateurs, et les partisans fanatiques d’Israël, lesquels ne se sont pas lassés de prôner la guerre contre l’Iran », écrit un chroniqueur du journal Patrick Cockburn.

Et de mettre en doute l’histoire du présumé complot : « les allégations selon lesquelles l’Iran a recruté un vendeur de voitures d’occasion et un ancien condamné pour faux-chèques pour faire assassiner l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis par des bandes de trafiquants de drogue mexicaines ne sont pas compatibles avec la performance connue des services de renseignements iraniens ».

Une histoire incompatible avec la perfomance des Iraniens

Cockburn trouve qu’il y a une similitude entre elles et celles de Collin Powell en 2003 sur les armes de destructions massives en Irak qui n’ont jamais été retrouvés.

Qualifiant le plan d’étranger, l’analyste insiste qu’il est incompatible avec la performance connue des services de renseignements iraniens.Il décèle dans la version racontée des lacunes que les Iraniens ne peuvent commettre : celle par exemple qu’elle est facilement déchiffrable. Selon lui, généralement le Corps des gardiens de la révolution, accusés aussi par les Américains, fait toujours en sorte que la responsabilité des actions qu’il commandite ne soit pas imputée à l’Iran. En fonctionnant par l’intermédiaire d’un proxy. Donc, il ne peut avoir recruté ce vendeur de voitures d’occasion. Ni lui avoir envoyé de l’argent via une banque connue pour ses relations avec le carter mexicain de la drogue, et qui serait donc cous controle.

Le complot présumé: saboter une réconciliation

Pour sa part Mohammad -Sadek Husseini, analyste iranien arabophone célèbre dans le monde arabe, a donné une toute autre interprétation des intentions américaines de cette histoire. Excluant le scénario d’une guerre.

Interrogé par notre site AlManar, il confirme des informations selon lesquelles une réconciliation irano-saoudienne était sur le point d’avoir lieu.

La veille de l’annonce américaine de ce présumé complot, l’AFP avait bel et bien déclaré qu’une rencontre entre l’Arabie, le Koweït et l’Iran devrait se tenir pour dissiper des différents sur un litige frontalier. ( voir l’information sur notre site)
Selon Husseini, Washington qui a essuyé plusieurs revers au Moyen Orient œuvre pour se venger des Iraniens.
Sur la scène irakienne, il relève son incapacité à obtenir des Irakiens le prolongement de ses forces jusqu’en 2016, ou au moins l’immunité pour ceux qui vont rester. L’intransigeance irakienne est imputée aux Iraniens par les Américains qui voudraient faire exploser les liens entre les arabes et les Iraniens, poursuit-il.

L’Arabie aurait-elle le même programme d’Israël?

Interrogé sur la réaction de l’Arabie, Husseini estime qu’elle a une nouvelle fois échoué dans sa lecture des évènements dans le monde arabe. « Les saoudiens n’ont pas attrapé l’idée que les américains et les occidentaux ont échoué dans leur tentative de faire renverser Bachar ElAssad ».

Il s’est également étonné que Riad n’ait pas pu voir la main sioniste alors que la version américaine parle de complots contre les deux ambassades saoudienne et israélienne. « L’Arabie aurait le même programme que celui d’Israël ? » s’est-il interrogé, lui conseillant d’être plus rationnelle, de faire confiance à ses voisins musulmans, de ne pas tomber dans l’iranophobie et de ne pas remplacer l’ennemi israélien par l’Iran pour inciter les Arabes.

Husseini s’est également attendu à ce que les indices que les Américains disent vouloir présenter bientôt soient aussi fallacieux que ceux du Tribunal spécial pour le Liban et ceux sur la Syrie.
Et de conclure : « Ce sont tous des programmes qui tournent dans le même cercle, celui de porter atteinte à la résistance, à se piliers et ses parties, en Iran, en Syrie, au Liban, et en Palestine… Le but étant de clore une fois pour toute le dossier du conflit islamo-sioniste »