Libye : retour sur huit mois d’insurrection


Le Point.fr – Publié le 20/10/2011 à 17:49 – Modifié le 20/10/2011 à 20:14
La contestation avait débuté le 15 février. Depuis, les combats ont fait rage entre rebelles et soutiens de l’ancien Guide, jusqu’à sa capture et sa mort, le 20 octobre

Source AFP

Retrouvez les dates-clés depuis le début de l’insurrection le 15 février, contre le régime de Muammar Kadhafi en Libye. Le dirigeant déchu a été capturé jeudi à Syrte et gravement blessé, selon un commandant des forces du nouveau régime dans cette ville. Les autorités officielles ont ensuite annoncé qu’il était mort.

FÉVRIER 2011

– 15-19 : Manifestations contre le régime, violemment réprimées à Benghazi et Al Baïda (est). L’insurrection s’étend.

– 21-22 : Les ministres de la Justice Moustapha Abdel Jalil et de l’Intérieur Abdel Fatah Younès rejoignent la rébellion. Des dizaines de personnalités politiques et militaires feront de même.

– 23-25 : La zone allant de la frontière égyptienne jusqu’à Ajdabiya, comprenant Tobrouk et Benghazi, passe aux mains des insurgés.

MARS

– 10 : La France est le premier pays à reconnaître le Conseil national de transition (CNT), créé fin février par l’opposition à Benghazi.

– 17 : L’ONU autorise un recours à la force contre les pro-Kadhafi pour protéger les civils.

– 18-19 : Les pro-Kadhafi attaquent Benghazi, « capitale » des rebelles. La coalition passe à l’offensive en bombardant les pro-Kadhafi, qui se replient vers l’ouest.

– 31 : L’Otan prend les commandes de l’opération « Protecteur unifié ».

AVRIL

– 20 : Après Londres, Paris et Rome envoient des conseillers militaires auprès du CNT. L’Égypte et les États-Unis suivront.

MAI

– 11 : Après deux mois de siège et de combats, la rébellion prend l’aéroport de Misrata (est de Tripoli).

JUIN

– 29 : La France reconnaît avoir parachuté des armes aux rebelles dans les montagnes de Nefoussa (sud-ouest de Tripoli). Début juillet, offensive rebelle depuis cette région.

JUILLET

– 15 : Le Groupe de contact, pilote politique de l’intervention, reconnaît le CNT comme « l’autorité gouvernementale légitime ».

– 28 : Assassinat du général Younès, chef d’état-major de la rébellion.

AOÛT

– 9 : Le régime accuse l’Otan d’avoir tué 85 civils dans des raids dans l’Ouest.

– 20 : Début de l’offensive rebelle sur Tripoli, avec l’appui aérien de l’Otan. Le 23, prise de la résidence de Bab al-Aziziya, QG de Kadhafi, qui était depuis en fuite.

SEPTEMBRE

– 1er : L’ONU et les grandes puissances débloquent pour le CNT 15 milliards de dollars d’avoirs libyens gelés.

– 9 : Kadhafi, son fils Seif al-Islam et son beau-frère Abdallah al-Senoussi sont visés par une « notice rouge » d’Interpol après un mandat d’arrêt de la CPI.

– 15 : Nicolas Sarkozy et David Cameron se rendent en Libye.

– 16 : L’ONU reconnaît le CNT.

– 20 : La « révolution » a fait 25 000 morts (président du CNT Moustapha Abdel Jalil).

– 21 : Les forces du nouveau régime conquièrent Sebha et Waddan, dans le sud désertique.

OCTOBRE

– 9 et 11 : À Syrte, percée majeure des pro-CNT avec la prise de l’université et du centre de conférences Ouagadougou, puis du QG de la police.

– 13 : Réouverture partielle de l’espace aérien. Redémarrage du gazoduc Greenstream entre la Libye et l’Italie.

– 17 : Bani Walid, au sud-est de Tripoli, « totalement libérée » (commandant pro-CNT).

– 18 : Visite surprise à Tripoli de la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.

– 19 : Le numéro deux du CNT, Mahmoud Jibril, se dit inquiet de la bataille politique à venir qui pourrait faire sombrer le pays dans le « chaos ».

– 20 : Un haut responsable militaire du Conseil national de transition (CNT) annonce la chute de Syrte, dernier bastion du régime déchu.

Les nouvelles autorités annoncent la mort de Muammar Kadhafi, capturé à Syrte et gravement blessé.

AFP

A Walaja, la cueillette des olives de cette année pourrait bien être la dernière


Nigel O’Connor
The Palestine Monitor

Cette semaine, dans toute la Cisjordanie, la cueillette des olives a commencé, des populations quittant leur travail dans les villes
et venant dans les villages pour aider à la cueillette.
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La route du Mur qui va encercler al-Walaja.
Photo Nigel O’Connor.

Bien des agriculteurs sont confrontés aux restrictions imposées par les FDI, (Forces de défense israéliennes, ou plutôt FOI, Forces d’occupation israéliennes – ndt) pour savoir quand et où ils peuvent faire leurs cueillettes, en raison de la prolifération des colonies et des avant-postes israéliens.

Pour les villageois d’al-Walaja, village proche de Bethléhem, la cueillette se trouve assombrie par le fait que l’an prochain, ils vont être séparés de leurs terres une fois qu’Israël aura terminé la construction de son Mur de séparation. La route du Mur fera tout le tour du village, sauf à un endroit pour une route d’accès.

Le 23 août, la Cour suprême d’Israël a rejeté la plainte déposée contre le tracé prévu pour la route du Mur qui en fait va annexer près de 5000 dunums (500 hectares, ou 1250 acres) de terres agricoles du village.

Vendredi, dans une manifestation de soutien, des Palestiniens et internationaux ont aidé les agriculteurs à cueillir les olives sur les oliviers qui se trouvent au-delà du tracé envisagé pour le mur.

Des actions de solidarité ont été organisées par ISM (Mouvement international de solidarité), une organisation créée par le candidat à la présidentielle palestinienne, le Dr Mustafa Barghouthi.

Le Dr Barghouthi a participé à la cueillette et remercié les volontaires pour l’importance de leur participation.

«  Nous sommes ici parce que le mur israélien va empêcher la population de faire les cueillettes à cet endroit » dit-il. « Le mur est en train d’entourer le village et d’isoler complètement les villageois de leur communauté ».

Samedi matin, des soldats israéliens s’étaient regroupés près du lieu de la cueillette et les agriculteurs s’attendaient à ce qu’ils leur disent de partir de leurs terres.

Pour le Dr Barghouthi, c’est la forte présence internationale qui les a dissuadés de tenter toute action. « C’était un acte de solidarité très important », dit-il.



S’exprimant sur The Palestine Monitor en septembre, une habitante d’al-Walaja, Sheerin al-Araj, a dit que son village représentait un microcosme de l’histoire moderne de la Palestine.

« A l’origine, notre village possédait 18 000 dunums de terres » a-t-elle dit tout en manifestant contre la construction du Mur de séparation. « La guerre d’Indépendance d’Israël en 1948 nous a pris 11 000 dunums ». Le Mur va réduire les terres du village encore beaucoup plus.

Avec la guerre des Six Jours et l’occupation israélienne de Cisjordanie et de la bande de Gaza, les limites communales de Jérusalem ont été étendues afin de prendre de nouveaux territoires. Les colonies de Gilo et de Har Gilo se sont implantées.

« Depuis 1967, nous avons deux colonies, une route et une voie ferrée. Une fois que le Mur sera construit, il nous restera seulement 2200 dunums » a dit Sheerin.

Depuis la Deuxième Intifada et la paralysie qui en a suivi de l’économie de la Cisjordanie, bien des Palestiniens sont devenus extrêmement dépendants pour assurer les récoltes et cueillettes dans leurs exploitations familiales.

Dans la période qui a précédé la cueillette des olives, les colons israéliens ont souvent pris pour cibles les villages qui leur sont voisins en arrachant, détruisant ou brûlant les arbres. Pour al-Walaja, ce sont les FDI, avec la complicité de la Cour suprême d’Israël qui vont couper les villageois de leurs arbres et de leurs terres.

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En pointillés orange, tracé du mur existant.
En pointillés bleus, tracé du mur à venir.
En violet, projet de colonisation.
Source : PNN

17 octobre 2011 – The Palestine Monitor – traduction : JPP


Candidature de la Palestine à l’ONU : vote possible le 11 novembre

Le Conseil de sécurité de l’ONU pourrait voter le 11 novembre sur la candidature des Palestiniens à un siège permanent à l’organisation, a-t-on appris hier auprès d’un diplomate occidental de haut rang. Une réunion d’information des quinze pays membres du Conseil de sécurité sur l’état d’avancement de l’examen de la candidature palestinienne s’est déroulée mardi d’une façon « harmonieuse », a-t-il expliqué. Il y aura encore une réunion au niveau des ambassadeurs le 3 novembre, puis une réunion formelle le 11 novembre qui, si les Palestiniens le souhaitent, pourrait déboucher sur une mise au vote, a-t-il poursuivi. Les discussions sur la candidature palestinienne à l’ONU se poursuivent parallèlement aux efforts du quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union européenne, ONU, Russie) pour relancer un dialogue israélo-palestinien gelé depuis plus d’un an. Le quartette se réunira séparément avec des représentants israéliens et palestiniens le 26 octobre à Jérusalem.


http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/727812/Candidature_de_la_Palestine_a_l%27ONU+%3A_vote_possible_le_11_novembre.html

Gilad Shalit, les prisonniers palestiniens et le « sang sur les mains »


mardi 18 octobre 2011, par Alain Gresh
Blog du Monde diplomtique

On ne peut que se féliciter, sur le plan humain, de la libération de l’« otage » Gilad Shalit, rendu à sa famille et à ses proches après cinq ans de captivité. On peut toutefois s’étonner de la place accordée à cet événement par nombre de médias, avec des envoyés spéciaux dans son village natal, attendant son retour, interrogeant les habitants, partageant l’émotion générale.

Si la joie des Palestiniens est également montrée – et c’est une bonne chose –, on partage en revanche rarement celle d’une famille précise, celle d’une femme retrouvant son mari (certains prisonniers croupissaient dans les geôles israéliennes depuis plus de trente ans – j’ai bien dit trente ans –, un tiers ont été arrêtés avant les accords d’Oslo de 1993), d’un fils retrouvant son père dont il ne se remémore même pas le visage.

L’une des remarques qui reviennent sans cesse dans les médias est que ces gens que l’on libère ont « du sang sur les mains ». Il est étonnant de voir ainsi repris l’un des thèmes de la propagande israélienne, qui parle, elle, de « sang juif sur les mains ».

Oui, nombre de prisonniers ont participé à des actions contre des militaires et même des civils israéliens. C’était aussi le cas des combattants du Front de libération nationale (FLN) algérien et du Congrès national africain (ANC) sud-africain : tous deux ont menés des actions armées, tous deux ont commis des actes « terroristes » (attaques contre des cafés, des civils, etc.). Nelson Mandela, présenté aujourd’hui comme une sorte d’icône du pacifisme, était considéré comme un terroriste par les Etats-Unis et le Royaume-Uni ; Amnesty International avait refusé de l’adopter comme « prisonnier de conscience » parce qu’il prônait la violence.

La question essentielle qui ne sera pas posée : est-ce que l’attaque contre Gaza de décembre 2008, durant laquelle des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis, ne signifie pas que l’armée israélienne a « du sang sur les mains » ? Sans parler de l’invasion du Liban de 1982, qui a fait des milliers de victimes civiles, ou de la guerre contre ce même pays en 2006, qui a causé 1 400 morts.

L’un des arguments les plus fallacieux utilisés concernant les prisonniers palestiniens est qu’ils sont passés devant des tribunaux, qu’Israël est un pays démocratique, que sa justice est indépendante, etc. Tous ceux qui connaissent un peu le système judiciaire de ce pays savent que cela est parfaitement faux – sans même parler des prisonniers “administratifs”, que l’on maintient en détention sans procès, mais « légalement ». Ce serait un sujet intéressant pour les médias d’enquêter là-dessus.

Pour revenir sur l’émotion qui semble saisir les médias occidentaux devant la libération de Shalit, espérons qu’ils feront preuve de la même compassion pour le Franco-Palestinien Salah Hamouri, emprisonné depuis bientôt sept ans à la suite d’un procès qui était ainsi résumé par Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères : « Je déplore que les autorités israéliennes n’aient pas pris de décision de remise de peine, d’autant que les aveux faits à l’audience n’ont été corroborés par aucun élément de preuve. Je mesure la peine de sa famille, alors qu’il est à présent en âge de s’investir dans des études. Je comprends également que l’intéressé a fait le choix de ne pas solliciter de demande de grâce. C’est une attitude respectable. » Et que de nombreuses chaînes de télévision couvriront en direct sa libération…

http://blog.mondediplo.net/2011-10-18-Gilad-Shalit-les-prisonniers-palestiniens-et-le