Tunisie : Le message de justice sociale basé sur l’islam a fait mouche


Les raisons d’une victoire

LOOS,BAUDOUIN

LeSoir

Jeudi 27 octobre 2011

La scène se passe à Foussana, dans le sud-ouest tunisien, mais elle s’est répétée ailleurs. Alors que nous demandions la couleur de son vote à un vieux monsieur très digne, ancien éleveur de moutons, illettré et patriarche d’une famille de huit enfants, il nous répondit comme si cela coulait de source : « Ennahda, car ce sont de bons musulmans. »

Cette perception n’est sans doute pas qu’intuitive. L’imposant succès du parti islamiste tunisien repose sur une série d’éléments parmi lesquels la bonne réputation de ses membres. Beaucoup des cadres d’Ennahda jouissent d’une réputation de gens honnêtes, dévoués. Ce sont souvent des personnes qualifiées (avocats, médecins, pharmaciens, instituteurs, etc.) connues pour aider les plus nécessiteux.

D’autres perceptions populaires ont fondé le succès islamiste. Comme celle qui fait d’eux les vrais résistants à Ben Ali, l’autocrate honni, qui les a en effet poursuivis de sa vindicte, avec une cruauté sans merci. Dans les quartiers, chacun savait que telle personne, par exemple, avait été emprisonnée pendant huit ans et abominablement torturée, le plus souvent sans avoir même commis le moindre délit. Une empathie naturelle s’ensuivait.

Enfin, en sus d’une discipline sans faille et d’un zèle militant de tous les instants, les membres d’Ennahda véhiculent un message de justice sociale basé sur l’islam, cette référence perçue comme endogène, comme provenant des entrailles mêmes d’une société profondément croyante.

Cela fait-il un programme politique ? Non. L’honnêteté, certes, constituerait déjà un changement considérable par rapport au système Ben Ali bâti sur la corruption. Mais encore ? L’islamisme, en général, malgré son aspiration à la justice sociale, n’a rien, bien au contraire, contre le libéralisme. Le programme officiel d’Ennahda n’innove guère. Il promeut ainsi « une économie de marché sociale et solidaire, fondée sur la complémentarité des secteurs privé, public et solidaire »…

Bonnes intentions

Le volet économique comporte surtout une brochette d’excellentes intentions. Et peu de chiffres. L’un d’eux interpelle : 590.000. C’est le nombre d’emplois, qui résorberait presque tout le chômage, que le parti veut créer d’ici à 2016. A financer « à 67 % par l’épargne nationale ».

Là où « on » l’attend, à savoir sur la coercition religieuse, Ennahda se présente comme un modèle de vertu, si l’on ose dire. « L’islam constitue un référentiel fondamental et modéré. » Le programme veut « préserver et consolider les acquis de la femme (…) », « assurer l’égalité des chances entre la femme et l’homme pour l’occupation des postes à responsabilités administratives et politiques », « protéger la liberté de la femme contre toute imposition de style vestimentaire ». Etc.

A croire qu’il conviendrait de leur accorder le bon Dieu sans confession ! Sous bénéfice d’inventaire, tout de même…

Syrie: le caricaturiste Farzat dédie son prix aux « martyrs de la liberté »


Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense

Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».
Le célèbre caricaturiste syrien Ali Ferzat, récompensé jeudi par le prestigieux prix Sakharov du Parlement européen, a dédié sa récompense « aux martyrs de la liberté ».

« Je partage cette récompense avec tous ceux qui sont épris de liberté et de démocratie. Elle suscite l’espoir dans l’avenir », a déclaré à l’AFP M. Farzat joint par téléphone à Koweït.
« La liberté est un message que se renvoient les générations.

Je dédie cette récompense à tous les martyrs qui ont donné leur vie pour la liberté et qui nous ont appris la culture de la liberté », a-t-il ajouté.
« Je leur suis reconnaissant, ainsi qu’aux (militants) dans la rue qui, partout dans le monde, recherchent la liberté, la démocratie et la dignité », a-t-il poursuivi.
La Syrie est secouée depuis la mi-mars par un mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président Bachar al-Assad. Plus de 3.000 personnes ont été tuées par la répression menée par le régime, selon l’ONU.
Le 25 août, M. Farzat avait été enlevé et frappé à Damas par des membres des services de sécurité masqués et des miliciens du régime d’Assad. Il avait subi notamment des fractures aux mains.
Outre M. Farzat, le Parlement européen a décerné son Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit à quatre autres militants du Printemps arabe.
Les autres lauréats sont le protestataire tunisien Mohamed Bouazizi –honoré à titre posthume–, la militante égyptienne Asmaa Mahfouz, le dissident libyen Ahmed al-Zubair Ahmed al-Sanusi, l’avocate syrienne Razan Zeitouneh.

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