On avait mis le feu à leur tente et ils s’étaient installés dans cette maison vide il y a deux semaines
Telecomix Syria, l’information syrienne qui contourne la censure
Après l’Egypte et la Tunisie, Telecomix a trouvé son nouveau cheval de bataille : la liberté d’accès à internet en Syrie et donc par association, la liberté d’information. C’est de là qu’est né Telecomix : Syria, portail d’accès à de multiples sites d’actualités traitant de la situation en Syrie. Un peu à la manière d’un Google Actu, le site référence les articles par titres avant de basculer les internautes sur les sites sources.
“La plupart des gens qui participent à ce projet, ne savaient pas grand-chose sur la Syrie, mais s’intéressent à la liberté. On a donc décidé de nous y mettre sur notre temps libre” a confié “itsnotabigtruck”, hacker membre de Telecomix, cité par Internet sans frontières, qui constate simplement que “la Syrie est un des exemples les plus flagrants d’un pouvoir qui réprime son peuple”. D’où une volonté de casser les barrières et d’offrir une chance aux Syriens de contourner la censure. Un de ses “collègues” “Kheops” développe un peu plus les objectifs de Telecomix sur le site Reflets.info. Il explique que le but de l’ “opération Syria” (OP Syria) était avant tout d’apprendre aux Syriens à s’exprimer sur la toile sans risquer de se faire repérer, par l’usage de logiciels, de protocoles sécurisés, en évitant de laisser traîner des données personnelles sur le net et enfin d’apprendre à faire suivre vidéos et déclarations personnelles sans risquer de dévoiler la source.
Il a donc fallu contacter un maximum de Syriens tout en contournant quelques difficultés : comment toucher le plus grand nombre, obtenir leur confiance et surtout leur éviter de mettre les destinataires en danger en les contactant. La solution des réseaux sociaux a vite été écartée et c’est par un envoi massif de spams (en anglais et en arabe) qu’a opéré Telecomix, dans la nuit du 11 au 12 aout. Les adresses e-mail des destinataires avaient été récupérées sur le net. Le document a tout de même été relayé sur Twitter par la suite. Le message, allait droit au but :
Cher peuple de Syrie, combattants pour la démocratie
Nous sommes Telecomix, “hacktivistes” (contraction de “hacker” et “activiste” ndlr) combattant pour la circulations de l’information.
Vous trouverez en pièce-jointe, un tutoriel qui pourra vous aider à communiquer et à diffuser des informations. S’il vous plaît lisez-le attentivement. Diffusez-le autant que vous le pouvez, de n’importe quelle façon. La démocratie et la liberté sont en jeu. Nous avons lutté contre la censure afin que ce message vous parvienne.
Avec des sentiments libertaires,
Salutations
Telecomix.
Afin d’enfoncer le clou et faire comprendre aux Syriens qu’il ne s’agissait ni d’une plaisanterie, ni d’une tentative de manipulation de la part du gouvernement, Telecomix a lancé par la suite un premier site internet distillant nombre de conseils pour surfer sur internet et y communiquer en toute tranquillité mettant à disposition des logiciels de protection à télécharger. Le site disposait par ailleurs d’un lien pour accéder au chat IRC de Telecomix. Peu de temps après le lancement du site (le 5 septembre), l’afflux de connexions en provenance de Syrie sur le salon de discussions fit très vite comprendre au groupe que son opération était un succès. Désormais les Syriens ont la possibilité de se renseigner entre eux, d’échanger leur point de vue sur la situation, grâce à des chats totalement sécurisés et même se parler de vive voix sur des logiciels dérivés de Skype, un logiciel de traduction (un bot plus précisément) a été mis au point pour permettre aux Européens et Américains impliqués de discuter avec la population sur place.
Plus que jamais, internet vient jouer un rôle primordial dans l’information et l’organisation. Le très important travail des membres de Telecomix permet aux Syriens de prendre le relais petit à petit. Le site d’information récemment lancé vient ponctuer l’immense tâche accomplie et “démocratise” un peu plus l’information. Mais les “hacktivistes” le savent, leur travail n’est pas encore terminé.
Syrie: « Confessions » télévisées et manipulations
Par LEXPRESS.fr, publié le 06/10/2011 à 18:16
une jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni a été ehibée à la télévision syrienne le 5 octobre pour démentir les informations sur sa mort brutale dénoncée par desassociations de défense des droits de l’Homme.Copie d’écran de la télévision syrienneUne opposante, un colonel et une ambassadrice qui réapparaissent à la télévision syrienne pour discréditer les contempteurs du régime de Bachar al-Assad. La bataille de la désinformation bat son plein à Damas.
Forte du soutien de la Russie et de la Chine à l’ONU, la Syrie, en marge de la brutale répression qu’elle exerce contre ses opposants, mène une nouvelle fois la bataille sur le plan de la communication.
On se souvient de la vraie-fausse défection de l’ambassadrice de Syrie à Paris, Lamia Chakkour, en juin dernier. Selon plusieurs connaisseurs de la Syrie, il s’agissait d’une manipulation des services de renseignement de Damas visant à discréditer la chaîne d’information internationale France 24, jugée hostile au régime de Bachar al-Assad.
Le même scénario pourrait s’être reproduit, visant cette fois les organisations de défense de droits de l’Homme, avec l’apparition à la télévision syrienne, mercredi soir, d’une jeune fille présentée comme Zaïnab al-Hosni, pour démentir les informations sur sa mort brutale.
Amnesty, Human rights Watch et Zaïnab al-Hosni
L’histoire de cette jeune fille avait fait le tour du monde en septembre, après l’annonce par des organisations internationales des droits de l’Homme de la découverte de son corps décapité et démembré. « J’ai fui ma famille car mes frères me battaient. Mes parents ne savent pas où je suis », a affirmé ce mercredi cette jeune fille à la télévision syrienne. Vêtue de noir, elle a montré une carte d’identité avec le nom de Zaïnab al-Hosni.
« La famille de Zaïnab al-Hosni a confirmé que la jeune femme apparue à la télévision syrienne était bien Zaïnab al-Hosni », ont reconnu les organisations de défense des droits de l’Homme Amnesty international et Human Rights Watch (HRW). Amnesty et HRW « regrettent cette erreur d’identification » et affirment que l’erreur est venue de la famille qui pensait effectivement avoir reconnu le corps de Zaïnab. L’identité de la victime enterrée par la famille al-Hosni demeure inconnue, et les deux organisations ont appelé à une enquête indépendante pour déterminer qui elle est.
Un site pro-syrien en français
Les deux organisations qui ont demandé aux autorités de pouvoir se rendre en Syrie pour pouvoir enquêter sur ce cas et sur d’autres suspects, rappellent qu’elles sont interdites d’accès depuis le début de l’insurrection populaire en mars.
Amnesty avait annoncé que la jeune fille avait été enlevée par des hommes en civil le 27 juillet, apparemment pour faire pression sur son frère Mohammad qui participait à l’organisation de manifestations à Homs. Le 13 septembre, leurs parents ont été convoqués dans un hôpital militaire pour récupérer le corps de Mohammad, apparemment torturé et mort en détention. Ils ont alors découvert un corps, mutilé et défiguré, qu’ils ont cru être celui de Zaïnab mais ils n’ont été autorisés à le récupérer qu’après avoir signé un document selon lequel leurs enfants ont été tués par une « bande armée ».
Les opposants harcelés à l’étranger
Parallèlement à cette affaire, l’ambassade syrienne à Washington s’en est pris mercredi aux « allégations fausses » d’Amnesty international, selon laquelle le régime de Bachar el-Assad harcèle et menace des opposants en Europe et en Amérique.
Amnesty citait les cas de plus de 30 militants au Canada, au Chili, en France, en Allemagne, en Espagne, en Suède, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. « Rapport haineux », selon l’ambassade, qui évoque des « histoires inventées de toutes pièces ».
Le colonel Hussein Harmouche enlevé en Turquie?
Le mois dernier, un autre cas de vraie-fausse information a entouré la disparition du colonel Hussein Harmouche en Turquie, où il avait trouvé refuge, et sa réapparition à la télévision syrienne. La télévision publique a diffusé le 15 septembre des déclarations de cet officier qui avait fait défection au printemps. Début juin, Hussein Harmouche avait annoncé sa désertion dans une vidéo diffusée par des sites internet et des chaînes de télévision arabes en expliquant son « refus de tuer des civils sans armes ».
Pour l’opposition, le colonel Harmouche a vraisemblablement été kidnappé en Turquie et ramené de force au pays. Dans l’entretien diffusé par la télévision syrienne, Hussein Harmouche affirme avoir décidé de « rentrer » en Syrie de son propre chef et nie avoir été forcé d’ouvrir le feu sur des civils. Le 8 septembre, le frère de Hussein Harmouche était mort quelques heures après son arrestation dans le village d’Abline, dans le nord-ouest du pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Les indignés arrivent à Bruxelles
Venus de toute l’Europe pour le début d’une nouvelle ère
Nous vous encourageons tous à nous rejoindre, à participer ou à initier des assemblées populaires là où vous vivez. Il est grand temps de nous réapproprier l’espace public, notre liberté d’expression et les rennes de nos vies. Pour nous, nos enfants et la survie de l’humanité.
Littéralement,
Badi Baltazar
Exclusivité OummaTV : Le père de la fille agressée à Vigneux témoigne
Contrairement au communiqué de Sammy Ghozlan président du Bureau National de Propagation de l’Antisémitisme qui parle d’« une l’agression antisémite commise par des groupes de jeunes filles décrites comme maghrébine, qui ont insulté, battu, blessé des membres de la communauté juive de Vigneux », c’est en fait totalement l’inverse qui s’est produit, comme le prouve le témoignage en exclusivité sur OummaTV du père de la victime.
Steve Jobs n’était qu’un simple mortel

Steve Jobs, le co-fondateur d’Apple, n’est plus. Avec son décès à l’âge de 56 ans, disparaît l’un des pionniers de la révolution technologique de la fin du 20e et début du 21e siècle. Retour sur la success story d’un homme devenu une légende…vivante.






Est-ce un signe? Au lendemain de la présentation de l’iPhone 4S, la première Keynote en son absence, Steve Jobs a tiré sa révérence. Un départ qu’Apple a salué par ces mots. « Apple a perdu un génie visionnaire et créatif, et le monde a vu partir un extraordinaire être humain. Ceux d’entre nous qui ont eu la chance de connaître et de travailler avec Steve ont perdu un ami cher et un véritable mentor. Steve laisse derrière lui une entreprise que lui seul aurait pu fonder et son esprit fera à jamais partie des fondements d’Apple ».
Au travers de ce message, la société de Cupertino ne s’y trompe pas. Elle vient de perdre son emblème historique, véritable icône associée à jamais à cette pomme croquée à pleine dent, dont ce végétarien raffolait et qui lui rappelait son enfance passée dans les pommeraies d’Oregon. À l’exception de son meilleur ami/ennemi Bill Gates, jamais un dirigeant n’aura autant incarné une société, fondée avec son ami Steve Wozniak au milieu des années septante et qui fera de lui, à 27 ans à peine, le membre le plus jeune du Fortune 400, le club mondial des personnes les plus riches de la planète.
Orphelin
Si aujourd’hui Jobs a fait de son bébé la première capitalisation boursière du marché américain, ex-aequo avec ExxonMobil, ils n’ont pas toujours fait cause commune. Cet orphelin de San Francisco, adopté par Paul et Clara Jobs peu après sa naissance, fut débarqué en 1985 de sa propre société pour avoir mal estimé les ventes du Macintosh, le premier ordinateur grand public lancé en 1984 mais distancé par l’IBM PC, et fait naître chez ses collaborateurs une certaine rancoeur en raison d’un management agressif et exigeant de plus en plus critiqué.
Le divorce
Comble du comble, Jobs sera éjecté par John Sculley, celui-là même qu’il avait débauché de Pepsi, le convainquant qu’il valait mieux saisir une chance de sauver le monde que de passer le reste de ses jours à vendre de l’eau sucrée. Placardisé par Sculley, Jobs se dévêtira dans la foulée de son costume de président honorifique en même temps qu’il ravalera son égo, lui qui était définit comme le plus grand égotiste de la Silicon Valley. La vente d’un cinquième de ses actions lui rapportera 20 millions de dollars et en dépit d’avoir été « Steved » (de l’expression « to be Steved » qui signifie « être viré de sa propre entreprise »), il débauchera cinq cadres de son ancienne boîte, provoquant l’ire de Sculley. Bien qu’ébranlé par cette éviction, Jobs créera NeXT en 1986, mais surtout, réalisera, sans le savoir, un coup fumant en rachetant à LucasFilm les studios d’animation Pixar, évitant à George Lucas de vendre le label Star Wars pour payer son divorce.
Révolution en marche
Vingt ans plus tard, Jobs revendra la boîte (dont il est l’actionnaire majoritaire à hauteur de 50,7%) créatrice de Toy Story, de Monsters & Cie ou du Monde de Nemo pour quelques 7,4 milliards de dollars à Disney. Entre-temps, ce père de quatre enfants avait réintégré, par la grande porte, son bureau du 1, Infinite Loop de Cupertino où il fut appelé à la rescousse pour « apporter une grande expérience et du tissu cicatriciel ». Apple, dont l’action avait atteint en 1996 son niveau le plus bas depuis 12 ans, aspirait contre 430 millions de dollars le NeXT de son désormais super conseiller qui empochait au passage 1,5 millions d’actions. La révolution était en marche.
iMac G3
« La solution pour Apple n’est pas dans la réduction des coûts. La solution pour Apple est dans l’innovation », dira-t-il à son retour, point de départ d’une nouvelle ère du design Apple. Le Mac du 20e anniversaire est la première oeuvre de Jon Ive, embauché pour redynamiser le design des ordinateurs Apple. Il préfigurait l’iMac G3, commercialisé en août 1998, et qui marquera définitivement le renouveau de la marque avec la combinaison, dans un seul et même boitier, d’un écran 15 pouces et d’une unité centrale. Livré avec un clavier et une souris s’accordant à la couleur du boîtier, l’iMac G3 réunit ce que Jobs avait retenu de sa première période Apple (l’importance du design) et de sa période NeXT (primauté du logiciel sur le matériel).
Le monde en « i »
Une combinaison gagnante qui va lancer la marque et, en quelques années, envahir l’univers multimédia. En 2001, sortait le premier iPod, ce baladeur numérique à disque dur (les déclinaisons utilisent une mémoire flash) dont la gestion s’effectue depuis le logiciel iTunes qui contient la plate-forme iTunes Store, devenu rapidement incontournable dans le département de l’achat en ligne de musique et d’autres contenus. Une révolution chez Apple, qui va voir son core business profondément modifié, et dans le monde de la musique. L’iPhone, lancé en 2007, va ensuite définitivement changer la face d’Apple, devenu bien plus qu’un fabricant d’ordinateurs.
Santé et bourse
Si la santé financière d’Apple est au beau fixe, celle de son illustre créateur vacille. En 2003, une tumeur maligne au pancréas est diagnostiquée. Une forme rare de cancer pancréatique qui emportera, deux ans plus tard, Jef Raskin, le père du Mac. De rumeurs en communiqués officiels, de congés maladies en séjours à l’hôpital, la société se pose des questions sur l’état de santé de sa tête pensante. De son sauveur. S’il reste tantôt discret, tantôt rassurant, tantôt en aveu d’une transplantation du foie en 2009, chacune de ses apparitions déclenche son lot de questions et crispe la valeur des actions boursières, qui fluctuent en fonction du bulletin médical de son charismatique dirigeant.
Devenu trop maigre pour être bien portant, flottant dans son traditionnel et célèbre col roulé sombre sur blue-jean clair, Steve Jobs multiplie les absences et confie à Tim Cook la gestion quotidienne du groupe. Sa dernière apparition surprise au WWDC de San Francisco à l’occasion du lancement de l’iPad 2 en mars dernier a dissipé les derniers doutes sur son état de santé. Et sa démission le 24 août dernier a fait figure de premier avis nécrologique, que la diffusion de photos volées, le montrant mourant, viendra renforcer. En nous quittant, Jobs rappelle qu’il appartient à cette espèce de « mere mortals », comme il aimait définir les utilisateurs Apple lors de ses célèbres discours. Oui, Steve Jobs est un simple mortel. On l’avait presque oublié.
L.S., correspondant à Los Angeles.
Un registre de condoléances est ouvert au public à l’adresse suivante: rememberingsteve@apple.com


- Lire aussi: Apple annonce la mort de son cofondateur Steve Jobs
- Lire aussi: « Steve va énormément nous manquer »
Hommages à Steve Jobs- Lire aussi: Le site d’Apple rend hommage à Steve Jobs
- Lire aussi: Les dates clés de l’histoire d’Apple
Steve Jobs (1955-2011)
Apple: l’histoire en 10 Mac
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Les opposants syriens pourchassés jusqu’à Paris
| 03.10.11 | 14h39 • Mis à jour le 04.10.11 | 08h02
Loin de Rastan, dont l’armée syrienne a repris le contrôle ce week-end au prix de dizaines de morts et de cinq jours de bombardements à l’arme lourde. Loin d’Istanbul où l’opposition syrienne au régime de Bachar Al-Assad a mis en place un Conseil national de 190 membres. Si loin, mais si semblable. Le sort de la révolution syrienne, qui a débuté le 15 mars dernier, se joue aussi à Paris, théâtre d’une guerre de l’ombre menée par les moukhabarat, les redoutés et pléthoriques services de renseignement syriens. Dans un rapport publié mardi 4 octobre, Amnesty International s’inquiète de ces pratiques de fichage et d’intimidation, qui peuvent aller jusqu’à l’agression brutale.
La scène se répète tous les week-ends sur la place du Châtelet. A 17 heures, plusieurs dizaines de Syriens et de sympathisants à leur cause se rassemblent autour de la fontaine. Ils déploient drapeaux, affiches et photos dénonçant la dictature et la répression en Syrie. L’atmosphère paraît chaleureuse, fervente. Tout ce que risquent ces manifestants, se dit-on, est l’indifférence.
Un œil plus exercé remarquera le manège des mouchards qui tournent à pied ou en voiture, filmant l’assistance avec leurs téléphones portables. Le 26 août dernier, Azad Namo s’occupait de la sono. « J’ai entendu une insulte. Soudain, des mains ont empoigné mon visage par derrière. Je me suis débattu, une femme a tenté de me mordre. Quand j’ai chuté au sol, au moins cinq personnes, deux jeunes hommes, deux jeunes femmes et une femme plus âgée, me donnaient des coups de pied, de poing. » Azad, photographe de formation, a quitté la Syrie en 2008 à la suite d’un séjour en prison de deux mois et demi pour avoir célébré le Nouvel An kurde. Militant de la cause de ce peuple, il est aussi un membre de la Déclaration de Damas, une coalition d’opposants.
Les deux policiers en civil affectés à la protection du rassemblement du 26 août, autorisé par la préfecture, sont vite débordés par l’irruption des casseurs. Pendant qu’Azad se faisait agresser, plusieurs manifestants sont pris simultanément à partie par des « infiltrés », qui crient des slogans à la gloire du président syrien.
Shevan Amhani est également roué de coups. Agé de 31 ans, il vit en France depuis 11 ans, où il est responsable d’exploitation dans une société de transports. Ce jeune cadre à l’allure soignée n’avait jamais milité avant la révolution. Depuis qu’il participe à des rassemblements, il reçoit des courriels où ses interlocuteurs, toujours anonymes, le menacent : « Même là où tu es, on t’aura. »

Le président syrien Bachar Al-Assad à Damas, le 20 juin 2011.AP
Neuf perturbateurs sont finalement appréhendés. Un policier confie à Azad qu’au moins deux d’entre eux détiennent des passeports diplomatiques. Shevan, Azad et Georgette Alam, elle aussi agressée, se rendent au commissariat du 2e arrondissement pour porter plainte. Le commissaire leur demande d’identifier leurs agresseurs : « Je ne voulais pas, raconte-t-il. Mais il a insisté. Quand je suis monté dans le fourgon, ils m’ont insulté et menacé en arabe. Ils me filmaient avec leur téléphone. J’en ai reconnu quatre qui m’avaient personnellement frappé. » Les agresseurs demandent à porter plainte à leur tour. Quelques heures plus tard, tout le monde est relâché.
Shevan, Azad et Georgette se font raccompagner par Salem Hassan, un militant kurde et membre fondateur de la Déclaration de Damas, et Mohamad Taha, cheville ouvrière du Comité de coordination de Paris pour le soutien à la révolution syrienne. Arrivés rue Lafayette, une voiture rouge pile à leur hauteur. Quatre hommes en descendent, armés de battes de base-ball. « Ils disaient : « Alors, fils de putes, vous faites des manifestations ? », se souvient Mohamad Taha. D’autres sont arrivés. Je me suis retrouvé immobilisé au sol, pendant qu’un homme cognait ma tête contre le trottoir. » Il a cru mourir quand il a vu la voiture rouge manoeuvrer pour l’écraser. Dans un sursaut, il se dégage et gagne un café, où Georgette et les autres ont pu se réfugier. Une vingtaine de personnes les assiègent. « Un film d’horreur, complète Mohamad. Soudain, j’ai compris ce que vivaient les Syriens au jour le jour. Je n’aurais jamais imaginé qu’il y avait des chabiha (milice de civils armés pro-régime) à Paris. J’ai reconnu au moins deux agresseurs du Châtelet. Ils nous avaient suivis. » Seuls deux assaillants ont pu être interpellés.
« PRÉTEXTE DE L’IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE »
Shevan, Mohamad et Salem, sérieusement blessés et couverts de sang, passent la nuit à l’hôpital Lariboisière. Au petit matin, ils vont porter plainte au commissariat du 9e, d’où ils voient, médusés, deux de leurs agresseurs sortir, libres. Depuis, la peur s’est installée, même si les militants démocrates continuent de se mobiliser par des manifestations et en diffusant les informations et vidéos qu’ils reçoivent du pays. Georgette passe son temps à consulter son rétroviseur quand elle se gare dans un parking.
« Je n’avais pas conscience de prendre un risque ici », assure cette gérante d’un restaurant oriental de 43 ans, installée à Paris depuis 1985. Mohamad, lui, sursaute dès qu’on l’approche de trop près. La famille d’Azad Namo a appris ses mésaventures parisiennes par une visite des hommes au blouson de cuir. « Mon frère m’a appelé pour me dire : « S’il te plaît, toi tu es loin, ne nous fais pas d’ennuis. »« , raconte Azad. Les vieux parents du pianiste Malek Jandali, réfugié aux Etats-Unis, ont été violemment battus à Homs. Le frère de Radwan Ziadeh, un chef de file de l’opposition en exil, a été arrêté le 30 août à Damas.
L’avocate des victimes des deux tabassages du 26 août, Me Seve Aïdin, met en garde : « Je ne pourrais pas comprendre que les agresseurs présumés ne soient pas traduits en justice sous prétexte de l’immunité diplomatique. » Contrairement à Washington et Londres, le Quai d’Orsay n’a pas convoqué l’ambassadeur de Syrie pour lui exprimer son indignation. Paris a nié que les Syriens impliqués, réputés appartenir à la belle-famille de Maher Al-Assad, le frère du président, détiennent des passeports diplomatiques. Volonté de discrétion, crainte de représailles sur l’ambassadeur de France à Damas, agressé la semaine dernière par des manifestants pro-régime ? « Nous avons de très bonnes raisons de croire que l’ambassade syrienne à Paris est impliquée », assure Neil Sammonds, le coordinateur de l’enquête d’Amnesty International, qui énumère 30 cas dans huit pays, révélant le caractère systématique de la surveillance et du harcèlement.
La pratique n’est pas nouvelle. Déjà en 1982, une manifestation, entre le boulevard Saint-Germain et le siège de l’Unesco, contre le massacre de Hama avait été sauvagement attaquée par des dizaines d’agents syriens, venus spécialement de Damas. Rencontré samedi à la manifestation place du Châtelet, Salim Al-Awabdeh s’en souvient très bien : il porte encore des blessures aux mains.
Christophe Ayad
Vendredi 7 octobre pour les prisonniers palestiniens en grève de la faim
ce vendredi de 18H à 19H devant la Bourse pour manifester notre soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim… n’oubliez pas vos calicots!
http://www.facebook.com/event.php?eid=255217504521655
Pour ceux qui ont le temps, une manif pour l’Afghanistan est organisée au même lieu, une heure plus tôt.
Les Indignés convergent vers Bruxelles
mercredi 05 octobre 2011, 09:16
De « 300 à 500 » marcheurs se sont fixé rendez-vous dans la capitale pour organiser une journée anticapitaliste et une rencontre avec la population.
Plusieurs marches pacifiques d’Indignés convergent en ce moment même vers Bruxelles. Venus d’Espagne, du Luxembourg, de France, d’Allemagne, du Royaume-Uni ou des Pays-bas, « 300 à 500 » marcheurs se sont fixé rendez-vous dans la capitale le 8 octobre.
Les Indignés ont l’intention d’y organiser une journée anticapitaliste le 12 octobre. Le 15, ils comptent partir à la rencontre de la population lors d’un grand rassemblement. Son parcours reste à fixer en accord avec la police. L’objectif est notamment de manifester devant les institutions européennes.
« Pas de message commun, pas de porte-parole », insiste un des leurs, le Bruxellois Amaury Ghijselings. « Chacun aura l’occasion de formuler des solutions pour changer de cap et poser les bases d’une autre société ».
(P.Ma)
Chomsky parle de “Occupy Wall Street” et de l’effondrement imminent d’Israël
Dr. Ashraf Ezzat – Pyramidion
Chomsky partage avec clarté ses réflexions sur les manifestations à Wall street et prédit que la pauvreté et le chômage vont se développer dans les mêmes proportions que pendant la grande dépression ; il parle de l’énorme montant que les dépenses de la campagne présidentielle de 2012 vont atteindre et dit que ceux qui sont au Congrès ou à la Maison Blanche ne méritent plus leur place mais l’achètent et il explique que l’assassinat d’Osama Bin Laden marque un tournant dans la politique américaine : a l’époque de Bush on enlevait et torturait celui que la CIA considérait comme une menace aux USA, sous Obama, on est passé à « aussitôt vu aussitôt abattu » en violation de toute légalité.
Il précise que le meurtre d’Osama Bin Laden a été commis d’une manière qui a fortement irrité et peut-être impliqué l’armée pakistanaise, ce qu’il trouve extrêmement dangereux.
Quant au printemps arabe, Chomsky dit que les USA et ses alliés occidentaux n’ont pas soutenu les révolutions tunisiennes et égyptiennes, au contraire ils s’y sont opposés en soutenant les dictateurs jusqu’à la dernière minute, puis ils ont changé de politique après leur chute.
En raison du fait qu’il met tous ses espoirs dans le seul soutien des USA « l’état sioniste risque de s’effondrer si se soutien lui était retiré totalement ou partiellement —tout à fait comme l’Afrique du Sud du temps de l’apartheid », dit Chomsky qui rappelle que les Africanders s’étaient sentis assez en sécurité pour ignorer l’embargo de l’ONU et le retrait des entreprises de leur pays pendant les années 1980, tout le temps que l’administration de Reagan les soutenait. Mais dès que les USA lui ont retiré leur soutien, le régime d’apartheid s’est effondré.
« Cela fait 35 ans que les USA et Israël rejettent une accord politique qui est virtuellement soutenu par le monde entier. Il y a environ deux mois, il y a eu une réunion de l’oligarchie israélienne —ceux qui dirigent l’économie israélienne, » explique Chomsky, » et ils ont conseillé au gouvernement d’accepter une résolution de ce genre parce que sinon Israël sera, comme ils disent transformée en Afrique du Sud ; elle sera encore plus isolée, à cause des boycotts, des refus de charger leurs navires, et leur économie s’écroulera. »