HUMOUR: Le vrai visage de Nicolas Sarkozy 2012, juste hilarant !


Publicités

Syrie : au nom de l’opposition, Ghalioun demande que le dossier soit renvoyé à l’ONU


| Un commentaire

burhan-ghalioun-fig.jpg
Dans une interview publié dans Le Figaro, le président du Conseil national syrien (CNS), qui regroupe les principales formations d’opposition au régime de Bashar el-Assad, demande également aux déserteurs de l’Armée syrienne libre (ASL) de ne pas mener des opérations armées pour éviter une guerre civile.

Burhan Ghalioun, 66 ans, reçoit dans son appartement du Kremlin-Bicêtre près de Paris, aménagé en diwan damascène avec ses tapis d’Orient et ses plateaux dorés pour boire le thé.Trente ans que cet universitaire a quitté son pays, mais à chaque retour, ces dernières années, le même rituel l’attendait : une convocation chez l’un des patrons des services de renseignements, ponctuée du sempiternel message : «L’intelligence nous importe peu, ce qui compte pour nous, c’est l’allégeance et la loyauté au régime.» «Non merci», répondait poliment celui que la révolte des siens a métamorphosé en homme politique. Mais après huit mois de soulèvement réprimé par un pouvoir toujours solide, ce petit homme intègre et très populaire en Syrie reste partagé entre espoir et inquiétude.

«La rupture de la rue avec le régime est totale, se félicite le président du Conseil national syrien. Bachar el-Assad ne peut plus gouverner. Il est devenu un chef de clan, il n’est plus le président des Syriens.» Ghalioun reconnaît toutefois qu’il y a «moins de manifestants dans les rues, parce que la violence et la nature de la répression ont atteint un point tel que les gens n’arrivent plus, bien souvent, à sortir de chez eux. Mais l’esprit de la révolte est intact».

Sa préoccupation immédiate est la situation à Homs, sa ville natale. «Une véritable ligne de front, mais pas une guerre civile», insiste ce laïc, auquel ses détracteurs reprochent une alliance avec les islamistes dans le CNS. «À Homs, il y a des forces de sécurité et l’armée qui attaquent des quartiers. Contre cette intervention sauvage, des éléments de l’Armée syrienne libre répondent.»

Alors que les défections se multiplient, le professeur en sociologie politique met en garde contre la militarisation du soulèvement. «Nous devons préserver le caractère pacifique de la révolution. Des soldats de l’ASL s’infiltrent dans la population, et, habillés en civils, se cachent dans les villes. Leur tâche doit se limiter à la protection des manifestants, ils ne doivent pas mener des opérations. Nous ne voulons pas de guerre civile. L’ASL doit accorder sa stratégie avec la nôtre. Nous allons entrer en contact avec eux» et son chef, Riad el-Assad, réfugié en Turquie. En fait, le patron du CNS redoute que les déserteurs soient manipulés par des puissances étrangères, la Turquie notamment.

Un pouvoir encore fort, une opposition déterminée : comment sortir de l’impasse ? Le plan arabe ? «Je n’y ai jamais cru. Le CNS n’a jamais été consulté. Le régime s’en est servi pour occulter l’offensive contre Homs et gagner du temps.»

Le conseil demande que la Ligue arabe, qui a gelé l’adhésion de la Syrie ce samedi lors d’une réunion au Caire, renvoie maintenant le dossier à l’ONU. «Notre objectif est d’obtenir une résolution du Conseil de sécurité sur la protection des civils». Pour cela «il nous faut renforcer le rapport de forces» et lever le veto russe. L’ambassade de Russie à Paris a appelé un journaliste français pour entrer en contact avec Ghalioun, qui, depuis, a reçu une invitation à se rendre à Moscou. «Les Russes semblent changer d’attitude», veut-il croire.

«Et ce point d’appui nécessaire au basculement du rapport de forces, c’est un soutien arabe et international, coordonné. Nous voulons que la Ligue arabe agisse avec le reste du monde pour qu’il y ait une intervention politique forte en faveur de l’arrêt de la tuerie. Va-t-on y arriver ? C’est à moitié gagné. Bachar est complètement discrédité à l’intérieur comme à l’extérieur de la Syrie», y compris chez les Arabes. «Voyez l’Algérie et le Soudan, ils ont évolué».

Le clan el-Assad peut-il tomber sans intervention militaire extérieure ? «Nous voulons éviter au maximum la question de l’intervention militaire extérieure pour préserver les institutions de la Syrie. Nous attendons que l’ONU vote une résolution pour qu’on puisse négocier avec la communauté internationale les mesures nécessaires pour mettre fin à la crise. Et après, tous les choix s’offriront à nous.»
(Crédit photo: AFP).