Le lien avec les Etats Unis vu de Tel Aviv


Le gouvernement sioniste vient de lancer une campagne de com pour inviter ses ouailles égarées en Amérique à retrouver le chemin du « foyer national juif. »

Cette campagne a suscité la colère dans la communauté juive des Etats Unis. Pas seulement pour de bonnes raisons cependant.

Elle a apparemment laissé de marbre les Américains non Juifs qui auraient pourtant eu aussi des motifs légitimes de se fâcher, eux dont les dirigeants, de Barack Obama à Joe Biden, ne cessent de clamer le lien incassable (unbreakable) entre les Etats unis et la voyoucratie sioniste.

Les Juifs des USA refusent la campagne de communication anti-assimilation

Des spots vidéo illustrant le processus d’assimilation des Israéliens residant à l’étranger provoquent des remous dans la communauté juive américaine. Selon les Jewish Federations ; ce message insultant pourrait nuire aux relations entre israël et la diaspora.

Par Yitzhak Benhorin, Yediot Aharonot (Sionistan) 2 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaïri

WASHINGTON –  Une campagne de communication lancée par le ministère de l’absorption des immigrants destinée à convaincre les Israéliens résidant à l’étranger de rentrer en Israël a provoqué une grande colère chez de nombreux Juifs Américains qui soutiennent que ces spots vidéo mettent en danger les relations d’Israël avec sa diaspora.

Trois vidéos produites par le ministère décrivent des scènes de la vie “ordinaire” des Israéliens à l’étranger et les pressent de “rentrer au pays” avant d’être «complètement assimilés.»

Suite à de nombreuses protestations de la part de Juifs Américains, la Jewish Federations of North America (JFNA) a publié la déclaration suivante : « … Tout en admettant les motivations derrière la campagne de spots vidéo, nous sommes fermement opposés à son message selon lequel les Juifs Américains ne comprennent pas Israël. Nous partageons les préoccupations de beaucoup d’entre vous qui avez fait savoir que ce message scandaleux et insultant pourrait nuire à la relation entre Israël et la diaspora.»

« C’est pourquoi nous avons fait connaître notre préoccupation aux officiels Israéliens aux Etats Unis et transmettons un courrier aux services du premier ministre pour lui demander avec force de stopper cette campagne et de reconsidérer la stratégie sous-jacente. Nous avons aussi proposé notre aide dans la redéfinition de cette démarche.»

Une des vidéos montre des grands-parents en Israël avec un chandelier d’Hannoucah derrière eux en train de discuter avec leur petite fille sur Skype. Ils lui demandent « c’est quelle fête aujourd’hui ? », à quoi elle répond joyeusement «Noël.»

En fin de vidéo, le message suivant s’incruste sur l’écran : « Ils seront toujours Israéliens. Pas leurs enfants. Aidez-les à rentrer au pays.»

Une autre vidéo qui a mécontenté les Juifs Américains suggère que des israéliens ne devraient pas épouser des non Israéliens, parce que ces derniers ne comprendront jamais des fêtes israéliennes comme la Journée du Souvenir des Soldats et des Victimes du Terrorisme.

Dans un troisième spot, on voit un enfant essayer de tirer son père de la sieste en appelant à plusieurs reprises «papa». Mais le père ne réagira que quand l’enfant finira par l’appeler «aba» (père en hébreu).

Les organes de presse américains ont pourfendu cette campagne de communication, dirigeant leur colère contre le premier ministre Benjamin Netanyahou.

Le magazine Business Insider a comparé Netanyahou au Grinch, un personnage de fiction créé par le Dr Seuss et qui est opposé aux fêtes de Noêl, tandis que le Miami Herald a publié un article intitulé «Benjamin Netanyahou en guerre contre Noël ?»

Jeffrey Goldberg, correspondant de The Atlantic, a exprimé le mécontentement de la communauté juive en écrivant: “L’idée communiqué par ces spots est que l’Amérique n’est pas un endroit pour être un bon Juif et qu’un Juif qui se soucie du destin juif devrait vivre en Israël est archaïque et aussi chutzpadik (si je puis me permettre ce terme familier).

“Le message est: Chers Juifs Américains, merci de faire pression pour l’aide militaire américaine (et pour le show formidable que vous montez chaque année pour la convention de l’AIPAC !) mais, SVP, tenez-vous à l’écart de nos fils et de nos filles, » écrit-il.

Mounadil el Djazaïri

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BRISER LE SILENCE


Du 1er au 17 décembre Les Halles de Schaerbeek en partenariat étroit avec l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) et Dor Hashalom vous invitent à l’exposition et aux activités présentées sur le thème de

Exposition : Breaking the silence – Des soldats israéliens parlent de l’occupation

JE 01/12 > SA 17/12 13h00 > 18h00 Nocturne chaque jeudi jusque 21h00 et lors des autres soirées de Breaking the Silence. Fermé le lundi. Visites en matinée et en nocturne possible sur demande uniquement (groupe de min. 20 personnes).

L’association israélienne Shovrim Shtika Breaking the Silence Brisons le Silence a collecté et compilé plus de 2 500 heures d’interviews à propos de la vie quotidienne à Hébron. L’exposition présente une centaine de photographies prises par les soldats dans l’exercice de leur fonction au sein des forces armées israéliennes. Des ex-soldats, membres actifs de Breaking the Silence, accompagnent la visite de l’exposition et parlent de leur mission en Cisjordanie et dans les autres Territoires occupés de Palestine*.

« Les soldats qui servent dans les Territoires sont les témoins et les acteurs d’actions militaires qui les changent profondément. Les cas d’abus envers les Palestiniens, les pilages et les destructions de propriétés sont la norme depuis des années mais sont toujours relatés comme étant des cas extrêmes et uniques. Nos témoignages décrivent une autre et bien plus sinistre réalité. Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et des règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël. »

Breaking the silence
Avec le soutien de la Fondation Rosa Luxemburg

*( Le 3 décembre 2011 à partir de 15h30, visite guidée de l’exposition « Breaking the silence » pour les membres et sympathisants de l’ABP- inscription : abp.eccp@skynet.be)

The Details – Avi Mograbi

L’installation vidéo The details contient une série de scènes de et à propos des territoires occupés, montrés simultanément sur 8 écrans. Tournées et utilisées dans divers films d’Avi Mograbi, elles sont présentées pour créer un espace chaotique parallèle et non linéaire, une représentation tronquée de la vision qu’a l’artiste de la réalité des Territoires occupés.

Mardi 6 et samedi 10 décembre à 20h30 : Winter Family. Jérusalem-Plomb Durci

Une performance de théâtre documentaire à partir d’image de cérémonies et de célébrations mémorielles et nationales filmées et récoltées à Jérusalem dans les écoles, les quartiers, les médias et les lieux symboliques de l’État d’Israël.

Une jeune femme de Jérusalem nous guide dans un voyage sonore, visuel et textuel à travers la société israélienne. En Israël, la douleur, la mémoire et le courage sont célébrés de tous côtés, les codes et les symboles étirés jusqu’à l’épuisement. Les chants, les discours, les sirène et les danses sont omniprésents de la naissance à la mort des individus, qui, pris en otage par le système implacable, deviennent les acteurs d’une éblouissante et macabre hallucination collective et se projettent dans un tourbillon vilent et national. Israël accélère sa fuite en avant désespérée et vaine : la dictature émotionnelle.

Winter Family est un duo de musique expérimentale composé de l’artiste israélienne Ruth Rosenthal (textes, voix) et du musicien français Xavier Klaine (musique, pino, grandes orgues, harmonium, célesta) basé à Jérusalem et Paris. Ils se rencontrent à Jaffa en 2004. En 2008, à l’occasion des anniversaires simultanés de l’État d’Israël et de la « réunification » de Jérusalem, le duo enregistre la pièce sonore Jérusalem Syndrome qui sera diffusé sur France Culture. Les deux artistes décident ensuite de continuer ce travail et de créer la performance de théâtre documentaire Jérusalem-Plomb Durci.

Mercredi 7 décembre à 20h30 : Z32 – un film de Avi Mograbi

Un ex-soldat israélien participe à une mission de représailles dans laquelle deux policiers palestiniens sont tués. Il cherche à obtenir le pardon pour ce qu’il a fait. Sa petite amie ne pense pas que ce soit aussi simple, elle soulève des questions qu’il n’est pas encore capable d’affronter. Le soldat accepte de témoigner devant la caméra pur autant que son identité ne soit pas dévoilée. Le cinéaste, tout en cherchant la solution adéquate pour préserver l’identité du soldat, interroge sa propre conduite politique et artistique.

Jeudi 8 décembre à 20h30 : Briseurs de silence de Simone Bitton

Un documentaire sonore, un essai radiophonique, de la réalisatrice de Mur (2004) et de Rachel (2008) et inspiré par le travail de Shovrim Shtika – Breaking the Silence.

Des voix d’exilés israéliens – qui ont pour la plupart été soldats dans l’armée israélienne (de même que Simone Bitton elle-même) –, disent les mots de la génération actuelle de soldats et de soldates. Sur une trame composée de sons ramenés de Gaza et de Cisjordanie, la banalité et l’universalité du mal s’entend en français, avec cet accent hébraïque que l’on ne perd pas. Comme on ne perd pas la mémoire des gestes que l’on a faits, de l’humiliation qu’on a infligée, de la mort qu’on a donnée –parce que c’était comme ça, tu comprends, là-bas, la routine c’était comme ça…

Vendredi 9 décembre à 20h30 : Amira Hass – conférence autour de Breaking the Silence

Breaking the Silence a brisé le silence mais aussi les méthodes conventionnelles de l’information industrielle. La méthode de collecte de l’information de Breaking the Silence vérifie finalement ce que les médias « respectables » n’ont de cesse de nier : l’information palestinienne.

Samedi 10 décembre à 10h00 : Table ronde avec Simone Bitton, Avi Mograbi, Amira Hass, Yehuda Shaul (Breaking the Silence) et Nurit Peled-Elhanan

L’occupation de la Palestine par Israël et son armée n’est pas sans effet sur la société israélienne puisqu’elle l’affecte en son cœur : son armée composée de jeunes hommes et femmes qui ne peuvent échapper à l’obligation du service militaire à moins de devenir des refuzniks. Après les images, les films, sons, vidéos, photographies, place aux mots pour éclairer, en reprenant les termes de Breaking the Silence « Une réalité dans laquelle la détérioration des principes moraux trouve un moyen d’expression, sous la forme d’ordres et de règles d’engagement, et qui est justifiée au nom de la sécurité d’Israël ».

UPJB

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