L’opposition syrienne veut refonder l’unité nationale


par Zénobie, jeudi 8 décembre 2011

Dans la Syrie de demain, « la Constitution protégera les minorités et leurs droits », déclarait M. Burhan Ghalioun, le président du Comité national syrien — qui rassemble les forces d’opposition au régime — dans un message vidéo adressé au peuple syrien, le 5 novembre 2011, à l’occasion de la fête musulmane de l’Aid Al-Kabir (1). Alors que les observateurs se focalisent sur la guerre civile, ce discours du principal opposant au régime de M. Bachar Al-Assad témoigne d’un autre processus en cours : ce qui se joue en Syrie n’est pas seulement un changement de régime, mais aussi et surtout une véritable refondation de l’unité nationale. C’est pourquoi le régime crie au risque de guerre civile, et provoque en sous-main des tensions confessionnelles. En effet, la redéfinition de l’unité nationale sur la base de l’égale intégration de toutes les composantes de la nation démasquera l’imposture d’un pouvoir qui se prétend nationaliste arabe, séculier, et garant de l’unité nationale — c’est-à-dire de la protection des minorités contre le « danger islamiste ».

Pour comprendre les enjeux de cette refondation, il faut remonter dans le temps. Dans les années 1930, le nationalisme arabe en Syrie, qui s’est d’abord construit comme un outil politique de combat contre la présence coloniale française, a pensé l’unité nationale en des termes négateurs de la réalité sociale et anthropologique : tout ce qui était perçu comme facteur de division (la communauté ethnique, confessionnelle, la tribu, les solidarités régionales, sur lesquelles avait abondamment joué la tutelle française) a été ramené à de l’obscurantisme, au profit d’une unité arabe syrienne — l’apposition des deux adjectifs étant en soi très ambiguë.

Les liens anthropologiques premiers, ainsi sommés de disparaître, s’adaptèrent alors en se dissimulant derrière le discours nationaliste, en se repliant dans les coulisses de la scène politique. Mais ils restèrent bien vivaces. Et, lorsque le parti Baas, formation nationaliste arabe par excellence, accéda au pouvoir en 1963, et surtout en 1966 et en 1970 (avec le coup d’Etat de Hafez Al-Assad), c’est une minorité qui accédait de fait au sommet de l’Etat. C’est évidemment au nom du nationalisme arabe que cette minorité alaouite instaura son contrôle communautaire sur l’Etat et la société, et que le clan Assad dénia (et dénie toujours) à quiconque le droit de réclamer une part dans le pouvoir. Ainsi, la mention même des communautés, devenue crime contre l’Etat, interdit de dénoncer la mainmise alaouite ; de dénoncer les faveurs accordées par le pouvoir alaouite à certaines communautés minoritaires aux dépens de la majorité sunnite de la population. Toute contestation politique porterait ainsi, selon le régime, la marque de la sédition confessionnelle orchestrée de l’étranger.

Aux antipodes de la pensée nationaliste arabe et séculière par lui instrumentalisée et dévoyée, le régime des Assad a réussi au cours des décennies à renforcer la conscience minoritaire dans le pays en faisant croire aux communautés alaouite, chrétienne et druze, notamment, qu’il était le seul garant de leur sécurité. Et lorsque éclata l’intifada syrienne, en mars 2011, il lui a suffi de crier au danger islamiste pour que les vieux réflexes de peur remontent à la surface des consciences minoritaires. C’est ainsi que les manifestants pacifiques, impitoyablement abattus dans la rue, ont été diabolisés parce qu’ils sortaient des mosquées — l’espace public par excellence des villes orientales et musulmanes, le seul que le régime ne peut se permettre de fermer et d’où musulmans et chrétiens, laïcs et pratiquants lancent des mouvements de contestation. Quel que soit le contenu politique de leur révolte, les villes et villages mobilisés sont essentialisés comme musulmans et renvoyés à l’identité sunnite de la majorité de leur population (2).

On se souvient que, dans l’entre-deux-guerres, lorsque les nationalistes arabes manifestaient pour demander l’indépendance et l’unité (d’une Syrie alors divisée par les Français sur des bases communautaires et régionales), les Français et ceux des minoritaires qui leur étaient alliés, renvoyaient déjà ces manifestations anticoloniales à l’identité musulmane de la majorité des manifestants.

Aujourd’hui encore, des chrétiens, des Druzes et des Alaouites éclairés, dont le niveau d’éducation est pourtant élevé, se trouvent soudainement incapables d’analyser un événement politique, une réalité sociologique en pleine mutation. Ils se réfugient devant la télévision Al-Dounia, porte-parole du régime et propriété de M. Maher al-Assad. Du jour au lendemain, les grandes chaînes arabes (Al-Jazira, Al-Arabiya), qui ont renouvelé l’information sur la scène arabe, sont devenues des télévisions honnies. La conscience minoritaire est bien l’une des clés du soutien intérieur (et régional) au régime des Assad. C’est pourquoi la guerre confessionnelle incarne à ses yeux le salut politique.

Rupture générationnelle

Ce qui se passe en Syrie, sous l’action des manifestants, constitue une véritable rupture générationnelle, intellectuelle, politique et idéologique ; une rupture dont l’importance est similaire à celle qu’a connue la société entre 1918 et 1928, entre la fin de l’Empire ottoman et la mise en place de l’Etat moderne. Comme tous les observateurs l’ont constaté, l’opposition a témoigné depuis neuf mois de son extraordinaire lucidité politique dans des circonstances à tout le moins défavorables. Au fil des mois de résistance, les manifestants ont construit une conscience politique, élaboré une organisation clandestine (avec les comités de coordination) et mobilisé leur énergie pour maintenir la voie pacifique choisie depuis le début (en dépit de provocations, de dérapages et d’incidents).

La refondation de l’unité nationale se trouve donc facilitée par le fait que les révolutions arabes dans leur ensemble ont signé la fin des idéologies du XXe siècle, nationalisme arabe comme islamisme, tous deux construits sur le schéma commun de l’oumma (arabe ou islamique), utopique projection d’une nation transfrontalière. Tous les courants politiques, islamistes inclus, savent désormais qu’ils se meuvent dans des frontières et que certaines valeurs comme la liberté, la dignité et la démocratie sont devenues incontournables pour leurs opinions publiques. Les projets de société qui remporteront demain les élections en Syrie porteront la marque identitaire de la société syrienne, confessionnellement diverse, arabe et musulmane dans une culture sociale qui englobe aussi toutes les communautés minoritaires.

Comme beaucoup de pays de la région, la Syrie n’a pas su se construire une unité nationale, qui donnerait aux minorités le sentiment de participer à l’Etat au-delà de leurs frontières communautaires. L’esprit et une solidarité de corps (la asabiyya) hérités des Empires musulmans s’opposaient au modèle d’un Etat-nation bâti sur une société de citoyens. La révolte syrienne a compris que, sur ce point, une rupture idéologique était indispensable.

Cette rupture porte aussi une inversion du rapport au temps historique dans la mesure où les deux anciennes utopies dominantes (oumma islamiyya, oumma arabiyya) supposaient, dans une vision circulaire, que l’avenir résidait dans des formes de retour à une unité mythique des origines. De même que la oumma islamiyya, en reprenant les termes d’une nation musulmane originelle (et toujours mythique), devait apporter le bonheur sur cette terre, il suffisait au nationalisme arabe d’arriver au pouvoir pour que le progrès s’épanouisse par lui-même. L’impensé social et économique qui a plombé les régimes nationalistes arabes réside en partie dans cette vision de l’histoire. Aujourd’hui, l’opposition syrienne autant que la nouvelle génération ont compris qu’il faut prendre le risque de construire le destin national en affrontant la réalité sociale et en regardant l’avenir ; en sachant que la révolution dans les mentalités est toujours plus longue à construire que la révolution politique…

L’opposition syrienne cherche son salut en évitant deux pièges : le piège confessionnel et le piège de la lutte armée. Elle a retenu les leçons de la guerre civile du Liban (1975-1990) et des violences confessionnelles en Irak à partir de 2003. Elle redoute d’autant plus le piège confessionnel dans lequel le pouvoir cherche à la faire tomber que la terreur et la barbarie du régime, ouvertement orchestrées par des acteurs alaouites, provoquent des réactions de rejet communautaire chez nombre de civils.

D’autre part, l’opposition syrienne a aussi tiré les leçons de la révolution libyenne, tant pour ce qui est de la lutte armée que pour ce qui est du soutien de l’étranger. Un certain nombre de voix, notamment, mais pas uniquement, chez les manifestants venus des secteurs traditionnels et des tribus, en appellent aux armes, à la fois pour venger les morts et pour mettre fin au bain de sang qui dure depuis neuf mois. Sans parler des milliers de militaires patriotes et déserteurs qui se sont donné pour mission de défendre le peuple contre l’armée du régime, et qui accomplissent cette mission avec les seuls moyens qu’ils maîtrisent : la force armée. C’est pourquoi le Conseil national syrien a conclu le 1er décembre un accord avec l’Armée syrienne libre, encadrant les interventions des militaires. Il a également rejeté toute intervention étrangère, et se limite à demander un espace d’exclusion aérienne afin de protéger les civils.

Le double piège, celui de la lutte armée et de la guerre confessionnelle, n’est donc pas seulement un effet de la propagande du régime : c’est un effet des évolutions du terrain, d’une barbarie chaque jour renouvelée et de l’absence de soutien effectif à la révolution en cours.

Le véritable défi pour la révolution syrienne réside dans sa capacité à déjouer ce double piège, qui accréditera sa capacité à refonder l’unité nationale. Avec la patience de celui qui a tout l’avenir devant lui.

(2) La Syrie compte quelque 70 % à 80 % d’habitants sunnites.

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Le manifeste antisioniste de Philip Weiss


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Mounadil al Djazaïri
Le blog de Philip Weiss est une référence incontournable pour tous ceux qui s’intéressent au conflit qui met aux prises les Palestiniens avec les imposteurs sionistes.

On n’est pas forcément d’accord avec lui, et c’est normal, mais on ne lui retirera pas sa probité intellectuelle et, bien sûr, sa compétence de journaliste qui sait de quoi il parle.

Il nous livre aujourd’hui ce que j’estime être le meilleur manifeste antisioniste produit depuis bien longtemps par un Occidental. Un manifeste qui a une forme et un contenu particuliers puisque c’est d’abord celui d’un Juif qui s’adresse à d’autres Juifs à qui il entend faire saisir des enjeux qu’il estime fondamentaux.

C’est bien entendu aussi celui d’un homme, d’un démocrate, qui parle à tous les hommes.

Israël n’est plus une bonne chose pour les Juifs

par Philip Weiss, Mondweiss (USA) 7 décembre 2011 traduit de l’anglais par Djazaîri

Israël n’est plus une bonne chose pour les Juifs. Telles sont les dernières nouvelles à New York.

C’est arrivé la semaine dernière, ou il y a deux ans. Le sentiment s’est profondément enraciné dans la communauté juive américaine qu’Israël nous fait du tort, nuit à notre place dans le monde et à notre avenir. Les restrictions sur la démocratie, aux droits des femmes, l’intransigeance vis-à-vis des Palestiniens quand Obama demandait qu’on avance, l’indifférence au printemps Arabe – Israël est une société dont en tant que Juifs, nous ne reconnaissons plus le caractère juif et, le pire de tout, son militarisme expose les Juifs Américains à l’accusation de double allégeance. Et nous n’aimons pas ça : Nous sommes Américains.

La goutte qui a fait déborder le vase a d’évidence été la stupide campagne de communication qui ciblait Noël et les mariages mixtes –  une campagne de com que Netanyahou a annulée. Même des lobbyistes Israéliens de droite avaient été stupéfaits du degré de nullité de cette campagne de communication. Mais elle était l’expression d’authentiques attitudes israéliennes. Et c’est pourquoi elle est si effrayante : les Juifs Américains s’éveillent au fait que la société israélienne n’est en rien comme la nôtre. Hillary Clinton n’a pu se lancer dans une critique des restrictions religieuses pour les femmes en israël que parce qu’elle sait que c’est ce que ressentent les Américains Juifs. L’ambassadeur Gutman parlait pour de nombreux Américains Juifs raisonnables quand il a dit que les politiques israéliennes font du tort aux Juifs en excitant l’antisémitisme.

Nous sommes pour l’intégration. Nous vivons en Amérique parce que nous voulons être des Juifs dans une société plurielle.  C’est en gros l’esprit de la vie juive en Amérique. Et maintenant ces sionistes – des séparatistes en qui nous n’avons jamais vraiment eu confiance quand nous débattions avec eux en Europe orientale – s’avèrent avoir tout doucement confisqué la judéité pour l’emmener dans un lieu de ténèbres sordides. Et leur plat est cuit ; Israël a produit un « apartheid sur stéroïdes », ainsi qu’un leader Juif l’écrivait en automne dernier dans The Nation (une publication de gauche, NdT) ; il  n’en voulait aucune part.

Pourtant, les séparatistes, les néoconservateurs, dont Elliott Abrams – qui a dit que les Juifs devaient rester à part dans toutes les sociétés où ils vivent excepté Israël, l’exact opposé du credo intégrationniste – essayent d’emmener notre pays encore plus loin, vers une attaque contre l’Iran ! Ce vendredi, le Secrétaire à la défense a affirmé de manière catégorique que ce n’est pas dans l’intérêt de l’Amérique :

[Attaquer l’Iran] ne détruirait pas en fin de compte, c’est ce que je pense, sa capacité à produire une arme atomique, mais ne ferait que la retarder – premier point. Plus préoccupant à mes yeux seraient les conséquences imprévisibles, qui pourraient être que finalement une attaque aurait un effet boomerang et que le régime, qui est faible actuellement, pourrait soudainement être capable de se ressaisir, être en mesure de bénéficier de soutien dans la région et que, au lieu d’être isolé il pourrait tout à coup obtenir un plus grand soutien dans une région qui le boit pour l’instant comme un paria. Troisièmement, les Etats Unis seraient évidemment accusés et nous pourrions être la cible de représailles iraniennes, frappant nos bateaux, frappant nos bases militaires. Quatrièmement – une telle attaque aurait des conséquences économiques – de graves conséquences économiques  qui pourraient secouer une économie très fragile en Europe et une économie fragile, ici aux Etats Unis.

Et enfin, je pense que les conséquences pourraient être d’avoir une escalade qui non seulement prendrait beaucoup de vies humaines mais, je le pense, pourrait consumer le Moyen orient dans une confrontation et un conflit que nous regretterions.

Peut-on être plus clair? Et pourtant le lobby de la droite dure israélienne nous pousse à attaquer l’Iran. Mais nous, Juifs, sommes Américains !

Il y a un siècle, une des réussites assez douteuses de Louis Brandeis avait été d’entremêler identité juive américaine et sionisme. Brandeis s’était converti au sionisme (afin d’obtenir un siège à la Cour Suprême ; Wilson voulait un Juif représentatif, pas un riche Juif Allemand), et avait déclaré qu’un bon Juif Américain devait être un sioniste, que l’amour pour deux idées de la patrie était très bien.

La réussite de Brandeis est en train maintenant de s’inverser. Qui peut aimer cette « patrie » ? Les valeurs israéliennes sont incompatibles avec les valeurs juives américaines. Même Jeffrey Goldberg [journaliste sioniste] dit que l’occupation est un «désastre moral.» . Eh bien, imaginez-vous qu’elle dure depuis 44 ans !  Avec ses bus et ses routes ségrégés, avec ses campagnes de communication contre Noël et les mariages mixtes, avec le refus de mettre fin à l’occupation – israël est une société différente de la nôtre.

Ici, nos enfants épousent des non Juifs et fêtent même Noël, et c’est très bien. Ici, l’intolérance n’est absolument pas cool.

JStreet [lobby juif regroupant des sionistes modérés] l’avait vu venir il y a deux ans – Dans notre équipe, nous sommes maries à des non Juifs et certains ont des seders bouddhistes, avait dit Jeremy Ben-Ami. Cette prise de conscience s’étend maintenant dans la communauté juive au sens large. Nous sommes des intégrateurs, nous apprécions notre privilège dans la société américaine et nous comprenons qu’il comporte des obligations. Et la rage des néoconservateurs après la déclaration de Leon Panetta est simplement le reflet de l’isolement croissant des néoconservateurs. Norman Finkelstein le dit depuis des mois maintenant : les Juifs Américains sont libéraux, leur route les éloignera d’Israël pour cause de différences profondes. Donna Nevel l’a dit aussi : les Juifs Américains croient en la justice sociale.

Il y a quelques années, Walt et Mearsheimer avaient évoqué les risques graves posés par le lobby israélien à la présence juive aux Etats Unis. Les néoconservateurs les avaient diffamés en les taxant d’antisémites, comme ils diffament Howard Gutman en ce moment. Mais gardez courage M. Gutman, le point de vue de Walt et Mearsheimer est aujourd’hui des plus communs et il a de nombreux échos au cœur de la vie juive. David Remnick se dresse pour dire que la communauté juive américaine ne sera plus longtemps la vache à lait d’un Israël de droite : « Désolé, ça ne peut pas marcher comme ça. La communauté juive n’est pas qu’un bon petit déjeuner au Regency.» Tom Friedman affirme qu’Obama est pris en «otage» par le puissant lobby israélien. Le rédacteur en chef de Haaretz, Amos Schoken affirme que le « lobby juif » aux Etats Unis est pour l’apartheid. A l’assemblée générale des Jewish Federations à Denver, une femme d’Encounter a reconnu que toute l’histoire pro-Israël qu’on a fait gober aux enfants n’était que de la «masturbation intellectuelle.»

L’article de Ben Smith dans Politico d’aujourd’hui, «Une fissure avec Israël dans les rangs du parti démocrate,» est l’annonce que ces bouleversements atteignent maintenant la classe politique. La communauté juive, qui est l’épine dorsale du parti Démocrate, est en train de se diviser sur le soutien à Israël, et la campagne pour l’élection présidentielle cette année fera à la fin émerger cette question dans le champ de bataille politique, avec des Juifs dans deux camps sur ce sujet, et avec les non Juifs invités à dire ce qu’ils pensent.

Et les meilleurs parmi les Américains s’exprimeront en faveur des droits des Palestiniens. Quand Jews Say No ! s’est exprimé contre la tuerie de Gaza qui a massacré 400 enfants innocents en 22 jours d’efficacité meurtrière ; quand Jewish Voice for Peace a soutenu le boycott, ils l’ont fait en tant que membres d’une communauté juive qui participe ouvertement à une société plurielle.

Hannah Arendt l’avait prédit il y a 60 ans, quand elle avait écrit qu’en commençant son existence par la violence, Israël était sur une voie qui l’amènerait à devenir une petite tribu guerrière comme Sparte :

“Leurs relations avec la communauté juive dans le monde deviendront problématiques, dans la mesure où leurs intérêts en matière de défense pourraient à tout moment être en conflit avec ceux d’autres pays où de nombreux Juifs vivaient. Les Juifs de Palestine [les sionistes, NdT] pourraient finir par se couper eux-mêmes du plus large corps de la communauté juive mondiale et son isolement pourrait aboutir à un peuple entièrement nouveau. »

Cette séparation s’est désormais produite. Parce que, soucieux de la vie juive en tant que partie intégrante de la société occidentale, nous sommes de plus en plus nombreux à avoir besoin de nous séparer d’un ethos de séparation. Nous l’avons compris, Israël n’et pas bon pour les Juifs.