Syrie : un artiste interprète la liberté


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Réaction à l’article « Pourquoi les Juifs de Belgique ont peur » ?


Madame la rédactrice en chef,
je vous fais parvenir ma réaction à l’article paru dans le vif la semaine dernière (v. pièce jointe),
je vous saurais gré de présenter un résumé de mon article dans le courrier des lecteurs.
Je vous prie également de demander à vos services de mettre fin à mon abonnement à l’hebdomadaire.
veuillez croire, madame, à mon expression de citoyenne critique et sincère.
Anne Mottart

(article paru dans  l’hebdomadaire  « le vif » – du 2 au 8 décembre.)

Si  je suis entièrement d’accord avec  l’auteur de l’article Marie-Cécile Royen, quant à la dénonciation  ferme, sans équivoque,  quant  au refus et sanctions contre toute forme de discrimination, violence physique, verbale, psychologique à caractère raciste, y compris à l’égard de citoyens, de citoyennes, de  jeunes de la communauté juive ;

Je suis par contre étonnée du manque d’analyse et de réflexion politique quant à la recherche des  racines et des différents facteurs qui, dans  le contexte actuel  du conflit du Proche Orient, entrainent un sursaut  de  comportements de haine et rejet  à l’égard des Juifs :

C’est évident qu’il y a partout en Europe une toile de fond  d’antisémitisme et de vieux clichés qui se perpétuent depuis des générations ,et contre lesquels  il faut combattre à tout prix ;

Mais, comment ne pas s’interroger  sur la politique d’occupation menée par l’état d’Israël, depuis des dizaines d’années, et qui ne peut que continuer à engendrer des réactions de colère et de révolte ?: de  la part des communautés arabes, mais aussi de plus en plus de citoyens en Belgique, en Europe, dans le monde.

Non, nous ne sommes pas cette « nuée d’ONG et d’ASBL, et un parti –Ecolo/Groen » qui prônons    le boycott  à l’égard des produits Israéliens  comme si ce pays entretenait un régime d’apartheid »(sic) ;

Non, nous ne sommes pas non plus « cette droite déjantée, une partie de la gauche tiers-mondiste, ni  même  extrême gauche stalinienne » qui faisons « une critique obsessionnelle  de l’état d’Israël »  et offrons une « caution intellectuelle à certains débordements » (sic) .

Il est terriblement dangereux  d’amener la confusion, et de faire passer la réaction citoyenne , légitime , portée par des  personnalités ( tel Stéphane Hessel, qui critique ouvertement la politique d’Israël), mais aussi par des partis, des syndicats, des mouvements citoyens…comme une dérive de l’antisémitisme vers l’antisionisme .

Il existe un mouvement extrémiste dans  ce sens, et il faut le condamner.

Mais ce n’est pas le nôtre.

Au contraire, c’est au nom des libertés individuelles et collectives, et au nom de la reconnaissance et de l’existence d’un Etat palestinien, que demande d’ailleurs le parlement européen, que nous nous engageons.

Ces libertés sont brimées chaque jour par l’armée israélienne :

arrestations et détentions arbitraires,

destruction de maisons, d’écoles, de mosquées, d’oliviers ;

poursuite de la colonisation sauvage et illégale, en Cisjordanie, à Jérusalem-Est ;

de même celle du mur d’apartheid,

séparation entre villes et villages palestiniens, humiliations aux check-points…

Autant de violations du droit international et des libertés individuelles et collectives, quotidiennes, et qui ne sont jamais sanctionnées.

J’observe que l’auteur de l’article argumente en puisant  à des sources unilatérales (l’historien Joël Kotek, président du CCOJB.- comité de coordination des organisations  juives de Belgique ) ; c’est ne pas reconnaître des positions défendues par d’autres :

comme l’Union progressiste des juifs de Belgique (UPJB.) ; les nombreux mouvements citoyens, partis, syndicats qui analysent en profondeur et cherchent à comprendre les racines du conflit « importé chez nous ».Le centre pour l’égalité des chances est lui-même critiqué (pour ne pas agir suffisamment contre les actes d’agression). Mais lui a-t-on laissé l’occasion de démonter les mécanismes qui conduisent à de tels actes ?

Personnellement, je reviens d’un voyage en Cisjordanie, et je ne peux que voir, et dénoncer, depuis mon 1er voyage en 2006, la croissance et le nombre de colonies, d’annexions, de destructions en Palestine, mais aussi à  Jérusalem-Est.

Je reviens également  des « Halles de Schaerbeek » où est organisée depuis le 1er  décembre jusqu’au 17  une exposition consacrée à « brisons le silence » une association israélienne qui  regroupe d’anciens soldats de l’armée israélienne, des jeunes qui ont fait leur service militaire et ont servi dans les territoires occupés  et qui dénoncent les violences et brutalités quotidiennes  de l’armée  à l’égard des Palestiniens.  A travers leurs témoignages  directs, les photos,  vidéos ,  nous découvrons l’horreur de l’occupation militaire, de l’arbitraire, des violences ; mais aussi de la militarisation de la société israélienne , ce qui pousse leur organisation «  brisons le silence », à aider des jeunes, filles et garçons à « refuser » le service militaire et refuser de  servir dans l’armée d’occupation.

Cette critique est  d’ailleurs renforcée par la voix d’artistes, de journalistes, d’associations pour la paix, israéliens qui dénoncent cette politique d’occupation.

Voilà des voix, et ce type d’analyse qu’on souhaiterait voir et entendre à travers la presse et nos medias.

Anne Mottart

Professeur d’Histoire, membre de l’association « paix juste au Proche orient,  Nivelles ».