PLUS RIEN NE SERA JAMAIS COMME AVANT DANS LE MONDE ARABE


Petit édito du jour dans Le Soir:

Il y a un an, ce samedi, un vendeur ambulant de 26 ans se transformait en torche humaine à Sidi Bouzid, une petite ville tunisienne inconnue. Mohamed Bouazizi allait mourir de ses blessures deux semaines plus tard. Son geste désespéré, point final d’une vie de malheurs, allait bientôt mettre tout le pays en ébullition. Le 14 janvier, trahi par l’armée, le dictateur local, Ben Ali, s’envolait pour l’Arabie Saoudite pour un exil définitif. En Egypte, la jeunessse embraie, au Yémen, l’imite…

Ainsi, ce qu’on a appelé le « printemps arabe », expression d’une formidable aspiration à la dignité et à la liberté, a surgi de nulle part pour se répandre d’une manière inexorable à travers l’ensemble du monde arabe, à de rares exceptions près. Partout, ou presque, le sans a coulé. Un an plus tard, le bilan reste mitigé. Elan et espoir ont souvent rencontré la résistance de « systèmes » totalitaires et prédateurs bien décidés à vendre chèrement leur peau.

Les Tunisiens ont gardé une longueur d’avance. Ils ont déjà, avec enthousiasme, élu une assemblée constituante. Les Egyptiens les suivent de près. Mais si le pharaon, Hosni Moubarak, a dû s’en aller, son armée demeure la source du pouvoir. Les élections en cours modifieront la donne mais nul ne sait si les militaires rentreront dans leurs casernes.

Ailleurs, la violence a souvent gagné. La Libye s’est déchirée. Aidés de façon décisive par l’Occident, les rebelles sont venus à bout du régime honni de Kadhafi. Lequel a été voué à une fin tragique, qui fait honte à ses bourreaux. En Syrie, aussi, le cliquetis des armes impose un rythme sinistre. Avec un usage létal de la force contre les manifestants qui engendre ce qui ressemble à une guerre civile entre deux camps à l’armement très inégal.

L’islam politique, pour le moment, triomphe dans les urnes. Il n’était pas à la base des révoltes, dénuées de chefs. Mais il incarne pour les masses une vraie légitimité, car il est perçu comme intègre et endogène. Rien ne prouve, cependant, qu’il sera à la hauteur des défis socio-économiques gigantesques. L’histoire du monde arabe s’est écrite en lettres de sang en 2011. L’année qui vient porte tous les espoirs et tous les dangers.

BAUDOUIN LOOS

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Echange de prisonniers : Addameer tire la sonnette d’alarme



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L’association de défense des prisonniers palestiniens Addameer signale la très grande recrudescence d’emprisonnements de Palestiniens par Israël depuis la première vague de libération annoncée par le gouvernement Netanyahou. Près de 470 Palestiniens ont en effet été arrêtés entre le 18 octobre dernier et le 12 décembre, dont 70 enfants et 11 femmes, tandis que 477 prisonniers politiques étaient libérés, rapporte cette ONG.

Ramallah, 15 December 2011 – L’échange de prisonniers conclu pour la libération de Gilad Shalit s’est en réalité traduit par une énorme vague de nouvelles arrestations et d’emprisonnements, alerte ADDAMEER.

En outre les prisonniers libérés sont en danger constant d’être agressés, non seulement par les colons, mais aussi par l’armée israélienne, qui effectue des descentes à leurs domiciles, leur ordonne de rencontrer les services secrets israéliens, et a même arrêté un prisonnier à peine libéré.

Les soldats israéliens se déguisent souvent en civils palestiniens pour essayer de piéger les anciens prisonniers à leur travail ou près de chez eux.

L’armée et les services secrets conduisent ensemble des raids après minuit, saccageant les foyers de ces Palestiniens sous prétexte de vouloir les fouiller.

La majorité des enfants arrêtés pendant la période considérée vient du camp de Shufat à Jérusalem et du camp de réfugiés de Dheisheh à Bethléem.

Au cours des deux dernières semaines, 11 enfants ont été kidnappés par l’armée israélienne dans le camp de Shufat et 20 dans celui de Dheisheh.

Deux des femmes emmenées lors des deux derniers mois, sont toujours en détention.

Une femme récemment relâchée, Irsa Salhab, journaliste, a passé plus de 20 jours au centre d’interrogatoire de Moskobiyyeh.

Six femmes ont été arrêtées pendant une manifestation à l’extérieur de la prison de Hasharon, alors qu’elles réclamaient la libération des prisonnières non incluses dans la première vague de « l’échange ».

Trois d’entre elles ont été emprisonnées.

Les militants politiques ont été tout particulièrement visés au cours des derniers mois. 150 pour leur soi-disant appartenance à des partis politiques, notamment le FPLP..

Des membres du Conseil législatif palestinien ont vu leur « détention administrative » prolongée et l’un d’entre eux a été condamné à 30 ans de prison.

De plus, le 27 octobre dernier, prenant prétexte de la grève de la faim des prisonniers contre les mesures punitives et notamment l’isolement, l’administration pénitentiaire a prolongé d’un an la peine d’isolement de Ahmad Sa’adat. Au début décembre, ce prisonnier en était à son 34ème mois consécutif en cellule isolée.

L’armée s’est également acharnée sur les défenseurs des droits de l’homme, afin de réprimer toute résistance populaire.

Des manifestants pacifiques ont été arrêtés dans quasiment tous les villages qui sont engagés dans des protestations hebdomadaires : 2 à Bil’in, 3 à Nabi Saleh, 17 à Beit Ummar, 3 à Al-Ma’asara, 1 à Kufr Qaddum, et 2 à Al-Walajeh, sans compter les arrestations à Jerusalem Est et dans le sud d’Hébron.

Une violence inouie a été employée pour disperser ces manifestations, causant la mort de Mustafa Tamimi, 28 ans, le 10 Decembrr dernier.

Ce constat très inquiètant amène ADDAMEER à s’interroger sur ce qui va se passer après la deuxième vague d’échange de prisonniers annoncée pour dimanche.

L’association appelle les citoyens du monde entier à se mobiliser pour faire cesser la détention arbitraire des Palestiniens et la violence israélienne.

Addameer Prisoner Support and Human Rights Association

P. O. Box : 17338, Jerusalem

Tel :+972 (0)2 296 0446 / 297 0136

Fax : +972 (0)2 296 0447

Email : info@addameer.ps