Immolations au Maroc : Ce que les autorités redoutaient est arrivé


Trois personnes ont tenté de s’immoler cette semaine au Maroc. La dramatique série des immolations en Afrique du Nord, initiée le 17 décembre 2010 par un jeune tunisien, ne semble plus épargner le Maroc.

Trois tentatives d’immolations par le feu au Maroc

Selon le quotidien Assabah daté d’aujourd’hui, samedi 22 janvier, deux hommes ont tenté de s’immoler par le feu hier vendredi, portant ainsi à trois le total de tentatives.

La MAP informait déjà hier du cas d’un homme, ancien salarié d’une compagnie d’assurance, qui avait un problème d’héritage. La tentative de suicide par le feu dans le quartier Derb Ghalef de Casablanca a echoué, et l’individu a été admis dans un hôpital.

Assabah ajoute le cas d’un sahraoui, débarqué récemment de Tindouf, qui a voulu s’immoler à Smara. Mais les autorités sont intervenues et l’ont transporté à l’hôpital. Selon un témoin, l’individu avait « versé de l’essence sur le sol et y avait mis le feu, mais avait été retenu au moment où il allait entrer dans le feu ».

Une autre tentative avait eu lieu à Beni Mellal, par un marchant ambulant de 41 ans, à qui les autorités locales auraient promis une aide. On parle de magasin ou de tricycles motorisés dans le cadre d’un programme officiel d’aide aux projets locaux. Mais aussitôt après avoir commis son geste, l’homme aurait demandé de l’aide et a étouffé le feu avec une couverture. Seule sa main a été légèrement brûlée.

Si les immolations par le feu s’étaient multipliées à travers la plupart des pays d’Afrique du Nord après celui du jeune marchant ambulant tunisien à Sidi Bouzid (Algérie, Egypte, Mauritanie), le Maroc restait jusque là préservé.

Mais comme le rappelle l’AFP, il ne faut pas oublier qu’en 2010 déjà, un groupe de jeunes diplômés-chômeurs avait menacé de s’immoler à Rabat, un passage à l’acte avorté grâce à l’intervention des pompiers. Sur ce point, comme nous vous l’annoncions hier, le gouvernement a lâché du lest en réservant 1880 postes de la fonction publique pour les diplômés-chômeurs.

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Trois hommes ont tenté de s’immoler par le feu au Maroc


Les faits se sont déroulés à Smara et Béni Mellal, où un magasin avait été promis à une victime. Concernant le cas survenu à Casablanca, les autorités démentent tout lien avec les événements tunisiens.

Deux hommes ont tenté de s’immoler par le feu vendredi 21 janvier, l’un au Sahara occidental l’autre dans le centre du Maroc, portant à trois le nombre de ces tentatives depuis les événements de Tunisie, a affirmé samedi le quotidien arabophone Assabah.

Selon Assabah, l’homme, arrivé récemment au Sahara occidental en provenance de Tindouf, où est basé le Polisario, a tenté de s’immoler à Smara mais les autorités marocaines sont intervenues et l’ont transporté à l’hôpital. Les autorités locales contactées par l’AFP ont affirmé de leur côté que l’homme « avait menacé de se suicider par le feu, mais n’avait pas mis sa menace à exécution ». Un témoin a précisé qu’il avait « versé de l’essence sur le sol et y avait mis le feu, mais avait été retenu au moment où il allait entrer dans le feu ».

Une autre tentative a eu lieu à Béni Mellal (centre). L’homme, âgé de 41 ans, est un marchand ambulant de 41 ans à qui les autorités avaient promis un magasin, a indiqué Assabah.
Selon les autorités, l’homme a été légèrement brûlé à une main.

Vendredi, une troisième tentative a eu lieu à Casablanca (100 km au sud de Rabat). L’agence marocaine MAP a précisé que l’homme avait tenté de s’immoler à la suite de problèmes « d’héritage ». a été admis dans un hôpital à Casablanca, mais ses jours n’étaient pas en danger, ont indiqué les autorités locales à l’AFP.  C’était la première tentative de suicide par le feu signalée au Maroc après les récentes tentatives d’immolation dans plusieurs pays de la région à la suite de la révolte en Tunisie.

La mort d’un marchand de fruits et légumes tunisien a marqué le début d’une révolte populaire qui a contraint à l’exil le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans. Plusieurs tentatives d’immolation ont ensuite eu lieu en Egypte, en Algérie et en Mauritanie. Interrogée par l’AFP sur un éventuel lien avec ces événements, une source au ministère marocain de l’Intérieur a déclaré qu' »il s’agissait d’un problème familial et d’un cas isolé n’ayant rien à voir » avec ceux-ci.

Manifestations régulières

Plusieurs tentatives de suicide par le feu ont eu lieu au Maroc en 2004 et 2008, mais sans faire de morts. En 2010, un groupe de jeunes diplômés-chômeurs avait tenté de s’immoler par le feu à Rabat, où les pompiers avaient mis fin à leur tentative collective.

Certains de ces diplômés sans emploi manifestaient régulièrement depuis des années devant le Parlement à Rabat, réclamant d’entrer dans la fonction publique. Ils ont suspendu temporairement leur mouvement à la fin de la semaine, après avoir reçu des assurances de la part du gouvernement. Le premier ministre Abbas El Fassi s’est engagé à leur accorder un quota sur le nombre de postes créés dans l’administration en 2011. « L’an dernier nous avons recruté 1.300 (diplômés-chômeurs). Nous voulons obtenir le même résultat que les années précédentes », a déclaré Abbas El Fassi à l’AFP, précisant que des réunions auraient lieu la semaine prochaine dans cette perspective.

« Histoire fascinante »

Par ailleurs, les Etats-Unis doutent que la révolte tunisienne se répétera dans la région, malgré des traits communs entre les sociétés arabes. « Je doute qu’il y ait forcément un effet boule de neige », a dit vendredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Philip Crowley. « Il y a sans doute de larges tendances dans la région, depuis le Golfe jusqu’à l’Afrique du Nord, et les dirigeants doivent trouver le moyen de créer plus de possibilités économiques et politiques pour des populations qui, dans l’ensemble, sont très jeunes. Mais je doute que chaque pays suive le même chemin », a-t-il ajouté.

La révolution du Jasmin a été examinée avec beaucoup d’attention dans plusieurs pays arabes, inspirant des manifestations sociales et des revendications politiques. Mais des spécialistes, interrogés cette semaine au Caire, ont également jugé incertain qu’un effet de domino se fasse sentir à court terme dans la région. Philip Crowley a qualifié vendredi les événements de Tunisie d' »histoire fascinante », soulignant que les Etats-Unis souhaitaient voir se poursuivre le processus de démocratisation du pays.

(Nouvelobs.com avec AFP)