Histoire de Hama : souvenirs du peintre Khaled Al-Khani


Première partie

Introduction par Off the Wall

Tableau du peintre syrien Khaled Al-Khani

Caves

Le 30e anniversaire du massacre de Hama a lieu en février 2012. Cet anniversaire revêt cette année-ci une signification particulière. Les Syriens ont en effet abattu la barrière de la peur et ils parlent maintenant ouvertement des événements qui ont filtré il y a 30 ans dans leur pays. A présent, même l’observateur le plus obtus  se rend compte des mensonges du régime Assad; ceci a amené beaucoup d’entre nous à chercher la véritable histoire de Hama, histoire que le régime a essayé de supprimer pendant des décennies en diabolisant les Frères musulmans et en cachant par extension l’ histoire des victimes innocentes de Hafez Assad et de ses bourreaux.  Selon les habitants de Hama, ces derniers auraient tué 40.000  victimes, sans parler des viols, des pillages et d’actes de barbarie dont les bandits maintenant vieillissants essaient de se rejeter la responsabilité.

Les fils des assassins du massacre de Hama, aidés sans aucun doute par certains participants de cette génération,  essayent maintenant d’écraser l’actuel soulèvement syrien avec la même combinaison de brutalité,  de mensonges et de tromperie. Il devient de plus en plus nécessaire de récupérer la véritable narration de Hama. C’est l’histoire des enfants qui ont assisté à l’assassinat de leur père et de leur frère aîné, des femmes qui ont été violées et tuées de sang-froid et de quartiers entiers de la ville complètement rasés avec une haine vengeresse qui nous fait honte à tous.

Mon ami Khaled Al-Khani, qui était alors âgé de sept ans, est à présent un peintre syrien connu. Il raconte l’histoire du massacre tel qu’il l’a vécu à travers le meurtre de son père, et son propre exode avec quelques femmes et enfants qui ont survécu à la machine meurtrière d’Assad. Dans cet article et dans les deux suivants je vais essayer de traduire les mémoires de Khaled pour les lecteurs. C’est ma seule façon de dire au  gang des Assad que nous tiendrons pour responsables  les auteurs de ce massacre et que nous ne vous permettrons jamais de recommencer. Jamais plus.

Histoires de Hama (souvenirs du peintre Khaled Al-Khani) première partie.

Je ne sais pas ce qui m’est arrivé aujourd’hui … ? Je ne veux pas continuer à me cacher  et je vais aller à mon atelier et à toutes les manifestations. Je ne peux pas continuer à cacher ma véritable identité. Moi, l’artiste, devenu un rebelle depuis l’incident de l’ambassade libyenne. Ma transformation n’a rien à voir avec mes souvenirs lointains de Hama, du meurtre de mon père, de la mort de la ville de mon enfance, du viol de nos femmes, de notre emprisonnement, des bombardements et de la prise de la ville et du déplacement forcé des survivants vers la campagne afin d’occulter les crimes.

Je jure devant Dieu que je n’ai pas de haine et que je ne cherche pas la revanche, mais uniquement le châtiment. Ma tristesse actuelle vient de ce que j’apprends quotidiennement autour de moi. Nous manifestons, ils tirent sur nous à balles réelles, nous suivons alors  un convoi funéraire et ils nous bombardent d’une pluie de plomb. Et quand une fois de plus nous nous suivons  un enterrement, ils recommencent et ils recommencent. Nous restons à la maison, ils démolissent la porte, nous arrêtent et intimident nos mères et  si je ne suis pas tué quelqu’un d’autre le sera.

Je le  jure devant Dieu, j’aime la vie mais j’aime encore plus la justice. S’ils vous plaît,  dites-moi ce que je dois faire. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé aujourd’hui. Aujourd’hui, je me souviens, plus que tout autre jour. Je me souviens de mon père. Mon père était ophtalmologue à Hama. Il n’était pas membre des frères musulmans,  mais il a pris le parti de sa ville violée. Croyez-moi, la moitié des habitants de Hama peuvent en témoigner. Ils lui ont arraché un oeil alors qu’il était toujours vivant, ensuite il l’ont tué et ont mutilé son corps. J’étais petit lorsque nous l’avons enseveli et je me souviens qu’il n’avait pas d’yeux.

En février 1982,  j’avais six ans et j’étais en première. Nous venions de terminer le premier semestre et j’étais parti en vacances, et quelles vacances ! La nuit, tandis que nous dormions, le silence était rompu par des sons bruyants qui transformaient la sérénité du lieu en une horreur de meurtre. La panique de ma tante qui m’avait élevé était évidente ; je dormais avec elle pour combler son instinct maternel car elle s’était jamais mariée et elle vivait donc avec nous dans notre belle maison arabe traditionnelle. Le reste de ma famille et mon père et ma mère dormaient à l’étage. Bientôt, les voix de mes soeurs et de mes parents sont devenues de plus en plus fortes arrivant  jusqu’à la chambre de ma tante à mesure que les tirs s’intensifiaient. Ma mère a dit à mon père «ne t’ai-je pas dit qu’il fallait rester à la ferme ? » Pendant des années, cette phrase est restée gravée dans ma mémoire et l’idée que mon père avait quitté la ferme me faisait très mal et je ne lui ai pardonné que plus tard quand j’ai reconnu que  c’était le destin.

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Le son des tirs de balles remplit une vie. C’est la première fois que j’entendais les balles siffler. Le son a augmenté et augmenté et ensuite il y eut les explosions. Les heures ont passé et quelques voisins ont commencé à venir chez nous. Partout c’était le chaos : les enfants pleuraient,  les femmes lisaient le Coran et l’inquiétude était générale. Ceci a continué pendant trois jours et ensuite nous avons entendu une grande explosion. Mon père a dit qu’un obus était tombé sur le toit. La maison a tremblé et la poussière a envahi mes poumons comme le reste de la maison;  les femmes récitaient la sourate de Yacine. Entre-temps nous avons entendu des cris perçants et mon père a dit que nous devions quitter la maison le plus vite possible; nous sommes donc sortis et les gens se sont rassemblés en criant. La panique englobait tout le monde et nous sommes allés à la maison d’un voisin,  ensuite nous sommes descendus dans une cave sombre que les hommes croyaient être plus sûre. Nous étions trop nombreux pour ce local et nous sommes restés là-dedans pendant trois jours alors que tirs se poursuivaient sans arrêt. Puis, un tir d’obus, et la sourate Yacine continuait à monter vers le ciel, ensuite un deuxième obus et un troisième qui ont fortement secoué la cave. Aucun de ceux qui s’étaient réfugiés dans la cave n’était blessé, mais beaucoup d’habitants de notre quartier sont morts et beaucoup ont été blessés. Le médecin qui vivait dans le voisinage a pu en sauver quelques-uns. Nous sommes restés dans la cave jusqu’à ce que le bombardement et les coups de feu se soient calmés et ils nous ont fait sortir en nous disant que nous devions nous réfugier dans un quartier plus sûr. Nous étions loin de nous douter qu’ils se trompaient car ils ne se savaient pas que nous étions en plein génocide. Nous nous sommes hâtés vers le quartier d’Ameeriyyah en traversant le marché de Hadher. Nous avons dû traverser certaines rues à quatre pattes parce qu’ il y avait des francs-tireurs partout.

Après des difficultés incroyables, nous sommes arrivés au quartier d’Ameeriyyah en rampant pour traverser la dernière rue. Mon père aidait ma vieille tante à laquelle je m’accrochais. Ma mère et mes soeurs ont traversé avec le reste des gens et nous trois, nous sommes restés. Mais ensuite mon père m’a demandé de partir  avec tout le monde et j’ai refusé parce que je voulais rester avec ma tante qui m’avait élevé. Il m’a obligé à rattraper ma mère et les autres et il est resté avec ma tante et c’est la dernière fois que j’ai vu mon père en vie.

Dans le district d’Ameeriyyah, nous avons continué à chercher un abri et nous avons trouvé une cave remplie de gens, mais ils ne nous ont pas laissés entrer parce que nous étions trop nombreux (presque toute la population du quartier de Baroudeye). Plus tard,  ils ont laissé entrer mon père et ma tante parce qu’ils n’étaient que deux. C’est dans le refuge d’ Ameeriyyah que mon père a été arrêté et c’est là que ma tante a été témoin de sa mort et a survécu pour nous raconter ce qui était arrivé.

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Notre groupe a suivi la route vers le nord d’ Ameeriyyah où nous avons trouvé un abri plus grand pouvant nous accueillir tous. Nous sommes restés dans cet abri jusqu’à l’arrivée de  » l’armée arabe syrienne » qui a transformé l’abri en prison. Ils ont fait sortir de l’abri tous les hommes y compris les jeunes et les ont rapidement exécutés devant la porte et ils ont arrêté les hommes âgés. Seules les femmes et les enfants sont restés sur place. Certaines pleuraient tandis que la majorité a été obligée à crier, sous la menace du fusil (« par notre âme, par notre sang nous nous sacrifions pour toi Hafez » بالروح بالدم نفديك يا حافظ et « Dieu, il est plus que temps que Hafez prenne ta place  ) , cela afin de nous humilier davantage. Nous sommes restés enfermés pendant trois jours,  pendant qu’ils tuaient et assassinaient tous ceux qu’ils voulaient. Nous n’avions pas à manger et je me souviens de l’odeur de l’endroit. C’était insoutenable. Nous entendions constamment des cris à l’extérieur, les voix des femmes que l’on violait et les cris de ceux qu’on torturait -et il m’est encore difficile d’en parler jusqu’à maintenant. Certaines femmes avaient quelques bonbons ou des chocolats et avant qu’ils n’emmènent les hommes,  un des soldats nous avait apporté du pain et des olives que nous avons partagés,  mais il y en avait beaucoup trop peu. Les femmes lisaient constamment le Coran, mais à voix basse. Ensuite la porte s’est ouverte et ils nous ont ordonné de sortir parce qu’ils allaient maintenant nous exécuter. Nous sommes sortis en criant « nous sacrifierons notre sang pour toi…. » ,mais ils nous ont alors dit de prendre la direction de la route d’Alep et de sortir de la ville.

Nous avons marché, les bras en l’air en répétant ce qu’on nous disait de dire.

Le paysage était irréel ; il y avait plein de cadavres, bouffis, avec du sang noir,  et nous avons parcouru les rues jonchées de cadavres où tout était détruit. Nous avons marché jusqu’à la mosquée Omar Ibn Khattab (vous en avez entendu parler récemment puisque c’est de cet endroit que son parties les manifestations réclamant la liberté). La mosquée était totalement détruite et il ne restait que la salle des ablutions. A l’intérieur  des soldats ont pointé leurs armes sur nous, des fusils et des mitraillettes, et nous ont obligés à nous coucher le visage contre terre. Ensuite ils nous ont emmené dans la salle des ablutions et ils ont fermé la porte à clé. Des femmes ont demandé aux soldats de nous tuer et de laisser sortir tous les autres habitants de la ville, mais ils ont refusé. Quand nous sommes entrés dans la salle des ablutions, nous avons trouvé du pain couvert de moisissure et nous l’avons mangé. Il y avait également deux statues  de colombes blanches. Je ne sais pas ce qu’elles faisaient là,  mais pour moi elles signalaient  le début du salut hors de ce bain de sang. La porte est restée fermée pendant un jour et demi,  après quoi un des officiers nous crié  : « celle qui attend son mari, son frère ou son fils ou son père qu’elle n’attende pas, parce qu’ il ne sortira pas vivant et il ne reviendra jamais ».

Ils nous ont lâchés en direction d’Alep, nous avons marché plus de 10 km aussi vite que possible et nous pleurions et les femmes, pieds nus, lisaient le Coran et chaque fois que nous entendions des tirs, nous nous couchions par terre jusqu’à ce que nous soyons arrivés à l’endroit où ils avaient autorisé les villageois à aider les survivants. Qu’est-ce que je peux dire… Je jure par Dieu que ceci n’est que la pointe de l’iceberg.

(à suivre)

Traduction de l’anglais : anniebannie

suivez en direct le bombardement de Homs

En Syrie, le martyre de Homs continue


D’après des sources contactées par La Liberté, des tirs à l’artillerie lourde frappent encore et toujours Homs. Sans compter les civils armés à la solde du régime. Témoignages.


Un homme blessé, dans un hôpital du quartier de Khalidiya, à Homs, en Syrie, le 4 février 2012 (Reuters)

Il n’y a pas que les bombes qui inquiètent Saif Abou Zeid, un habitant sunnite d’Homs que La Liberté a pu atteindre mercredi par téléphone satellite. « Les snipers sont postés partout sur les toits des immeubles alaouites alentour », explique cet habitant de Bab Tadmor, un quartier sunnite limitrophe de celui de Zahra à majorité alaouite (de la confession du président Bachar el-Assad).

« Depuis plusieurs jours, les snipers tirent sur tout ce qui bouge dans ma zone qui n’est pourtant pas tenue par des insurgés. Rien que ce matin, j’ai déjà vu huit personnes tomber sous leurs balles. C’est terrible. »

Mais ce que Saif Abou Zeid craint plus encore, ce sont les descentes nocturnes des chabihas de Bachar el-Assad, ces miliciens sans pitié.

« Des dizaines de personnes de mon quartier ont déjà été massacrées par les chabihas. Mercredi matin encore, trois familles de la rue Al Sabil ont été égorgées par ces civils armés. Ils investissent les secteurs sunnites et tuent ses habitants en quelques minutes avant de s’évanouir dans la nature. Ils veulent nous terroriser avant de nous exterminer. Le régime veut une guerre confessionnelle dans ce pays. »

« Qu’on nous donne des armes »

Soudain Saif Abou Zeid se tait. Il pleure de longues minutes. De désespoir. De haine. De crainte aussi pour sa famille qui tente de survivre dans l’enfer qu’est devenu Homs, une ville en état de siège. Puis il se reprend. Et d’un ton ferme, il explique qu’il attend une réaction de la communauté internationale.

« Si elle ne veut pas intervenir directement en Syrie, au moins qu’elle nous donne des armes pour nous défendre. Elle ne peut nous laisser nous faire massacrer sans réagir. Pour le moment, je ne peux défendre les miens qu’avec un couteau de cuisine. »

La situation est encore pire à Baba Amr, un des quartiers de la cité défendue par l’Armée syrienne libre (ASL) où l’armée syrienne loyaliste continue ses pilonnages intensifs.

Jour et nuit, des obus de mortier, des missiles Grad russes et des RPG tombent dans ses rues et sur ses immeubles, semant la terreur et la mort parmi les 40 000 civils qui y vivent, dans les caves pour la plupart. Mercredi, plus de 50 personnes – dont plusieurs enfants – ont été tuées, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) basé à Londres.

L’électricité coupée par les fidèles d’Assad

« Nous avons perdu aussi 18 bébés prématurés ces derniers jours », explique Mohamed, médecin à l’hôpital Al Walid. La faute à l’électricité qui a été coupée par les autorités restées fidèles à Bachar el-Assad.

« Les couveuses ne pouvaient plus fonctionner. Nous les avons vu mourir. C’est terrible. »

Mohamed et ses collègues manquent de tout : de médicaments, de pansements, d’instruments de chirurgie pour sauver les nombreux blessés qui affluent dans les centres de soins. « Les ambulances ne peuvent plus pénétrer dans le quartier. Tout comme le Croissant-Rouge syrien », constate le médecin qui se demande où sont les organisations humanitaires internationales. « Où est le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) ? », lance-t-il finalement, telle une prière.

« Ils attendent que ce régime de fous nous extermine comme des rats. Les uns après les autres. Ce qui se passe ici, c’est un massacre collectif. On ne peut même pas sauver les blessés. »

« Ramper dans nos propres maisons »

Le froid aussi commence à faire des victimes. « De nombreuses fenêtres des immeubles de Baba Amr ont volé en éclats à cause des bombardements », témoigne Abou Hached, un habitant d’un quartier très exposé aux tirs de mortier.

« Le vent glacial s’infiltre partout. Et nous n’avons ni électricité, ni mazout, ni bois pour nous chauffer. Nos enfants sont en danger. Même cachés dans nos appartements, nous restons des cibles pour les snipers. Nous devons ramper pour nous déplacer dans nos propres maisons. »

Un autre témoin parle d’un blocus complet des quartiers insurgés dont les habitants vont mourir à petit feu. « L’armée du régime de Bachar a creusé de profondes tranchées de six mètres de largeur pour nous couper du reste de la ville. Les voitures ne peuvent plus circuler. Nous ne pouvons plus nous ravitailler. » Les réserves de vivres fondent d’ailleurs à vue d’œil.

« Nous avons arrêté de compter nos morts »

« Sortez-nous d’ici », crie Madiha, une mère de famille.

« Il y a des vieux, des bébés, des enfants à Baba Amr. Leur vie est en danger. Nous n’avons jamais rien vu de tel depuis le début de la contestation, il y a onze mois. Chaque minute, des obus tombent. Nous avons arrêté de compter nos morts. Ce ne sont pas les kalachnikovs de l’ASL qui vont nous défendre, nous les civils. »

Des civils qui savent désormais ce que pèsent les promesses de leur président Bachar el-Assad. Rappelez-vous que lundi il avait expliqué à Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, vouloir mettre un terme aux violences et était prêt à « coopérer » à tout effort pour la stabilité de la Syrie. Les habitants de Homs, cité martyre, peuvent témoigner du contraire…

Les dissidents sont dépassés

Après onze mois de révolution, l’Armée syrienne libre (ASL) semble dépassée par l’ampleur de la tâche. A Homs, les civils que nous avons contactés nous avouent que les militaires insurgés passent le plus clair de leur temps à se cacher parmi la population. Ils comprennent que leurs fusils d’assaut et les quelques RPG qu’ils possèdent ne peuvent pas rivaliser avec la force de frappe de l’armée régulière. Un révolutionnaire syrien contacté à Istanbul admet que l’ASL manque de moyens financiers et matériels.

Mercredi, le Conseil national syrien (CNS) et l’Armée syrienne libre ont appelé les hommes d’affaires syriens et arabes à financer les opérations menées par les rebelles contre le régime de Bachar el-Assad.

« Avant nous pouvions récolter de l’argent pour aider les personnes dans le besoin. Mais depuis quelques semaines, les demandes ont explosé. Nous n’arrivons plus à suivre. »

Outre le fait que les routes de la Turquie et du Liban vers Homs sont de plus en plus surveillées, le régime s’est également acharné sur les hôpitaux de campagne installés dans les garages et les maisons de particuliers, poursuit ce médecin.

Autre épine dans le pied de l’ASL : elle doit composer désormais avec un nouveau venu sur le terrain, le Conseil militaire révolutionnaire supérieur de la révolution créé cette semaine par Mustapha Al Cheikh, un général déserteur de l’armée réfugié en Turquie. Faut-il y voir une nouvelle manipulation de Damas pour diviser les révolutionnaires ? Ou le début d’une scission dans les troupes combattantes ?

A voir même si les deux entités commencent déjà à se disputer le contrôle des 10 000 militaires qui ont déserté l’armée loyaliste et les 20 000 civils recrutés en onze mois de cette révolution qui vire à la guerre civile.