Défections en Syrie : quatre généraux rejoignent l’opposition


LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 09.03.12 | 08h20 • Mis à jour le 09.03.12 | 11h21

Quatre généraux ont déserté pour rejoindre l’insurrection qui combat le régime de Bachar Al-Assad, ont annoncé jeudi 8 mars deux groupes rebelles. Ces militaires hauts gradés ont gagné un camp dans le sud de la Turquie qui regroupe des déserteurs, explique le lieutenant Khaled Al-Hamoud, porte-parole de l’Armée libre syrienne (ASL). Leur identité n’a pas été révélée, et ils sont entendus par les autorités turques.

D’après la même source, ce sont sept généraux de brigade qui ont en tout déserté les rangs de l’armée régulière. Le grade de général de brigade est le cinquième plus haut dans la hiérarchie militaire syrienne. “Nous avons six généraux de brigade qui sont désormais en Turquie et un autre, qui est resté en Syrie pour commander des bataillons”, a déclaré Hamoud. “Nous allons former un conseil consultatif pour incorporer ces généraux, mais aussi tous les déserteurs de haut rang, et ce groupe va mener des opérations pour le compte de l’ASL”, a-t-il poursuivi. Selon Le Figaro, le pouvoir aurait aussi désarmé les unités sunnites de l’armée “la confession des milliers de manifestants anti-Bachar”.

L’ASL compterait 20 000 combattants, en majorité des déserteurs de l’armée gouvernementale. L’armée régulière syrienne est composée de 300 000 soldats.

EXODE VERS LA TURQUIE

Près de douze mille Syriens ont traversé la frontière pour se réfugier en Turquie depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar Al-Assad en mars 2011, a déclaré un responsable du ministère turc des affaires étrangères. Le nombre total des réfugiés syriens en Turquie s’élève désormais à 11 876 contre environ 9 000 il y a un mois et demi. Des centaines de Syriens ont ainsi récemment traversé la frontière avec la Turquie de peur d’une aggravation de la situation sécuritaire dans la province d’Idleb où l’armée a envoyé de nouveaux renforts jeudi.

L’armée a pris vendredi d’assaut Chaghourit, Al-Laj, Hamimat et As-Sahn quatre villages de la province d’Idleb, où les militants craignent une offensive d’envergure, semblable à celle de Homs, rapporte l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Un nombre important de chars et de soldats sont rassemblés dans le district de Jabal Al-Zaouia, dans la province d’Idleb, selon Milad Fadl, un militant de la Commission générale de la révolution syrienne.

De nombreux habitant de huit villages de Jabal Al-Zaouia ainsi que de la ville d’Idleb ont fui. Comme ils l’avaient fait pour Homs, les médias officiels concentrent leur couverture sur Idleb, “affirmant qu’il y a des gangs terroristes qui terrorisent la population, pour préparer le public” à une éventuelle offensive, a estimé M. Abdel Rahmane.

Capture d’écran d’un homme courant dans le village de Bab Tadmur, à proximité de Homs, le 7 mars 2012.

Capture d’écran d’un homme courant dans le village de Bab Tadmur, à proximité de Homs, le 7 mars 2012.AFP/-

ÉMISSAIRE CHINOIS, ACCUSATIONS RUSSES

Pékin, très critiqué pour son soutien au régime de Damas, annonce, vendredi, dépêcher Zhang Ming, un nouvel émissaire en Arabie saoudite, en Egypte et en France (14 au 16 mars) pour expliquer la position chinoise sur la Syrie.

La Russie est opposée au nouveau projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie qu’elle juge “déséquilibré”, notamment car il ne contient pas d’appel à un cessez-le-feu de toutes les parties impliquées, a indiqué vendredi le vice-ministre des affaires étrangères, Guennadi Gatilov, cité par l’agence Interfax. “Le problème principal est l’absence d’appel simultané à tous les parties [rebelles et forces gouvernementales] afin de prendre des mesures pratiques dans le contexte d’un cessez-le-feu”, a-t-il ajouté.

Le président Assad lutte contre des “terroristes” soutenus par Al-Qaida, dont au moins 15 000 combattants étrangers qui n’hésiteront pas à s’emparer des villes si l’armée s’en retire, a déclaré jeudi Mikhaïl Lebedev, représentant adjoint de la Russie à la mission de l’ONU, lors d’un forum humanitaire consacré à la Syrie.

Les bombardements israéliens sur la bande de Gaza tuent 12 Palestiniens


 

Dégâts causés à une maison par une frappe aérienne israélienne le 10 mars 2012.

Ma’an

10 mars 2012 – 9 h 35

Gaza ville – Ma’an – L’aviation israélienne a poursuivi ses raids contre plusieurs cibles dans la bande de Gaza au cours de la dernière nuit et très tôt ce  matin, samedi, pour la deuxième journée consécutive. Ce qui porte le nombre de morts à 12, et celui des blessés à 20.

Les Brigades Al-Quds, branche armée du Jihad islamique, indiquent dans un communiqué que 10 de leurs combattants ont été tués depuis vendredi, ajoutant que le groupe avait tiré 41 missiles Grad, 20 projectiles artisanaux, six obus de mortier et 3 roquettes de 107 mm sur des cibles israéliennes.

Un journaliste de Ma’an a identifié les 12 morts comme étant : Muhammad al-Ghamry, Fayiq Saad, Muatasim Hajjaj, Ubeid Gharabli, Muhammad Hararah, Hazim Qureiqi, Shadi Sayqali, Zuheir al-Qaysi, Mahmoud Hanani, Muhammad Maghari, Mahmoud Najim, et Ahmad Hajjaj.

Selon des sources médicales, Muhammad al-Ghamry, 26 ans, aurait succombé à des blessures reçues samedi matin quand les avions israéliens ont tiré sur une voiture, rue Salah Ad-Din, sur la côte, à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza.

Ces sources indiquent que les militants du Jihad islamiques, Ahmad Hajjaj, Fayiq Saad et Muatasim Hajjaj, ont été pris pour cibles par des Jet israéliens tôt ce matin, samedi, alors qu’ils marchaient près de l’immeuble du Conseil législatif palestinien, dans le quartier de Shujaiyyah, dans Gaza ville. Fayiq Saad et Muatasim Hajjaj ont été tués sur le coup, et Ahmad Hajjaj, a été blessé mortellement et est décédé peu de temps après, après son évacuation.

A Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, un raid aérien israélien a tué Muhammad Maghari et Mahmoud Najim, rue Hutayba, tôt ce matin samedi.

Dans un autre raid israélien, 4 Palestiniens ont été blessés, de la même famille, par une roquette qui a touché une cave, rue Yarmouk, à Gaza ville, selon des sources médicales.

Les avions ont également pris pour cible une base militaire de la branche militaire du Hamas, les Brigades al-Qassam, dans l’ouest de Gaza ville. La base a été touchée deux fois. Pas de victimes néanmoins, mais l’attaque a provoqué des coupures de courant dans plusieurs quartiers.

Un autre raid a visé un centre de la sécurité, à l’ouest de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

L’armée israélienne dit que plus de 45 roquettes avaient été tirées sur le sud d’Israël, blessant 4 personnes, une gravement, une modérément et 2 légèrement.

Son système de défense antimissile Iron Dome a intercepté 10 roquettes Grad qui, selon l’armée israélienne, étaient tirées sur les villes de Beer Sheva, Ashdod et Ashkelon.

Israël a aussi déclaré que son aviation a ciblé 2 bâtiments de fabrication d’armes et tiré 2 roquettes sur des sites dans le nord de Gaza, un bâtiment de fabrication d’armes dans le centre de Gaza, et un « site d’activité terroriste » dans le sud de la ville.

L’aviation a tiré sur un combattant dans le centre de Gaza et sur 6 équipes qui en étaient au stade final de la préparation de tirs de roquettes sur Israël depuis des postes séparés dans le nord et le centre de Gaza, toujours selon l’armée israélienne.

http://www.maannews.net/eng/ViewDetails.aspx?ID=466626
trad : jpp

Hana’ Shalabi : le symbole de la résistance


jeudi 8 mars 2012, par Fadwa Nassar

En grève de la faim depuis trois semaines, pour protester contre son incarcération arbitraire par l’occupation, sous forme de « détention administrative », Hana’ Shalabi est devenue le symbole de la lutte pour la liberté de son peuple et de son pays. Jeune femme palestinienne de 28 ans, Hana’ Shalabi se bat contre ce qui symbolise la terreur et la mort, la violence et la destruction, l’arrogance impériale et le racisme le plus abject, l’Etat sioniste d’Israël.

Après la libération de la majorité des prisonnières en octobre dernier, lors de l’opération « Fidélité des êtres libres », Hana’ Shalabi, qui se trouvait en détention administrative, est retournée dans sa famille et son village, dans la région de Jénine. Mais les forces de l’occupation, se sentant humiliées par cet accord, qui avait réussi à libérer 1054 prisonniers et prisonnières palestiniennes et brisé les normes sionistes, se vengent sur une population dont le seul « crime » est celui de refuser l’occupation et la colonisation de son pays, et l’expulsion hors de son pays. L’Autorité palestinienne, censée défendre le peuple palestinien contre les arrestations et les assassinats, n’a eu pour fonction que de servir de paravent à l’occupation, comme l’exige la « communauté internationale » représentée par Obama, Mme Ashton, M. Ban Ki Moon et toute la clique qui défend l’injustice et l’asservissement des peuples du monde. Peu importe à cette clique internationale que les prisonnières palestiniennes soient humiliées, fouillées à nu, devêtues par les services de renseignements sionistes lors des interrogatoires, non pour des raisons « sécuritaires », mais juste pour humilier et briser la volonté d’un peuple tout entier, cett clique a décidé de supporter, d’aider et d’alimenter la machine de guerre et de propagande de l’entité criminelle sioniste, celle contre laquelle se bat Hana’ Shalabi.

Aux côtés de la combattante Hana’ Shalabi, ses père et mère, frères et soeurs font la grève de la faim, ainsi que des dizaines de prisonniers palestiniens. Des comités et des tentes de solidarité sont mis partout en place en Palestine occupée et dans les pays de l’exil organisant sit-ins et manifestations. Ils réclament que les peuples du monde, ceux qui ont conservé le sens de la dignité humaine, se joignent à leur combat et réclament l’abolition de la détention administrative, forme de détention arbitraire qui vise tout Palestinien soupçonné par les services de renseignements, de vouloir la fin de l’occupation.

Bien que les oganisations internationales, donc l’ONU et même l’Union européenne, reconnaissent l’illégalité de cette forme de détention, elles n’ont jamais agi pour y mettre fin, s’abritant derrière leur « impuissance » (elles le deviennent quand il s’agit de leur protégé sioniste) ou bien reportant cette question et bien d’autres, à la reprise des « négociations », ce qui signifie en clair qu’elles font pression sur l’Autorité palestinienne pour qu’elle accepte les conditions sionistes des « négociations », avant de soulever toutes les questions, dont celle des prisonniers, des détenus administratifs, des barrages et de tout ce qui rend la vie palestinienne infernale, dans cette Cisjordanie qu’ils ont soumise par le feu, le sang et la monnaie. Bref, pour cette clique qui se prétend communauté internationale, si les prisonniers sont maltraités et humiliés, si Hana’ Shalabi risque de mourir, si les Palestiniens vivent l’enfer de l’occupation, c’est la faute à l’Autorité palestinienne, puisque celle-ci refuse, depuis plusieurs mois, de rencontrer les dirigeants sionistes. Ainsi, ils se sont lavés les mains et peuvent aller s’occuper d’autres dossiers.

Lorsque la résistance palestinienne s’est déclenchée contre l’occupation britannique et l’invasion sioniste, au début du siècle dernier, elle était déjà convaincue qu’aucune puissance mondiale ni organisation ne pouvaient lui rendre justice ou tout simplement l’aider à asseoir ses droits légitimes, puisque ce sont elles qui, au contraire, ont contribué à voler le pays pour le remettre à des colons venus d’ailleurs, animés d’une idéologie raciste. Ce sont les amis arabes de ces puissances qui avaient réussi à briser l’élan révolutionnaire, en bloquant la route des armes en direction des résistants et en brisant l’unité du peuple palestinien en faisant miroiter de vaines promesses de liberté et d’indépendance.

Si, depuis, il y a eu des illusions quant au vouloir de la « communauté internationale » à aider le peuple palestinien et les peuples arabes de la région à récupérer leurs terres et leurs biens, et à vivre libres dans leur pays, illusions qui ont bercé seulement quelques élites ayant placé leurs intérêts dans ceux des puissances coloniales et impérialistes, les peuples dans leur grande majorité n’ont jamais fait confiance, ni aux chefs d’Etat et gouvernements qui les massacrent ou participent à leur massacre, ni aux organisations internationales que leur silence rend complices des crimes commis à leur encontre. La grève de la faim de Hana’ Shalabi illustre parfaitement cet état d’esprit, dans sa forme la plus poussée : c’est par nos propres luttes et sacrifices que nous arracherons notre liberté.

Seule contre l’Etat colonial sioniste et tous ses complices, Hana’ Shalabi mène une lutte pour la dignité du peuple palestinien et des autres peuples arabes. Elle poursuit la lutte menée par son frère de combat, sheikh Khodr Adnan, contre la détention administrative ; elle poursuit la lutte menée par ses sœurs, Lina Jarbouni et Wouroud Kassem, contre l’humiliation faite aux prisonnières, placées avec des détenues de droit commun, dans des pièces aussi sordides que les faces des colonisateurs sionistes ; elle poursuit la lutte menée par ses compatriotes prisonniers et isolés dans des cellules appelées les « antichambres de la mort » ; elle poursuit la lutte menée depuis des décennies par le mouvement national des prisonniers qui, au prix de sacrifices lourds en vie et en handicap, a arraché des acquis qui permettent à ces Palestiniens combattants pour la liberté de leur peuple, de rester humains, malgré toutes les tentatives de l’occupation de les déshumaniser et de rester des combattants de la liberté, malgré toutes les tentatives de l’occupation de les réduire à l’état de « loques humaines ».

Telle est la volonté du peuple palestinien, telle est la volonté de résistance des peuples arabes que symbolise aujourd’hui la grève de la faim menée par la combattante Hana’ Shalabi.

(08 mars 2012 – Fadwa Nassar

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