Belgique occupée : Israël étend ses frontières jusque chez nous
http://www.rtbf.be/video/v_bienvenue-en-palestine?id=1720632&category=info#.T4rs1HdNEvc.facebook
Si vous connaissez l'anglais, il y a aussi mon site parallèle, mais non identique http://bandannie.wordpress.com
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Posted by admin on 22 h 32 min in NEWS
Il a pris ma fille dans ses bras, elle n’a pas bronché, comme si elle sentait la beauté de ce moment….

Chers amis,
Chers proches,
Chers parlementaires,
Ce lundi 9 avril, je me suis rendue avec une délégation d’une dizaine de citoyens belges au Maroc pour assister à l’audience d’appel dans le cadre du procès de Ali Aarrass. En novembre 2011, Ali Aarrass a été condamné à 15 ans de prison uniquement sur base d’aveux en arabe (langue qu’il ne comprend pas), signés après 12 jours et nuits de torture. Alors qu’Ali avait été innocenté par le célèbre juge Balthazar Garzone en Espagne, l’état espagnol avait accepté la demande d’extradition de Ali vers le Maroc. En décembre 2010, alors que nous étions encore en train de supplier le Ministre des Affaires étrangères belges pour qu’il empêche l’extradition de Ali vers le Maroc et la torture, Ali avait déjà quitté l’Espagne et subissait l’innommable dans les geôles marocaines.
Ce lundi, les avocats de Ali, Maitre Cohen et Maitre Datsy ont plaidé le report d’audience afin d’attendre les conclusions de l’enquête en cours prouvant bel et bien que les aveux d’Ali ont été extorqués sous la torture, ce qui voudrait dire que le dossier de Ali serait complètement vide !
Je tenais à vous faire part de mes impressions ressenties pendant cette audience :
Pendant une heure, nous avons vu défiler une quarantaine de prisonniers de droits communs, à la vitesse de l’éclair devant une Cour composée de 5 juges, du procureur et du greffier, qui me donnaient l’impression de s’adresser à ces jeunes, comme s’ils n’étaient que des numéros.
Ensuite, Ali est entré, seul, derrière une baie vitrée. Et là, l’émotion nous a tous submergés, tellement nous sentions Ali lui-même ému par notre présence à ses côtés. Il faut dire que nous étions, y compris la délégation venant de Mellila, pas moins de 25 personnes. En gros, nous occupions presque la moitié de la salle d’audience…
Dès le départ, j’ai senti que ce face à face citoyen face aux juges, n’était pas sans impact. Je sentais que notre regard pesait sur le ton employé par le Président de la Cour. Ainsi, il s’adressa dès le début sur un ton très ferme et autoritaire aux avocats d’Ali, coupant sans arrêt la défense entamée par Maitre Cohen. Au moment où il répondit à Maitre Cohen que le fait de demander que l’enquête sur les tortures subies par Ali soit terminée, n’était pas un motif suffisant pour reporter l’audience, je me suis sentie plonger dans un monde complètement surréaliste. Je me suis pincée pour me convaincre moi-même que je n’étais pas dans le film de Kafka, mais bien dans l’horrible réalité de la justice marocaine. Imaginez-vous possible qu’un juge en Belgique vous réponde qu’une enquête pour suspicion de torture, n’est pas un élément important dans la défense d’un dossier ???

Ali entouré par ses avocats, l’oreille tendue vers l’interprète, était dans une posture extraordinairement digne et incroyablement courageuse face à cette parodie.
C’est alors que Maitre Cohen s’est avancé vers le Président de la Cour et lui a présenté le document écrit officiel envoyé par les services du ministère de la justice marocaine au comité de l’ONU montrant que l’examen de la plainte d’Ali Aarrass est toujours en cours, et qu’effectivement des examens médicaux avaient eu lieu. Et là, le procureur s’est mis dans une colère hors du commun, que nous en avions tous le souffle coupé, prétendant qu’il n’avait jamais eu connaissance de ce document. A ce moment-là, j’ai eu l’impression que le temps s’était arrêté et que les mots qui allaient suivre dans la bouche du président de la Cour, allaient être déterminants dans la suite de la procédure d’appel. Les contradictions au sein de l’appareil judiciaire marocain apparaissaient au grand jour ! Face à cette situation complètement inédite, le président de la Cour proposa une suspension de séance afin d’avoir le temps de consulter de plus hautes instances de la justice.
Pendant cette suspension de séance, nous continuions à montrer tout notre soutien et nos signes d’encouragement à Ali, à travers la vitre. A un moment donné, alors que j’étais en train de vous envoyer un message, un agent de la sécurité m’a demandé de m’approcher de lui. Je me suis avancée, avec Nour (2 mois et demi) dans les bras, en me disant qu’il allait surement me demander d’éteindre mon GSM, ou pire de sortir du tribunal. Et là, l’inattendu s’est produit, il nous a conduits vers Ali. Le temps s’est à nouveau arrêté !
Ali s’est approché de nous, avec un grand sourire très apaisant. Tout en essayant de maitriser mon émotion, je me suis présentée brièvement et je lui ai tendu Nour. Il l’a prise immédiatement dans ses bras, elle n’a pas bronché, comme si elle sentait la beauté de ce moment. Je lui ai dit que nous étions des centaines en Belgique, convaincus de son innocence et que nous ne lâcherons rien jusqu’à sa libération. Il m’a dit : « C’est un combat politique ». Et je me suis dit qu’effectivement, dénoncer la torture et l’iniquité du procès, est un combat des plus nobles, pour Ali et tous les autres qui croupissent en prison. Avec une voix extrêmement calme et rassurante, il m’a dit : « Le plus dur est derrière moi. Mais il faudra encore beaucoup de patience. ». Je me suis retournée vers l’agent de sécurité et lui ai répété : « nous sommes des centaines en Belgique, convaincus de l’innocence de Ali ». Il m’a regardé, je crois qu’il a acquiescé de la tête, tout en se rendant compte que son rôle lui imposait de rester neutre.
Et puis je suis retournée m’asseoir aux côtés de l’épouse de Ali. J’étais très émue par ce moment magique, mais en même temps mal à l’aise face à l’hypocrisie du système : Est-ce qu’en Belgique, on permettrait que je passe mon bébé et que je parle aux côtés d’un détenu, soi-disant terroriste, en plein milieu du tribunal… ?
Ensuite, la Cour est revenue et a annoncé qu’elle laissait un délai d’un mois, non pas pour que le procureur fasse aboutir l’enquête, mais pour que la défense apporte les preuves qu’une enquête est en cours. Mais que font-ils du document officiel dans lequel les autorités marocaines elles-mêmes confirment à l’ONU qu’une enquête est en train de se faire. Incohérence totale du système ! Sentiment d’injustice énorme mêlé au mince soulagement que le report de l’audience a été accepté !
Nous laissons repartir douloureusement Ali vers la prison, mais la motivation encore plus forte que jamais de le faire sortir de ce cauchemar de 4 ans. Chaque jour passé dans cette prison de Salé est un jour de trop pour un innocent !
Le combat que Ali porte avec tant de dignité fait partie des combats les plus nobles, pour faire entendre la voix des sans voix, de tous ceux qui se retrouvent injustement privés de liberté au Maroc !
J’ai quitté la salle d’audience le cœur solidaire avec la peine immense que ressentent à chaque fois Houria, l’épouse de Ali, Farida, sa sœur ainsi que tous les membres de sa famille.
En sortant, une personne m’a demandé si je faisais partie de la famille de Ali. J’ai répondu que je n’avais pas cet honneur mais que j’étais simplement une citoyenne belge dégoûtée par l’abandon d’un autre concitoyen belge par mon gouvernement.
Pour terminer, je suis maintenant complètement persuadée que notre présence internationale peut avoir un poids énorme sur la tournure que va prendre la procédure. C’est pourquoi, j’espère du plus profond de mon être, que nous serons encore plus nombreux, lors de la prochaine audience.
Notre présence le 7 mai prochain est essentielle pour le futur de Ali. Je demande à nos parlementaires belges un acte concret de solidarité pour notre concitoyen belge enfermé injustement au Maroc. Etre présent au procès, ce n’est pas seulement montrer votre solidarité avec Ali, c’est aussi montrer que vous tenez aux valeurs démocratiques défendues dans notre pays : chaque homme, quel qu’il soit, et où qu’il soit dans ce monde, a droit à un procès juste et équitable !
Si lors de la prochaine audience, le 7 mai, il n’y a, ne fusse qu’un seul parlementaire belge, présent sur place, alors nous pourrons dire que nous avons réussi à faire reculer un peu ce concept absolument inhumain de « citoyen de seconde zone ».
Ali Aarrass est un citoyen belge qui a le droit, comme n’importe quel citoyen belge, qu’on fasse tout pour que la vérité éclate : Un innocent est en prison pour 15 ans. Sortons-le de cet enfer ! Osons dénoncer la torture au Maroc ! Ali est un exemple pour nous tous !
Nathalie Preudhomme
| Le racisme d’Israël et d’Air France a éclaté en pleine lumière, dimanche, dans le cadre des opérations conjointes des services services secrets israéliens et de la compagnie aérienne pour empêcher des gens de se rendre en Palestine.
Il a ainsi été prouvé qu’il fallait se déclarer Juif et/ou être porteur d’un passeport israélien pour avoir le droit de voyager ! Et une jeune passagère qui a répondu négativement à ces deux questions a ainsi été débarquée, alors qu’elle était déjà installée dans l’avion. L’affaire, qui aura des suites judiciaires où AirFrance devra s’expliquer sur sa collusion avec le régime d’apartheid, a eu lieu à Nice, au départ du vol AirFrance AF4384 à 14h45 destination de Tel Aviv. Comme dans d’autres aéroports, une trentaine de passagers se sont d’abord vu refuser de voler par AirFrance, au motif que le gouvernement israélien avait inscrit leur nom sur une liste. Soit des participants effectifs à la mission Bienvenue en Palestine, soit des personnes considérées arbitrairement par Israël comme en faisant partie. La jeune Horia A., elle, était autorisée à s’enregistrer normalement, puis à monter à bord de l’avion. Mais quelques minutes avant le décollage, une hôtesse arrive devant le siège de Horia, et lui demande de venir avec elle. S’étant isolée avec la passagère dans un recoin de l’appareil, l’hôtesse lui pose alors une première question , gênée : « Madame, avez-vous un passeport israélien ? » Horia : « Non » L’hôtesse, dans son talkie-walkie de communication avec sa direction au sol : « Elle a dit non » « Et maintenant, êtes-vous de confession israé.. euh… êtes-vous juive ? » Horia : « Non » L’hôtesse dans le talkie-walkie : « Non également » Au cours des minutes qui suivent, Horia peut observer des conciliabules entre personnels d’Air France, des allers et venues, avant que l’hôtesse lui confirme qu’elle est interdite de vol, évoquant « une situation très complexe ». Horia a eu la sagesse d’esprit de se faire délivrer un procès-verbal, signé de l’employée d’AirFrance, complice malgré elle des coups tordus de sa direction. Voici ce document (les patronymes de Horia et de l’employée d’AirFrance ont été passés au Tipex par nos soins)
MISSION BIENVENUE PALESTINE FRANCE |
![]() |
L’impressionnante alliance du gouvernement israélien, des gouvernements européens et des compagnies aériennes n’a pu venir à bout, dimanche de la volonté des participants à la mission BienvenuePalestine, dont plusieurs dizaines sont tout de même parvenus à voler jusqu’à l’aéroport israélien de Tel Aviv (Ben Gourion), et à y déclarer, face aux centaines de policiers amassés contre eux : « Je me rends à Bethléem, en Palestine occupée ».
Honneur à nos 27 camarades de la région de Lyon, jeunes pour la plupart mais aussi moins jeunes, qui sont arrivés à la mi-journée à bord d’un vol en provenance de Genève, aussitôt encerclés par des escouades de policiers, et conduits dans des salles d’interrogatoire, avant de connaître une première nuit en détention.
Honneur aussi à nos camarades venus d’Italie, arrêtés eux aussi. Honneur à la poignée de militants israéliens qui ont payé d’une arrestation immédiate le simple fait d’avoir déployé une petite pancarte « Welcome to Palestine » à la sortie de l’aéroport.
Et honneur encore à d’autres volontaires, en vol dans l’après-midi de dimanche, en provenance d’une série d’autres aéroports européens. Il s’agit d’un camouflet cinglant tant pour les services secrets israéliens, qui se faisaient fort d’identifier tous les membres de Bienvenue Palestine, avec des méthodes pour le moins sommaires puisqu’une série de passagers n’ayant aucun rapport avec la mission se sont retrouvés eux aussi black-listés, et privés de leur voyage.
Les méthodes mafieuses employées par le trio Israël/compagnies/polices complices ont certes réussi à empêcher de voler des centaines de participants un peu partout sur le continent.
Mais elles se sont heurtées à une protestation salutaire de nos camarades, comme en témoignent les nombreuses manifestations qui se sont déroulées ce matin dans les aéroports de Bâle, Bruxelles, Rome, Paris, Nice, Genève ou encore Istanbul.
Surtout, l’initiative a déjà rencontré un écho au niveau mondial, y compris dans les médias israéliens où les mensonges de la propagande officielle sur le caractère « provocateur » de gens n’ayant d’autre tort que de vouloir se rendre en Palestine occupée était largement remis en question.
La bataille continue. A suivre.
vendredi 13 avril 2012
Les medias israéliens dans leur grande majorité, télévisions comprises, ont largement donné la parole, pour cette nouvelle édition de « Bienvenue en Palestine », aux organisateurs internationaux et palestiniens de la mission, en faisant remarquer que nous n’avions pas vraiment l’air de représenter « une menace pour la sécurité d’Israël ». A son tour, Gideon Levy, prend la plume dans le quotidien Haaretz pour tourner son gouvernement en dérision et nous conforter dans notre démarche. De son côté, Gush Shalom dans un encart publié par Haaretz, recommande au ministre israélien de l’intérieur de nous accueillir avec des fleurs afin que ce show israélien « revienne moins chers aux contribuables ».
« Israël ne reste pas les bras ballants alors que des milliers d’activistes se préparent à débarquer dimanche ; et il ne loupera pas l’occasion de se rendre une fois de plus ridicule à la face du monde.
Et avec quoi allons-nous effrayer le public israélien, en prévision du septième et dernier jour de la fête des Azymes (septième jour après Pâques) ? Comment allons-nous nous y prendre pour distiller la dose de peur à laquelle il est accro depuis longtemps ? Après une semaine de vacances sans remous et sans danger, il nous faut quand même trouver quelque chose, non ? Les négociations à propos de la menace iranienne sont entrées dans une longue impasse, le terrorisme reste silencieux et même les missiles Grad ont diminué en nombre ; il n’y a pas d’épidémie de peste en vue et même les circonstances de l’agression contre les Juifs, à Kiev, n’ont pas été suffisamment tirées au clair.
Mais Israël n’a pas été laissé de côté pour autant et, finalement, l’esprit israélien a quand même tiqué sur quelque chose : la provocation des vols propalestiniens, comme on l’a déjà appelée. Le ministère de la Sécurité publique convoque des consultations délirantes, les compagnies aériennes ont reçu la « liste noire » préparée à l’avance par les omniscients réseaux de sécurité, le journaliste spécialisé dans le crime – car il s’agit bien d’un crime, qu’alliez-vous penser ? – a déjà été dépêché à l’aéroport international Ben Gourion pour accueillir le danger qui se précise.
Israël est prêt pour le jour J de dimanche prochain. On a dit que 2.500 activistes allaient débarquer en Israël et y semer la peur. Bien que le journaliste chargé des affaires criminelles ait expliqué à la nation que les activistes n’avaient pas l’intention de porter des armes ni de recourir à la violence, il serait dommage de se priver de parler de danger, de terreur, de semer l’épouvante. Toutes les forces ont déjà été mises sur pied de guerre pour le grand jour. La dernière fois, voici près d’un an, l’affaire se termina par l’expulsion immédiate de 127 personnes préalablement incarcérées, et le fameux danger fut étouffé dans l’œuf.
Les intentions des organisateurs – une visite de solidarité avec le peuple palestinien, un voyage d’une traite de Ben Gourion à Bethléem sans la moindre intention violente – ont été immédiatement escamotées et remplacées par l’accusation habituellement utilisée par Israël : terrorisme et délégitimation. Tels sont les termes par lesquels nous accusons tous les amoureux de la paix et autres militants des droits de l’homme.
Si Israël n’avait pas gonflé l’histoire dans de telles proportions, peu de gens auraient accordé la moindre attention à ces protestations innocentes. Si Israël avait accueilli ces activistes avec chaleur et les avait envoyés tout simplement à Bethléem, cela les aurait embarrassés et auraient même sapé quelque peu leur objectif. Mais l’État d’Israël n’entend pas rester là à ne rien faire. Quoi qu’il en soit, il ne loupera pas une occasion de se rendre ridicule et plus méprisable encore à la face du monde. Il va décréter immédiatement tous ces activistes personae non gratae, comme ce fut le cas avec Günter Grass, et en faire des menaces venues par avion.
Israël ne tolère sur son territoire que l’entrée de ses amis avérés. Mais pas la présence d’un clown espagnol [en mai 2010, Ivan Prado, célèbre clown espagnol, voulait se rendre à Ramallah pour y organiser un festival du rire ; ayant refusé de répondre aux questions du Shin Bet à propos d’éventuels liens avec des organisations terroristes, il avait été refoulé séance tenante, ni celle d’un écrivain allemand, et encore moins celle de militants des droits de l’homme. Un Américain de droite, ignorant, extrémiste, chrétien sera le bienvenu ; un intellectuel européen de gauche et conscient y sera placé en cellule d’expulsion. Nous sommes en Israël et en 2012.
Dans le cas des flottilles aussi bien que des vols, il s’agit d’activistes dont la plupart sont bien intentionnés. L’écrivain suédois Henning Mankell s’est adressé à nous avant le départ de la dernière flottille pour Gaza.
« Pour une fois, dites la vérité ! Ne voyez-vous pas qu’il n’y a nulle déclaration de guerre, ici, mais simplement une déclaration de paix ? » Et, évidemment, ses propos sont tombés dans l’oreille d’un sourd. Mankell a participé à deux flottilles pour Gaza, il a été expulsé deux fois d’Israël, en disgrâce complète, et il a publié ses impressions les plus virulentes dans les journaux les plus lus de la planète.
Si Israël n’avait pas confisqué son ordinateur et ses affaires personnelles, s’il ne l’avait pas traité comme un terroriste, ses impressions auraient été tout autres. Si Israël l’avait invité à présenter son point de vue, peut-être ses critiques auraient-elles été moins virulentes. Mankell et ses amis n’en resteront pas là. Aujourd’hui, une nouvelle flottille se prépare en Suède, cette fois avec un voilier transportant des fleurs et nous la traiterons probablement aussi comme s’il s’agissait d’un porte-avions se préparant à attaquer Israël.
Les racines de cette paranoïa sont profondes et donnent à réfléchir. Si Israël était convaincu de la justice de sa voie, il ne se conduirait pas de la sorte. Si Israël pensait vraiment que son occupation est bien fondée et licite, il ne s’effraierait pas de tous les activistes conscients qui s’y opposent. S’il n’avait rien à cacher, il les inviterait avec respect à venir voir ce qui se passe.
Mais lorsque le sol brûle sous nos pieds et que le feu du doute et de l’insécurité ronge tout ce qu’il touche, la seule réponse consiste à attaquer avec violence et sans la moindre retenue. Dimanche, lorsque la farce des arrestations et des expulsions grotesques se produira une fois de plus, les activistes engrangeront une nouvelle victoire : Une fois encore, ils prouveront qu’Israël a quelque chose à cacher, qu’en dépit de toute sa propagande, Israël est bien conscient qu’il y a des cadavres dans le placard et que tous ceux qui ont le culot de s’en approcher subiront le même sort – l’expulsion.
Haaretz – 13 avril 2012. Traduction : JM Flémal sur http://goo.gl/aZEqd

Et l’association Gush Shalom interpelle le gouvernement dans le même journal, sous le titre » Monsieur le ministre accueillez-les plutôt avec des fleurs ! », et en faisant remarquer que le déploiement policier ridicule prévu à l’aéroport de Tel Aviv se fera sur le dos des contribuables israéliens.
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Par Dimi Reider
Regardez ça. C’est un « contrat » qu’on a demandé de signer à une citoyenne suédoise à l’entrée en Israël par le passage frontalier d’Eilat :
« Je : X, citoyen de Suède, et détenteur du passpott n° 111, déclare ci-dessous ce ce qui suit :
Je m’engage que je ne peux pas être un membre de toute organisation pro-Palestiniennes et ne pas être en contact avec aucun autre membres d’organisations pro-palestiniennes, et que je ne participerai pas à des activités pro-palestiniennes.
Je comprends que si j’étais pris faisant même une de ces choses, toutes les actions juridiques correspondantes seront prises contre moi y compris la déportation et le refus d’entrée en Israël.
Je m’engage à quitter le pays le neuf dix avril 2012.
Nom – Signature – Date (10 avril 2012 sur ce document). »
Arrêtez de ricaner sur le « passpot » et la construction grammaticale bizarre de la première phrase, sur les diverses fautes d’orthographe et sur la date du neuf dix avril de la fin. C’est très sérieux. La personne en question a raconté à +972.mag :

« Cela fait six mois maintenant que je suis à Jérusalem Est, où je rends visite à des amis. Etant ici avec un visa touristique, je dois quitter le pays tous les trois mois et renouveler mon visa à la frontière. Aucun problème sauf cette fois-ci : avec un ami je suis allée en Jordanie et j’envisageai d’avoir un nouveau visa tamponné sur mon passeport au retour. Je rentre en Suède la semaine prochaine, je n’ai donc besoin d’un visa que pour mes derniers jours ici.
Lorsque nous sommes arrivés dans la partie israélienne du passage frontalier, au sud, entre Aqaba et Eilat, on nous a demandé de nous asseoir et d’attendre un moment pendant qu’ils vérifiaient mon passeport. On m’a demandé ensuite d’aller dans un bureau où j’ai été questionnée sur ma religion, si j’avais des contacts avec des organisations religieuses ici, ce que je faisais pendant la journée, combien d’argent j’avais à dépenser et comment je l’avais eu, ce que je fais en Suède, etc. Puis on m’a à nouveau fait attendre sans me dire quoi que ce soit. 4 heures et 20 minutes après, on m’a demandé de signer ce formulaire et on m’a rendu mon passeport avec le visa dont la date d’expiration (normalement 3 mois plus tard) avait été corrigée au 19 avril, date de mon vol de retour. Puis j’ai pu enfin à nouveau entrer en Israël.
Ils ont gardé l’original du formulaire au poste frontalier, et le mien n’est qu’une copie. Je ne sais pas ce que j’encourrai si je ne respectais pas le « contrat ». Personnellement, je suis heureuse de pouvoir passer une dernière semaine à Jérusalem. Je suis enceinte de cinq mois et je ne ressemble pas vraiment à un risque sécuritaire. Et pour autant que je sache, je n’ai rien fait d’illégal pendant mon séjour ici. »
Compte tenu de l’ineptie de la formulation, des erreurs d’orthographe et le fait que la lettre est entièrement personnalisée pour cette femme, j’aurais tendance à parier que c’est une initiative locale du personnel de ce poste frontalier, plutôt qu’une décision globale. L’initiative pourrait bien venir de cette même « Meital Yahud », l’autre signataire du formulaire, qui se cherche un alibi au cas où la personne qu’elle laisse entrer faisait quelque chose de dangereux, comme par exemple, aïe, prononcer le mot « Palestine » ou quelque chose comme ça.
Je vérifierai mon hypothèse avec le ministère de l’Intérieur dès la fin du Shabbat, mais c’est toujours morbidement fascinant de voir comment nos autorités deviennent de vrais bouffons dès qu’il est question de la « Flytille », avant même qu’un seul activiste n’ait mis un pied dans un avion.
L’avocat pour l’immigration et les droits de l’homme Yadin Elam, du bureau juridique Yadim Elam, a déclaré à +972.mag :
« C’est la première fois que je vois un formulaire pareil, mais travaillant avec le ministère de l’Intérieur tous les jours, rien ne peut me surprendre. Légalement, elle a beaucoup de chance que le « contrat » soit si mal rédigé et écrit. Si elle « ne peut pas » être membre d’une organisation pro-palestinienne, alors j’imagine qu’elle ne l’est pas… »
Au sujet de la question de la responsabilité, Elam suggère :
« (…) Ça ressemble vraiment à une initiative privée d’un employé subalterne du ministère de l’Intérieur, mais on devrait s’inquiéter qu’un employé subalterne ait le pouvoir de prendre de telles décisions. Nous nous souvenons tous qu’Israël a blamé les responsables de l’immigration pour leur décision de refuser l’entrée à Noam Chomsky il y a presque deux ans. Serait-ce trop espérer qu’après une telle faute, le ministère s’assure que des initiatives privées ne soient plus prises ? Et s’il ne le fait pas, pouvons-nous encore appeler ça une initiative privée ? »
Et encore, cette fois ils n’ont pas exécuté sommairement l’ordinateur portable du visiteur. Les choses s’améliorent…
Source : +972mag