« Ma seule arme c’est la parole »


LOOS,BAUDOUIN; AFP

Syrie Yahia Hakoum, un étudiant réfugié en Belgique, veut témoigner

RENCONTRE

Il s’appelle Yahia Hakoum. Il a 26 ans. Il vient d’une petite ville de 70.000 habitants appelée Ennabek, entre Damas et Homs. Après bien des péripéties, il a pu gagner la Belgique en février ; il avait quitté son pays le 1er novembre pour le Liban puis l’Egypte. Ici, l’UCL lui a offert le minerval.

« A Ennabek, cela a commencé en juin 2011, explique-t-il. Des manifestations tout de suite durement réprimées. Dès mars, moi j’avais été arrêté et détenu pendant 27 jours et torturé par tous les moyens imaginables. C’était l’enfer. Pendu par les pieds, torturé à l’électricité. J’ai perdu 30 kilos. Des enfants étaient torturés. Des femmes aussi. Des vieux. Il y avait ce gamin dont le dos était cassé, il était sur une civière dans le couloir de la prison. Il faisait ses besoins sur lui ; chaque fois qu’un bourreau passait près de lui il lui assenait un coup. »

Jusqu’à ce que l’exil apparaisse comme la seule solution. « J’ai refusé de travailler pour les services secrets. J’ai été relâché mais réarrêté pour un jour et à nouveau torturé. Un avocat ami a disparu, on ne l’a jamais revu. Deux de mes amis ont été abattus chez eux, balles dans la tête. J’ai compris que je devais partir. »

« Une balle dans la tête »

Yahia Hakoum sait pourquoi les premiers soldats ont déserté. « Je suis d’un village à l’entrée d’Ennabek d’où le premier soldat tué était originaire. Quand le corps d’un second soldat mort est arrivé au village, on a exigé d’ouvrir le cercueil. Il avait une balle dans la tête. On est alors allé ouvrir le cercueil du premier soldat : il avait subi le même sort. C’était clair : ils avaient refusé d’obéir aux ordres de tirer dans la foule, et on les avait froidement abattus. La grande majorité des soldats proviennent de villes et village sunnites. Ennabek est sunnite à 99 %. »

L’avenir ? Une guerre civile ? « Le régime fait ce qu’il peut pour confessionnaliser le conflit. Il croit qu’il pourra régler la révolte par la violence. Il tuerait un million de personnes s’il le faut. Mais il n’y aura plus de retour en arrière après ces 15.000 morts, après ces massacres. Les gens veulent continuer jusqu’au bout, jusqu’à la chute du régime. »

Malgré tout, Yahia Hakoum croit encore à une issue non violente. « Moi je crois qu’un succès reste possible par des moyens pacifiques : la semaine dernière, 937 manifestations ont été organisées à travers le pays. La majorité des citoyens n’a pas pris les armes. Un départ de Bachar est possible si la communauté internationale met une pression suffisante sur lui, qu’on lui coupe l’approvisionnement en armes. Si on impose des zones protégées, 15 millions de Syriens descendront dans la rue ! La grève générale pendant six jours des commerces du centre de Damas après le massacre de Houla est très importante, elle montre que la classe bourgeoise ne soutient plus les crimes du régime et va se tourner vers la révolution. Damas a basculé ! »

Yahia Hakoum n’a plus peur de dire son nom. Même si sa famille, dont ses dix frères et sœurs, est restée au pays. « Ma seule arme c’est la parole. Je dois parler. Mes amis en Syrie me disent de témoigner. Tous les Syriens sont de toute façon en danger de mort… »

Bienvenue en Palestine août 2012


« Nous, Palestiniens, Israéliens et Internationaux, qui avons participé aux initiatives « Bienvenue en Palestine » de juillet 2011 et avril 2012, vous appelons à poursuivre avec nous le combat pour la liberté de circulation en Palestine et contre l’enfermement du peuple palestinien.

La nouvelle mission qui se déroulera du 24 au 31 août 2012 vise, comme les précédentes, à permettre aux défenseurs des droits de l’homme et des droits nationaux du peuple palestinien de se rendre librement en Palestine.

Puisque des représentants israéliens ont déclaré publiquement en avril dernier (voir la vidéo sur ce site) qu’ils nous avaient bloqués parce que nous voulions passer par l’aéroport de Tel Aviv pour nous rendre en Cisjordanie, alors que le passage approprié aurait été, selon eux, de transiter par la Jordanie et le Pont Allenby, nous avons donc décidé de les prendre au mot.
Nous souhaitons répondre à l’invitation du gouverneur et du maire de Bethléem, ainsi qu’à celle des associations palestiniennes de venir les rencontrer sur place, cet été, pour partager quelques jours leur quotidien, et préparer avec eux la rentrée scolaire, dans un contexte où l’éducation des enfants palestiniens est rendue de plus en plus difficile par la colonisation et l’occupation.
Des femmes, des hommes et des enfants de plusieurs pays ont déjà répondu présents à cet appel et ont pris leur billet d’avion, via Amman. Faites-en autant ! Contactez-nous à contact@bienvenuepalestine.com s’il y a des infos que vous ne trouvez pas sur ce site.

Nous appelons les gouvernements à soutenir le droit des Palestiniens à recevoir des visiteurs, et le droit pour leurs ressortissants respectifs de visiter librement la Palestine.

Les Palestiniens qui nous invitent, tout comme les participants à la mission Bienvenue en Palestine d’août 2012, demandent à pouvoir transiter sans encombre par le Pont Allenby, où il serait difficile à nos dirigeants d’invoquer une quelconque « souveraineté israélienne ».

Israël cherche le bâtonnier pour ne pas se faire battre ! Le colloque « Israël face aux défis du droit »


mardi 12 juin 2012 par le Bureau National de l’UJFP

Ce colloque juridique est prévu le 20 juin à Paris et organisé par … l’ambassade d’Israël à Paris !
Oui, vous avez bien lu.
Les juristes amis d’Israël vont devoir, n’en doutons pas, se livrer à de nombreuses pirouettes pour justifier leurs conceptions du Droit.

Car comment justifier, ou passer sous silence, le non respect d’innombrables résolutions de l’ONU, celles condamnant la colonisation, le blocus de Gaza, et sans oublier la résolution 194 pour le droit au retour et pour des dédommagements des réfugiés palestiniens ? Comment justifier les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, l’épuration ethnique, la poursuite de la construction du Mur déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice, la politique d’apartheid constatée par le Tribunal Russell pour la Palestine ? Comment permettre aux gouvernements alliés de maintenir l’impunité qu’ils accordent à Israël ?

Il est vrai que beaucoup de nuages s’amoncèlent sur la tête des dirigeants israéliens et de leurs thuriféraires français : le non respect des accords passés par l’Etat d’Israël avec les prisonniers politiques palestiniens à l’issue de leur courageuse grève de la faim pour leurs droits, les atteintes au droit de se rendre librement en Palestine, la Campagne internationale de Boycott, Désinvestissement, Sanctions, les conséquences positives possibles de l’admission de la Palestine à l’UNESCO.

Pour contrer ces mises en cause, le Ministère israélien des affaires étrangères et l’Ambassadeur d’Israël tentent donc le colloque juridique : « Israël face aux défis du droit ».

Citons quelques extraits de sa présentation : « La journée est organisée en partenariat avec l’Association France Israël, la section française de l’Association internationale des Juristes Juifs (l’AIJJ), le Rassemblement des Avocats Juifs de France (RAJF) – avouons humblement que nous ignorions l’existence d’une telle association ! – et l’Ambassade d’Israël à Paris.(…) « Déjeuner sous la Présidence de Mme Christiane Feral-Schuhl, Bâtonnier de Paris en présence exceptionnelle de Elyakim Rubinstein, Juge de la Cour suprême de l’Etat d’Israël (…) « Le colloque du 20 juin 2012 à Paris sera suivi d’autres rencontres destinées à consolider et développer le réseau d’experts dans une nouvelle approche de la défense de l’Etat d’Israël. »

Tous ces experts ne seront effectivement pas de trop pour tenter de défendre l’indéfendable, la négation du peuple palestinien et de ses droits, la violation des traités et des conventions signés, la violation de l’accord passé avec les détenus en grève de la faim. Notons la présence « exceptionnelle » d’un juge de la Cour Suprême, présentée comme la marque de l ’Etat de droit, alors que cette Cour ne reconnait ni l’autorité de la Cour Internationale de Justice, et ni celle du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU, pas plus que la jurisprudence du TPI pour l’ex-Yougoslavie condamnant le recours à la torture en toutes circonstances !

Cette tentative grossière du gouvernement Netanyahou-Lieberman d’importer le conflit en France doit être dénoncée. Le gouvernement français ne peut rester indifférent devant l’organisation d’un tel colloque où un gouvernement étranger organise publiquement et directement un groupe de pression pour justifier des violations du droit condamnées par les instances internationales. La Présidence du déjeuner d’un tel colloque par le Bâtonnier de Paris devrait interpeler tout avocat des Droits humains. Gageons que le mouvement de solidarité à la lutte du peuple palestinien pour ses droits ne restera pas inerte devant cette provocation !

Le Bureau national de l’UJFP, le 11 juin 2012

Torture blanche


lundi 18 juin 2012 01:24 GMT

de Squarzoni (Delcourt)

Un épisode sur la guerre israélo-palestinienne. Le constat est dur et sans appel, mais constitue une belle prise de conscience et un appel à la paix : indispensable.

L’histoire : En décembre 2002, Philippe Squarzoni et des amis du groupe pacifique altermondialiste ATAC se rendent en Israël. Objectif : appréhender le conflit israélo-palestinien de l’intérieur et tenter de trouver ensuite des solutions à mettre en œuvre, par l’intermédiaire de l’association. Ce qu’ils découvrent là-bas est terrible : la colonisation menée par les Juifs est désastreuse et cisaille la Palestine. Beaucoup de palestiniens vivent dans une souffrance sans nom. L’occupation israélienne aboutit à des situations ubuesques : les villes sont désertes le soir à cause des couvre-feux ; des palestiniens sont petit à petit expulsés des villes stratégiques, tandis que d’autres sont forcés de rester dans des villes ghettos ; la volonté d’élever un immense mur de séparation entre les deux peuples ; le danger de marcher dans la rue (surtout quand on a les cheveux bruns)… Sans compter les nombreux morts que l’on compte chaque jour à cause du conflit. Squarzoni tente de trouver une explication à ce conflit terrible : la haine et la violence sont encore dues à la puissance du libéralisme mondiale. Même si la Palestine utilise l’arme terroriste, elle n’est qu’une défense contre les attaques incessantes d’Israël. Cette violence au quotidien est inimaginable, si on ne se donne pas la peine de s’y intéresser : c’est la torture blanche…

Ce qu’en pense planète BD : Nouvel éclairage politique et social pour Philippe Squarzoni : il s’attaque cette fois à un sujet sensible et délicat… le conflit israélo-palestinien. Comme à son habitude, l’auteur ne cache pas ces convictions et accuse frontalement les juifs d’être responsables de cette situation. En effet, ils ont instauré un rapport de maître à esclave et tous les moyens sont bons pour asseoir leur domination : répression militaire, blocus, ghettos, exclusion raciale, extermination, humiliation. Squarzoni donne de nombreux détails qui font froid dans le dos et augmentent le malaise. Au gré de son périple dans l’état Israélien, le groupe ATTAC découvre avec horreur une situation terrifiante et révoltante. Le monde entier ferme les yeux sur la souffrance arabe : les Israéliens comme les organisations mondiales… ATTAC tente bien de trouver des solutions sur place et d’organise une manifestation pour la paix. Mais ils ne sont que 12 à oser contester la terreur menée par les Israéliens. Après des exemples précis et détaillés sur les conditions de vie en Palestine, Squarzoni termine son ouvrage par un constat encore plus implacable : à l’appui de chiffres et de témoignages concrets, l’auteur dresse un portrait global du conflit avec une comptabilité vertigineuse des morts, chômeurs et pauvres… Les statistiques sont alarmantes et mettent mal à l’aise tant la situation est désastreuse depuis plus de 30 ans. Profondément engagé, Squarzoni n’a jamais caché ses opinions dans ses ouvrages et condamne fermement la politique Juive. Cependant, il prend aussi du recul sur l’ensemble et offre ainsi une vision objective du conflit. Même s’il comprend les attentats-suicides du Jihad et du Hamas, il les condamne également. Il lance également un vibrant appel aux juifs qui ont déjà beaucoup souffert dans leur histoire. Conscient que beaucoup d’Israéliens sont aussi pour la paix, Squarzoni tente de leur faire prendre conscience qu’ils sont les seuls à pouvoir faire changer les choses. Comme à son habitude, Squarzoni conçoit la bande dessinée comme un reportage vivant et moderne. Avec un mélange de style iconographique et des tons souvent décalés pour mieux mettre en avant l’absurdité du conflit, ses travaux sont des témoignages précieux sur les graves problèmes du monde. Sa production est une résistance, une forme d’action utile au service d’ATTAC, contre la misère et la guerre. Ce tome est plus sombre que les précédents, car il aborde un sujet vraiment difficile (à l’image de ces fins de chapitre qui martèlent le nombre de morts de la journée), mais il le fait avec humanisme et intelligence. « J’ai ressenti ça comme une injustice […] de l’injustice et de la culpabilité ».

Note générale: 3/4
Scénario: 3/4
Dessin: 3/4

source

Guillaume Clavières

Coup de force juridico-militaire en Égypte


vendredi 15 juin 2012 – 12h:04

Al-Akhbar

Un responsable politique égyptien a déclaré ce jeudi que l’armée du pays avait réalisé un « coup d’État », après que le tribunal constitutionnel ait statué que le Parlement devait être dissous. Le même tribunal a soutenu la participation d’un ancien officier militaire à la course présidentielle.

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Après la prière du vendredi, un homme se promène près de calligraphies arabes faites à partir de bouchons de bouteilles et de sable sur la place Tahrir – Photo : Reuters – Amr Abdallah Dalsh

Le plus important tribunal égyptien a décidé qu’un tiers des sièges parlementaires étaient invalides, des sources confirmant ensuite que la décision signifiait que toute la chambre basse du parlement serait dissoute.

Dans une décision distincte du même tribunal, l’ex-officier de l’armée Ahmed Shafik a reçu le feu vert pour participer à l’élection présidentielle, après un recours contre une loi qui l’aurait mis hors de la course.

Ces deux décisions, à seulement deux jours avant l’élection présidentielle historique pour le choix d’un successeur à l’ex-dictateur Hosni Moubarak, pourraient conduire à toujours plus de troubles politiques dans le pays et au renforcement de la position du Conseil de sécurité des Forces armées (SCAF).

Première figure de l’opposition, Abdel Moneim Aboul-Fotouh a déclaré que les décisions s’intégraient dans un « coup d’Etat » fomenté par le SCAF.

« Garder le candidat du SCAF (Shafik) tout en supprimant le parlement du peuple élu après avoir donné le feu vert au même SCAF n’est rien de moins qu’un coup d’Etat », a-t-il dit.

« Je ne crois pas que les millions de jeunes vont accepter cela. »

Un responsable politique de la Fraternité musulmane a déclaré que le pays entrerait « dans un sombre un tunnel » si le Parlement était dissous.

« Si le Parlement est dissous, le pays entrera dans un sombre tunnel – le président à venir n’aura ni parlement ni constitution, » a déclaré Essam el-Erian, vice-président de la Fraternité. « Il y a un état de confusion et de nombreuses interrogations. »

L’armée avait décidé d’un système électoral complexe dans lequel les électeurs votent pour les listes des partis qui composent les deux tiers du parlement, et également pour les candidats individuels pour les sièges restants à la chambre basse.

Les candidats individuels étaient censés être « indépendants », mais les membres des partis politiques ont ensuite été autorisés à concourir, ce qui donne un avantage à la Fraternité musulmane et au Parti de la Justice.

Cette décision a été contestée devant les tribunaux.

Le président du Parlement, Saad al-Katatni, un islamiste, a déclaré avant la décision qu’il faudra examiner comment mettre en œuvre la décision.

En l’absence d’une constitution, suspendue après le renversement l’an dernier du dictateur Moubarak, aucune autorité n’a le droit de dissoudre le parlement, a déclaré Katatni.

Shafik confirmé

La décision d’autoriser Shafik à concourir était moins une surprise que la dissolution du parlement, en dépit d’une loi qui interdit aux hauts fonctionnaires du régime de Moubarak et aux membres dirigeants de son parti, aujourd’hui dissous, de se présenter à des fonctions publiques pendant 10 ans.

La loi s’applique à ceux qui ont servi dans les 10 années qui ont précédé l’éviction de Moubarak, survenue le 11 février 2011 après un soulèvement populaire.

Shafik fera maintenant face au candidat des Frères musulmans Mohammed Mursi, dans le second tour de l’élection présidentielle ce samedi.

L’ex-premier ministre de Moubarak a salué la décision « historique ».

« Le message de ce verdict historique, c’est que l’ère de l’indécision politique est terminée », a déclaré Shafik devant des artisans qui l’acclamaient au Caire.

« La Cour constitutionnelle a confirmé mon droit de participer à l’élection et a renforcé la légitimité de cette élection. »

Shafik a d’abord été interdit de se présenter à l’élection conformément à la loi votée par le parlement en avril dernier.

Mais à la fin avril la commission électorale a jugé recevable un appel de Shafik contre sa disqualification et l’affaire a été renvoyée devant le tribunal.

Dans le premier tour de scrutin du 23 et 24 mai – qui a vu 13 candidats en lice pour le poste – Mursi a remporté 24,7 pour cent des voix, légèrement en avance sur Shafik qui a eu 23,6 pour cent des voix.

Le prochain président héritera d’une économie en difficulté, d’une détérioration de la sécurité et du défi d’unir une nation divisée par le soulèvement et ses conséquences parfois mortelles.

Mais ses pouvoirs ne sont pour l’instant définis par aucune constitution.

14 juin 2012 – Al-Akhbar – Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.al-akhbar.com/conten…
Traduction : Info-Palestine.net – Naguib

L’Egypte se prépare à voter sur fond de turbulences politiques


vendredi 15 juin 2012, par La Rédaction

L’Egypte se préparait vendredi à reprendre le chemin des urnes pour le second tour d’une présidentielle qui opposera une figure de l’ancien régime à un Frère musulman, sur fond de turbulences politiques après l’invalidation des législatives remportées par les islamistes.

Près de 50 millions d’Egyptiens sont appelés à élire samedi et dimanche le successeur de Hosni Moubarak, renversé par un soulèvement populaire en février 2011. Ils auront le choix entre le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, et le Frère musulman Mohammed Morsi.

Mais la transition vers la démocratie semblait en péril après deux décisions rendues par la Haute cour constitutionnelle jeudi, l’une invalidant les résultats du scrutin législatif pour un vice dans la loi électorale, l’autre permettant à M. Chafiq de rester dans la course en dépit d’une loi interdisant aux figures de l’ancien régime de se présenter.

Des islamistes et des membres des forces politiques issues de la mouvance « révolutionnaire » ont dénoncé un véritable « coup d’Etat » orchestré par l’armée au pouvoir.

L’agence de notation Fitch a pour sa part annoncé avoir abaissé la note en devises de l’Egypte de « BB- » à « B+ » à cause des « incertitudes » politiques pesant sur l’avenir du pays et en lui donnant une perspective négative.

La mise hors-jeu de l’Assemblée du peuple pourrait permettre au Conseil suprême des forces armées (CSFA) de récupérer le pouvoir législatif.

« Le scénario de la contre-révolution est bien clair à travers une série d’épisodes passant par les acquittements dans le procès de Moubarak (le 2 juin), la décision de donner à la police militaire et aux renseignements militaires le pouvoir d’arrêter des civils et finalement l’invalidation du Parlement », a déclaré un collectif de partis de gauche, laïques et libéraux.

« Toutes ces mesures démontrent que le CSFA est déterminé à reproduire l’ancien régime et que la présidentielle n’est qu’une mauvaise comédie visant à permettre au CSFA de renforcer son emprise sur les rouages de l’Etat et de les mettre au service du candidat de l’ancien régime, Ahmad Chafiq », ont dénoncé ces partis dans un communiqué.

Pour Khalil al-Anani, spécialiste du Moyen-Orient à l’université britannique de Durham, « ce qui se passe fait partie du plan global de transition mis au point par les militaires, qui essaient depuis près d’un an et demi d’absorber le choc de la révolution ».

« Cela relève avant tout d’une stratégie politique pensée de façon sérieuse par l’institution militaire, qui essaie de garder la totalité des options ouvertes quel que soit le résultat de la présidentielle », souligne Mathieu Guidère, spécialiste du monde musulman à l’université de Toulouse (France).

Mohammed Morsi a cependant annoncé qu’il respectait la décision de la Cour.

« Le peuple égyptien qui a élu dans la liberté et la transparence ses députés est en mesure de réélire d’autres qui protègeront les acquis de la révolution que certaines veulent confisquer », a déclaré le président de l’Assemblée du peuple, l’islamiste Saad al-Katatni.

« Le peuple est bien déterminé à protéger sa révolution contre les corrompus de l’ancien régime », a renchéri M. Morsi lors d’une conférence de presse.

Les Etats-Unis se sont de leur côté dits « préoccupés » par l’invalidation des résultats des législatives, en ajoutant qu’ils étudiaient les « implications » de cette décision.

M. Chafiq, arrivé deuxième au premier tour des 23 et 24 mai après une campagne axée sur la sécurité, a multiplié ces derniers jours les promesses de « reconstruire un Etat et une économie modernes », de « lancer des grands projets pour résorber le chômage » et de « garantir les libertés individuelles et de la presse ».

L’armée a quant à elle averti vendredi qu’elle ferait « fermement face à quiconque empêcherait les citoyens de choisir le futur président de l’Egypte ».

Elle a aussi annoncé le déploiement de 150.000 militaires pour assurer la sécurité dans plus de 13.000 bureaux de vote à travers le pays.

Conformément à la loi électorale, les deux candidats sont astreints au silence à partir de vendredi midi. Pour inciter la population à voter, les autorités ont décrété samedi et dimanche jours fériés.

(15 juin 2012 – Avec les agences de presse)

Syrie : l’horreur doit prendre fin


Le photographe de guerre Robert King a filmé la prise en charge d’enfants gravement blessés au dispensaire du Dr Kassem, à Al-Qusayr. Son but : oser montrer l’insupportable, témoigner de l’intolérable. Pour que la barbarie cesse enfin en Syrie. Et parce que nous avons le droit d’être plus que des spectateurs.
ATTENTION : cette vidéo comporte des images qui peuvent heurter les personnes sensibles.

« C’est mon cadavre qui quitte la Syrie », affirme le père Paolo


jeudi 14 juin 2012, par La Rédaction

« C’est mon cadavre debout sur ses pieds qui quitte la Syrie » où « je reste à cent pour cent », a assuré jeudi le très énergique père Paolo Dall’Oglio, jésuite engagé dans le dialogue chrétien-musulman, peu avant son départ de ce pays. Interviewé par Radio Vatican, le religieux italien installé depuis trente ans en Syrie se dit « profondément amer » de partir à la demande de l’Église et des autorités. « Je pense à ce pays divisé, souffrant, blessé à mort. Aux nombreux jeunes en prison, aux nombreuses personnes torturées, aux jeunes en armes dans les différentes tranchées, qui mériteraient de vivre dans un pays pacifié, pluraliste et démocratique », a-t-il dit.

« Les grands jeux régionaux en font parfois des marionnettes, parfois les auteurs d’une guerre civile atroce », a-t-il ajouté. « La crise syrienne est la scène tragique d’une opposition régionale entre sunnites et chiites qui a déjà sacrifié le Liban et l’Irak à cette logique suicidaire », a-t-il dit.

Le monastère de Mar Moussa, restauré par lui à 80 kilomètres au nord de Damas il y a trente ans pour y accueillir des moines, restera ouvert, a-t-il assuré. « Les Syriens musulmans, plus encore que les chrétiens, ont un sens des lieux sacrés très aigu, et le monastère dédié à l’amitié islamo-chrétienne sera respecté et aimé de tous », a-t-il dit. Situé dans une région semi-désertique sur une colline où l’on accède à pied, le monastère, datant du VIIe siècle et abritant des fresques colorées superbement restaurées, héberge une petite communauté de moines et de religieuses, tout en accueillant des touristes de passage et des visiteurs en quête de calme.

(14 juin 2012 – Avec les agences de presse)

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