Le Réseau Voltaire, Infosyrie et M. Tlass


Ils ont du sang syrien dans le stylo, dans la caméra et dans le micro

par Raymond O.

http://english.the-syrian.com/2012/07/08/voltaire-network-infosyrie-and-mr-tlass/

traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier

 

Dînette en ville à Damas : Fréderic Chatillon, Mounaf Tlass, Dieudonné,
Monsieur X et Meyssan
(méphistophélique, dans la pénombre, au bout de la table).

Après la défection du brigadier général Manaf Tlass et sa fuite de Syrie, des détails ont émergé au sujet de ses liens avec des sites ouèbes de propagande pro-Assad opérant tant à partir de Damas qu’à partir Paris.

L’information recueillie et recensée ici pour The-Syrian.com indique que la famille Tlass pourrait avoir été chargée de financer certains sites ouèbe au bénéfice du régime syrien depuis au minimum l’année 2006.

Les deux hommes au cœur de ce scandale sont Frédéric Chatillon et Thierry Meyssan.

Frédéric Chatillon

 

Frédéric Chatillon, membre éminent du Front National, un parti politique français d’extrême-droite dirigé par Mme Marine Le Pen avec laquelle M. Chatillon entretient des liens très étroits remontant à l’époque où ils étudiaient dans la même fac de droit, époque où M. Chatillon dirigeait le GUD, Groupe Union Défense, un mouvement étudiant fasciste. De plus, le père de Mme Le Pen, M. Jean-Marie Le Pen, qui fut le fondateur du Front National, serait le parrain de la fille de M. Chatillon.


 

 

 

Thierry Meyssan

Meyssan s’est rendu célèbre avec son livre controversé paru en 2002 intitulé L’Effroyable imposture dans lequel il affirme que les attentats du 11 septembre 2001 auraient été un complot (une ‘combine interne’). Toutes les productions de M. Meyssan sont confites dans la théorie du complot. C’est aussi le cas de sa vie personnelle comme le montre cette video dans laquelle on le voit faire un ‘reportage’ pour la chaîne de télévision gouvernementale russe RT (Russia Today) depuis Tripoli durant l’avancée des rebelles libyens. Il dit au studio auquel il est relié, à Moscou, que les journalistes occidentaux avec lesquels il se trouve dans un même hôtel ne sont pas du tout ce qu’ils semblent être et qu’il s’agit en réalité d’agents américains camouflés « chargés de l’assassiner » (sic).

 

Le Réseau Voltaire

 

Le Réseau Voltaire a été fondé et présidé par Thierry Meyssan en 1994 sous son intitulé complet « Le Réseau Voltaire pour la liberté d’expression ». Cette organisation de gauche avait été créée afin de « promouvoir la liberté et la laïcité ». Initialement, elle se focalisait sur les questions internes à la France. Toutefois, en 1999, elle commença à « lutter contre l’impérialisme » au niveau planétaire et à rechercher à établir des liens avec des organisations internationales ayant cette même orientation.

En 2002, un groupe de ses vétérans s’éleva contre le choix d’alliés opéré par M. Meyssan, à la suite de ses rencontres (n’ayant fait l’objet d’aucune décision consensuelle de l’association) avec les dirigeants du Hezbollah libanais (le soi-disant parti « de Dieu »). Au début de 2005, des membres du conseil d’administration du Réseau Voltaire en ont démissionné en raison de ce « dérapage » dans les objectifs de l’association affirmant que, sous prétexte de résister à l’impérialisme américain, le Réseau ne faisait que se jeter dans les bras de l’impérialisme russe et de l’impérialisme chinois tout en jetant son sécularisme aux orties en nouant d’étroites relations avec des organisations islamistes.

Ces démissions du conseil d’administration entraînèrent en fin de compte la dissolution de l’association et M. Meyssan consacra les mois qui suivirent à parcourir en tous sens le Moyen-Orient (en particulier la Syrie et le Liban) afin de tenter de trouver des financements qui lui auraient permis de relancer son réseau Voltaire et de sponsoriser sa conférence dite (sans doute par antiphrase) de l’« axe de la paix », qui aurait dû se tenir à la fin de cette même année (2005).

Il y est parvenu, et il a perçu les fonds nécessaires pour relancer son réseau Voltaire depuis Damas, ce qu’il fit en août 2005 en tant que président, le vice-président étant M. Issa Al-Ayoubi (du Parti National Socialiste Syrien). L’organisation nouvellement constituée fut appelée « Réseau Voltaire International », cette nouvelle dénomination indiquant clairement qu’elle n’avait strictement rien à voir avec l’association originelle dissoute, le Réseau Voltaire.

Le 24 août 2005, le nom de domaine voltairenet.org fut enregistré par une entreprise syrienne d’informatique (dont nous ne communiquons pas le nom car cela n’a aucune importance) et son site ouèbe fut hébergé par le serveur canadien Iweb, parmi d’autres sites ouèbes syriens. Ainsi, le nouveau site voltairenet.org se substituait au site de l’ancienne association dissoute Réseau Voltaire, reseauvoltaire.net

En sponsorisant le réseau Voltaire (nouvelle manière), le régime syrien entendait ajouter un nouvel organe à la chaîne déjà existante de ses sites ouèbes autoproclamés « indépendants » et « non-alignés » au travers desquels ce régime diffuse/instille des pseudo-informations totalement controuvées visant à blanchir ou à mettre en valeur son image et ses positions et de pouvoir citer les informations diffusées par ces sites ouèbes dans ses médias officiels aux fins de tenter de semer le trouble dans l’opinion publique. Ce schéma de « blanchiment médiatique » a pu comporter des sites tels que akhbarmontreal.net (aujourd’hui clos) et d’autres.

Les sites de propagande syrienne à usage interne étaient généralement financés par M. Rami Makhlouf (un cousin du président syrien) soit directement soit directement (via des contrats de sponsorisation conclus par son empire des affaires, soit via M. Mohammad Hamsho, chargé de financer une kyrielle de télévisions, radios et médias online syriens). Toutefois, la tâche de financer le Réseau voltaire et les ‘indemnités’ de son président, M. Meyssan, avait été confiée à la famille Tlass (Munaf et Firas) dès 2006 au titre du système « fiscal » « officieux » frappant les élites syriennes (voir infra).

Infosyrie.fr

L’insurrection contre le régime syrien a commencé en mars 2011 et elle a bénéficié d’une couverture médiatique extrêmement importante tant dans le monde arabe que dans les médias nationaux. Les reportages et les vidéos clandestines ont causé un dommage immense à l’image du régime syrien tant à l’intérieur de la Syrie que dans le reste du monde. En mai 2011, un site ouèbe français fit son apparition sous le nom antiphrastique d’infosyrie.fr, qui entama sa mission consistant « à fournir une interprétation alternative de la situation syrienne » (…) et à « mettre en évidence les ruses et les falsifications générées par les médias occidentaux  et de leurs alliés arabes ».

Les fichiers du site Infosyrie montrent que celui-ci est enregistré par la compagnie Riwal sise au numéro 39 de la rue Vineuse à Paris 16ème Arrdt. Cette entreprise se présente elle-même comme étant une « agence spécialisée dans la communication, le consulting, le design graphique et la gestion d’événements ».

Un rapide coup d’œil à l’historique de Riwal montre que celle-ci a été créée en 1995 par nul autre que Frédéric Chatillon et trois partenaires (initialement). Toutefois, en 2005, elle était partagée par M. Chatillon et un unique partenaire.

La manière dont M. Meyssan et M. Chatillon ont fait connaissance n’est pas claire. Lorsque l’on sait que le premier était un ancien militant de gauche et le second un politicien d’extrême-droite, leur rencontre improbable apparaît d’autant plus étonnante. Toutefois, tous deux avaient en partage une chose qui pourrait expliquer qu’ils soient ainsi devenus amis.

En 2006, à la suite de l’agression israélienne contre le Liban, M. Chatillon organisa un voyage de cinq personnes (dont M. Meyssan et lui-même) afin de montrer sa « solidarité avec ce pays ». M. Chatillon savait que M. Meyssan avait d’excellentes relations avec le Hezbollah avec lequel il cherchait lui-même à établir le contact depuis 2001. Toutefois, le rapport entre Meyssan et Chatillon pourrait tout à fait être le genre de relation bâtie sur les opinions antisionistes de M. Meyssan et les orientations racistes et antisémites de M. Chatillon (c’est tout au moins ce qu’en pense votre serviteur).

Photo-souvenir de l’équipée de 2006.
Meyssan est au milieu et Chatillon est à… l’extrême-droite !
(sous les inévitables portraits des deux criminels de guerre
père et fils…).

 Durant l’équipée de 2006, la petite compagnie prit la route de Beyrouth via Damas, où ils restèrent cinq jours, durant lesquels M. Chatillon noua des contacts avec des « seconds couteaux » du régime syrien.

Passons rapidement à 2008 et à une nouvelle équipée de M. Chatillon à Damas, cette fois-ci « pour affaires ». A la suite d’une campagne de relations publiques qui lui a coûté la peau des fesses mais qui a très bien marché aux Etats-Unis, le régime syrien voulait châtier la France post-chiraquienne en tirant profit, en particulier, de l’arrivée de Sarkozy, un leader de la droite dure, au pouvoir dans ce pays.

Thierry Meyssan recommanda M. Chatillon au régime syrien pour ce job et le régime syrien décida d’engager celui-ci. Il chargea les sponsors de M. Meyssan, la famille Tlass, de financer cette nouvelle campagne de relations publiques. Cette « contribution » relevait des « taxes » prélevées par le régime syrien sur les activités financières (légales et illégales) de la famille Tlass en Syrie.

Avec l’aide de Meyssan, Chatillon se rendit en Syrie et il rencontra Manaf Tlass, qui lui demanda de faire partie de la campagne de relations publiques syriennes qu’il envisageait d’entreprendre dans le cadre de l’agence qu’il possède à Paris, Riwal Agency.

Quelques mois après, M. Chatillon enregistra la Riwal Syria, filiale de Riwal Agency : le capital de la compagnie-mère passa à 180 000 euros du jour au lendemain! Un site ouèbe fut lancé pour la nouvelle entité Riwal Syria en juillet 2008.

Quant à elle, Riwal annonça l’ouverture d’une filiale à Damas, sous la direction d’un « M. Thibault El-Bakjaji ».

Toutefois, nous n’avons pas été en mesure d’interviewer une personne portant ce nom pour les besoins de cet article, et cela suggère qu’aucun Thibault El-Bakjaji n’existe dans la branche syrienne de Riwal, qui s’avéra être une agence de voyage (dont nous tairons le nom) propriété d’un M. Gh. I. sise dans le quartier Al-Tajhiz de Damas (certes, un des dix-neuf employés de Riwal France se prénomme Thibault, mais cela n’est que pure coïncidence).

Dès sa création, RiwalSyria a représenté le ministère syrien du Tourisme à Paris et elle communiquait avec le ministère (à Damas) via un M. R.Q. travaillant au service de la promotion touristique de cette administration.

En 2011 Riwal a enregistré et lancé le site infosyrie.net au bénéfice du régime syrien, et ce site travaille de la même manière que le Réseau Voltaire et les autres sites de propagande que nous avons évoqués plus haut. Aussi tous ses contenus doivent-ils être passés au crible avant d’être cités comme références.

A la suite du départ de Manaf Tlass de Syrie, infosyrie.fr a publié un article très modéré contre son ancien sponsor, sous le titre “the road of the regime’s spoilt kid”  (Le Chemin suivi par l’enfant gâté), dans lequel le site exhortait M. Tlass à « ne pas cracher dans la soupe qui l’avait nourri » et se montrait confiant dans le fait que ce brigadier général enverrait paître « les opportunistes anti-régime qui chercheraient à lui parler ».

[Ci-après, une vidéo montrant M. Chatillon lors d’une manifestation pro-Assad organisée à Paris en octobre 2011].

http://www.youtube.com/watch?v=aHFMDXXuCMs&feature=player_embedded#!

http://youtu.be/zTKlLlUQARc

http://youtu.be/aHFMDXXuCMs


Petite leçon aux propagandistes d’Infosyrie : Sur la fuite d’Al-Asaad


Publié le 11 juillet 2012 SUR LE SITE DE syrieux

Comme les fidèles lecteurs de ce blog le savent – merci à eux d’être de plus en plus nombreux- le site Syrianfacts ne commente pas l’actualité mais propose des analyses sur ce qui structure la Révolution Syrienne. En se plaçant à un niveau supérieur de granularité, nous proposons des articles de fond, pour que l’observateur honnête de la crise syrienne ne se laisse pas influencer par les soubresauts de ce qui forme l’information quotidienne. Par ailleurs, la rigueur nous imposant de ne traiter que des questions que nous maitrisons, nous ne prétendons nullement concurrencer plus compétents que nous sur bien des sujets.
Alors pourquoi discuter de la rumeur (même pas une information) faisant état de la fuite du fondateur et chef de l’Armée Libre de Syrie, Riyad Al-Asaad, en Bulgarie, prenant avec lui la somme de deux millions de dollars?

D’une part, nous avons reçu plusieurs messages nous demandant notre avis sur cette rumeur. D’autre part, un visiteur -pro-Bachar- répondant au pseudo de LATTAKIA, a lancé le défi suivant (lien)

“PS : certains diabolisent le site “Infosyrie”. Ils en ont le droit. Malgré tout, je défie quiconque sur ce site de prouver que beaucoup de ses informations ne sont pas étayées de faits et souvent pertinentes.

Ce site est l’un des seuls qui me donne de vraies informations sur la situation et les dessous de ce vaste “merdier” institué de toute pièce par des “joueurs de plus en plus hystériques”.”

LIRE LA SUITE DE CET EXCELLENT ARTICLE ICI

Rencontre peu ordinaire: avec Haneen Zoabi, députée palestinienne de la Knesset…


Israélienne et Palestinienne…

En quelques années, Haneen Zoabi est devenue « la » députée israélienne la plus dérangeante. La plus haïe en Israël, aussi. Le mot « traîtresse » revient sans cesse dans les commentaires israéliens qu’on peut lire sur elle. Variante : ou « complice des terroristes ». Signe particulier : Haneen Zoabi vient de la minorité qu’on appelle « les Arabes israéliens » mais elle insiste pour dire qu’elle fait partie des « Palestiniens d’Israël. » Détail qui n’en est pas un : quand Mlle Zoabi parle d’Israël, elle ajoute souvent « Etat colonial et raciste. »
Haneen Zoabi n’a peur de rien ni de personne. Ceux qui auraient pu en douter ont été bluffés de la voir participer à l’expédition du Mavi Marmara en mai 2010, ce bateau turc en route vers Gaza qui a été attaqué par la marine israélienne (neuf Turcs tués). A la Knesset, où elle sévit depuis 2009, son franc-parler suscite très souvent l’ire de ses collègues de la droite ou de l’extrême droite nationalistes. C’est que ses mots font mal.

« Quand, nous a-t-elle raconté lors d’un récent passage à Bruxelles, je me suis présentée à 18 ans devant 80 étudiants israéliens en communication à Jérusalem, j’ai dit que j’étais palestinienne. Cela a déclenché un tollé. Ils étaient outrés, pour eux, il n’y avait pas de Palestiniens israéliens. En fait, ces étudiants, reflétant leur éducation, vivent dans un ghetto. Les élèves israéliens ne rencontrent pas une seule fois le mot “palestinien” durant l’école primaire. Les Israéliens ne savent rien des Arabes et se considèrent comme européens. Pourtant, c’est bien eux qui sont venus s’installer chez nous, on ne les a pas invités, ils nous ont colonisés ! »

Le ton est donné. Mais, alors, les mots « colonial », « raciste », « apartheid » affublés à l’Etat dont elle est députée ? « Il existe toute une batterie de lois racistes qui discriminent les “Arabes israéliens”. Quand on les pousse dans leurs retranchements, ils disent que c’est pour maintenir le caractère juif de l’Etat. Mais cela prouve qu’on ne peut être à la fois juif et démocratique ! »

Les exemples de discriminations abondent dans sa bouche. « La terre est judaïsée. Nous représentons 18 % de la population d’Israël mais n’avons plus que 3 % des terres, le reste a été volé depuis 1948. Nous sommes biffés, ils changent même les noms, hébraïsés. Pire, récemment près de Nazareth, ma ville, ils ont construit un pont qu’ils ont baptisé “Raphaël Eytan”, du nom d’un général qui appelait les Palestiniens des “cafards” ! »

Mais que dit-elle aux Israéliens qui vantent le confort de vie dont jouit leur minorité arabe ? « Israël est assez malin pour ne pas nous opprimer complètement. Nous bénéficions des lois sociales, mais c’est pour mieux nous contrôler. Il n’y a pas à nous comparer avec les Palestiniens des territoires occupés mais avec les Israéliens juifs. Et là, il existe un différentiel important. Quelque 50 % des Palestiniens israéliens vivent sous le seuil de pauvreté et notre communauté compose un tiers de la population carcérale. Israël nous enferme dans ce concept de citoyenneté israélienne pour nous domestiquer, nous empêcher de nous battre. »

Se battre. C’est bien ce qu’elle a voulu faire, pour ses frères de Gaza, il y a deux ans, quand elle embarqua sur le Mavi Marmara. « De nombreux députés israéliens m’ont reproché avec colère d’utiliser la démocratie pour menacer Israël. Mais non, je me bats pour faire valoir nos droits. Mon parti, Balad, a été le premier, depuis 1995, à évoquer à la Knesset le colonialisme et le racisme de l’Etat, ou la question des réfugiés. Ils me haïssent non seulement à cause du Mavi Marmara mais aussi et surtout en raison de notre vision des choses. »

L’affaire du Mavi Marmara a failli la faire exclure du parlement. « L’avocat général de l’Etat a clôturé le dossier, ils ont échoué. Mais ils m’ont retiré mes privilèges parlementaires et mon passeport diplomatique. Pour moi, aller sur ce navire à destination de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza, c’était une activité normale de solidarité humaine. »
Normale aussi, pour notre interlocutrice, de promouvoir le boycott d’Israël. « Comme citoyenne d’Israël, comme palestinienne et comme être humain, je soutiens le BDS (boycott, désinvestissement, sanctions). Il s’agit de sauver Israël de ses propres dérives militaristes. Le problème, c’est qu’Israël ne paie pas du tout le prix de ses actes, il n’arrêtera pas la bantoustanisation des territoires palestiniens occupés pour des questions d’éthique mais seulement quand la balance de ses intérêts lui dictera de le faire. »

Haneen Zoabi n’est pas peu fière d’être la seule femme arabe députée israélienne. Cette célibataire musulmane est aussi une féministe qui ne porte guère les islamistes dans son cœur, même si elle a déjà été vue en train de parler avec des élus du Hamas, à la grande colère de nombreux Israéliens. Elle ignore si elle pourra concourir aux prochaines élections l’an prochain, car elle croit que tout sera fait pour l’en empêcher. Se dire palestinienne en Israël et affirmer « mon combat est celui d’un peuple indigène dont la patrie a été dérobée » peut coûter cher.

BAUDOUIN LOOS

FICHE
Haneeen Zoabi est née à Nazareth le 23 mai 1969, dans une famille musulmane d’Israël. Diplômée de psychologie, de philosophie et de journalisme, elle a été élue en 2009 députée à la Knesset sur la liste Balad (Rassemblement national démocratique).

LE SOIR du mardi 10 juillet 2012