A l’instar de ce qui est désormais de rigueur à Liège (où la mendicité n’est plus autorisée que dans des horaires précis) et suivant cet exemple, précisent les autorités d’Etterbeek, les mendiants ne pourront désormais plus se trouver à plus de 4 par rue de la commune, en tout cas dans une dizaine de rues.Outre le ridicule de cette mesure, qui précise que les « habituels » ne sont pas concernés et dont on se demande comment elle sera appliquée (un système de pointeuse à chaque carrefour? un cachet?), outre ses dangers aussi (la rue va vite devenir chasse gardée), outre son inutilité (Comme le reconnaît elle-même une conseillère FDF, «cette mesure, inspirée par la ville de Liège, ne résout évidemment pas le problème »), ce qui nous choque surtout, c’est ce qu’elle représente.
Elle représente un pouvoir qui, faute de montrer la moindre volonté de lutter contre la pauvreté, lutte contre les pauvres. Un pouvoir qui, surtout à l’approche des élections, pense sincèrement que si nous ne voyons plus la misère, nous penserons qu’il n’y a pas de misère.
Un pouvoir qui pense que l’électeur est dérangé par la vision de ces pauvres que notre système produit. Que l’électeur est une autruche. Que l’électeur pensera qu’en cachant les pauvres, on les aide.
L’électeur, c’est nous. Et nous sommes tout à fait capables de supporter la vue des produits de ce système que nous refusons d’autant plus qu’il refuse d’assumer ses propres incuries.
Nous regardons en face cette misère et nous savons d’où elle vient. Nous connaissons aussi des moyens de lutter contre elle. Nous refusons de voir nos dirigeants verser une larme sur les plateaux de télé et sur ces pauvres qu’ils veulent mettre hors de notre vue.
Nous voulons que ces gens puissent chaque jour nous rappeler les négligences de ceux qui nous dirigent. Nous le voulons parce que c’est peut-être leur seul espoir. Parce qu’en les voyant, nous pouvons les aider, en espérant qu’un jour nous ne serons plus les seuls à refuser les oeillères.
Nous irons donc mendier, le 16 juillet à 18h (au départ de la place Jourdan), par groupes de 5 par rue, dans la commune d’Etterbeek. Mendier une pièce et mendier un peu, rien qu’un peu, de courage politique. Au moins celui d’affronter en face ses propres lâchetés.
Lors de sa séance du 21 mai 2012, le conseil d’administration de l’ULB a reconnu le “ comité BDS-ULB “ en tant que cercle étudiant. Cette reconnaissance avait été précédée d’une consultation du service juridique de l’ULB et d’un débat sérieux et argumenté au sein du CA. Cette décision a immédiatement provoqué un concert de protestations, en général furieuses, d’institutions ou de personnalités liées à Israël, incriminant l’appui apporté à l’antisémitisme qu’elle exprimerait, et ce au nom de ce que le co-président du “ parlement juif européen “, Joël Rubinfeld, appelle “ le caractère génocidaire de l’idéologie qui inspire la campagne BDS “ (La Libre Belgique, 10/05/2012).
Quel est en réalité le caractère de la décision prise par le CA de l’ULB ? Le fait d’autoriser un cercle BDS se limite à appliquer les règles communes en vigueur de liberté d’association et d’expression au sein de l’ULB à la question du boycott d’Israël, conçu comme forme d’action en solidarité avec les Palestiniens. L’ULB ne reprend pas à son compte ce boycott mais considère qu’il s’agit d’une orientation politique qui a le droit d’exister et de se faire entendre dans le débat en son sein. L’ULB a toujours autorisé un large spectre de cercles politiques et apparentés, allant de l’extrême gauche à l’extrême droite. Seuls des groupes à caractère raciste, notamment antisémite, ne peuvent bénéficier d’une telle liberté. En dehors d’eux, aucune censure n’est admissible dans une institution reposant sur le libre examen. Cette règle s’applique évidemment à la liberté de promouvoir la solidarité avec les Palestiniens tout comme à celle de soutenir l’État d’Israël.
Avant d’échanger des arguments pour ou contre le boycott d’Israël, il s’agit de savoir si cette question est ou non l’objet d’un débat. Ceux qui veulent interdire toute action ou toute propagande en faveur d’un boycott d’Israël refusent en fait tout débat. Ils se contentent d’une pétition de principe, en répétant inlassablement que boycotter Israël, c’est de l’incitation à la discrimination sur base de la nationalité israélienne, discours où l’on voit poindre en filigrane, quand elle n’est pas littéralement avancée, l’accusation d’antisémitisme. Ils exigent que l’ULB en tire des conclusions (répressives) avant même qu’une discussion n’ait eu lieu. Attitude en totale contradiction avec le principe fondateur du libre examen.
Nous considérons au contraire que la question d’un boycott d’Israël peut et doit être l’objet d’une discussion politique. Si on accepte d’en discuter, le débat peut et doit se mener sur deux plans :
1. Sur le plan des principes, peut-il être légitime d’appeler au boycott d’un Etat dont certaines violations du droit international sont des crimes de guerre (e.a., l’implantation de colonies israéliennes de peuplement dans les territoires palestiniens occupés) et de manifester ainsi sa solidarité avec les victimes de ces agissements ? Il y a eu d’innombrables précédents, en sens très divers, d’un tel mode d’action : boycott de l’Italie lors de l’agression contre l’Abyssinie, boycott de l’Afrique du sud pour cause d’apartheid, boycott partiel de l’Espagne franquiste pour cause de non-respect des libertés politiques et syndicales, boycott de Cuba pour refus d’indemniser les ressortissants US expropriés par Castro. Il n’a jamais été prouvé qu’appeler au boycott d’un Etat en rétorsion pour ses agissements est assimilable à un appel au génocide ou à la haine
2. Sur le plan de l’opportunité, un boycott d’Israël se justifie-t-il aujourd’hui ? Si oui, avec quelle ampleur, sous quelles formes, d’après quelle finalité précise, etc. ? Il s’agit alors d’un débat politique nécessaire, urgent, où inévitablement des positions contrastées se feront jour. Il est pleinement logique que certains avancent qu’un tel boycott est contre-productif, qu’il nuit aussi aux Palestiniens, qu’il éloigne la perspective de la paix, etc. Mais on est alors dans un échange d’arguments politiques et non dans du terrorisme intellectuel.
En Belgique et en France, une partie des autorités institutionnelles de la communauté juive s’est engagée dans une dénonciation sans nuance de l’ULB sur ce sujet. En assimilant sans autre forme de procès, comme s’il s’agissait d’une vérité d’évidence, boycott d’Israël et incitation à la discrimination, voire antisémitisme, ils dévoient leurs légitimes préoccupation et combat contre toute renaissance de l’antisémitisme et ils nuisent à la communauté juive en la faisant apparaître comme une sorte de lobby pro-Israël inconditionnel, alors même que la politique du gouvernement de cet Etat se manifeste comme plus injustifiable que jamais (relance de la colonisation, vague de persécution contre les réfugiés ou immigrés originaires d’Afrique).
Nous sommes persuadés de la justesse de la décision prise par le CA de l’ULB d’autoriser l’existence d’un cercle BDS. Une nouvelle décision en sens opposé contreviendrait non seulement aux critères libre-exaministes ordinaires en ce domaine, mais contribuerait à entretenir les fantasmes antisémites qui n’ont déjà que trop tendance à s’alimenter des retombées du conflit au Proche Orient.
Signataires membres et anciens membres de la communauté universitaire : Marco ABRAMOWICZ, Mateo ALALUF, Ivan BEGHIN, Kenneth BERTRAMS, Jacques BUDE, Olivier CORTEN, Éric DAVID, Barbara DELCOURT, Michel DISPERSYN, Isi FISZMAN, Victor GINSBURGH, Corine GOBIN, Louise GOTOVITCH, Jean-Claude GRÉGOIRE, Jacqueline GRIPPA, Henri HURWITZ, Lolita IVEN ABRAMOWICZ, David JAMAR, Jean-Jacques JESPERS, Pieter LAGROU, Thérèse LIEBMANN, Renaud MAES, Philippe MARY, Nicole MAYER, Anne MORELLI, Jacques MORIAU, Suzanne MOUSSET, Claude NEMRY, Robert PLASMAN, Éric REMACLE, Brigitte ROEFS, Sylvie ROLIN, André SCHOROCHOFF, Michel STASZEWSKI, Marcelle STROOBANTS, Jean-Pierre THYS, Esther VAMOS, Dan VAN RAEMDONCK, Pierre VIART, Jean VOGEL, Laurent VOGE
A Londres, Barclays a falsifié les taux d’intérêts des prêts entre banques. A Madrid, Bankia aurait manipulé ses comptes pour entrer en Bourse. Comment obliger les banques fautives à rendre des comptes ? En Islande, des enquêteurs recherchent les fraudeurs pour les traduire en justice. Extraits.
Avant la crise économique, Olafur Hauksson était commissaire de police à Akranes, petit port de 6 500 habitants planté au bout d’une péninsule glacée, à une cinquantaine de kilomètres de Reykjavik. Depuis janvier 2009, il cherche et traduit en justice ceux qui ont joué un rôle dans l’effondrement économique du pays.
A la fin de l’été 2008, la bulle islandaise explose, conséquence de la crise des subprimes américaine. Deux semaines après la chute vertigineuse de Lehman Brothers, les trois principales banques du pays, dont la valeur représente 923 % du PIB, s’effondrent. La petite île est balayée par la crise, la couronne islandaise coule sans qu’aucune intervention ne puisse infléchir son cours. Le 6 octobre 2008, en direct à la télévision nationale, le premier ministre de l’époque achève son discours en demandant à Dieu de « sauver l’Islande« .
« Néo-vikings » de la finance
Depuis cette date fatidique, l’Islande a connu des jours troubles. En 2009, les Islandais, pourtant peu habitués aux démonstrations sociales, crient leur colère contre les politiciens et ces « néo-vikings » de la finance qui les ont trompés. La « révolution des casseroles » conduit à la démission du Parlement et du gouvernement conservateur. Parmi les revendications de ce mouvement, figure le jugement de ceux qui ont tiré profit de la situation économique et qui ont poussé l’Islande dans l’abîme économique. Les élections législatives anticipées portent la gauche au pouvoir. La nouvelle première ministre, Johanna Sigurdardottir, veut nommer rapidement un procureur spécial pour enquêter sur les causes de la crise. Mais les candidatures ne se bousculent pas pour occuper le poste.
[…] Olafur Hauksson, isolé dans son petit commissariat de province, a le mérite de n’avoir aucune relation avec cette élite accusée d’avoir précipité l’île vers la faillite. Malgré son inexpérience complète en matière de justice économique, il sera le seul à se proposer pour le poste. […] Plus de trois ans après sa nomination, il reconnait lui-même « ne commencer que depuis peu à se sentir bien dans sa fonction« . D’abord à la tête d’une équipe de cinq personnes, il dirige aujourd’hui plus de cent collaborateurs.
Leur tâche est double : « D’un côté, il s’agit d’enquêter sur toutes les suspicions de fraudes et délits commis avant 2009, de l’autre, nous engageons nous-mêmes des poursuites en justice contre les présumés coupables. » Une méthode « complètement nouvelle« , qui permet aux enquêteurs de « suivre les dossiers« , et à la justice, de « connaître les affaires sur le bout des doigts« . Une condition indispensable « pour pouvoir rivaliser avec des avocats de la défense très préparés« .
Pour faciliter la mission du procureur, le gouvernement a procédé à des modifications législatives sur le secret bancaire. « Aujourd’hui, nous avons accès à toutes les informations, sans aucune objection possible« , affirme Olafur Hauksson. Soupçons de fraudes bancaires, délits d’initiés, escroqueries, usurpations d’identité professionnelle, détournements de fonds, les enquêtes menées sont variées et les trois – bientôt quatre – salles d’interrogatoire ne désemplissent pas. Le procureur affirme travailler aujourd’hui sur « une centaine de dossiers prioritaires« .
Des condamnations déjà prononcées
La plupart des personnes visées sont d’anciens responsables du secteur financier, membres des conseils d’administration des banques avant la crise. Des Islandais qui ont souvent choisi depuis de s’exiler dans des pays étrangers – au Luxembourg notamment – pour poursuivre leur carrière. Un éparpillement qui complique d’autant la tâche de l’équipe du procureur Hauksson. Mais celle-ci multiplie les perquisitions et ne s’empêche pas de poursuivre les enquêtes dans les filiales étrangères des banques islandaises, y compris auprès de ressortissants étrangers. « Nous avons une pleine coopération internationale« , souligne Olafur Hauksson.
A ce jour, quelques condamnations ont déjà été prononcées. Deux anciens dirigeants de la banque Byr, premiers à avoir été jugés, purgent une peine de quatre ans et demi de prison. L’ancien directeur de cabinet du ministre des finances au moment de la crise, Baldur Gudlaugsson, a été condamné pour délit d’initiés à deux ans de prison ferme. Plus récemment, c’est Sigurdur Einarsson, ancien président de la banque Kaupthing, qui a été condamné à rembourser à la banque 500 millions de couronnes islandaises – 3,2 millions d’euros – et a vu tous ses avoirs gelés.
D’autres attendent encore de passer devant la justice. Jon Thorsteinn Oddleifsson, l’ancien trésorier de la banque Landsbanki, devrait bientôt connaître son sort, tout comme Làrus Welding, l’ancien directeur général de la banque Glitnir.
Pratiques douteuses
Le travail d’Olafur Hauksson suscite de vives critiques dans la population. « On sait que les regards sont fixés sur nous, qu’on ne doit pas faillir« , souligne-t-il, mais « accélérer les choses conduirait immanquablement à faire des erreurs et dans le contexte actuel, avec tant de défiance envers les institutions de la part des Islandais, nous devons plus que jamais être irréprochables. »
Difficile d’être « irréprochable » dans une société où les pratiques douteuses ont longtemps été la règle. En mai, deux membres de l’équipe du procureur ont ainsi vendu des informations pour 30 millions de couronnes islandaises (191 000 euros) à un mystérieux destinataire. Ces deux anciens policiers enquêtaient sur le dossier Sjovar/Milestone, une compagnie d’assurance dans laquelle la Banque centrale islandaise avait investi avant de céder de nouveau ses parts pour une somme moindre. Accusés d’avoir violé la confidentialité de leur fonction, les deux hommes ont été suspendus et mis à la retraite d’office.
La « purge » du système financier islandais, comme aime à le dire Olafur Hauksson, ne sera pas immédiate. S’il table sur une fin de mission à l’horizon 2015, le procureur espère surtout que l’Islande, dont l’économie a progressivement repris, pourra un jour « regarder derrière elle, et être fière d’avoir su tirer les leçons du passé« .
Le « musulman d’apparence » n’est pas forcément celui qu’on croit… Maintenant qu’il est redevenu oisif, on ne saurait trop conseiller à l’ex-hyperprésident Sarkozy de revoir ses idées préconçues à la lumière de ce sketch hilarant, entre deux séjours enchanteurs à Marrakech.
Un trio de choc, composé de Jérémy Ferrari, adepte de l’humour noir, de Constance et Lamine Lezghad, réussit à tordre le cou à ces clichés qui ont la vie dure. Le rire est certainement la meilleure thérapie contre les préjugés, aussi nous vous prescrivons le visionnage de cette parodie d’urgence et sans ordonnance !
Même si les dirigeants palestiniens insistent pour dire que les réfugiés en Syrie ne prennent pas part au conflit qui fait rage dans le pays, la lutte acharnée entre l’opposition et les forces de l’État s’est néanmoins répandue à l’intérieur des camps de Syrie.
Un manifestant palestinien lève le drapeau de l’opposition syrienne lors d’une manifestation contre le président Bashar al-Assad de Syrie, dans le centre de la bande de Gaza, le 22 juin.
(Reuters/Ibraheem Abu Mustafa)
Damas – Quatre réfugiés palestiniens ont été tués et plusieurs autres blessés lors de tirs par les forces de sécurité syriennes sur les manifestants dans le camp de réfugiés d’Al-Yarmouk, vendredi, indiquent des sources.
Des Palestiniens de ce camp de la région de Damas ont déclaré à Ma’an que des centaines de réfugiés étaient descendues dans les rues pour protester contre les meurtres de 16 Palestiniens en début de semaine.
Lors de la manifestation, les forces syriennes ont ouvert le feu sur la manifestation, tuant au moins 4 manifestants, touchés, d’après des témoins, par des balles dans le haut du corps.
Mercredi, 15 membres de l’Armée de libération palestinienne à Damas et leur chauffeur ont été retrouvés morts après qu’ils aient été enlevés il y a plusieurs semaines sur la route du camp de réfugiés palestiniens de Nairab, près d’Alep, a déclaré un officier.
Les réfugiés palestiniens en Syrie doivent faire un mois de service militaire dans l’Armée de libération palestinienne. L’ALP a été créée comme branche armée de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), mais plus tard, elle est passée sous le commandement militaire syrien et est utilisée pour faire la police dans les camps de réfugiés.
Le groupe revenait de suivre une formation dans un institut à Misayaf, entre Hama et Homs, quand une bande d’hommes armés s’est emparée du car, a affirmé le responsable du bureau politique de l’OLP à Damas, Anwar Abdul-Hadi.
Il a dit que les officiels palestiniens en Syrie étaient en contact avec la direction à Ramallah, et qu’ils avaient contacté les ravisseurs qui refusaient de donner une justification et de libérer le groupe. L’identité ou l’affiliation des ravisseurs ne sont pas bien établies.
Mercredi, la sécurité syrienne a notifié aux dirigeants palestiniens que les membres de l’ALP avaient été retrouvés criblés de balles et de coups de couteaux sur la grande route près d’Idlib, a indiqué Abdul-Hadi.
Même si les dirigeants palestiniens insistent pour dire que les réfugiés en Syrie ne prennent pas part au conflit qui fait rage dans le pays, la lutte acharnée entre l’opposition et les forces de l’État s’est néanmoins répandue à l’intérieur des camps de Syrie.
Des Palestiniens en Syrie ont déclaré à Human Rights Watch en juin que les forces de sécurité syriennes retenaient des centaines de personnes, dont des Palestiniens, dans le camp d’al-Yarmouk.
Selon eux, des milliers de Palestiniens ont fui récemment la ville de Homs et ses banlieues à cause de la violence et aussi de Daraa en raison des récents bombardements intensifs, et avaient cherché refuge à al-Yarmouk.
Al-Yarmouk, le plus grand camp de réfugiés palestiniens en Syrie où vivent 200 000 Palestiniens, a lui aussi connu un certain nombre d’incidents meurtriers.
Un responsable de la sécurité syrienne a menacé de faire une opération sur le camp à cause du présumé soutien du Fatah aux manifestations anti-Assad, ont indiqué des sources du camp à Ma’an, en mars dernier.
Quelques jours plus tard, un véhicule appartenant à l’Armée de libération palestinienne dans le camp a été touché et dans l’explosion trois personnes ont été tuées.
En juin dernier, 14 Palestiniens dans ce même camp, auraient été tués et 43 autres blessés après une attaque contre le quartier général du groupe de gauche FPLP-CG, sur fond de tensions entre partisans et opposants du régime syrien, a rapporté à l’époque un dirigeant de l’Autorité palestinienne à l’agence d’informations Wafa.
«Il est parfois préférable de se taire et de passer pour un imbécile, plutôt que de parler et ne plus laisser aucun doute à ce sujet.» C’est très exactement ce que nous nous sommes dit à la lecture de l’article mis en ligne par Infosyrie (lien) , article qui prétend être une réponse à nos lignes (lien) où nous avons épinglé les rédacteurs dudit site sur leur mauvaise compréhension d’une vidéo qu’ils utilisent. On imagine aisément que la lecture de notre “article-fleuve” a dû être difficile pour Infosyrie et que les développements aient été ressentis comme “longs” et “laborieux” : Infosyrie n’a rien compris à notre article. En effet, la « réponse » d’Infosyrie ne traite quasiment pas du principal point que nous leur reprochons, pour s’attarder sur d’autres sujets qui ne leur étaient même pas destinés.
Ainsi, il est possible de lire sur le site assadiste francophone :
“Toute cette salade intra-ASL pour arriver à la conclusion que… nous avions peut-être raison sur le cas al-Asaad ! Qu’écrivent en effet les scribes vétilleux de Syrianfacts au terme de leur interminable article contre nous ? » Il n’y a aucune preuve ou élément de preuve quant à la fuite d’al-Asaad » !”
et de poursuivre en disant que
“Et à défaut de pouvoir démentir cet « effacement » (on est prudent et fairplay !), Syrianfacts se lance dans une proclamation lyrique qui ressemble quand même à un aveu : « La trahison d’un homme, fut-il le dirigeant de l’ASL, ne changera rien à la dynamique des révolutionnaires qui ont défié un des régimes les plus puissants » .”
Pourtant, il n’était nulle part question de démentir la rumeur sur la fuite d’Al-Asaad, et cela a été dit explicitement dans notre article, en introduction :
“Il ne s’agit donc pas tant de défendre Al-Asaad ou de démentir la rumeur que d’en profiter pour donner des informations fiables en dénonçant les propagandistes.”
et même répété en conclusion :
“Le but de cet article n’était pas de démentir une rumeur.”
On comprendra donc sans peine qu’il nous est difficile d’être “…incapable de prouver qu’al-Asaad n’a pas disparu ou fui” puisque cela n’a jamais été notre objectif !
En revanche, ce que nous disons, c’est que les incapables d’Infosyrie utilisent une vidéo qu’ils n’ont pas compris (ni la vidéo, ni les enjeux discutés dans la vidéo, ni même la réalité de ce qu’il se passe en Syrie) comme confirmation d’une rumeur sans fondement.
Et sur ce point, les collaborateurs d’Infosyrie n’ont fait que confirmer nos propos.
L’auteur de l’article d’Infosyrie écrit donc :
“Pour démontrer notre mauvaise foi bachariste, Syrianfacts consacre de longs et laborieux développements à expliquer qu’en fait ce « Commandement militaire conjoint » ASL n’est justement pas un nouvel organigramme de l’ASL mais est une « nouvelle entité » , et jouant assez misérablement sur les mots, dit que le vrai intitulé en est « Commandement militaire conjoint » et non pas, comme nous l’avons écrit, « Direction militaire conjointe »”
Et de conclure, avec une satisfaction propre aux imbéciles heureux :
nos lecteurs apprécieront peut-être la subtilité sémantique, quant à nous, nous avouons que son intérêt nous échappe !”
Quelle misère! Nous disions plus exactement :
“Mais la faute est encore plus flagrante! C’est toute la vidéo qui n’a pas été comprise!! La vidéo n’est pas un nouvel organigramme pour l’ASL, mais la constitution d’une nouvelle entité nommée : “Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne”, et non pas ” « Direction militaire conjointe » de l’Armée syrienne libre”. “
Faisons simple (pour éviter aux infosyristes de s’humilier d’avantage) :
Infosyrie a écrit : “Direction militaire conjointe de l’Armée syrienne libre” alors que le vrai titre est : “Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne“.
Si nous avons préféré traduire “kiyada” par Commandement plutôt que par Direction (ce qui se discute largement, nous ne prétendons nullement aux compétences d’un vrai traducteur), l’erreur portait plutôt sur la fin de l’intitulé! Alors ré-exprimons nous, on évitant de retraduire le terme “kiyada” pour ne pas embrouiller les esprits simples qui nous liraient :
– Infosyrie a écrit : “Direction militaire conjointe de l’Armée syrienne libre” alors que le vrai titre est : “Direction Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne“.
En d’autres termes, la vidéo n’a aucun rapport avec l’ASL, ni dans le titre de son logo, et l’ASL n’est, à aucun moment, citée dans la vidéo (Nous renvoyons les lecteurs à notre précédent article pour plus d’informations sur le Commandement Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne ou La Direction Militaire Conjoint pour la Révolution Syrienne!). Il n’y a que dans les esprits délirants d’Infosyrie pour y voir de l’ASL…
Ceci étant clarifié, il est, nous l’espérons, évident que la vidéo n’a pas du tout été comprise par le site des Bacharistes français… pour la seconde fois. Dans l’art de se tromper deux fois sur le même sujet, Infosyrie mériterait une médaille. C’est d’ailleurs, souvenez-vous, précisément la double erreur sur le placement de la ville de Soueida qui a été dénoncé. Il ne s’agit donc pas d’avoir la “science infuse” mais plutôt d’avoir un minimum de connaissances sur un pays où le régionalisme est d’importance, faute de quoi, il est aisé de dire des bêtises. Il arrive à tout le monde de se tromper, mais réussir à aggraver sa faute est une preuve d’incompétence qui ne peut laisser de place au doute.
N’ayant rien compris à la vidéo en question, Infosyrie n’a raconté que de grossières bêtises. Où l’on voit, au passage, l’inutilité des commentateurs arabophones (et pro-régime) sur lesquels s’appuie Infosyrie pour tenter de gagner un peu de la légitimité qu’il n’a pas…
Il est évident qu’il serait possible de lister les nombreuses inexactitudes, et les nombreuses fautes factuelles (largement plus que les quelques dizaines consenties…) qui se trouvent dans les colonnes d’Infosyrie, mais nous n’en avons ni le temps ni l’envie. Il est tout aussi évident que le site Infosyrie ne se taira qu’avec la disparition du régime qui le finance.
Nous pensons que nous avons suffisamment montré l’incompétence et l’ignorance des collaborateurs d’Infosyrie, sans parler de leur malhonnêteté, pour que chacun se fasse son idée.
Et que ce que regorge le net de pro-Bachar continuent d’aboyer, leur projet de revoir le peuple syrien se taire devant la peur des moukhabarat s’éloigne de jour en jour.
Homs, mon amour, ce qu’il ne faut pas entendre d’idiots ignorants…
Plus de 150 personnes selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), et plus de 200 selon un chef rebelle syrien, ont été tuées jeudi dans l’attaque avec des chars et des hélicoptères par les forces gouvernementales syriennes de la localité de Treimsa, dans le centre de la Syrie. « Des troupes gouvernementales ont bombardé (Treimsa) en utilisant des chars et des hélicoptères », a déclaré par téléphone le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. L’OSDH a estimé que le nombre des morts était supérieur à 150, soit un total de plus de 200 tués dans le pays pour la journée de jeudi.
« Considérant la petite taille de la ville, c’est peut-être le plus grand massacre commis depuis le début de la révolution », a commenté Rami Abdel Rahmane. Un chef rebelle, Abou Mohamad de son nom de guerre, commandant d’un groupe de combattants rebelles basé non loin de là, plus au nord, a assuré dans la nuit de jeudi à vendredi que l’attaque avait fait « plus de 200 morts ». Selon un militant vivant dans la province, le bilan est particulièrement lourd car les forces gouvernementales ont pilonné une mosquée où de nombreux habitants avaient cherché refuge. Treimsa « est vide maintenant. Tout le monde est mort ou a fui », a affirmé ce militant, disant s’appeler Abou Ghazi, dans un message électronique.
« Une trentaine de véhicules de l’armée ont totalement encerclé le village. Il n’y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers les champs était abattu », a raconté un autre militant, disant se prénommer Ibrahim. « Après le bombardement, l’armée est entrée (dans Treimsa) avec des armes légères et les (miliciens pro-régime) Shabiha suivaient avec des couteaux », a-t-il ajouté. Selon l’agence officielle syrienne Sana, des affrontements ont opposé l’armée à un « groupe terroriste » dans la localité. Sans donner de bilan, Sana a affirmé qu’il y avait eu « de lourdes pertes dans les rangs des terroristes » et que trois soldats avaient été tués.
De son côté, le régime a confirmé jeudi la première défection de l’un de ses ambassadeurs, mais a reçu de nouveau le soutien de la Russie, qui a rejeté un projet de résolution déposé à l’ONU par les Occidentaux. Par ailleurs, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a annoncé que le général Mounaf Tlass, qui avait fait défection la semaine dernière, était entré en contact avec l’opposition syrienne. Mercredi soir, l’ambassadeur syrien en Irak Nawaf Farès a annoncé sa défection dans un message vidéo diffusé par la chaîne de télévision du Qatar, Al Jazeera. Il a également appelé l’armée à « rejoindre immédiatement les rangs de la révolution ».
Jeudi, le ministère syrien des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué que Nawaf Farès était « démis de ses fonctions », jugeant que ses déclarations aux médias la veille étaient « en contradiction avec son devoir qui consiste à défendre les positions et la cause de son pays ». « Il doit pour cela être poursuivi par la justice et traduit devant le conseil disciplinaire », a ajouté le ministère. Commentant cette défection, le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, a estimé de son côté qu’il y avait tous les jours « de plus en plus d’indices du fait qu’Assad est en train de perdre son emprise ».
Selon Bagdad, Nawaf Farès se trouve au Qatar, un émirat connu pour son hostilité au régime de Bachar el-Assad, qui réprime dans le sang depuis près de 16 mois un mouvement de contestation. Sa défection porte un nouveau coup au régime syrien, quelques jours après celle de Mounaf Tlass, un général proche du président Assad. Nawaf Farès, un sunnite, a commencé comme policier avant de travailler avec les redoutables services de renseignements puis de devenir l’un des chefs du parti Baas, gouverneur et enfin diplomate. Ce parcours suscite la méfiance des militants. « Je sais que cet homme est un criminel », a ainsi affirmé le président de l’OSDH.
« C’est assez similaire à l’histoire de Mounaf Tlass (…), les services de renseignements occidentaux cherchent à sélectionner des personnalités qui pourront être utilisées pour la période transitoire », a-t-il estimé. À Paris, Laurent Fabius a dit savoir qu’il existe « une proximité entre l’opposition et (le) général » Tlass et que « des contacts ont été pris en ce sens », sans confirmer que Mounaf Tlass se trouve actuellement à Paris. Sur le plan diplomatique, la Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a qualifié d’ »inacceptable » le projet de résolution sur la Syrie déposé mercredi à l’ONU par les Occidentaux, menaçant d’y mettre son veto s’il était soumis au vote du Conseil de sécurité jeudi.
« Dans son ensemble, leur projet n’est pas équilibré », seul le gouvernement syrien se voyant imposer des « obligations », a déclaré le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov. De l’autre côté, les États-Unis ont menacé de ne pas prolonger le mandat de la Mission des observateurs de l’ONU en Syrie (Misnus) si le Conseil n’utilisait pas les sanctions comme moyen de pression sur Bachar al-Assad, selon des diplomates. Dans leur texte, Européens et Américains donnent dix jours au régime de Damas pour retirer ses troupes et armes lourdes des villes rebelles, sous peine de sanctions économiques.
L’organisation Reporters sans frontières (RSF) a pour sa part condamné l’assassinat de deux journalistes-citoyens. Suhaib Dib, un lycéen, a été victime le 4 juillet d’un assassinat ciblé par les forces de l’ordre à Al Meliha (banlieue de Damas), et Omar al-Ghantawi a été tué le 21 juin par un sniper à Homs (centre), selon l’ONG. RSF a en outre appelé à la libération de tous les journalistes emprisonnés en Syrie. L’ONG Human Rights Watch soupçonne pour sa part Damas d’utiliser des bombes à sous-munitions de fabrication soviétique dans la région de Hama.
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Les Frères musulmans accusent Kofi Annan
Les Frères musulmans de Syrie ont accusé vendredi l’émissaire international Kofi Annan, ainsi que l’Iran et la Russie, deux alliés du régime de Bachar el-Assad, d’être responsables, par leur inaction, du massacre commis la veille dans le centre du pays. « Nous ne considérons pas le monstre Bachar comme seul responsable de l’effroyable crime (…) mais (aussi) Kofi Annan, les Russes et les Iraniens et tous les pays du monde qui prétendent être responsables de la protection de la paix et de la stabilité dans le monde puis qui gardent le silence », affirme la confrérie dans un communiqué.
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Le CNS veut une résolution contraignante de l’ONU
Le CNS a pressé le Conseil de sécurité de l’ONU d’adopter une résolution contraignante à l’encontre du régime de Bachar el-Assad après le massacre, selon une ONG, d’au moins 150 personnes dans une localité du centre de la Syrie. De leur côté, les Frères musulmans de Syrie ont accusé l’émissaire international Kofi Annan, mais aussi l’Iran et la Russie, deux alliées du régime de Bachar el-Assad, d’être « responsables », par leur inaction, de cette tuerie perpétrée à Treimsa, dans la province de Hama (centre).
« Arrêter cette folie meurtrière qui menace l’entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde nécessite une résolution urgente et tranchante du Conseil de sécurité sous le chapitre VII, qui protège le peuple syrien », indique le Conseil national syrien (CNS). Le chapitre VII de la Charte des Nations unies prévoit des mesures coercitives en cas de menace contre la paix, allant de sanctions économiques à l’usage de la force militaire. »Nous faisons porter aux pays membres du Conseil de sécurité la responsabilité totale de la protection des Syriens sans défense et l’arrêt de ces crimes honteux », poursuit le CNS, qualifiant la tuerie du « plus infâme des génocides commis par le régime syrien ».