Ils sont actifs, bien dans leur tête… et ont une aversion viscérale pour les maisons de retraite. Loin d’être gâteux, les nouveaux vieux entendent retrouver leur liberté. Pour leurs vieux jours et se sentir paisibles, ils veulent de nouvelles formes d’hébergements. Et surtout, ne pas passer par les organismes spécialisés.
De nombreuses maisons de retraite ne donnent pas envie : infantilisation, perte d’indépendance, moral qui flanche, prix exorbitants… Pour neuf Français sur dix, il est préférable de vieillir à son domicile, selon un sondage OpinionWay, publié le 6 avril, par l’Observatoire de l’intérêt général. Mais chez soi, le vide peut aussi devenir un compagnon d’infortune.
L’idée
La nouvelle génération de personnes âgées a donc eu l’idée de se regrouper et de vivre ensemble. Le concept existe depuis plusieurs années en Europe du Nord. Il a, depuis, dépassé les frontières. Ce type de colocations version troisième âge commence à se développer en France. Plus qu’un simple logement, ces cohabitations s’inscrivent dans un vrai projet de vie, sur le long terme. Ancienne psychosociologue ayant vécu en coloc’, Christiane Baumelle, 71 ans, a conçu avec son association La Trame, les Cocon3s (pour solidaire, senior, solo). L’organisme aide les seniors à créer des unités de vie collective :
« On veut se gérer entre nous et apporter nous-mêmes une réponse à la solitude. On se sent mieux dans une maison habitée. Les maisons de retraite, tout le monde y va les pieds devant ! »
Sept cocons ont déjà éclos un peu partout en France, depuis leur création en 2007.
Passer son annonce sur Le Bon Coin
Jean-Marie Jarnac, 68 ans, vit en colocation avec deux femmes de 73 et 65 ans, dans les Pyrénées. Enthousiaste, il n’y voit que des avantages :
« On loue une maison de 360 m² pour 330 euros par mois. Mais surtout, depuis un an, nous partageons nos vies. Ça nous a ouvert d’autres perspectives, c’est exaltant ! Il n’y a pas de routine. Il ne faut pas croire qu’on reste tous les trois à jouer au Scrabble ou à faire du macramé, on a plein d’activités, ensemble ou pas ! »
Jean-Marie et ses colocataires se sont trouvés grâce à une annonce passée sur Le Bon Coin. Deux rencontres collectives et quelques mois plus tard, ils emménageaient ensemble.
L’habitat groupé, entre femmes
A Montreuil, en banlieue parisienne, une bande de femmes aux caractères bien trempés a opté pour l’autogestion. Surnommées les Babayagas, elles ont misé sur l’habitat groupé. Un projet imaginé en 1995 par Thérèse Clerc, 85 années à peine perceptibles et toujours féministe dans l’âme. La maison des Babayagas doit se terminer en septembre. Les 25 logements seront répartis sur un immeuble de six étages : 21 pour les « Babas » et quatre, réservés à des jeunes. Le rez-de-chaussée de 127 m² sera entièrement destiné aux équipements sportifs, au matériel informatique et à l’Université du savoir des vieux (Unisavie).
Pour le moment, si les « Babas » vivent toujours dans leurs logements respectifs, elles se retrouvent toutes les semaines pour prendre leurs décisions de façon collégiale par rapport à leur future habitation. Entre leurs apparentes petites vacheries et les blagues qui n’arrêtent pas de fuser, l’ambiance est très conviviale. Pour Thérèse Clerc, cette maison a aussi une vocation militante :
« Nous avons choisi les femmes, parce qu’elles sont les plus pauvres et les plus seules. Elles sont extrêmement faibles dans la vieillesse. Déjà que les femmes sont les invisibles de la société, vieilles, elles deviennent les invisibles des invisibles. »
Aucune n’appréhende la vie en communauté. « Au pire, on a prévu l’arsenic », s’amusent les Babas. Plaisanteries à part, elles s’accordent toutes pour dire qu’elles rient énormément et ont hâte d’emménager.
Ce qu’il reste à faire
Les seniors qui s’engagent dans cette aventure ont souvent une forte personnalité et apprennent à leurs dépens que parfois, « l’enfer, ce sont les autres ». Accrochages et étincelles font aussi partie du menu quotidien. Certaines communautés implosent. Christiane Baumelle a même publié, en janvier dernier, le « Manuel de survie des seniors en colocation » (éd. Tournez la page, janvier 2012). Et son association a lancé, depuis trois mois, un service de médiateurs, qui suivent et accompagnent les candidats. :
« Il faut se poser des questions sur sa capacité à vivre en communauté et à créer des liens. Ce n’est pas la maison qui fait que ça fonctionne ou pas, c’est le groupe. »
Bien que le phénomène prenne de l’ampleur en France, il est difficilement quantifiable. Du côté de Cocon3s, une dizaine d’autres coloc’ sont en gestation. Pour l’instant, les femmes sont plus nombreuses à s’intéresser à la question. Les mentalités évoluent doucement. Certains seniors se disent séduits par l’idée, mais ne l’envisagent pas tant qu’ils se sentent autonomes. Erreur stratégique, estime Jean-Marie :
« C’est quelque chose qui s’organise à l’avance. Il ne faut pas attendre. »
Et trouver des habitants n’est pas facile. Jean-Marie déplore « l’absence de site attrayant, gratuit et bien fait, avec des informations pertinentes », qui recenserait toutes les offres. Lui et ses colocataires peinent d’ailleurs à trouver leur quatrième cohabitant. Avis aux amateurs…
Le Monde.fr | 16.08.2012 à 22h02 • Mis à jour le 16.08.2012 à 22h02
Par Le Monde.fr
Pendant plusieurs semaines, la reportrice du MondeFlorence Aubenas était en Syrie pour couvrir le conflit. Elle a répondu aux questions des internautes lors d’un chat organisé le jeudi 16 août.
Est-ce que vous vous sentiez menacée en tant que femme lorsque vous suiviez des combattants en Syrie?
Florence Aubenas : Pas du tout. En général, être une femme sur les lieux de combat m’a plutôt semblé un avantage, jusqu’ici en tout cas : cela évite les surenchères ou les défis que ce type de situations suscitent parfois. Les gens font tout pour vous aider : lorsque des hélicoptères se sont mis à tirer à Alep, les premiers jours, les habitants se bousculaient tous pour m’inviter à me mettre à l’abri chez eux.
Ça vous fait quoi d’être une journaliste « embedded » dans la rébellion ? Vous pensez faire votre travail honnêtement ?
Florence Aubenas : Ce n’est pas un choix d’être « seulement » aux côtés de la rébellion : c’est une obligation dans le cas de figure syrien. Les journalistes n’ont actuellement pas de visa officiel (à l’exception de quelques-uns) : il nous faut donc entrer dans le pays clandestinement et continuer à y vivre et à y travailler de la même manière. Pas d’hôtel, pas de location de voiture, aucun des circuits habituels. Le seul réseau par lequel nous pouvons passer est celui des Syriens engagés, c’est-à-dire des opposants au régime, militaires ou pas.
Comptez-vous rejoindre l’armée régulière si vous en avez la possibilité ?
Florence Aubenas : « Rejoindre » n’est pas le mot que j’utiliserais. Mais, oui, j’aimerais aussi couvrir ce conflit de l’autre côté, si j’en avais la possibilité.
Quel est l’état d’esprit de la population à Alep ? Est-ce qu’on parle d’une « ville fantôme » ou plutôt d’une ville qui vit malgré l’horreur des combats ?
Florence Aubenas : A Alep, je ne suis allée que dans les quartiers qui étaient sous le contrôle des forces rebelles. La raison en est simple : je n’avais pas de visa officiel et se faire arrêter par les militaires du régime aurait été extrêmement dangereux.
Dans les secteurs de la ville que j’ai vus, les gens ont commencé à fuir aux premiers jours du conflit. C’était vraiment une ville fantôme. Personne dans les rues, tous les magasins fermés, pas une voiture : un vrai décor de cinéma. Les gens ont commencé à y revenir petit à petit. Les combats n’avaient pas ralenti, mais chacun avait fini par s’y « habituer ». Les marchés ont repris, les habitants ne se mettaient même plus à l’abri quand un avion apparaissait dans le ciel. Cette accoutumance à la violence est une des choses les plus terribles dans les conflits.
Martine : Quelle est la situation alimentaire à Alep ? Et la situation des quartiers de la ville qui ne sont pas tenus par les « rebelles » ? Les soins médicaux sont-ils encore possibles?
Florence Aubenas : A Alep, capitale économique du pays, les seules entreprises que la guerre n’a pas arrêtées sont celles qui fabriquent la farine et le pain ! Pour l’instant, la situation alimentaire ne pose pas de problème. Le Croissant-Rouge fait des distributions dans certaines villes, mais toutes n’en ont pas besoin ; il y a énormément de solidarité, à la fois pour la nourriture et pour l’hébergement.
Les soins médicaux sont plus compliqués : en fait, la Turquie (à quarante minutes d’Alep), qui soutient les rebelles, a ouvert ses hôpitaux aux blessés syriens. Cela dit, beaucoup de gens continuent de mourir, faute de soins. Dans les quartiers toujours tenus par le régime, la situation est bien plus calme : par définition, ils sont à l’abri des bombardements et des chars.
Ressent-on encore la révolte populaire à Alep ou n’est-ce plus qu’une guerre civile ?
Florence Aubenas : Il y a un mot qui fait hurler tous les opposants au régime, celui de « guerre civile ». Pour eux, c’est une « révolution », au sens où ils veulent renverser le régime. La manière dont ils définissent eux-mêmes le sens de leur combat est une lutte contre les injustices du régime.
Cette dimension de liberté et de dignité reste très forte dans un pays où il est interdit de regarder une autre chaîne que les télévisions officielles, même chez soi. Maintenant, la guerre a sa propre dynamique ; elle amène les gens à se radicaliser, alors qu’ils ne se sentaient pas spécialement impliqués au début.
L’influence de djihadistes « salafistes » étrangers fait l’objet d’une controverse intense entre le pouvoir régulier et les rebelles. Avez-vous des éléments sur cette question ?
Florence Aubenas : Oui, c’est l’argument principal du régime contre les rebelles. Dans la région du Nord où j’ai passé un mois, je n’en ai pas rencontré. Il serait impossible pour des combattants étrangers d’y passer inaperçus : la rébellion recrute par famille, par village. Tout le monde se connaît, loge au même endroit.
J’ai longuement interrogé des commandants sur l’existence de camps d’entraînement ou de soldats venus d’ailleurs. Eux non plus n’en connaissaient pas. Autre élément : la manière dont les rebelles se battent montrent la pauvreté de leur moyens, en armes et même en nourriture. Il n’y a même pas une kalachnikov par personne. Je pense que si Al-Qaida les épaulait, ils auraient moins de difficultés face à l’armée de Bachar Al-Assad. Cela dit, il faut rester modeste : la situation peut être différente dans d’autres parties du pays.
Croyez-vous à une explosion de la Syrie en différents États ethniques ou religieux ?
Florence Aubenas : C’est l’une des grandes théories sur l’après-Bachar : tous les alaouites vont se réfugier dans la zone côtière, où ils sont majoritaires, et créer une sorte d’Etat indépendant, laissant le reste du pays aux sunnites. Certains soutiennent même que cette solution, façon ex-Yougoslavie, est le plan secret du président. Je reste assez sceptique : beaucoup de Syriens de tous bords restent très attachés à leur pays. Il y a un sentiment national très fort.
Les rebelles croient-ils en leur chance de victoire ?
Florence Aubenas : Ils n’ont aucun doute : ils vont gagner. Cette conviction dans la victoire est même leur arme principale.
Khadija H. : Quelles sont les attentes des « rebelles » vis-à-vis de la communauté internationale?
Florence Aubenas : Cette question revient toujours dès qu’on interviewe les rebelles : « Pourquoi personne ne nous aide ? » Elle s’adresse à la fois aux pays arabes et aux pays occidentaux. En même temps, ils restent assez philosophes. Certains répètent : on se bat seuls et on gagnera seuls.
Victor RF : Un rapport affirme que des crimes de guerre ont été commis par l’ASL. Que pouvez-vous nous dire sur cela ? Comment sont traités les prisonniers ?
Florence Aubenas : J’ai vu, personnellement, des soldats de l’armée rebelle exécuter au moins un sniper qu’ils avaient capturé pendant un combat de rue à Alep. C’est un crime de guerre. Il y en a certainement eu d’autres. La diffculté est de dire : est-ce que ce sont des exceptions ou est-ce une méthode systématique ? Du côté des gradés, on affirme que les soldats ont l’ordre de ne pas s’y livrer, mais je pense que des enquêtes devront avoir lieu.
Quant aux prisonniers, certains ont été maltraités, pas de doute non plus. Je les ai vus, visiblement battus et maltraités pour certains. Human Rights Watch est en train de boucler un rapport là-dessus. L’armée rebelle a promis d’y participer. On attend la suite, il faut être très vigilant.
Victor RF : Les versions de l’ASL et de l’armée officielle sont parfois contradictoires. La guerre se joue t-elle également sur le plan de la communication ?
Florence Aubenas : Bien sûr ! Le même jour, les deux armées ont parfois annoncé en même temps qu’elles maîtrisaient le même quartier. La guerre s’est doublée d’une bataille de communication. Je pense qu’aujourd’hui, c’est inéluctable. Une des premières mesures de l’armée libre, en entrant dans Alep, a été de nommer un « responsable de la presse ». C’était assez cocasse, car nous étions trois journalistes dans la ville à ce moment-là, aucune ligne de téléphone ne passait et le responsable en question n’était jamais joignable.
Nono : Y a-t-il des alaouites parmi les rebelles?
Florence Aubenas : Alep et toute la zone nord, où j’étais, constituent une région sunnite presque à cent pour cent. Il y a quelques Kurdes et quelques chrétiens, mais pas de communautés alaouites. Il n’y en avait donc pas dans les troupes rebelles que j’ai vues. En revanche, dans les villes de Homs, de Hama, de Damas, qui sont mixtes, quelques alaouites se sont enrôlés. Ils restent très minoritaires. La dimension de révolte des sunnites contre les alaouites, considérés comme favorisés par le régime, est très forte dans ce conflit.
Existe-t-il une haine entre les communautés alaouite et sunnite en Syrie ?
Florence Aubenas : Je crois que cette haine existe dans certaines zones mixtes, où les gens se sont retrouvés confrontés les uns aux autres. Je pense à Homs ou à Damas, où des voisins qui s’appréciaient ont pu s’enrôler, les uns, dans les milices pro-Bachar, les autres, côté rebelles. Dans les zones majoritaires, sunnites ou alaouites, cela se pose moins durement, on y parle davantage d’injustice que de haine. On n’y entend pas les gens prononcer des mots terribles ou même des menaces d’extermination les uns contre les autres, comme cela a pu être le cas au Rwanda ou en ex-Yougoslavie. Si le conflit s’éternise, le risque existerait que la haine gagne peu à peu tout le pays. Ce serait terrible.
Léon Z : Y a-t-il des femmes, des enfants, des adolescents parmi les combattants rebelles ?
Florence Aubenas : J’ai vu des adolescents de 16 ou 17 ans, mais ni femme ni enfant. Dans les grandes villes, les femmes ont participé aux manifestations, aux côtés des hommes ou dans des cortèges séparés. Cela ne se fait pas dans les campagnes. Beaucoup s’occupent de soins médicaux à domicile, font la cuisine pour les compagnies.
Une victoire du régime est-elle envisageable ? On a l’impression que le régime a des ressources illimitées et a l’avantage par rapport aux opposants.
Florence Aubenas : C’est vrai que le régime syrien a des alliés de poids, la Chine, la Russie, l’Iran, ce qui implique un armement important, une armée nombreuse, des finances. Cela dit, le poids des désertions, militaires et civiles, montre un régime littéralement pourri de l’intérieur. Près de trente pour cent de l’armée rebelle est composée de déserteurs de l’armée officielle.
Ces éléments donnent aussi un thermomètre sur l’état réel des institutions et leurs capacités à garder l’avantage. On a parfois l’impression qu’en dehors d’un cercle de fidèles, de moins en moins de gens y croient, y compris à l’intérieur. Je pense que cela contre-balance les faibles ressources des rebelles.
Par AFP, publié le 16/08/2012 à 10:27, mis à jour à 10:27
BEYROUTH – L’économie syrienne est totalement éreintée après 17 mois de révolte mais peut encore tenir, malgré les sanctions, grâce à l’aide de « pays amis » comme la Russie, l’Irak, l’Iran ou le Venezuela, selon des experts.
Des Syriens récupèrent des denrées dans un camion capturé par les rebelles près d’Alep, le 20 juillet 2012afp.com/Bulent Kilic
Tous les indicateurs sont au rouge vif dans ce pays ravagé par les violences: le PIB s’effondre, l’inflation atteint des sommets, le chômage grimpe et le déficit des comptes courants ne cesse de se creuser.
« L’économie est à bout de souffle. Elle se dégrade lentement mais sûrement à l’image de la perte graduelle de contrôle du gouvernement« , assure Jihad Yazigi, directeur de la revue économique en ligne Syria Report.
Les chiffres sont éloquents: selon l’étude annuelle d’Economist Intelligence Unit (EIU), parue en juillet, la chute du PIB devrait être de 8% en 2012, « car la violence décourage la consommation, l’investissement et plus généralement l’activité économique et à cela s’ajoutent les sanctions européennes, en particulier sur l’exportation du pétrole« .
Une autre étude de l’Institute of International Finance est encore plus pessimiste puisqu’elle prévoit une contraction de 14% à 20% en 2012 « en raison d’un déclin de la production agricole, de l’amenuisement des investissements et d’une baisse des exportations en raison des combats et des sanctions européennes« .
L’inflation a atteint en mai 32,5% en glissement annuel et 15,4% depuis le début de l’année, selon les statistiques officielles syriennes. Et cela pourrait empirer.
« Les combats des dernières semaines à Alep et Damas vont renforcer les tensions inflationnistes car ces deux villes sont des centres de production très importants« , note M. Yazigi.
Les autres indices sont aussi déprimants. Le revenu par habitant devrait fléchir de 4.784 dollars en 2010 à 4.259 dollars en 2012, le déficit budgétaire croître considérablement et la dette publique, qui représentait 22,6% du PIB en 2010, dépassera 5O% en 2012. En cause, la baisse de 40% des recettes budgétaires et une augmentation de 20% des dépenses en deux ans.
Economie de guerre
« L’économie syrienne tourne à 30% de ses capacités et le système bancaire est l’ombre de ce qu’il était il y a un an car les banques publiques sont sous sanctions internationales et les établissements privés tournent au ralenti par prudence« , assure un économiste européen qui vient de quitter Damas pour s’installer à Beyrouth.
La monnaie a connu une érosion de 50% face au dollar en 17 mois en dépit de deux ventes d’or et d’argent par la Banque centrale qui ont rapporté trois milliards de dollars, selon cet économiste, et le total des réserves, qui s’élevait à 19,5 milliards de dollars, devrait tomber à 9,6 en 2012, selon les évaluations de l’EIU.
La presse officielle syrienne a fait état ces dernières semaines des mauvaises nouvelles économiques.
Début août, Sonia Khanji, membre de la chambre de Commerce de Damas, citée par le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, affirmait que 30% des petites et moyennes entreprises syriennes avaient fermé, entraînant une hausse du chômage qui touche environ 25% de la population active.
« La Syrie est en état de guerre, le gouvernement devrait rendre plus homogène son action en vue de redynamiser » le pays, a-t-elle déclaré à l’AFP, appelant à des mesures budgétaires, fiscales et monétaires pour faire face aux sanctions internationales.
En raison des sanctions, la production pétrolière a également chuté, passant de 385.000 b/j en 2010 à 182.000 b/j en 2012. Par conséquent, le montant des exportations est passé de 12 milliards de dollars en 2010 à 4 milliards en 2012.
Cependant, estiment les économistes, l’effondrement de l’économie syrienne n’est pas pour demain.
« Il s’agit d’une économie de survie, une économie de guerre, et le pays peut continuer à vivoter longtemps car il a tendance à vivre en autarcie et à réduire considérablement ses importations, à l’exception des armes« , assure un banquier libanais.
En outre, assure M. Yazigi, « le récent accord de troc avec la Russie et le prêt bonifié d’un milliard de dollars obtenu récemment auprès de l’Iran, s’ils sont confirmés, montrent que les autorités ne sont pas forcément à court de solutions« .