LA RAGE AU CŒUR !


Racha Lotfi

Non je n’ai plus de mots pour décrire tant d’horreurs
Et je n’ai plus de larmes,
Pour pleurer tant d’innocents passés par les armes…
Mais j’ai la rage au cœur !

Vertige de sombrer dans les nuits de terreurs
des cauchemars me hantent,

D’hommes, de femmes, d’enfants mourants dans l’épouvante…
Et j’ai la rage au cœur !Et je refuse l’accoutumance au malheur
Irrévocablement !
Aux tortures, aux sévices, aux crimes, aux châtiments !
Et j’ai la rage au cœur !!

L’on t’implore à genoux transportés de ferveur
O Dieu de délivrance !
Jusqu’à QUAND doit-on vivre privés de ta clémence ?
Avec la rage au cœur … ?

Syrie : Fatima abrite les déserteurs de l’armée


lundi 27 août 2012, par La Rédaction

Quand la révolte a commencé contre le régime syrien, Fatima Zahra n’a pas hésité une seconde à envoyer ses cinq fils combattre sur le front de la « liberté », mais ce n’était pas assez, elle voulait faire plus pour la cause rebelle.
Elle a donc transformé sa maison en un refuge pour l’Armée syrienne libre (ASL), où elle prépare les repas, soigne les blessés, abrite les déserteurs et entrepose même des armes dans les chambres à coucher.
« Depuis mon enfance, je veux assister à la fin de ce régime. Alors quand ma chance est venue, je voulais offrir toute l’aide possible », raconte Fatima.
Son père avait pris dans les années 1980 le chemin de l’exil au Koweït, fuyant la répression exercée contre les membres des Frères musulmans par le président Hafez al-Assad, le défunt père et prédécesseur de Bachar.
Son père ne faisait pas partie de cette confrérie mais craignait que son éducation et sa dévotion ne fassent tôt ou tard de lui une cible pour le régime.
« Nous vivions dans la peur avant la révolution, même derrière des portes fermées nous n’osions pas prononcer le nom de Bachar ou de Hafez », confie Fatima.
Mais pour elle le mur de la peur s’est effondré en mars 2011, soufflé par un Printemps arabe qui a déjà emporté plusieurs hommes forts arabes. Et Fatima espère que le tour de Bachar al-Assad viendra bientôt, en expliquant sa décision de rester quand ses voisins ont décidé de fuir les raids de l’armée syrienne.
Deux de ses fils combattent à Alep, ville stratégique du nord où de violents combats font rage depuis plus d’un mois pour son contrôle.
Deux autres de ses fils aident les réfugiés à gagner la Turquie toute proche tandis que son « petit dernier », 16 ans, fait passer messages et armes pour les rebelles.
Parmi les déserteurs réfugiés chez Fatima se trouve Abou Mohamed qui dit avoir fait défection il y a deux mois de son unité qui avait été affectée au contrôle d’un barrage routier près d’Alep.
« Ce que fait Fatima est incroyable. Elle nous aide énormément. Elle nous traite comme si nous étions des membres de sa famille », dit ce jeune homme de 23 ans.
« J’ai déserté quand je me suis rendu compte que nous ne défendions pas la nation, mais des individus. On nous avait dit de tirer sur toute voiture qui s’approchait du barrage, qu’il y ait ou non à bord des femmes et des enfants ».
Abu Fahd, 24 ans, était lui déployé dans la région d’Alep avec son unité de Homs quand il a décidé de déserter.
« Nous n’avions pas de télévision, de radio ou d’autres moyens de communication dans l’armée. On nous a dit que nous luttions contre des terroristes et tout le monde y a cru », dit-il.
« Mais quand j’ai pu parler au téléphone avec famille, j’ai compris ce qui se passait. J’ai compris que je tirais sur des gens innocents et j’ai décidé de déserter ».
Il a alors pris contact avec un ami qui avait déjà fait défection. Il s’est enfui en escaladant le mur d’enceinte, mais de l’autre côté, l’attendaient les tirs de ceux qui étaient désormais ses anciens camarades. Ce fut pour lui une course éperdue pour sauver sa vie et gagner sa liberté.
« Ils sont mes fils », dit fièrement Fatima, « tous les combattants rebelles sont mes fils ».
Il y a bien d’autres femmes qui, comme Fatima, soutiennent l’ASL, mais elles craignent de trop s’engager dans ce conflit qui a déjà fait quelque 25.000 morts en 17 mois, selon une ONG syrienne.
« Elles ont peur et beaucoup d’entre elles ont déjà fui », explique Fatima dont la soeur, Oum Ahmed, vient d’arriver pour donner un coup de main. Cette femme de 40 ans a envoyé quatre de ses neuf enfants à la guerre. Un d’entre eux a été tué il y a deux mois par un franc-tireur dans la localité d’al-Bab.
« Quand mon fils de quatre ans voit désormais un avion, il prend un bâton et le pointe vers le ciel comme une arme », dit-elle en retenant ses larmes. « Et il ne cesse de demander +Pourquoi ont-ils tué mon frère ? ».

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Hamia, la petite chanteuse emprisonnée


Au printemps dernier, Hamia*, 26 ans, a passé vingt-cinq jours dans la prison d’Al-Khateeb, dans le quartier de Kafr Sousseh, à Damas.

Il est 22 heures, le 30 avril, quand Hamia finit son service dans un café du quartier Bab Touma, à Damas. Des agents des services de renseignements, les moukhabarat, l’arrêtent avec deux de ses amis. « Je sentais que je pouvais être inquiétée », se souvient-elle. Beaucoup de ses amis sont impliqués dans la lutte contre le régime. Quelques mois avant son arrestation, elle-même avait enregistré clandestinement à Alep une chanson révolutionnaire composée par un ami puis diffusée sur la chaîne d’opposition Orient-TV, basée à Londres. Avec les paroles, elle prend des risques : « On a remis notre sort entre vos mains, on vous a donné les clés de la nation… En retour, vous êtes devenu le plus grand voleur, vous avez torturé et volé votre peuple. »

Quelques jours avant son arrestation, elle alerte Frédéric, son compagnon belge, rencontré à Damas un an avant. « Je me sens épiée, lui confie-t-elle au téléphone. Hier, ils ont arrêté un de mes amis. J’ai peur qu’ils m’arrêtent bientôt. »

Les premiers jours de sa détention, la jeune femme pense qu’elle ne sera emprisonnée que trois ou quatre semaines : « Je savais que je devais avoir une grande confiance en moi. » Entre 12 et 15 femmes partagent sa cellule, les toilettes n’ont pas de porte. Pas question de voir le jour.

Pendant les interrogatoires quotidiens, les gardes lui affirment qu’ils savent tout sur elle. Elle sait qu’ils bluffent, qu’elle ne doit surtout pas évoquer sa chanson. « Ils n’avaient aucune preuve contre moi », assure-t-elle.

Dans la prison, les gardes les insultent mais ne les torturent pas. En revanche, chez les hommes, les hurlements retentissent nuit et jour : « Je pense qu’ils voulaient qu’on les entende crier, pour nous terroriser ». D’une minuscule fenêtre dans leur couloir, les femmes voient passer les hommes : « Ils étaient exténués par les interrogatoires mais on ne pouvait pas leur parler ».

Dans la matinée du 25 mai, elle se retrouve dans la rue, libre, mais n’arrive pas à se réjouir : « Quand j’étais sous terre, je rêvais de revoir les lumières de la ville. En sortant, je pensais à mes amies encore emprisonnées. » Sa mission est d’aller voir les familles de celles qui sont restées.

Quand les bombardements se rapprochent de Damas, elle décide de quitter la ville avec sa grande sœur pour rejoindre le reste de la famille déjà réfugiée en Jordanie. Avec un seul souhait : continuer à soutenir la révolution.

* Son prénom a été modifié

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