A Téhéran, M. Morsi défend la révolution syrienne et les traducteurs font semblant de ne pas entendre


Le sommet des pays non-alignés à Téhéran, le 30 août

Les traducteurs chargés de retranscrire en persan, en direct, le discours très attendu de Mohamed Morsi, président égyptien, lors du sommet des non-alignés à Téhéran, ont probablement vécu un cauchemar aujourd’hui. M. Morsi a déçu ses hôtes iraniens lorsqu’il a dit : « La révolution en Egypte était un pilier du printemps arabe, elle a commencé quelques jours après la Tunisie, a été suivie par la Libye et le Yémen et aujourd’hui la révolution en Syrie [vise] le régime oppressif [de ce pays]« . Pourtant, les traducteurs simultanés du sommet, retransmis en direct sur deux chaînes de la télévision nationale, n’ont pas hésité à remplacé « la Syrie » par « le Bahreïn ». Quand Morsi a appelé l’opposition syrienne à serrer les rangs, encore une fois, c’est l’opposition du Bahreïn qui a été mentionnée.

Le site conservateur Baztab, qui se félicite d’avoir annoncé la possibilité selon laquelle M. Morsi prononcerait un discours ferme à l’égard du régime de Bachar Al-Assad, fait valoir que les organisateurs du sommet, bien préparés à ce risque, ont utilisé « la technologie de traduction » pour que « les bonnes prises de position de la part de Morsi soient relayées pour l’opinion publique »« Le traducteur a remplacé le mot ‘Syrie’ par ‘Bahreïn’, alors que Morsi n’avait pas du tout abordé la question du Bahreïn », confirme Baztab.

Tandis que l’Iran soutient sans relâche le régime de Damas et dénonce une ingérence étrangère dans ce pays depuis le début des révoltes, il reste très critique face au régime du Bahreïn, qui réprime un mouvement de contestation mené par des chiites.

La censure et la transformation des déclarations de M. Morsi s’étendent également sur certains sites et agences d’informations iraniens. A en croire le site conservateur Farda, M. Morsi aurait porté un soutien sans faille au régime syrien : « Il faut avoir l’espoir qu’en Syrie, le régime populaire persiste et nous devrons faire de notre mieux pour que les réformes soient réalisées en Syrie ». M. Morsi aurait également ajouté: « Le peuple syrien est libre et peut résister face aux complots [étrangers]« , selon Farda.

L’agence officielle ISNA est l’une des seules à avoir relayé les déclarations de Morsi sur son soutien à l’opposition syrienne, mais elle évite tout de même de publier le passage sur la nature oppressive du régime de Bachar Al-Assad. Certains sites conservateurs ont également préféré critiquer les propos du président égyptien plutôt que les censurer. C’est le cas du site Jahan News qui qualifie les déclarations de Morsi de « prématurées », « insensées » et « bizarres ».

Ce discours « mal-traduit » ou « mal-compris » a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. « Nous sommes aussi traducteurs et nous comprenons ce qu’il raconte. Vous croyez faire une traduction de bonne qualité ? J’ai la tête qui tourne… », disait l’un des journalistes présents au sommet sur sa page Facebook.

« A partir de demain, Morsi sera le deuxième Moubarak [figure détestée par l’Etat iranien], et peut-être que les médias nationaux [la télévision et la radio publiques] surnommerons la révolution égyptienne, ‘le printemps israélien’ dès aujourd’hui », a également réagi une autre journaliste sur sa page Facebook.

Assal Reza

La lettre de Jean-Denis Lejeune à Michelle Martin


BELGA

Mis en ligne le 29/08/2012

 « Quoi qu’il arrive, sachez que vous n’aurez jamais mon pardon car vous êtes directement responsable du pire. »

Jean-Denis Lejeune, le papa de Julie, a adressé une lettre manuscrite à Michelle Martin, l’ex-femme de Marc Dutroux qui a quitté mardi soir la prison de Berkendael pour rejoindre le monastère des Clarisses à Malonne.

Dans sa missive, publiée in extenso mercredi par nos confrères de Paris Match, Jean-Denis Lejeune interroge Michelle Martin sur les circonstances qui ont conduit au décès de sa fille, la pressant de répondre aux questions en évoquant une souffrance « qui enchaîne pour l’éternité, qui vous use comme un cancer, qui vous tue à petit feu, qui vous amène à désespérer, à ne plus croire en rien ».

Dans sa missive, le père de Julie explique qu’il a refusé de participer à une tentative de médiation demandée par Michelle Martin. Il évoque son refus d’entendre une demande de pardon et sa volonté de ne pas offrir la démonstration d’un père meurtri. Tout au long de la lettre, il réclame des explications sur la nature humaine de celle qui a joué un rôle dans l’enlèvement des enfants. Il veut savoir comment, pourquoi elles ont été enlevées et ce qu’il s’est passé tout au long de leur séquestration.

Il s’interroge aussi sur l’absence de réaction de Michelle Martin alors que les petites étaient enfermées dans la cave et que Marc Dutroux était en prison. « Quoi qu’il arrive, sachez que vous n’aurez jamais mon pardon car vous êtes directement responsable du pire », écrit-il encore.

Michelle Martin répondra à Jean-Denis Lejeune dans la discrétion

Michelle Martin, l’ex-épouse de Marc Dutroux libérée mardi soir sous conditions, répondra à la lettre que lui a adressée Jean-Denis Lejeune, mais dans la discrétion, a indiqué mercredi son avocat. »Mme Martin a déjà eu des paroles, mais peut-être n’était-ce pas audible à ce moment-là. Elle a fait au moins deux fois une proposition de médiation pour répondre aux questions (des parents) et aussi évidemment leur dire pardon, mais elle sait aussi que les parents ne peuvent pas lui pardonner », a commenté Me Thierry Moreau, sur les ondes de La Première (RTBF).

Ce pardon, « c’est éventuellement quelque chose que les victimes peuvent lui donner, mais cela ne pourra se faire qu’au terme d’un parcours ensemble et dans la discrétion, toutes les expériences victimes-auteurs le montrent ».

Me Moreau s’est dit par ailleurs impressionné et attristé par la violence des personnes qui ont attendu à Malonne l’arrivée de sa cliente. « Cette réponse violente ne peut conduire qu’à l’escalade, mais j’ai confiance dans les autorités pour assurer la sécurité. Je peux entendre que l’on reproche à Mme Martin les comportements qu’elle a eus, mais on ne peut pas au nom du droit et du bien devenir violents, même à l’égard de celui qui a commis des crimes ».

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Michelle Martin, vous n’êtes pas seule


anniebannie n’a jamais beaucoup aimé hurler avec les loups et au spectacle de la foule haineuse qui attendait MM devant le couvent, elle n’a pas hésité à reproduire ce texte

Mis en ligne le 29/08/2012

La cour de cassation a statué: Michelle Martin est libérée sous conditions.Elle peut quitter la prison. Beaucoup a déjà été dit et écrit autour de sa libération conditionnelle: des torrents de haine, des cascades de mots bienfaisants aussi. Mais de ceux-ci, il n’y en aura jamais assez.
Voilà pourquoi, citoyens d’horizons divers, sous peine d’acquiescement à la vilenie, à notre tour nous parlons. Comme tout un chacun, nous avons eu notre lot de souffrances. Certains parmi nous ont vécu la mort de leurs enfants dans des circonstances particulièrement dramatiques. Nous savons que le chemin est long qui permet de nous ramener de la mort à la vie.
Et si être victime donne des droits que la justice doit respecter et rencontrer, elle ne confère pas de titre.
Nous prenons la parole aujourd’hui, pour deux raisons. La première: soutenir de toutes nos forces un groupe de femmes ardentes que leurs valeurs d’humanité poussent à accueillir chez elles, dans leur communauté, celle dont personne ne veut et que la plupart des médias s’obstinent à nommer l’ »ex-femme de Marc Dutroux », sans doute pour la lier éternellement à la figure du monstre absolu. Mais il n’y a pas de monstres. Les monstres n’existent que dans les histoires pour faire peur aux enfants.
Il y a seulement des hommes et des femmes, qui commettent des crimes horrifiants, et c’est leur condition humaine, justement, qui nous fait peur à nous, adultes. Alors, à ces religieuses, nous disons qu’elles ne sont pas seules, et que si nous ne sommes pas venus contre-manifester à Malonne ou à Bruxelles, c’est pour ne pas ajouter de la confusion à la haine.
La deuxième: dire à Michelle Martin, condamnée comme criminelle, et aujourd’hui libérée sous conditions, qu’elle non plus n’est pas seule. Nous croyons à la possibilité de reconstruction pour chacun, et si tel est son projet, nous sommes à ses côtés. Comme citoyens attachés à la justice rendue et à la défense sans relâche des droits de l’homme nous nous engageons, selon nos possibilités, à l’aider et à lui faciliter la vie, en concertation avec ses avocats, là où d’aucuns voudraient la lui compliquer. Car elle aussi est une citoyenne et c’est notre société qu’elle retrouve aujourd’hui. (Titre et sous-titre sont de la rédaction.)
Collectif de citoyennes et citoyens (voir les noms ci-dessous)
Marie-Hélène Rabier, Chantal Ghigny, Christian Dellicour, François Ladrière, Noëlle de Visscher, Emmanuel Stevens,Valérie Desomer, Jacques-René Rabier, Gudrun König, Michel Collard, Colette Gambiez, Chantal Joris, Christian Kugener, Bernadette Ditullio, Olivier Kervyn, Jean-François Godet, Françoise Budo, Paul Gerono, Véronique Schtickzelle, Fabienne Verhoeven, Anne-Marie Pringels, Marie-Christine Terlinden, Paulette Dubrulle, Michel Hoet, Sophie de Tillesse, Suzanne Daws, Jacques Glisse, Jean Debelle, Paul Smolders, Catherine Roba-Rabier, Denis Hees, Géraldine Ladrière, Anne Lombard, Fabienne Verhoeven, Juani Romera, Marcel Lenoble, C. Simar, Gérard Van Aerschot, Claudine Orts, Francis Ghigny, Michèle Chefneux, Francis Ruelle, Daniel Caron, Domi Caron, Eugénio Boléo, Rosalinda De Bast, Julie Vandenbussche, Henry Francart, Claude Francart, Elfriede Leinen, Marc De Keyser, Anne van der Vaeren, Anne Van Bellingen, Philippe Chevalier, Marie-Françoise Chevalier, Marie Campagne, Gabriel Campagne, Xavier Deutsch, Luc Tilman, Claire Delvaulx,Xavier Dijon, Ralph Schmeder, Bernard Cassiers, Solange Waucquez, Dominique Martens, François Lagasse de Locht, Jacques De Cock, Michel Bollen, Ewa Collet, Geneviève Lemaître, Jean-Lou Charlot, Reginald Jolly, Bernard Berin, Michelle Charlot, Léon-Marie Jodin, Michel Nève, Sabine Paternoster, Christiane Geurts, Michelle Nigay, Marie-Claire Berten, Jean Peeters, Nicole Peeters, Bernadette Guillaume, Alain Roba, Paul Ghigny, Marie-louise Bricout, Colette Vanden Rul, Henriette Menu, Joep Opfergelt, Georges Mailleux,Pierre Falque, Jean-Marie Derzelle, Vincent de Radiguès, Chantal Noël, Michel Nève, Annie Cornil, Anne-Elisabeth Nève, Charles Le Grelle, Pauline van der Linden, Etienne Gauthier, Chantal Nève, Vincent Nève, Christine Deltour, Odile Rabier, Hubert D’Ansembourg, René Roquet, Nguyen Hung Lân, Hélène Deladrière-Lathuraz, Béatrice de Négri, Michel Devuyst, Fabienne Simons, Claire-Agnès Duré, Thierry Bivort, Annick Guérard, Christine Gelders,Yvan de Menten, Kinou Boland, Corinne Saintes, Bernadette Glisse, Eric Wilberz, Sabine Derick, Nicole Quintin.

 

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