Très intéressant programme; ce que nous soupçonnions depuis longtemps, nous allons vers le contrôle absolu de l’humanitémardi, 23 octobre 2012 à 20:50Rediffusions : (France, 2012, 52mn)
Depuis une quinzaine d’années, l’accélération du progrès technique a permis de réaliser des prouesses impensables. Refaire marcher des personnes amputées grâce à une prothèse bionique ou passer un entretien professionnel face à un robot ne relève plus de la science fiction. La technologie est partout. Elle régit nos rapports sociaux et va s’immiscer jusque dans nos corps. Mais jusqu’où laisserons-nous encore aller nos machines ? C’est cette question récurrente, à l’origine de nombreuses oeuvres utopiques, que pose ici Philippe Borrel. Nos consciences sur disque dur |
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Liban : DIVORCER DE QUI?
En plus de la dangereuse et maladroite glissade de fin de journée d’hier à la Place des Martyrs, les faux pas en termes de slogans n’ont pas manqué, tels cet appel au «divorce jusqu’à l’accomplissement de la justice». D’abord, le divorce est justement l’option qu’envisage ce parti dit de Dieu, qui a fondé son mini-État dans l’État, au cas où sa stratégie de phagocyter l’État, la Nation et ses composantes s’avérerait infructueuse. Ensuite, parler de divorce suppose un partenaire qui n’a jamais envisagé le moindre partenariat, autre que celui noué avec des Libano-chrétiens de service qui ont accepté d’adhérer à l’idéologie du Wilayet el-Fakih, en contrepartie d’une Wilaya locale durant laquelle leur chef pourra enfin satisfaire ses désirs de domination longtemps réprimés. Partenariat d’autant plus fictif, voire mensonger, que celui que l’on croyait partenaire et qu’on a soutenu et appuyé durant les longues années de résistance à l’occupant israélien a refusé, une fois le territoire libéré, de céder ses armes, conformément aux accords de Taëf qui ont entraîné le ramassage des armes des autres milices, surtout celle des Forces libanaises, sauf les milices chiites sous prétexte de résistance à l’occupant, indépendamment du fait de savoir pourquoi la résistance armée devait être l’apanage d’une milice chiite, alors que l’histoire de la résistance au Sud était composite et comprenait notamment des formations nationales et laïques qui furent par la suite interdites de résistance armée.
Divorcer donc de qui? De celui qui a prétexté la résistance et profité du laxisme et de la confiance de l’État libanais en matière d’armements pour ensuite retourner ses armes contre ceux qui réclament, légitimement et selon des accords conclus, la remise des armes aux mains de l’État, maintenant que la mission est terminée? Divorcer de qui? De celui qui utilise à présent son arsenal pour asseoir son hégémonie idéologique sur la nation libanaise? De celui qui a ouvert un État à son compte, a provoqué une guerre inégale et désastreuse en 2006, de celui qui envoie des roquettes, des drones, comme bon lui semble, au mépris des autorités libanaises et selon les directives iraniennes? Divorcer de qui? De celui qui participe activement et unilatéralement à la répression du peuple syrien aspirant à sa liberté, après avoir appuyé, pour des raisons s’avérant purement stratégiques, les peuples tunisien, yéménite et égyptien aspirant à la même liberté, et dans une moindre mesure le peuple libyen lorsque le vent printanier commençait à souffler son «dangereux» parfum à côté? Divorcer de qui? De celui qui n’a cure de ses colocataires, des gens de sa propre maison, qui se plaît à les écœurer, à se faire haïr par son triomphalisme et son arrogance, à tirer lâchement profit de ses armes amassées à la faveur d’une résistance armée devenue a posteriori un moyen et non une fin? Divorcer de qui? Des «gens les plus nobles» versus les moins nobles qu’on assassine ou dont on couvre l’assassinat? Que l’on qualifie de traîtres à tout vent, au point de les pousser à souhaiter la victoire de l’ennemi israélien en 2006? Perçu comme un moindre mal et le seul remède? Il faut un partenaire pour divorcer. Divorcer de qui?
R.B.
Rémi Gaillard, top des 5 pires moments de 2010
mais pendant que j’y suis, il vous faut aussi celle-ci
GAZA ATTAQUÉE ! RASSEMBLEMENT CE Vendredi à la Bourse !
ÉGALITÉ, Mouvement Citoyen Palestine appellent a rejoindre le rassemblement du vendredi à la Bourse de Bruxelles, pour exiger l’arrêt des attaques sur la bande de Gaza par l’armée d’occupation israélienne et la levée du blocus.
Il est clair qu’Israël, en engageant de nouvelles « frappes » sur la bande de Gaza, ainsi qu’une invasion terrestre dans sa partie Nord, réagit à l’annonce d’une visite de l’Emir du Qatar demain mardi à Gaza et à l’apport de matériaux de construction qui doivent être transportés via Rafah, en Egypte. Les prétendues « ripostes » à des « attaques terroristes » ne trompent personne. On sait qui sont les terroristes et qui maintient un blocus illégal et inhumain sur la bande de Gaza. Que ferions nous, si nous étions enfermés et privés de quasiment tout par un occupant étranger, depuis des années ? De nombreuses associations soutiennent le peuple palestinien, nous les appelons à se mobiliser pour le rassemblement de Vendredi 26 octobre à partir de 16 H00 à la Bourse pour demander au gouvernement belge d’intervenir pour faire cesser les attaques israéliennes sur la bande de Gaza et exiger la levée du blocus qui étrangle une population de près de 2 millions de femmes, d’hommes et d’enfants depuis plus de 6 ans. Facebook événement : ICI
Koweït : des dizaines de milliers de manifestants, heurts avec la police

Plus de 100 manifestants et onze policiers ont été blessés dimanche au Koweït dans des heurts entre des dizaines de milliers de manifestants, opposés à un amendement de la loi électorale, et la police, selon une association de défense des droits de l’homme et les autorités.
« Le nombre des manifestants blessés (qui ont été admis) à l’hôpital après avoir été attaqués par la police anti-émeutes a dépassé le chiffre de 100″, a déclaré Mohammad al-Humaidi, directeur de la Société koweïtienne pour les droits de l’homme, sur son compte Twitter. Le ministère de l’Intérieur a indiqué dans un communiqué que 11 policiers avaient été blessés par des pierres lancées par des manifestants.
Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, de bombes assourdissantes et de balles en caoutchouc, faisant au moins dix blessés et procédant à des arrestations parmi la foule, ont ajouté les témoins.
Un ancien député, Abdallah al-Barghash, a indiqué à l’AFP avoir vu des blessés évacués par des ambulances.
Le nombre des manifestants serait de quelque 100.000 selon cet ex-député, et de 30.000 selon des observateurs indépendants. La police n’a pas fait d’estimation.
« La façon dont les manifestants ont été traités est sans précédent au Koweït », a déclaré M. Barghash.
L’opposition, redoutant une manipulation du prochain scrutin, avait appelé à manifester pour protester contre la décision de l’émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah, d’amender la loi électorale avant les élections législatives anticipées convoquées pour le 1er décembre.
« Les gens veulent faire abroger le décret » qui modifie la loi, ont scandé les manifestants.
Au moment où se déroulait la manifestation, l’émir a reçu un grand nombre de membres de la famille régnante des Al-Sabah, qui lui ont réaffirmé leur loyauté et leur soutien total, a rapporté l’agence de presse officielle KUNA. Il a rencontré dimanche des chefs de tribus qui, cités par l’agence Kuna, ont exprimé dans des déclarations après l’audience leur soutien à l’émir, alors que les zones tribales constituent un fief de l’opposition.
En début de soirée, la police anti-émeutes a empêché le rassemblement des protestataires sur les sites choisis par l’opposition pour la manifestation. Des heurts ont alors éclaté.
La police a arrêté plusieurs personnes dont l’ancien député islamiste Walid al-Tabtabaï, ont indiqué les organisateurs sur Twitter.
Les organisateurs ont ensuite demandé aux protestataires de se rassembler sur un autre site de la capitale où ils ont manifesté pendant plusieurs heures.
Fortement armés et portant des masques, les policiers anti-émeutes ont tiré à plusieurs reprises du gaz lacrymogène et des bombes assourdissantes avant de recourir à des balles en caoutchouc pour tenter de disperser la manifestation, animée par d’anciens députés de l’opposition.
« C’est comme un champ de bataille », a déclaré à l’AFP Mohammad Rashed, un employé du secteur privé, en quittant, en compagnie de sa femme et d’autres membres de sa famille, le lieu du rassemblement en raison d’un usage excessif des bombes assourdissantes.
Les manifestants devaient se regrouper en trois points de la capitale et converger vers le palais Seif qui abrite les bureaux de l’émir, du prince héritier et du Premier ministre.
Mais le ministère de l’Intérieur avait prévenu qu’il n’autoriserait aucun « sit-in, rassemblement, marche, regroupement ou campement » dans « aucun lieu autre que la place en face du Parlement ».
Les mesures de sécurité avaient été renforcées dans la journée : des centaines de policiers non armés et des dizaines de véhicules de police avaient été déployés dans la capitale.
Les autorités ont poursuivi dimanche leur campagne d’arrestations avec l’interpellation pour interrogatoire d’un député islamiste du Parlement dissous, Ossama al-Munawer.
Il rejoint trois autres ex-députés, arrêtés jeudi et dont la détention a été prolongée dimanche de dix jours, selon l’un de leurs avocats, Al-Humaidi al-Subaie.
Quatre activistes de l’opposition interpellés lundi après des heurts avec la police anti-émeutes sont toujours en prison.
La tension politique a affecté la Bourse de Koweït, dont l’indice a fermé sur un recul de 3,05% dimanche, premier jour ouvrable de la semaine, marquant la perte la plus lourde en un seul jour depuis trois ans.
Membre de l’Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), le Koweït, première monarchie du Golfe à s’être dotée d’un Parlement élu en 1962, connaît des crises politiques à répétition depuis 2006. La dynastie des Al-Sabah règne sur cet émirat depuis plus de 250 ans.
Meurtre du général Wissam al-Hassan, chef des renseignements des FSI libanaises.
Alep: des armes rebelles Made in Syria
Cette victoire, ils l’auront méritée mille fois !
Comment la belle Constitution 2.0 de l’Islande menace de dérailler

(De Reykjavik) En janvier 2009, sur Austurvöllur, la petite place qui jouxte le petit parlement du petit pays qu’est l’Islande, des milliers de personnes tapaient sur des casseroles, un peu pour se réchauffer, surtout pour exiger le départ du gouvernement et accessoirement une nouvelle Constitution écrite par le peuple.
Il s’agissait de demander « une vraie séparation des pouvoirs, d’empêcher les élus d’agir dans leur propre intérêt, de protéger les ressources naturelles… » résume Birgitta Jonsdottir, une des leaders des manifestations, anarchiste devenue depuis députée.
Ces « révolutionnaires », qui se mobilisaient après la faillite financière complète du pays, ont eu gain de cause : le gouvernement a démissionné et le projet de Constitution a été mis sur les rails, suivant un processus constituant extrêmement participatif.
Ce samedi, près de quatre ans plus tard, les Islandais se rendent aux urnes, pour un referendum « consultatif » sur la Constitution. Six questions leur sont posées sur le nouveau texte. L’enjeu ne porte pas tant sur leurs réponses que sur le nombre de votants. Si le taux de participation à ce référendum est inférieur à 50%, le beau projet de Constitution risque de finir en fumée. Et dans le pays de l’Eyjafjöll, on sait ce que c’est qu’une grosse fumée.
Les trois étapes d’une belle aventure
Ce serait très dommage : le processus constituant a été une très belle aventure, et le texte qui en est issu est solide.
Eva Baldursdottir, une jeune juriste qui a été chargée d’encadrer le processus de A à Z, est très fière du résultat. N’est-ce pas la première fois, au monde, qu’un peuple s’approprie ainsi sa propre Constitution ? Cela s’est fait par trois voies :
- le forum constituant,
- l’élection de l’Assemblée constituante,
- la participation sur Internet.
Le forum constituant
Le 6 novembre 2010, une journée de brain-storming a été organisée, impliquant des centaines de citoyens. Eva raconte :
« On a tiré au sort 1 000 personnes, de tous âges, on les a réunies dans le palais omnisport de Laugardalschöll. Elles étaient regroupées par tables de huit ou dix, pour un brain-storming d’une journée. On leur a demandé de lister les grandes valeurs de l’Islande, les grandes priorités… »
Ce fut, par exemple, « l’égalité face au droit de vote » ou le fait que les ressources naturelles (poissons, notamment) « appartiennent au peuple »…
L’élection de l’Assemblée constituante
Le 27 novembre 2010, les Islandais élisent un groupe de 25 Islandais « ordinaires » (ou à peu près) : 523 personnes se sont présentées aux suffrages, beaucoup plus que prévu.
« Un concours de beauté », a ironisé la droite. Parmi les élus, aucun ouvrier, aucun pêcheur, mais des universitaires, journalistes, médecins, responsables d’entreprise. Et un pasteur.
La participation sur Internet
Dès le départ, le travail des 25 a été rendu public, sur Internet. La transparence était totale : les Islandais pouvaient assister aux réunions, où les suivre sur YouTube. Chaque semaine, le projet de texte était publié en l’état. Chaque article étant discuté. Les Islandais pouvaient, sur une page Facebook, par e-mail ou sur Twitter, proposer des amendements, faire de nouvelles propositions, demander des éclaircissements. Les membres du Conseil constituant répondaient aux remarques des internautes…
En trois mois, sur le site du Conseil ou sur les réseaux sociaux, quelque 4 000 contributions et commentaires ont été consignés. Rapporté à la population du pays (320 000 personnes), ce n’est certes pas si négligeable. Au moins, l’Islande peut se vanter d’avoir, la première, inventé la Constitution 2.0.
Le texte fut remis au parlement le 29 juillet 2011 : 114 articles répartis sur 9 chapitres. La nouvelle Constitution, si elle est adoptée un jour, modifiera sensiblement l’équilibre des pouvoirs, faisant passer l’Islande d’un régime parlementaire à un régime semi-présidentiel.
Par ailleurs, elle instaure des mécanismes démocratiques nouveaux, comme le référendum d’initiative populaire, et intègre des garanties quant aux libertés.
La droite en embuscade
Au départ, tous les partis étaient favorables à la réforme. Mais la droite a vite compris que le processus risquait de conduire à une catastrophe pour elle. Car derrière les grands principes évoqués lors du forum national se cachent de lourds enjeux politiques.
Que signifie ainsi « égalité du droit de vote » ? Actuellement, un député urbain (traduisez : de Reykjavik) représente deux fois plus d’électeurs qu’un député rural. Le résultat, c’est que jusqu’à 2008, la droite a dirigé le pays sans discontinuer depuis les années 30.
Que signifie encore « les ressources naturelles doivent appartenir au peuple » ? Les propriétaires des bateaux de pêche, qui forment la clientèle du Parti de l’indépendance, y voient une menace pour leur liberté commerciale…
Pour les deux partis de droite (le Parti de l’indépendance et le Parti progressiste), cette réforme constitutionnelle a donc vite été considérée comme une machine infernale qu’il fallait désamorcer au plus vite.
L’élection ratée de l’Assemblée constituante leur a fourni le prétexte pour ouvrir le feu. Face à la complexité du scrutin, le taux de participation fut en effet faible : 36%, un record historique d’abstention. La légitimité de cette Assemblée fut questionnée. Finalement, la Cour suprême décida d’invalider l’élection, invoquant des raisons techniques que beaucoup d’Islandais jugent assez oiseuses. Pour ne pas tout recommencer à zéro, le parlement décida de muer « l’Assemblée constituante » en simple Conseil consultatif, mais il garda à bord les 25 élus.
Depuis, les deux partis de droite contestent la légitimité de l’ensemble du processus. Et font tout pour le freiner. Il a fallu ainsi plus d’un an, après la remise du texte, avant que puisse être organisée la consultation des citoyens sur le texte constitutionnel.

Geir Haarde (Pascal Riché/Rue89)
Sur le fond du texte, les critiques sont minimes. Mais la droite conteste la façon dont il a été façonné. Exemple, ce propos de Geir Haarde, l’ancien Premier ministre chassé par la rue, qui me reçoit dans le cabinet juridique qui l’a recueilli :
« Je ne pense pas que la Constitution avait besoin d’une révision immédiate. Il y a certes des points qui doivent être modernisés. Mais le processus ordinaire, pour la réviser, est très clair.
Le parlement rédige le texte et l’approuve, puis il y a des élections parlementaires, puis une nouvelle approbation. Je ne pense pas que la façon dont le processus a été engagé débouchera sur une réussite ».
En outre, selon Haarde, qui s’est retiré de l’arène politique, les questions soumises au vote sont bizarrement formulées.
Sur ce point, il n’a pas tort.
Les six questions posées aux citoyens
Le vote « consultatif » de samedi ne portera que sur six questions :
- « 1. Voulez-vous que les propositions du Conseil constituant servent de base à la nouvelle Constitution ? [Mais si l’on répond oui à cette question, peut-on répondre non aux autres ? ndlr.]
- 2. Voulez-vous que, dans la nouvelle Constitution, les ressources naturelles qui ne sont pas propriété privée soient déclarées propriété de la nation ?
- 3. Voulez-vous que figure dans la nouvelle Constitution une clause sur une Eglise nationale islandaise ? [Sans que l’on sache vraiment si cette clause prévoirait la séparation de l’Eglise et de l’Etat ou au contraire confirmerait le lien constitutionnel qui lie cette Eglise nationale protestante à l’Etat, ndlr.]
- 4. Voulez-vous que la nouvelle Constitution autorise plus que cela n’est le cas dans la présente Constitution l’élection personnelle ?
- 5. Voulez-vous faire figurer dans la nouvelle Constitution une clause stipulant que les voix des électeurs pèsent d’un poids égal, quel que soit leur lieu de résidence dans le pays ?
- 6. Voulez-vous faire figurer dans la nouvelle Constitution une clause permettant à un certain pourcentage des électeurs d’exiger un referendum sur un sujet donné ? [Le projet de Constitution prévoit que 10% des citoyens puissent provoquer un référendum, ndlr.] »
Deux scénarios : le noir et le rose
Une fois approuvé par le peuple, le texte constitutionnel doit être voté par le parlement une première fois avant les élections d’avril 2013, puis une seconde fois, dans des termes identiques, par le parlement issu de cette l’élection.
Le pari du Parti de l’indépendance est clair : tout faire pour que l’élection consultative du 20 octobre soit un flop en terme de participation, puis gagner les législatives d’avril 2013 et enterrer le projet. A lire les sondages, c’est une stratégie qui a du sens : les Islandais se préparent à renvoyer une majorité conservatrice à l’« Althing », leur parlement.
Autrement dit, la révolution constitutionnelle islandaise, une très belle aventure démocratique, risque de partir aux oubliettes de l’Histoire.
Si au contraire la participation est très forte, autour de 70%, aucun parti n’osera jeter le nouveau texte aux orties. Le peuple islandais aura alors réussi un coup de maître, imposant un nouveau contrat social à sa classe politique partiellement réticente…
SI LA TENDANCE SE MAINTIENT…
«Ce n’est ni par la puissance ni par la force, mais c’est par mon esprit, dit l’Eternel des armées» (Zacharie 4-6).
Au grand dam des âmes damnées du régime, à l’aura jaune-orange, qui prenaient depuis des mois et des mois leurs souhaits malades pour de la réalité et pronostiquaient la victoire du lionceau sur l’agneau, voici que ce dernier tient tête et triomphe, «non par la force, ni par la puissance, mais par l’Esprit», par l’Esprit Saint et le Allah Akbar, de concert contre les forces du Malin. Tout observateur non aliéné à la Bête, ni à l’une des couleurs ci-haut mentionnées, constatera qu’avec le temps va, le régime s’en va, et avec lui ses sbires, ses suppôts et ses renforts «divins» et désespérés.
Les aveugles ou aveuglés ne pourront et ne voudront certainement pas voir l’évolution des événements depuis le début de la révolte, qui avait commencé par de simples revendications pacifiques, réprimées dans le sang, puis dans les fosses communes, pour se transformer en une révolution légitimement armée par les dissensions de militaires dotés d’une conscience humaine, rejoints par des civils affranchis qui ont décidé de secouer le joug qui les maintenait, des décennies durant, dans l’esclavage et sous l’hégémonie d’un parti et d’une famille uniques, apparemment laïques, régis par une mentalité dictatoriale et confessionnelle.
À présent, et en dépit de l’abandon général, de la lâcheté mondiale, du soutien de l’Axe du Mal (Russie-Chine-Iran), de la connivence étasunienne et européenne qui prive les rebelles de la seule arme décisive, antiaérienne, qui leur manque pour porter l’estocade au taureau essoufflé – et qui rendra les hypocrites et comploteurs comptables devant l’Histoire des crimes indirects contre l’humanité – les forces du Bien se débrouillent bien, tiennent bon et occupent plus de la moitié du territoire. Le Matamore qui avait plusieurs fois annoncé en grande pompe le «nettoyage» des quartiers d’Alep et de Homs se voit nettoyé, piano, piano.
Et son largage lâche et aveugle des tonneaux de TNT et de bombes à sous-munitions, devant un Occident sans dents, n’a pas réussi à laminer la volonté et la combativité des guerriers de la révolution, mais à démolir la pierre et déchirer la chair, surtout des femmes et des enfants. «Si la tendance se maintient», comme disait Bernard Derome de Radio-Canada pour annoncer officieusement la victoire du parti en avance lors de la transmission en direct des résultats d’une élection, le parti de la Liberté l’emportera sur celui de l’Esclavagisme, en Syrie, et formera un gouvernement libéral et majoritaire…à l’issue d’un dépouillement de voix sorties des rues et des tranchées, et non des urnes…mais pour les urnes.
R.B.

Gloire à ceux qui nous torturent – Poème
Abdellatif Laâbi |
Poéme / Poémes d’Abdellatif Laâbi
de vous à moi
la vérité jurez-moi de ne pas me croire nous attendons
qu’une roue fissure des chairs non comestibles ou qu’un œil s’éteigne pour avoir été témoin nul carnassier ne viendra repriser les césariennes on torture
apothéose artifice de pogroms
feu de squelettes
gloire gloire
la face paisible du bourreau la main douce qui charcute et l’univers coule
son petit train-train de morales encore encore le doux nectar du mal la vivifiante souffrance écumoire de diaphragmes
bille de bulbes gloire
ô le noble regard du coupeur de têtes le fond musical des pilules de cyanure ô l’effluve de ce vitriol nous attendons cadavres ou fossiles et la fête macabre monte une ordalie sans prévenir l’on torture
et l’on tenaille ce qui bat et l’on pilonne ce qui puise et l’on sectionne ce qui ligature
crimes sur table
gloire gloire
nous sommes le peuple élu
érigé
sur les pointes de fatalité pour nous les lendemains qui chantent les fleuves de miel
et de lait le sacrifice frères
le sacrifice exil dans le sacrifice ô l’apothéose des gorges prêtes
au sacrifice l’héritage
le sadisme d’Abraham l’héritage
la foi terrassée par les miracles l’abondance spontanée du désert miracle
nous ne souffrons pas ô l’arcade pure du tueur à gages le chatouillis des électrodes et le bistouri nettoyant les vertèbres encore
encore respirer tous les gaz
gloutonnement
avaler des grenades
gloire
au peloton d’exécution
embrasser l’envers
et l’endroit du doigt mûr
qui caresse
la gâchette
qui nous tue
la fonte étincelle mort-né échappé au scalp
de l’ordre je ne voulais pas être de ce théâtre non marionnette
je ne voulais pas qu’on m’exécute comiquement
sur les gradins mais rester valve
algue corps battant de respiration élémentaire diastole
rester pharynx
sans une possibilité pour la plus forte vie être de cette nuit
que ne démantèle pas le jour de ce levain
non de cette pâte
être enfin de ces tubercules vénéneux de racines
refus net
cette soi-disant complication d’organismes parlants
je refuse
cette procréation d’automates vous avez
dépeuplé le langage et le monde vous avez dépeuplé
la vie désappris le pardon de toute roche
masse
solidifiée de masse en masse
confrontation l’air vicié des cases
les jardins surélevés
on meurt encore
de faim
je ne parle pas
de la guerre
de la recolonisation du tiers-monde
des greffes qui ne prennent pas c’est moi seul que je congratule de ces
tortures comme une outre qu’on bat
dans ma chair
le poème
je réponds à la violence
par la violence je ne contrôle pas les impulsions de mon poing patience
toutes ces vies m’appartiennent je parlerai de tout avant qu’une main payée
ne vienne me poignarder dans le dos patience je vais parler
des morts qui m’ont devancé ceux que je fréquente
et ceux à venir tout sera dit je vous en fais serment
ces chiens ont sali notre mémoire qui voudra de cette histoire où des rats visqueux ont trotté abolir pour commencer ensuite la récidive les textes formels
on ne nous la fera pas le napalm coince la mitraillette la sarbacane par-derrière
la lune pour bientôt
les îles
les steppes et basculer le tas
dans un désert de salines quelques martiens viendront achever les rescapés
laideurs laideurs
dans la rigueur des jours-termes
je ne vois que des assassins
cette fraternité assassine
qui boucle l’arc
la cible propulsée
dedans le crime salut barbarie des grandes famines salut silex tribal salut jungle de crudité quelque chose en moi se réveille encore une fois le miracle du corps je commence par nier ma main se dresse
se casse
et se retourne prend le sexe
froidement l’étalé
Prix Goncourt de la Poésie (2009) Grand Prix de la
Francophonie (2011)Bio-bibliographie succincteAbdellatif Laâbi est né en 1942, à Fès.
En 1966, il fonde la revue Souffles avec Mohammed Khaïr-Eddinc et Mostefa Nissa-boury.
La revue est interdite en 1972 et Laâbi est condamné à dix ans de prison. Grâce à une campagne internationale il est libéré en 1980. Il s’installe en France en 1985. Parmi ses recueils de poèmes : Le soleil se meurt (1992), L’étreinte du monde (1993).
Le spleen de Casablanca (1996), Fragments d’une genèse oubliée (1998), Poèmes périssables (2000). On lui doit aussi des romans et des récits (Le chemin des ordalies, 1982, Les rides du lion, 1989), des pièces de théâtre et des traductions de poètes arabes, de Mahmoud Darwich à Abdallah Zrika.
Son opposition intellectuelle au régime lui vaut d’être emprisonné pendant huit ans. [ Lire la biographie de Abdellatif Laâbi]








