A Maaret al-Noomane, « un nouveau massacre de Bachar al-Assad »


Un opposant syrien inspecte un mur maculé de sang à Maaret al-Noomane, le 11 octobre 2012

Un reportage de l’AFP en Syrie qui date de vendredi. Terrible. (via fb de Baudouin Loos)

Par Hervé BAR

MAARET AL-NOOMANE (Syrie), 12 oct 2012 (AFP)

« Des corps sont tombés sur moi, j’ai senti leur sang couler »: Mourad Hakoura accuse des militaires syriens dans la ville de Maaret al-Noomane, dans le nord du pays, d’avoir
perpétré une tuerie dont il affirme être l’un des rares survivants.

Selon son témoignage, près de 65 prisonniers ont été exécutés lundi sur leur lieu de détention par leurs geôliers, membres des services de renseignements militaires, juste avant leur fuite précipitée face à l’avancée des rebelles.
D’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), seuls 20 des 65 détenus –déserteurs, rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) et prisonniers de droit commun–, ont été exécutés.
Mourad, commerçant de 32 ans vivant à Damas et dont la famille réside à Maaret al-Noomane, a été arrêté le 21 juin à un barrage sur l’autoroute menant à la capitale syrienne.
Il est emprisonné dans l’ancien centre culturel de Maaret al-Noomane, reconverti depuis la révolte en centre d’interrogatoire par les renseignements militaires, dans la périphérie est de la ville alors encore sous contrôle loyaliste. La ville est tombée mardi aux mains des rebelles.
Près de 80 prisonniers, sympathisants présumés de la révolution, ou des soldats soupçonnés par leur hiérarchie d’avoir voulu déserter, sont entassés dans deux pièces du sous-sol, selon Mourad.
Les interrogatoires, comme les tortures, sont quotidiens, à coups de poings, de matraques, ou d’électricité. Un certain Maymoun, officier, « posait les questions et son adjoint Jalal frappait » les victimes menottées ou suspendues dans la salle des chaudières.
Alors que les rebelles implantés dans l’ouest de la ville passent à l’offensive, les prisonniers craignent des représailles de leurs tortionnaires. « Mais nous n’imaginions pas ce qui allait se passer », se souvient Mourad. »J’ai entendu leurs derniers gémissements »Lundi après-midi, deux hommes armés font irruption dans la cave où est détenu Mourad avec une quarantaine d’autres personnes. « Jalal était l’un d’entre eux ». Ils ouvrent immédiatement le feu à la kalachnikov, « vidant trois chargeurs ».
Mourad se tient à ce moment précis derrière un léger renfoncement du mur. « Je me recroqueville par terre, deux corps tombent sur moi ». « J’ai senti leur sang me couler dessus, j’ai entendu leurs prières, leurs derniers gémissements ».
Les tueurs passent dans la cave voisine, où ils tirent des rafales de la même manière sur une quarantaine de prisonniers. Les militaires loyalistes évacuent les lieux peu après sous les tirs de rebelles qui approchent.
Miraculeusement, Mourad est indemne. Il porte les premiers secours aux blessés, bricolent garrots et points de compression avec des sacs plastique.
Les rebelles pénètrent l’arme à la main pièce par pièce dans le centre déjà évacué. « Nous leur crions d’arrêter de tirer en interpellant leurs chefs par leurs prénoms ».
« J’ai vu de mes yeux 28 morts dans ma cellule, et 32 dans la pièce d’à côté. Trois ou quatre blessés sont morts peu après », poursuit Mourad.
Son témoignage, recueilli sur les lieux, concorde en tout point avec le récit des militants locaux, et les images insoutenables diffusées sur internet par la rébellion, nouveau massacre qui s’ajoute à l’interminable liste des accusations contre le régime de Damas.
Trois jours plus tard, les deux caves grêlées de balles et maculées d’hémoglobine témoignent encore de la tuerie. Une épaisse puanteur de charogne soulève le coeur, les mouches s’agglutinent sur les compresses noirâtres souillées. Les semelles collent au sang pas encore séché.
Sur le mur, la main d’un rebelle a écrit à la bombe de peinture: « ici, un nouveau massacre de Bachar al-Assad ». Sinistre slogan au dessus des traînées rouges laissées dans leur dernier souffle par les victimes.
Pour les journalistes, Mourad mime une nouvelle fois le geste qui lui a sauvé la vie, s’accroupit au sol à l’endroit même où il a eu la vie sauve. « Je n’avais rien fait, je n’étais qu’un simple manifestant », assure-t-il. Une kalachnikov à la main, il combat désormais en première ligne dans les rangs des insurgés.

AWSA club : Agenda culturel


Agenda culturel
octobre-novembre 2012
sélectionné pour
l’’AWSA club
Festivals (cinéma, rencontres, expos, spectacles)
-Le Maroc à l’honneur à travers le Festival DABA MAROC en octobre et novembre http://www.dabamaroc.com
-Le Liban, pays vedette du 39e Festival du Film indépendant du 6 au 10/11 www.fifibruxelles.be
-Festival du Cinéma Méditerranéen de Bruxelles du 9 au 17/11 www.cinemamed.be
Théâtre / Spectacle
– « 381 jours » de la Cie Ras el Hanout à l’Espace Magh le 4 et le 5/10 www.espacemagh.be
– « Irakese Geesten » de Mokhalad Rasem à Bozar le 9/10 de 12h40 à 14h25www.bozar.be
– « Rue du croissant » de Mohamed Ouachen & David Strosberg au KVS du 9 au 13/10 www.kvs.be
-« La vie, c’est comme un arbre » de Mohamed Allouchi et Rachid Hirchi au Théâtre de la Toison du 01/11 au 01/12 http://www.ttotheatre.be
– « J’aurais voulu être égyptien » à partir de l’oeuvre de Alaa El Aswany le 23 et 24/11 à Bozar www.bozar.be
– Rencontre avec Fellag + projection du film Monsieur Lazhar le 13/10 à l’Espace Magh www.espacemagh.be
Concerts :
-Natacha Atlas et Smadj , festival Tarab@Bozar à Bozar le 18/10 http://www.bozar.be
-Fatoum, Focus Rif, à l’Espace Magh le 27/10 www.espacemagh.be
-The Med Orchestra « Dror Ikra » festival Tarab@Bozar à Bozar le 01/11www.bozar.be
-Hindi Zahra et Aziz Arradi, à Bozar le 9/11 www.bozar.be
-Marcel Khalifé festival Tarab@Bozar à Bozar le 17/11 http://www.bozar.be
Soirées :
-Soirée berbère organisée par l’asbl Tazdayt avec un concert de la chorale Zamâan AWSA le 17/11 à 19h, 66 Chaussée d’Haecht
-Soirée caritative « Savoir & liberté: Bruno Schellens » Mousta Largo (en soutien à des projets solidaires dans 7 implantations scolaires de la Région de Guelmime dans le sud du Maroc) à l’Espace Magh le 23/11 www.espacemagh.be
Cinéma: à l’affiche
-El Gusto à l’Actor’s Studio (France/Algérie)
-Les femmes du bus 678 (Cairo 678) au Vendôme (Egypte)
-Le cochon de Gaza au Styx (France)
Avant-premières, projections, ciné-club
-Le Pain Nu (Focus Rif) (Maroc) à l’Espace Magh le 25/10 http://www.espacemagh.be
-Abdelkrim et la guerre du Rif (Cinéma Rencontre) (Maroc) à l’Espace Magh le 26/10 http://www.espacemagh.be
-Tinghir -Jérusalem de Kamal Hachkar (Maroc) (documentaire) 01/11 à 17h à Bozar http://www.bozar.be
-Winter of discontent d’Ibrahim El Batout (Egypte), le 08/11 à Bozar www.bozar.be
-Les chevaux de dieu de Nabil Ayouch (Maroc), le 11/11 à Bozar www.bozar.be
Ciné-débat
Par AWSA-Be à l’occasion de la projection du film : « Laïcité Inchallah » (Tunisie) organisée par la Fédération laïque des centres de planning familial le16/10 au CAL, salle Willy Peers Campus de la Plaine ULB accès 2 av. Arnaud Fraiteur
Expositions
-Charif Benhelima: Polaroids 1998-2012 (Maroc/Belgique) à Bozar du 4/10 au 18/11 www.bozar.be
-Amina Rezki Paintings (Maroc) à la Maison communale d’Etterbeek du 4/10 au 2/11
-Edouard et Cléopâtre, égyptomanies depuis le 19e siècle (Egypte/Occident) à la Villa Empain jusqu’au 20/02/2013
– « Femmes du monde arabe, ici ou ailleurs, un regard alternatif » à la Boutique Culturelle jusqu’au 18/10
Littérature /Lecture
-Sortie du dernier livre de Hoda Barakat (Liban) « Le Royaume de cette terre » (Malakoutou hadhihi l’ard), Actes Sud
-Lecture de poèmes d’Adonis (en anglais) par Lila Azam Zanganeh à Bozar le 27/11www.bozar.be
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La Belgique durcit la traque aux faux touristes


Du fb d’Isabelle Durant :

Jt de la rtbf : Une délégation tunisienne invitée à venir observer le déroulement des élections communales par Wallonie Bruxelles International s est vue refuser l’acces par l Office des Étrangers ! Bravo pour la coopération et le soutien à la transition démocratique.

LeSoir du 28 juillet  2012page 1 : Comment la Belgique durcit ses frontières

Page 2

Samedi 28 juillet 2012

Pénétrer en Belgique : cela devient plus difficile pour les étrangers hors de la zone Schengen.

L’aéroport de Bruxelles-National est la première porte d’accès au pays en raison du nombre de vols internationaux reçus jour après jour. De plus en plus de voyageurs se voient refuser l’accès au pays.

C’est le résultat d’un durcissement de la politique d’accès au territoire belge, et plus largement à l’espace Schengen.

Différentes mesures du gouvernement vont dans ce sens.

Lorsqu’ils sont recalés au contrôle de la police des frontières, les voyageurs « suspects » font l’objet d’une enquête de l’Office des étrangers. Compétent notamment pour l’accès au territoire et l’éloignement des étrangers, c’est lui qui décide dès lors de leur sort. Combien de dossiers sont refusés exactement par l’Office ? L’information ne nous a pas été donnée.

Par contre, on connaît le nombre de refus d’entrée sur le territoire. Il a augmenté de près de 300 % entre 2007 et 2011. Par ailleurs, 73 % des demandes de visas touristiques déposées auprès de l’Office ont été refusées en 2011 (voir graphiques).

Les causes sont diverses.

Certaines sont objectives et spécifiquement prévues dans les textes de loi : faux documents, documents incomplets ou moyens de subsistance insuffisants. Dans d’autres cas, les motifs sont plus subjectifs : le motif du voyage est, en effet, laissé à l’appréciation du contrôle policier à l’arrivée en Belgique (voir reportage en page 3).

Après l’examen de leur situation, une bonne partie des voyageurs est reconduite dans son pays d’origine. On compte en moyenne 2,8 expulsions par jour effectuées par la police de l’aéroport. Parmi celles-ci, des voyageurs à peine arrivés et des personnes en situation irrégulière en Belgique refusant de quitter le territoire.

D’après les agents que nous avons pu interroger, les autorités politiques ont fixé un objectif de cinq expulsions par jour.

Cependant, cela reste une utopie de penser que ce quota puisse être atteint. Seuls quatre policiers sont mandatés pour assurer des retours forcés.

C’est insuffisant. Ils sélectionnent donc les vols et les rapatriements à effectuer.

« Nous sommes bien conscients de manquer d’effectifs policiers au sein de l’aéroport. Mais pour l’instant, c’est comme ça », confie notre source, qui confirme, du reste, que l’objectif des cinq expulsions est réel.

Selon nos informations, c’était une exigence de la N-VA, du temps où elle participait à la négociation gouvernementale.

Mais même après le départ de la N-VA des négociations, l’objectif est resté…

Si nous avons pu évaluer assez précisément l’ampleur des « éloignements forcés » à Bruxelles-National, il est difficile de l’établir à l’échelle de l’ensemble du territoire belge.

Avec Zaventem, il existe 13 points de contrôle frontalier pour entrer en Belgique.

Pour les autorités belges, les éloignements forcés doivent toutefois rester l’exception : on préfère privilégier les retours volontaires. Pour une personne en situation irrégulière à peine arrivée ou installée en Belgique, la législation belge prévoit aujourd’hui un délai de 30 jours au lieu de cinq précédemment, après la réception de l’ordre de quitter le territoire.

« Les retours volontaires restent la priorité des ministres compétents », selon notre source proche du gouvernement.

Mais force est de constater que les retours forcés sont toujours plus nombreux.

Entretien

« Les frontières ? Une zone grise »

Nancy Bracke est attachée au service Contrôle des frontières de l’Office des étrangers.

Pourquoi y a-t-il encore un contrôle des frontières effectué en Belgique ?

Il y a treize contrôles frontaliers en Belgique, comme c’est le cas dans les aéroports de Bruxelles et de Gosselies mais aussi dans les ports. Le contrôle aux frontières sert à éviter l’immigration illégale, les mariages blancs…

Sur quelles bases rendez-vous vos décisions de refus d’accès au territoire lors de courts séjours ?

Les agents de police des postes frontières rédigent un rapport après un examen approfondi. Faute de moyens suffisants, nous ne rencontrons pas les personnes concernées. Le plus souvent, nous suivons le compte rendu de la police.

Vous faites donc entièrement confiance à la police ?

Oui, nous n’avons pas le choix. La police est la première instance compétente à la frontière, pour vérifier les faux documents et les personnes suspectes.

C’est-à-dire ?

Les policiers qui contrôlent les arrivées en ont l’habitude. Il y a des profils suspects. Ils repèrent les personnes nerveuses. Ils peuvent voir de loin si quelque chose est louche.

Ce contrôle est donc sans faille ?

Évidemment non. Et on doit l’admettre, on est dans une zone grise. Comme partout, certains policiers sont plus stricts que d’autres mais nous ne voulons pas les contrôler. On se rend parfois compte qu’un policier est plus strict qu’un autre. De nombreuses personnes refoulées que nous avons rencontrées avaient leurs documents en règle.

Certaines viennent rendre visite à leur famille. En leur refusant l’accès à la Belgique, n’avez-vous pas l’impression de briser des vies ?

C’est peut-être vrai que certains vont payer pour ceux qui fraudent. Sur le papier, tout peut être bien en ordre et la personne peut être malhonnête. Et vice versa. En cas de doutes, on peut rentrer en contact avec la personne ou la famille.

Propos recueillis par Sandrine Lana (st.)

Mettre les pieds en Belgique : tous ne sont pas égaux

Reportage

Aéroport de Zaventem, 14 heures. Zone des arrivées des vols long-courriers. Ici, les non-Belges n’échappent pas au contrôle d’identité. Deux policiers du contrôle des frontières posent des questions d’ordre général sur le motif de la venue et vérifient les passeports. José P. vient de débarquer. Ce Vénézuélien s’apprête à revoir son ami d’enfance, installé en Belgique.

Le jeune homme présente son passeport. Il « n’a pas assez de moyens de subsistance » pour séjourner en Belgique. Suit un deuxième contrôle plus poussé : motif de la visite, contrôle des documents… Le refus se confirme. Il attendra son vol retour au centre Inad (réservé aux personnes « inadmissibles ») situé en bout de pistes de l’aéroport.

Quel que soit le motif de l’expulsion après le second examen, les personnes refoulées se retrouvent au centre Inad avant de reprendre un vol vers leur pays d’origine. Au mur du centre, un planisphère : l’Europe et son espace Schengen. Autour d’une table, des Albanais finissent un puzzle. Le Centre pour l’égalité des chances souligne dans son rapport « les difficultés que rencontrent les étrangers Inad qui souhaitent contester le bien-fondé de la décision de refoulement ». Vincent Lurquin, avocat et ancien président du Mrax (Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie), s’indigne : « S’il y a une zone de non-droit en Belgique, c’est bien là. En théorie, il devrait y avoir un avocat pro deo proposé à chaque personne. Pour qu’un recours ait une chance d’aboutir, il faut prouver l’extrême urgence, le préjudice grave. Pour un touriste, on n’y arrive pas. »

José retourne donc chez lui.

Quelques semaines plus tard, il revient, il a un peu d’argent en poche et dispose d’une prise en charge en bonne et due forme de ses amis. Cela les engage légalement à subvenir à ses besoins pour la durée du séjour. Au contrôle frontière, il est à nouveau écarté et recalé. Les documents ont pourtant été remplis. « La prise en charge signée par la commune n’est pas conforme ; elle n’a pas été transmise à l’Office des étrangers !, explique l’ami de José. Alors, l’Office a refusé son entrée pour des papiers non envoyés. Pourtant, ce n’est pas de notre faute ! »

En 2011, 45.273 demandes de visas touristiques ont été introduites. 73 % ont été refusées, d’après les chiffres de l’Office des étrangers (voir graphique ci-dessus). Pis encore, d’autres, dont la plupart des pays d’Amérique qui n’ont pas besoin de visa, risquent de se voir refuser l’accès au territoire à leur arrivée.

Souvent sans en comprendre la raison.

Pour Me Lurquin, le problème est que « ces hommes et femmes venant pour un court séjour sont présumés coupables dès l’arrivée ». Les motifs des visites sont souvent évoqués en cas de refus : « On veut éviter les mariages blancs et les demandes d’asile », indique la police de l’aéroport.

Mais il peut y avoir des erreurs d’appréciation. « Ce n’est pas une science exacte, déplore Guy Cordeel, commissaire principal du Contrôle frontière à l’aéroport de Bruxelles-National. Oui, si quelqu’un nous dit vouloir visiter la Belgique, on peut lui demander de situer Arlon et Bruges sur une carte muette. »

Encore faut-il prouver que l’on ne veut pas rester en Belgique. « Comment le prouver légalement ? », s’insurge Me Lurquin.

Après l’interrogatoire, la police remet un rapport à l’Office des étrangers. « L’Office décide sur base du contrôle policier. Il ne traite pas des gens mais des dossiers : cela changerait tout s’il voyait directement les gens ! », ajoute Me Lurquin.

Et l’Office en convient.

Les situations se dénouent parfois (miraculeusement) grâce à l’intervention d’un politique haut placé.

La part d’arbitraire dans les contrôles de la police est réelle.

« Si ça avait été moi lors du contrôle, il serait entré », avoue un policier du contrôle frontière, en parlant de José.

« Un autre policier a conseillé de faire appel de la décision qu’il trouvait injuste », explique l’ami de José.

Vincent Lurquin parle de certains « objecteurs de conscience » à l’Office des étrangers. Ceux qui ne respectent pas les procédures et laissent primer la personne.

« Ce sont des êtres humains… »

Si un Européen voyage (à peu près) partout sans trop de difficultés, pour les non-Européens, c’est clairement moins évident.

Les démarches administratives n’en finissent pas, surtout lorsque le voyageur est peu fortuné et qu’une prise en charge de l’hôte est nécessaire.

L’Office des étrangers en convient : les Canadiens ou les Américains n’ont pas de souci aux postes-frontières belges.

Les ressortissants d’autres pays moins favorisés connaîtront, eux, des difficultés.

« Les autorités ne veulent pas reconnaître que la Belgique n’est pas un Eldorado pour tout le monde », s’inquiète Vincent Lurquin. Pour l’avocat, « une meilleure législation des voyages de courte durée limiterait les séjours illégaux en Belgique et c’est là une partie de la solution ».

Toutes les parties interrogées s’accordent pour dire que la situation n’est pas près d’évoluer vers une meilleure fluidité aux frontières, ni en Belgique ni en Europe.

La rigidité est la voie choisie pour rendre étanches les frontières.

Un médecin lorrain au cœur de l’enfer syrien


Spécialisé dans la médecine d’urgence et de catastrophe, le professeur Raphaël Pitti est actuellement à Al Bab, à 40 kilomètres d’Alep. Entre deux interventions chirurgicales, il tente d’alerter les élus français.

Voici une des photos que Raphaël Pitti a réussi à publier sur Facebook. Elle a été prise dans un hôpital qui, depuis, a été rendu inutilisable par les bombardements.  Photo Raphaël PITTI

Voici une des photos que Raphaël Pitti a réussi à publier sur Facebook. Elle a été prise dans un hôpital qui, depuis, a été rendu inutilisable par les bombardements. Photo Raphaël PITTI

«M onsieur le maire, je vous écris depuis la ville d’Al Bab, à 40 kilomètres d’Alep… La France doit savoir trouver le courage politique d’une intervention humanitaire… » Ce message, de nombreux élus lorrains l’ont reçu sur leur compte Facebook ou sur leur boîte mail ces derniers jours. Le SOS est lancé par le professeur Raphaël Pitti, chef du service de réanimation à la polyclinique de Gentilly à Nancy et spécialiste de la médecine de catastrophe.

Il est en Syrie depuis une semaine et pour trois jours encore. Une mission menée avec l’Union des organisations syriennes de secours médicaux. « Nous avons atterri en Turquie avant de rejoindre clandestinement la Syrie par la route », explique celui que nous avons pu joindre par téléphone, hier soir, entre deux pannes de réseau.

Une villa qui sert d’hôpital

Il raconte : « Nous sommes dans une zone libérée, sous le contrôle des rebelles. Mais il y a des bombardements quotidiens de l’armée syrienne. Et les hôpitaux sont de véritables cibles. Celui dans lequel je travaillais à mon arrivée a été détruit. C’était très tôt le matin. Je dormais encore. Le bruit de l’avion s’approchant de l’hôpital m’a réveillé. Je ne peux pas expliquer pourquoi, mais j’ai eu le réflexe d’aller m’accroupir derrière le lit. Quelques dixièmes de seconde plus tard, le matelas était recouvert d’éclats de verre. La vitre avait complètement explosé sous les balles. L’avion est repassé deux fois pour mitrailler l’hôpital… Nous avons dû nous replier dans une villa qui sert d’hôpital clandestin depuis plusieurs mois. »

Une villa dans laquelle Raphaël Pitti voit défiler les blessés sur sa table d’opération. Des plaies thoraciques, des fractures ouvertes, des polycriblages, des énucléations… « Il y a des civils, des militaires qui viennent d’Alep, des enfants… », témoigne-t-il. « On voit aussi beaucoup de malades chroniques qui n’ont plus de médicaments. La situation sanitaire devient critique. »

Il raconte aussi la fatigue des médecins syriens : « Dans l’hôpital clandestin que j’ai rejoint, il y a essentiellement des étudiants de sixième année de médecine. Ils travaillent 24 heures sur 24 depuis des mois. Ils sont épuisés… »

Voilà pourquoi, entre deux opérations, Raphaël Pitti bricole une connexion internet pour écrire aux élus et à tous ceux qui ont un peu d’influence en France. « Il y a quelques semaines, je pensais qu’une trêve humanitaire, même de courte durée, était possible », soupire-t-il. « Mais quand je vois ici la manière avec laquelle l’armée syrienne s’en prend aux hôpitaux, aux médecins, j’ai réalisé que c’était complètement illusoire… L’intervention militaire est devenue nécessaire. Le minimum serait de sécuriser l’espace aérien des zones libérées pour stopper les bombardements. C’est tout à fait possible dans un cadre humanitaire. »

Avant de raccrocher, Raphaël Pitti nous raconte comment on survit à Al Bab : « Une économie de guerre s’est mise en place. Des stations essence clandestines, des magasins de fortune… C’est toujours comme ça. C’est quelque chose que j’ai déjà vécu en Yougoslavie et ailleurs. Rien ne ressemble plus à une guerre qu’une autre guerre. »

Anthony VILLENEUVE.

source

Palestine, 64 ans de solitude


À l’automne de l’année dernière, l’élan du printemps arabe a semblé faire avancer d’un pas la bataille diplomatique palestinienne à l’ONU et redonner, après une longue absence, à la Palestine une présence dans les forums internationaux. Puis vint l’adhésion à l’Unesco pour consacrer ce retour et redonner l’espoir d’une reconnaissance internationale d’un État palestinien. Une nouvelle dynamique semblait naître dans la région, après l’échec des négociations, la poursuite de la colonisation, et la finalisation du mur. Aujourd’hui, un an après le discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, pourquoi la cause palestinienne est-elle retombée dans les oubliettes et pourquoi son leadership est-il en faillite ? Nadia Aissaoui et Ziad Majed pour Mediapart.fr

Bon nombre d’intellectuels et d’activistes palestiniens se désespèrent de la situation de ces dernières années. Les Palestiniens ont toujours été les pionniers dans leur dynamisme et de leur diversité politique, d’opinion et de courants dans un monde arabe gouverné pour l’essentiel par le despotisme et le parti unique et/ou clanique, républiques et monarchies confondues. Ils constituaient avec leurs Intifadas successives (en particulier celle de 1987 contre l’occupation, l’impuissance, le silence et la duplicité internationale) une avant-garde de tous les mouvements populaires arabes.
Et voilà qu’avec les transformations majeures (dues aux révolutions) qui touchent la Tunisie, l’Égypte, la Libye, Bahreïn, le Yémen et la Syrie, avec la progression des contestations au Maroc et en Jordanie, les Palestiniens semblent avoir du mal à emboîter le pas des révolutions et à se rebeller contre leur situation interne en premier et l’occupation israélienne ensuite.
L’Autorité palestinienne a cru compenser cette inertie en livrant une bataille diplomatique dans une période qu’elle jugeait favorable. Mais elle s’est vite ravisée face à la pression américaine, la complexité de la situation et le déchirement national dont elle porte autant que le Hamas la responsabilité.
Aujourd’hui, la situation semble être au plus bas tant au niveau interne qu’externe. Les Palestiniens semblent être dépourvus d’options politiques et de possibilités de réconciliation, et peinent à développer une nouvelle politique étrangère. Quelles sont les raisons de cette impasse ?

« Syrie, un peuple sacrifié », parcours au coeur de la barbarie


11 oct 2012

 

Quatre photographes, quatre regards sur un conflit d’une rare bestialité. Le « peuple sacrifié », nom donné à l’exposition en extérieur consacrée à la Syrie, a particulièrement marqué les reporters qui participent au Prix Bayeux. Le massacre organisé par le régime d’une population de manifestants assoifés de liberté rappelle les pires heures de la Bosnie-Herzégovine que beaucoup ont connu il y a maintenant près de vingt ans.

Sur ces photographies, des visages d’enfants et de mères. Dans leurs yeux où les journalistes captent les dernières lueurs fuyantes de l’innocence, on peut lire un incroyable courage. Portraits d’enfants martyrs et de gamins en armes. Portrait d’un peuple qui sacrifie ce qu’il a de plus beau : sa jeunesse.

Rodrigo Abd, Mani, Alessio Romenzi et Laurent Van der Stockt racontent cette guerre d’une armée contre sa propre population. Témoins de cet assassinat à coups de bombes, les rares reporters qui parviennent à franchir les frontières sont devenus, eux aussi, les cibles du régime. Damas ne veut pas de témoins et s’applique à stopper ceux qui veulent raconter de rapporter mots et images. Les journalistes, professionnels ou citoyens, syriens ou étrangers, sont systématiquement arrêtés et torturés, lorsqu’ils ne sont pas pris pour cible par les snipers. Ils sont déjà 15 à avoir perdu la vie en couvrant ce conflit.

Cette année, la Syrie est particulièrement présente au Prix Bayeux. Si les rédactions hésitent chaque jour un peu plus à dépécher des journalistes sur place au vu des risques qu’ils encourent pour leurs vies, les reporters continuent de se démener pour s’y rendre. Damas ne distribue plus qu’une poignée de visas. La Turquie a inondée une grande partie de ses frontières pour empêcher le passage de réfugiés ou de journalistes.

En plus de cette exposition en plein air, leur travail sera visible dans les différentes catégories en compétition.

Romain Mielcarek (www.actudefense.com)

Syrie, un peuple sacrifié. Exposition en plein air à découvrir du 8 au 31 octobre le long des bords de l’Aube. Plan et détail disponibles à l’office du tourisme et dans les lieux publics de Bayeux.

Vernissage de l’exposition en présence des photographes, samedi 13 octobre à 11h30.

source

Lorsque le peuple …


Lorsque le peuple un jour veut la vie.
Force est au destin de répondre ..

(Idha-ch-cha’bu yawman…)
Lorsque le peuple un jour veut la vie
Force est au destin de répondre
Aux ténèbres de se dissiper
Aux chaînes de se briser…

Poème de A. Chebbi (Tunisie)

Soirée Maupassant: poésie et condition des femmes le 02/11/12


Si comme AWSA-Be, vous êtes sensibles à la condition des femmes et intéressé-e-s par la poésie,

Voici une rencontre à ne pas manquer…

le 2 novembre à 19h

la lecture des textes de Maupassant par les comédiennes Colette Frances et Catherine Bories

pour une soirée pleine d’humour et de finesse accompagnée d’un buffet gustatif

Il s’agit aussi de mêler plaisir et engagement puisque cela se déroulera au centre de formation professionnelle en Horeca de l’asbl Siréas dans une belle maison de maître située 34, rue de la Victoire 1060 Bruxelles mais où les places y sont limitées.

www.sireas.be/pages/spip.php?article475

AWSA-Be asbl avait eu l’honneur de rencontrer les comédiennes au Maroc, dans le cadre du festival international de théâtre organisé en mai à Oujda par l’association Comedrama et par Monsieur Benjeddi de l’organisation Whaka Whaka, et est heureuse de pouvoir partager cette rencontre avec la venue des comédiennes à Bruxelles.

Intéressé-e ?

Réservez vite au 0485.695.227 ou sur ounchifkhadija@hotmail.com

Inscription avant le 25/10/2012

Participation de 30€/pers. qui comprend, l’apéro, le repas, les boissons et le SPECTACLE

A verser sur le compte :075/001-0943106-51
com: soirée Maupassant 02/11/2012

Arab Women’s Solidarity Association – Belgium ASBL
www.awsa.be

0881.718.815
363-0002517-35

Bureau : Local A 133, Amazone asbl, 10 rue du Méridien, 1210 Bruxelles.
Tél : 02/ 229 38 10

Siège social : avenue de l’Eternité, 6, 1070, Bruxelles.

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