MEMENTO pour la PALESTINE de Rudi Barnet


Le génocide nazi n’est pas mon affaire !

lundi 22 octobre 2012 – 05h:54

Rudi Barnet


Le génocide nazi n’est pas mon affaire ! (1) – Les textes de ce « Memento » n’ont pas la prétention d’être exhaustifs sur la dramatique histoire du peuple palestinien. Ils sont seulement le résultat des recherches d’un citoyen lambda qui veut « comprendre ».

L’objectif essentiel est de fournir un « aide-mémoire » à celles et ceux qui, comme moi, sont opposés à toute forme d’embrigadement et qui placent l’être humain au-dessus de toute religion et idéologie !
Sauf oubli, on pourra trouver les références de chaque citation ou information. Ainsi le lecteur pourra en vérifier la provenance et compléter ses connaissances.
En espérant que ces informations permettront aux citoyens indifférents ou aveuglés par la propagande sioniste, d’être moins crédules et d’avoir une approche plus objective et plus humaine de cette tragédie.

Ce « Mémento » est dédié à Yvonne Sterk (Rafiqua Yvon), infatigable militante de la justice et de la paix et grande voix de la résistance palestinienne, qui nous a quittés en 2012. (2)

Qui parle à qui ?

Enfant, les témoignages et les informations sur la “solution finale“ m’épouvantaient.

Adolescent, j’ai vu les terribles images de « Nuit et Brouillard » de Resnais et le visage d’Irena Sendlerowa, la résistante polonaise qui sauva plus de 2500 enfants du ghetto de Varsovie… Elles sont restées gravées en moi.

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Raoul Wallenberg, ce jeune diplomate suédois qui sauva tant de vies juives en Hongrie et Marek Edelman, le héros du ghetto de Varsovie, font également partie de mon « petit panthéon » personnel. Et c’est, chaque fois, la gorge serrée que j’entre dans ce quartier du ghetto de Venise qui a donné son nom à tous les ghettos du monde.

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Entrée du ghetto de Venise

Comme tous les racismes, l’idéologie qui a généré l’horreur nazie doit être combattue sans relâche et les lieux de mémoire doivent être préservés pour témoigner de cette face nauséabonde de l’être humain.

Il n’y aura jamais assez de publications, de films, de manifestations pour dénoncer et informer sur ce déshonneur de l’humanité et la Justice doit être intransigeante envers tout acte ou parole agressant nos concitoyens pour la couleur de leur peau, leur religion ou leur culture.

A quelle nation, à quel peuple appartenez-vous ?

La solidarité inconditionnelle à l’État d’Israël de certains citoyens de mon pays, qu’ils soient ou non de religion ou de culture hébraïque, et leur allégeance à ce régime – Nous et notre pays Israël… Notre ambassadrice… Notre hymne national “Hativah“ !…comme on peut l’entendre en permanence sur “Radio Judaica“ (3) -m’a toujours troublé et intrigué.

Ils semblent vivre dans un monde différent de leurs concitoyens … Comme en exil !

Se rendent-ils compte que la primauté qu’ils donnent à un État étranger, alors qu’ils appartiennent à notre pays, a quelque chose de… schizophrénique ? (4)

N’ont-ils pas conscience que l’horrible entreprise d’extermination hitlérienne ne concerne pas l’État d’Israël, mais tous les citoyens du monde, qu’ils soient de religion hébraïque ou non ?

Ne voient-ils pas la perversité des dirigeants israéliens et des fanatiques sionistes qui entretiennent cette confusion et l’utilisent en permanence pour justifier leurs exactions envers le peuple palestinien ?

Ce qu’on peut lire ou entendre dans les médias européens de culture juive est, la plupart du temps, sans relation avec la vie de la communauté israélite locale.

Au lieu d’informer les citoyens sur des sujets sociaux, politiques ou culturels, de débattre des problématiques d’actualité de leur ville ou de leur pays, la plupart de ces médias consacrent un maximum d’espace et de temps à Israël (faits divers, vie politique… même le bulletin météo) et à relayer la propagande du régime sioniste.

… Tout en accusant les pacifistes locaux d’importer le « conflit ».

Ce ne sont, bien souvent, que critiques acerbes des organisations internationales (ONU, Cour internationale de justice, Unesco…), rejets virulents de toute critique d’Israël, discours condescendants envers les autres communautés religieuses (surtout musulmanes), propos injurieux sur les Palestiniens (5), etc.

C’en est au point que, dans certains pays, ceux qu’on appelle les « sayanim » en hébreu (bénévoles, aides, assistants…) collaborent directement avec le Mossad (6) en lui communiquant des informations sur des concitoyens, en participant aux campagnes de propagande… jusqu’à, parfois, faire de l’espionnage. (7)

Comment ces gens parviennent-ils à concilier cette soumission à un État étranger avec le respect dû à leur pays ?

Un conte pour endormir les enfants

A l’école de mon village, notre instituteur nous vantait les mérites de “ces courageux colons qui allaient faire fleurir un désert“ et nous racontait avec enthousiasme l’épopée de ces valeureux pionniers.

Le monde sortait alors d’une guerre terrible, la communauté juive avait connu une tragédie effrayante et le petit écolier que j’étais se réjouissait de ce « happy end », de ce départ vers un avenir prometteur.

Longtemps, les enfants de ma génération ont cru à cette fable. Tout comme, sans doute, les jeunes juifs socialistes, idéalistes qui, de bonne foi, sont partis d’Europe pour créer les premiers kibboutzim.

On sait maintenant que le slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre » n’était qu’une tromperie sordide ! Loin d’être un désert, il y avait là-bas des centaines de villes et villages, des cultures prospères, des jardins, des êtres humains de religions diverses.

… Un peuple de plus d’un million d’humains vivait sur cette terre et la cultivait ! (8)

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Le temps a passé et, peu à peu, la réalité s’est dévoilée.

On sait maintenant que l’État d’Israël est le résultat d’une colonisation violente qui a débuté bien avant la guerre de 1940/45…. Et qu’elle n’a que très peu de lien avec la terrible « solution finale » nazie !

On sait aussi, depuis l’ouverture d’une partie importante des archives israéliennes, que la création de l’État d’Israël a été réalisée en commettant un véritable crime contre l’humanité : une nettoyage ethnique !

Ce « Plan D » élaboré par Ben Gourion et froidement exécuté par les milices sionistes visait à « désarabiser » (sic) le pays en tuant les opposants, en expulsant les populations et en rasant villes et villages.

Il fut méticuleusement mis en œuvre dès 1947, près d’un an avant la proclamation de l’État.

L’objectif de créer un Israël ethniquement « pur » n’a pas vraiment été atteint puisque « seulement » 750 à 800.000 palestiniens furent expulsés, quelques milliers de civils exécutés et 531 villages rasés.

Et qu’il reste encore des Palestiniens sur cette terre.

Il a fallu de nombreuses années pour que, peu à peu, les détails de cette ignominie soient accessibles au public ! (9)

Même les historiens sionistes reconnaissent aujourd’hui l’existence de ce plan… En minimisant son importance et les conséquences de son contenu, évidemment !

De la bonne utilisation de la « Shoah »

Aujourd’hui on sait… Pour autant qu’on veuille savoir !

On sait qu’à partir de 1882 et jusqu’en 1939, environ 460 000 colons (principalement d’Europe centrale et orientale) sont arrivés par vagues successives !

En 1891 ( !) l’essayiste hébreu Ahad Ha’Am commentait ainsi sa visite en Palestine : « À l’étranger nous sommes habitués à croire qu’Israël est presque vide ; que rien n’y pousse et que celui qui veut acheter de la terre peut aller là-bas acheter les terres qu’il désire. En réalité, la situation n’est pas ainsi. Dans ce pays, il est difficile de trouver une terre cultivable qui ne soit déjà cultivée ». (10)

De 1939 à 1946, 150 000 nouveaux colons débarquèrent.

Seule une petite partie d’entre eux étaient des martyrs des camps nazis. (11)

Ce n’est que bien plus tard qu’à l’instar du journaliste israélien Boas Evron, nous avons réalisé que « La conscience de l’holocauste était en réalité un instrument d’endoctrinement de la propagande officielle, un ramassis de slogans, une vision du monde faussée dont le vrai but n’était nullement la compréhension du passé, mais bien la manipulation du présent » (12)

Un Tribunal de Nuremberg pour…

Les colons sionistes des années 30, qualifiés de terroristes par l’occupant anglais, ne se préoccupaient guère de ce qui se passait en Europe !

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Simon Wiesenthal

En décembre 1942, David Ben Gourion (David Grün de son nom originel, émigra de Pologne en 1906), futur fondateur de l’Etat d’Israël, ayant été informé de la mise en œuvre de la “solution finale“ par les Nazis, se montra pour le moins indifférent (voir la citation/titre).

Il est aussi l’auteur de cette affirmation cynique (1938) : « Si je savais qu’il était possible de sauver tous les enfants Juifs d’Allemagne par leur transfert en l’Angleterre et seulement la moitié d’entre eux en les transférant vers Eretz-Israël, je choisirais celui-ci, parce que nous sommes confrontés non seulement à la comptabilisation de ces enfants mais aussi avec la comptabilité historique du peuple juif. » (13)

Ce mépris pour les martyrs de l’Holocauste a été violemment stigmatisé par Simon Wiesenthal, le célèbre chasseur de criminels nazis, au Congrès sioniste de 1946 : “Cela ne nous aurait pas fait de mal d’organiser notre propre procès de Nuremberg contre tous ceux(les dirigeants sionistes) qui n’avaient pas accompli leur devoir envers nous, nos familles et le peuple juif ». (14)

Ce procès réclamé par Wiesenthal n’a évidemment jamais eu lieu !

Il aurait notamment amené à rendre publics quelques aspects très peu glorieux du mouvement sioniste… Comme sa coopération avec le régime hitlérien !

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Militants du Betar de Jabotinsky (15) à Berlin en 1936 (16)

Itzhak Shamir, collabo du régime nazi

La complicité avec le régime nazi débuta dès l’avènement du “führer“ en 1933 avec le “Haavara Agreement“ entre l’Agence Juive (17) et les autorités allemandes pour l’exportation de capitaux, de produits manufacturés et le transfert d’émigrants.

On estime que 40 à 60 000 juifs allemands ont pu bénéficier de cet accord et que les transactions auraient portés sur 14.000.000 £ de l’époque !

Cet accord entre l’Agence Juive et le régime nazi perdura jusqu’en 1942 ! (18)

Le procès revendiqué par Wiesenthal aurait aussi permis d’en apprendre plus sur le projet d’alliance militaire du « Groupe Stern » d’Itzhak Shamir (19) avec le régime hitlérien.

Cette proposition de 1941 – Il y avait alors déjà huit ans que Dachau, le premier camp de concentration, était en « activité » – valu à Shamir d’être arrêté et emprisonné par les Britanniques pour « terrorisme et collaboration avec l’ennemi nazi ». (20)

Natif de Biélorussie (son nom d’origine : Yezernistky) Shamir est arrivé en Israël en 1935.

Mis à part les quelques mois qu’il passa dans une prison de l’occupant britannique, son palmarès d’exploits terroristes, de 1937 à 48, fut « remarquable » : attentats contre les civils palestiniens, assassinats divers dont celui de Folke Bernadotte, le médiateur de l’ONU, etc.

Il intégra ensuite le Mossad (21) et en fut un des patrons pendant une dizaine d’années.

Plus tard, il devint premier ministre !

Ce sulfureux personnage qui disait en 1988 que « Les Palestiniens seront écrasés comme des sauterelles… Leurs têtes éclatées contre les rochers et les murs ! » (22) a été enterré cette année 2012, dans le « carré des héros de la nation » et a reçu les hommages obséquieux de nombreux chefs d’État occidentaux, dont François Hollande, Président de la France !

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Fiche de recherche de la police britannique concernant Shamir

Ce que nous racontait notre instituteur était donc “bidon“ !

C’est donc aussi une ignominie d’instrumentaliser les monstruosités nazies pour justifier l’invasion de la Palestine. Ce n’est pas au peuple qui vit sur cette terre à payer pour les crimes de l’Allemagne nazie, ni pour les nôtres !

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Rapport allemand sur les propositions britannique concernant Itzhak Shamir de collaboration du Groupe Stern (23)

Il est d’ailleurs paradoxal, choquant même, de constater que des rescapés du nazisme ou leurs descendants, ne soutiennent pas aujourd’hui des êtres humains qui subissent l’oppression.

Quelle est cette aberrante mécanique mentale qui conduit à l’indifférence face au malheur d’innocents ?

Un mufti bien utile…

A l’école du village, on nous racontait aussi que « les Arabes qui vivent en Israël s’étaient alliés aux nazis et qu’il fallait les écraser, que Al-Husseini, le mufti de Jérusalem était leur leader, qu’il avait collaboré avec Hitler et appelé les Palestiniens à se joindre aux forces de l’Axe ».

Nous ignorions alors – certains l’ignorent d’ailleurs toujours, ou feignent de l’ignorer – que cet Amin Al-Husseini avait quitté la Palestine en 1937 (Liban, Irak… et en Allemagne depuis 1941), qu’il était largement discrédité dans le monde arabe… et que son influence sur la population de son pays était plus que limitée.

Preuve en est le faible résultat de ses exhortations auprès des nations arabes et de ses compatriotes : seuls 6 300 volontaires de divers pays arabes (Egypte, Arabie, Liban, Turquie…et Palestine) rejoignirent les organisations militaires nazies, tandis qu’ils furent 259 000, dont 9 000 Palestiniens, à rejoindre les forces alliées ! (24)

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Al-Husseini et les SS Croates musulmans de la 13ème Division en 1943

Que cet Al-Husseini ait été un personnage exécrable est incontestable – ce n’était visiblement pas l’avis du gouvernement français qui l’hébergea et le protégea en 1945 – mais de là à en faire le “chef“ des Palestiniens…

Et lui consacrer plus de place au mémorial de Yad Vashem qu’à des Himmler ou Goebbels – l’espace qui lui est consacré dans “Encyclopedia of the Holocaust“ est seulement dépassé par celui concernant Hitler lui-même – serait risible si ce n’était clairement une manipulation visant à présenter les Palestiniens comme coresponsables du génocide hitlérien. (25)

L’ironie morbide de l’Histoire veut que ce mémorial Yad Vashem a été construit sur les terres et les ruines du village martyr de Ein Kerem… et en face de ce qui fut Deir Yassin. (26)

Deir Yassin, cet Oradour palestinien où, comme prévu dans le sinistre plan de nettoyage ethnique, se déroula un des pires massacres de civils perpétrés en 1948 par les milices sionistes.

Il est fort probable que les guides du mémorial préfèrent escamoter cette information depuis le licenciement d’un des leurs : il avait osé en parler à des visiteurs. (27)

… Des nazis bien utiles aussi

Il est troublant de constater qu’aucun “Tribunal de Nuremberg ou de La Haye“ n’ait jugé certains complices objectifs des massacres nazis, notamment les membres des gouvernements anglais, étatsunien et canadien qui “savaient“ dès 1942, qui connaissaient la mise en œuvre de la “solution finale“ et qui ont cyniquement laissé faire.

Après 1945, les “Alliés“ ont été plus que laxistes avec les criminels de guerre allemands, notamment les USA – mais la politique de l’URSS était similaire – qui ont accueilli et protégé de nombreux nazis, dont quatre à cinq mille membres du réseau du général hitlérien Reinhard Gehlen, devenus de bons citoyens américains et “recyclés“ dans la CIA ! (28)

… Quand ce n’est pas le tapis rouge qui est déroulé pour les accueillir, comme pour l’ingénieur nazi Werhner von Braun (29) et son équipe, responsable des V2 qui firent tant de morts….

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Aux USA, il fit carrière comme directeur du centre de vol spatial de la NASA et termina ses jours comme citoyen étatsunien couvert d’honneurs (On créa même un « Werhner von Braun Day ») !

… Au même moment les USA fermaient leur frontière à de nombreux juifs qui fuyaient l’horreur !

Pourquoi fait-on silence sur ces crimes ? Pourquoi n’ont-ils jamais été jugés ?

Témoignage personnel…

C’est avec stupeur et colère que j’ai appris de la bouche même d’un ex beau-frère qu’il coulait des jours tranquilles à Tel-Aviv (il y est mort depuis) avec sa fille et ses petits-enfants.

Cet homme était un SS belge de la “Légion Wallonie“. Il avait combattu sur le front de l’Est et prétendait avoir participé à la bataille de Stalingrad. (30)

Après la guerre, il avait été emprisonné et déchu à vie de ses droits civils.

La dernière fois que je l’ai rencontré, j’ai pu vérifier que son idéologie n’avait pas changé, son antisémitisme s’était simplement mué en haine des « Arabes ».

D’où sa stupéfaction quand je lui appris que les Palestiniens étaient des Sémites. (31)

Selon ses dires, il se réunissait parfois avec quelques-uns de ses anciens “camarades“, devenus comme lui citoyens d’Israël.

Cette situation ne semble guère gêner le gouvernement israélien. Il est vrai que des leaders de l’extrême droite européenne sont régulièrement accueillis par les Lieberman et consorts.

… Et premières questions

Quand, fin 2008, l’armée israélienne a fait pleuvoir la mort sur Gaza durant 22 jours – tuant 1387 personnes, dont 257 enfants, et faisant 5.500 blessés, sans oublier les milliers de bâtiments détruits – les discussions n’ont pas manqué avec des amis qui, mal informés par les « médias officiels », qualifiaient encore d’autodéfense ce que d’autres considéraient comme un crime.

Les interrogations étaient multiples :

Par quel mécanisme schizophrénique une grande partie des juifs « extérieurs », notamment d’Europe, peuvent-ils s’identifier à un tel État ?

Imagine-t-on les catholiques en faire de même avec le Vatican ?… Les musulmans avec l’Arabie Saoudite ?…

Quelle logique aberrante amène des conquérants brutaux à se prendre pour les défenseurs de la démocratie, alors que leurs agissements sont universellement qualifiés de crimes contre l’humanité ?

Par quelle construction démente certains en sont-ils arrivés à être persuadés que ce sont les Palestiniens qui veulent occuper leurs terres et qu’ils ne font que se défendre contre eux ?

D’où vient que la population israélienne se voile ainsi la face et se fasse la complice d’un régime qui traite le peuple palestinien comme de nouveaux “Untermenschen“ ?

Comment font certains de mes compatriotes pour nier l’évidence, pour minimiser les actes d’un régime qui a toutes les caractéristiques d’un État voyou et pour déclarer antisémite tout opposant à ce régime criminel ?

Qu’est-ce qui les empêche de voir la folie des Lieberman (32) et consorts ?

Bref état des lieux

Avec la myriade de villages militairement isolés les uns des autres, la Cisjordanie, où vit la majorité du peuple palestinien, ressemble indéniablement aux “réserves indiennes“ des États-Unis.

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L’ensemble de ce territoire est sous le contrôle de l’armée israélienne qui fait régulièrement des incursions dans la maigre zone A (4% du territoire !) qui est, en principe, sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.

La zone B, dite mixte, est en réalité totalement contrôlée par Israël.

Sachant que l’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir sur la zone C, il suffit de regarder la carte pour se rendre compte que Abbas et le Fatah ne contrôlent plus rien, excepté ce qu’Israël décide de lui déléguer, momentanément !

Seul Gaza peut encore être considéré comme territoire sous autorité palestinienne.

Objectivement parlant, c’est devenu le “plus grand camp de concentration à ciel ouvert du monde“ (33) avec ses 1,6 million de personnes enfermées dans un espace de 360 km2… 7 fois moins que le Luxembourg !

Selon l’ONU, cette population passera à 2,1 millions en 2020 ce qui portera la densité à 5.800 habitants au km2.

En août 2012, des responsables de l’ONU ont averti (34) : si des mesures ne sont pas prises contre le blocus qui continue à leur être imposé, les conditions de vie des habitants de la bande de Gaza vont s’aggraver d’ici 2020.

En Cisjordanie, Israël poursuit chaque jour le vol de l’eau, les destructions de maisons et les expulsions pour l’installation de colonies. A Jérusalem-Est, le régime développe la judaïsation en chassant les habitants, sous l’œil complice des États-Unis et des pays de l’Union européenne.

Une des techniques utilisées pour s’accaparer les terres est de décréter que tel champ ou telle oliveraie devient zone militaire.

Une fois les occupants expulsés, l’armée décide que ce n’est plus une zone militaire… Et la cède aux colons !

Il faut y ajouter ce honteux mur (760 km prévus) qui empiète un peu plus sur les terres palestiniennes. Quand il sera achevé, 9,5 % de la Cisjordanie sera côté israélien ! (35) et privera les habitants de leurs récoltes, d’accès à leurs puits, à leur famille.

Dans certains cas – Al Walaja (36) avec ses 2000 habitants est l’exemple le plus connu – le village est carrément enfermé par cette muraille.

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Al Walaja, Village/Prison – http://rexistance.blogspot.com

En 2004, Israël a été condamné par la Cour de Justice Internationale de La Haye.

Elle a exigé la destruction du mur ainsi que le démantèlement des colonies installées au delà de la Ligne Verte de 1967… Israël a répondu par le mépris en continuant à ériger la barrière et en accélérant la colonisation en Cisjordanie !

Il est vrai que, comme le proclamait Sharon : « Israël a le droit de mettre les autres en procès, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif et l’État d’Israël » (37)

Qui peut d’ailleurs encore croire un seul instant que cette muraille a comme objectif d’empêcher les attentats terroristes quand on sait qu’elle est loin d’être hermétique : chaque jour, environ 15.000 ouvriers palestiniens la franchissent clandestinement pour se faire exploiter comme travailleurs « illégaux“… et sous-payés, évidemment.

Le sionisme est une idéologie que Albert Einstein, Hanna Arendt et de nombreuses personnalités juives considéraient comme fasciste. (38)

On peut donc être de religion ou de culture juive et fasciste.

Comme on peut être chrétien, musulman, laïc…

Le nettoyage ethnique n’a pas cessé depuis 1947… Seulement la méthode !

À suivre « Memento (2) – Les Palestiniens sont des bêtes qui marchent sur deux pattes »

Notes :

1) Ben Gourion en 1942 ! (« Righteous Victims » de Benny Morris, ‪ »Knopf Doubleday Publishing Group‬ », 2001‬ p. 162-163)‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬‬

2) « La première fedayine européenne » (Lucas Catherine dans « De Wereld Morgen » du 29/7/2012)

3) Radio du CCOJB, mouvement sioniste belge de droite, équivalent au CRIF français

4)Psychose délirante chronique caractérisée par une discordance de la pensée, de la vie émotionnelle et du rapport au monde.

5) Simple exemple de cette « littérature »(parmi les dizaines de textes diffusés sur les sites sionistes) : « Il faudra utiliser dorénavant, avec ces bêtes sauvages, la méthode « safari » : Une première équipe arrive sur place avec des fusils équipés de flèches porteuses d’une dose de produit anesthésiant, … et tire jusqu’à ce que le troupeau hostile soit neutralisé. Une deuxième équipe assure un périmètre de sécurité pour dissuader les autres bêtes sauvages d’approcher, la troisième équipe, des vétérinaires, traite les « animaux » au sol afin d’assurer à terme leur « remise sur pattes » ! (Gérard Pierre sur « JSSNews »du18/5/2012)

6) Organisation comparable à la CIA, responsable de multiples assassinats, enlèvements, attentats, empoisonnements, etc. – Lire : Claire Hoy et Victor Ostrovsky, « Mossad, un agent des services secrets israéliens parle » (Presses de la Cité, 1990)

7) Jacob Cohen « Le Printemps des Sayanim » (Editions l’Harmattan », 2010) et « Info-Palestine » du 4/9/2012

8) 752 048 personnes selon un recensement anglais de 1922 et de plus d’un million en 1944 selon le « Palestinian Academic Society for the Study of International Affairs »

9) « Le Nettoyage Ethnique de la Palestine » de Ilan Pappe (Fayard, 2006)

10) « Emet me-Erez Yisrael » (La vérité d’Erez Israël) de Ahad Ha-am (Asher Hirsch Ginsberg)

11) Edwin Black, « L’Accord de Transfert : L’histoire non-dite du pacte secret entre le Troisième Reich et la Palestine Juive » (New York : Macmillan Publishing Co. Londres : Collier Macmillan Publishers, 1984)

12) « Holocaust : The uses of Disaster » de Boas Evron, Journaliste et écrivain israélien (Radical América 1983)

13) « Victimes, Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste » de Benny Morris (EditionsComplexe, 2003)

14) “Simon Wiesenthal, l’homme qui refusait d’oublier“ de Tom Segev (Liana Levi)

15) Né en Ukraine, fondateur du Bétar et de la Légion Juive, principal instigateur politique de l’Irgoun, l’armée clandestine sioniste, responsable d’attentats contre l’occupant britannique et d’assassinats de civils palestiniens

16) Mouvement de jeunesse para-militaire juif radical, sioniste d’extrême droite

17) Créée en 1929, c’est le gouvernement de fait de la population juive palestinienne

18) Encyclopeadia Judaica 2008

19) Ce groupe (appelé aussi « Lehi ») était clairement d’extrême droite. Il prône un État israélien basé sur les principes du fascisme italien (lire http://fr.wikipedia.org/wiki/Lehi)

20) Nathan Yalin-Mor, “Histoire du Groupe Stern“ (Presses de la Renaissance,1978) et Charles Enderlin, “Shamir“ (éditions Olivier Orban, 1991)

21) Services secrets d’Israël (comparable à la CIA)

22) Discours aux colons juifs (New York Times du 1/4/1988)

23 Traduction sur « en.wikipedia.org/wiki/File :SternGang-Doc-Nazi-Collaboration »

24) “Les Arabes et la Shoah“ de Gilbert Achcar, professeur à l’Université de Londres (Actes Sud 2009)

25) Le grand Mufti, les Palestiniens et les nazis (Dominique Vidal, Monde Diplomatique de Décembre 2009)

26) Ziyad Clot “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ (Max Milo Editions)

27) « Haaretz » du 23/4/2009

28) Frank Garbely et Jean-Michel Meurice « Le système Octogon » (Maha Productions 2008)

29) Pierre Durand « Du nouveau sur le passé nazi de Wernher von Braun » (L’Humanité » du 3/2/1997) et « La Libération (26) : Dora, enterré deux fois » de Morice (« Agoravox » du 23/6/2011)

30) Un détracteur sioniste m’a appris que la « Légion Wallonie » n’a jamais été à Stalingrad… ce rexiste était donc un vantard !

31) Parlant une langue sémitique (arabe, araméen, hébreu…) et originaire du Proche-Orient

32) Originaire de Moldavie, a émigré en Israël en 1978

33) Selon le dictionnaire : lieu fermé de grande taille créé pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie

34) « Le Parisien » du 27/8/2012

35) Laurent Zecchini dans son article « Prières contre le mur de Crémisan » (Le Monde du 19-20 août)

36) Voir le reportage « La bataille d’Al Walaja » (www.france24.com/fr/20100723)

37) A la BBC le 25/3/2001

38) Lire la lettre des 29 peronnalités juives au « New York Times » du 4 décembre 1948

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Du même auteur :

-  Un nettoyage ethnique entamé en 1948 et qui n’a jamais cessé ! – 3 octobre 2012
-  Tout va bien ! – 9 février 2012
-  La Dernière Colonie de Peuplement – 2 décembre 2011
-  Pour garder mémoire 5/5 – 22 août 2011
-  Pour garder mémoire 4/5 – 18 août 2011
-  Pour garder mémoire 3/5 – 14 août 2011
-  Pour garder mémoire ! 2/5 – 12 août 2011
-  Pour garder mémoire ! 1/5 – 9 août 2011
-  Comment écrire un article sur la « réalité » israélo-palestinienne – 17 juin 2011

Octobre 2012 – Transmis par l’auteur

source

Le régime syrien très malmené


L’Orient-Le Jour > À La Une > Le régime syrien très malmené
OLJ/Agences | 10/10/2012
Un habitant d’Alep transporte un concitoyen blessé vers un hôpital de la ville, après des bombardements massifs hier. Tauseef Mustafa/AFP
Un habitant d’Alep transporte un concitoyen blessé vers un hôpital de la ville, après des bombardements massifs hier. Tauseef Mustafa/AFP
RÉVOLTE La ville stratégique de Maaret al-Noomane tombe aux mains des rebelles ; Ban exige d’Assad un cessez-le feu unilatéral.

Un double attentat-suicide a visé l’un des principaux sièges des redoutables renseignements de l’armée de l’air, près de Damas, a rapporté hier l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). « Des dizaines de personnes ont été tuées (…) et on ignore le sort des centaines de prisonniers qui s’y trouvaient », a indiqué le président de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. Selon lui, le site visé par deux explosions à 20 minutes d’intervalle est le plus grand centre de détention de la province de Damas. Une source au sein des services de sécurité a démenti ce bilan, affirmant que les attentats avaient été déjoués, même si un des véhicules piégés a explosé à proximité du site visé. La double attaque a eu lieu lundi soir à Harasta. Elle a été revendiquée par le Front al-Nosra, un groupe jihadiste inconnu avant le début du conflit, qui a déjà affirmé avoir mené la plupart des récents attentats en Syrie. Les autorités n’ont pas réagi à ces attaques, passées sous silence par les médias officiels.

Les 800 familles…
Sur un autre plan, les rebelles se sont emparés d’une ville stratégique entre Damas et Alep, selon M. Abdel Rahmane. D’après lui, « les forces régulières se sont retirées de tous les barrages à l’intérieur de Maaret al-Noomane, à l’exception d’un seul à l’entrée de la ville, à l’issue de 48 heures de combats ». Maaret al-Noomane est stratégique car les renforts qui se rendent à Alep doivent nécessairement la traverser. Les régions rurales alentour, dans la province d’Idleb, sont déjà tenues par la rébellion.
À Alep, enjeu d’une bataille cruciale depuis juillet, l’armée a bombardé plusieurs quartiers, selon l’OSDH. Dans le nord de la ville, la tension est vive entre rebelles et combattants kurdes qui contrôlent le quartier de cheikh Maksoud. Selon un habitant, « deux obus tirés de Boustane al-Bacha (quartier tenu par les rebelles), sont tombés chez nous (…) tuant deux ouvriers et en blessant quatre ». « Depuis que nos combattants ont empêché (il y a une dizaine de jours) les rebelles d’entrer dans notre quartier, nous sommes la cible d’obus. »
Et à Homs, les troupes loyalistes ont pénétré dans le quartier rebelle de Khaldiyé, où « elles traquent les terroristes encore présents », selon la télévision officielle. « Si l’armée réussit à prendre le quartier, ce sera une catastrophe pour les 800 familles qui s’y trouvent », a souligné un militant sur place.
Au total, les violences ont fait hier au moins 135 morts, selon diverses sources.

Ban exige
Au niveau diplomatique, estimant que « la situation a atteint un stade inacceptable », le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a dit avoir « fait comprendre au gouvernement syrien qu’il doit immédiatement déclarer un cessez-le-feu unilatéral ». Il a ajouté : « J’exhorte les forces d’opposition à accepter ce cessez-le-feu unilatéral, si et lorsque le gouvernement syrien l’annonce. » M. Ban a également souligné que l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, est « en contact régulier » avec le régime syrien. « Il va se rendre à Damas bientôt. Il est actuellement dans la région. Il va aller dans plusieurs pays et essayera de se rendre à Damas et d’y rencontrer le président Assad », a-t-il précisé, évoquant la possibilité d’un déplacement la semaine prochaine si les consultations préalables dans la région sont productives. « Le gouvernement syrien est prêt à recevoir (Lakhdar) Brahimi n’importe quand », a-t-il assuré. M. Ban a conclu : « J’exhorte à nouveau les pays qui fournissent des armes aux deux parties d’arrêter d’envoyer ce matériel militaire. Une militarisation accrue ne fera que mettre le peuple syrien dans une situation plus difficile, la seule solution est une résolution politique par un dialogue politique. »

Prématuré
D’autre part, Washington estime « prématuré » de reconnaître un gouvernement provisoire de l’opposition syrienne, a affirmé dans un entretien au quotidien Le Monde le secrétaire d’État adjoint américain chargé de l’Europe, Philip Gordon. « L’opposition n’est pas encore suffisamment coordonnée et organisée », regrette M. Gordon, soulignant qu’elle « ne peut pas être une opposition sunnite ou kurde ou chrétienne ». « Toutes les forces de Syrie doivent être représentées », résume-t-il. En outre, le pape Benoît XVI et les 262 évêques du monde entier rassemblés au Vatican pour le synode sur la « Nouvelle évangélisation » se sont associés par la prière au peuple syrien, souhaitant une « issue pacifique et juste » au conflit actuel, a-t-on rapporté au synode. Le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a de son côté appelé la Turquie et la Syrie à « éviter l’escalade », après une nouvelle riposte lundi de l’armée turque à la chute d’un obus syrien sur son territoire. Toutefois, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a répété hier que son pays répondrait systématiquement à toute attaque syrienne.
Parallèlement, M. Assad a nommé un nouvel ambassadeur en Irak, Sattam Jadane al-Dandah, en remplacement de son prédécesseur qui avait fait défection en juillet, a rapporté l’agence SANA. M. al-Dandah a prêté serment hier devant M. Assad, a précisé l’agence.
Enfin, sur le plan humanitaire, le transfert de déplacés, installés dans un campement de fortune le long de la frontière turque, a débuté hier vers un camp spécialement aménagé dans le village voisin de Qah pour accueillir jusqu’à 5 000 réfugiés. Selon les Nations unies, le nombre de réfugiés s’élève actuellement à 335 000 personnes, soit dix fois plus qu’en mars dernier.

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Laurent Van Der Stockt en Syrie


Laurent Van Der Stockt, Journaliste reporter, Le Monde

De retour de Syrie où il a couvert le conflit à Alep, le photographe de guerre Laurent Van Der Stockt témoigne de la violence des bombardements subis par la population. Il va plus loin en disant que les mots ne suffisent plus pour témoigner de l’ampleur du massacre.
Commentaires

Syrie- Non assistance à personne en danger

Par Anonyme – 09/10/2012 – 13:14

Les Syriens se font tuer comme des lapins, quasi en direct sous nos écrans TV. Confortablement installés, nous regardons .. ou zappons pour « ne plus voir ces horreurs ». Même les rédactions ont peur de publier, de déranger… Merci à ceux qui ont le courage d’aller sur place, de chercher la vérité et de nous interpeller. En Lybie, les interventions militaires étaient préfinancées sur des contrats pétroliers. Ici, rien… même au niveau humanitaire. Je ne suis pas fier en tant que citoyen de ce monde! Que direz-vous aux Syriens, du moins à ceux qui restent… demain ? On ne poura pas dire qu’on ne savait pas !

Par Nerohiti – 09/10/2012 – 04:34

Je partage la colère contre l’inaction face à la situation en Syrie. Oui même nous les peuples occidentaux avons à faire entendre notre voix et enjoindre nos gouvernements à cesser leur politique de l’autruche criminelle. Nous peuples occidentaux connaissons pourtant bien le prix de la liberté ! Et si nous l’avons oublié car cela fait 60 ans que nous connaissons la paix et la prospérité et que les plaies se sont refermées depuis longtemps, les syriens sont là qui vivent cette expérience extrêmement douloureuse et nous offrent une magistrale piqûre de rappel ! Je trouve indigne de détourner la tête de ce peuple incroyablement courageux. Au contraire, il faut les écouter chanter dans leurs manifestations, regarder leurs enfants sourire même quand ils sont blessés, rire grâce à leurs caricaturistes, lire leurs messages souvent pleins d’humour sur leurs banderoles, admirer leur résilience et leur fierté ! Sinon, nous ne méritons plus la liberté et la paix que les générations précédentes nous ont offertes !

Par Anonyme – 09/10/2012 – 03:05

Mille mercis à tous ces magnifiques journalistes qui osent aller sur ces terrains et reviennent témoigner. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Honte à ceux qui peuvent faire quelque chose et ne font rien.

Par Anonyme – 09/10/2012 – 01:21

MERCI Laurent pour ce témoignage, que la voix de la vérité se fasse entendre !!

Rappel : c’est ce soir


“Cinq Caméras brisées” contre le mur du silence en Palestine
Le paysan palestinien Emad Burnat a filmé cinq ans durant le harcèlement des soldats israéliens sur son village de Cisjordanie. Et la rage grandissante des habitants.
Un document multi-primé proposé
le mardi 9 octobre 2012, à 20h35, sur France 5.

Les kidnappings crapuleux, nouvelle plaie dans une Syrie en plein chaos


Marie Kostrz | Journaliste Rue89

Un homme soupçonné d’être un chabiha, avec un sac sur la tête, est arrêté par des rebelles syriens, près d’Alep, le 15 septembre 2012 (Marco Longari/AFP)

(De Beyrouth, Liban) « Je passais la soirée chez un ami dans le centre de Damas lorsqu’on a entendu beaucoup de bruit dans la rue et dans la maison d’à côté. Le lendemain, on a appris que six jeunes hommes s’étaient fait enlever. »

Khaled – tous les prénoms sont modifiés –, habitant de Damas, avoue avoir eu très peur cette nuit-là. Les kidnappeurs, qui circulaient selon lui dans une grosse voiture noire, n’ont, depuis, plus donné signe de vie.

Le jeune homme de 26 ans a le sentiment que plus personne n’est en sécurité en Syrie, même dans les zones où aucun affrontement n’a lieu entre le régime et l’Armée syrienne libre (ASL) :

« Les enlèvements ne cessent de se multiplier. Les ravisseurs appellent parfois la famille pour demander une rançon. Ou bien on apprend que la personne a été tuée, sans qu’aucune raison ne soit avancée. »

L’argent, première motivation des ravisseurs

Une chose est sûre : ils tendent à se multiplier, comme l’explique à Rue89 Jodat Bitar, jeune Syrien qui joue le rôle d’intermédiaire lors des négociations de libération des otages :

« Des personnes sont kidnappées pour leurs opinions politiques, leur appartenance communautaire et d’autres encore pour servir de monnaie d’échange de prisonniers. Mais la plupart des enlèvements ont surtout une motivation financière. »

Selon lui, 10 000 personnes auraient été kidnappées depuis le début de la révolution, un chiffre difficilement vérifiable. Les sommes demandées varient entre 3 000 et 10 000 dollars (entre 2 300 et 7 650 euros).

Suzan Ahmad, porte-parole pour la banlieue de Damas du Conseil de commandement de la révolution, groupe d’activistes actifs, explique que les rançons sont souvent revues à la baisse :

« Les sommes demandées sont très élevées mais les ravisseurs finissent par accepter des sommes beaucoup plus petites, ils essayent juste d’avoir autant d’argent qu’ils peuvent. »

Eau bouillante et menace de mort

Ça a été le cas du beau-frère d’Aytham, à Alep. L’homme, commerçant assez aisé, a été kidnappé à la fin du mois de septembre. Les ravisseurs exigeaient 25 millions de livres syriennes (environ 280 000 euros) contre sa libération.

Trois jours plus tard, le montant de la rançon est descendu à 3 millions (34 000 euros) et il a finalement été libéré contre 330 000 livres syriennes (3 700 euros).

Sa détention n’en a pas été moins rude :

« Tous les jours, notre famille pouvait lui parler, mais c’était en fait un moyen de nous mettre la pression et payer.

Ses yeux étaient toujours bandés, de l’eau bouillante a été versée sur ses mains. Ils ont apporté des couteaux et lui ont fait croire qu’ils allaient le tuer. »

Profiter du chaos pour s’enrichir

La famille d’Aytham n’a aucune idée de l’identité des ravisseurs :

« Cela peut être des personnes de l’opposition, un groupe lié au régime… on ne sait pas. Ce qui est sûr, c’est que ces individus profitent du chaos qui s’installe en Syrie.

Par exemple, près de ma maison, à Alep, l’ASL a démantelé un gang qui se faisait passer pour l’Armée libre et kidnappait des personnes en son nom. »

Nadim Houry, directeur de Human Rights Watch au Moyen-orient, fait le même constat. L’Etat n’assurant plus systématiquement la sécurité des civils et le nombre d’armes en circulation augmentant, il explique qu’il est aisé pour des groupes autonomes d’agir en toute impunité.

Les deux camps semblent également pratiquer le kidnapping pour des raisons financières, ajoute-t-il :

« Nous savons que ce procédé est utilisé par certains groupes liés à l’Armée libre pour se financer. Il s’agit aussi pour le gouvernement de réprimer, grâce aux “chabihas”, ses milices. »

Chabihas et prisonniers de droit commun

C’est aussi de cette manière que Suzan Ahmad explique l’augmentation des kidnappings :

« Le régime n’a plus assez d’argent pour rémunérer ses miliciens, les chabihas. Il les a donc autorisés à faire tout ce qu’ils veulent pour trouver de l’argent et les kidnappings sont un des moyens qu’ils utilisent. »

D’après les différentes personnes interrogées par Rue89, les lieux particulièrement touchés par ce type d’enlèvements sont la région d’Alep, d’Idlib au Nord et la banlieue de Damas, notamment Yarmouk et Muadamiya.

Jodat Bitar, l’intermédiaire, avance lui une autre explication :

« Au début de la révolution, plusieurs prisonniers de droit commun, des criminels, ont été relâchés par le régime. »

Pour lui, les mêmes réseaux de criminels, actifs surtout dans la contrebande avant même la révolution, organisent actuellement des kidnappings. « Plus le temps passe, plus l’anarchie s’installe », regrette-t-il.

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Michel Khleifi sur liste noire ? rev.


Horaire Actor’s studio

Zindeeq
Mercredi 10/10 VO st Fr 19:00
Jeudi 11/10 VO st Fr 19:00
Vendredi 12/10 VO st Fr 19:00

Nicolas Crousse
Vendredi 5 Octobre 2012, 17h49 | mise à jour Vendredi 5 Octobre 2012, 23h5

Le réalisateur de Noce en Galilée se dit black-listé. L’étrange silence qui entoure la sortie de son dernier film, Zindeeq, en témoignerait-il ? Pour le Palestinien de Bruxelles, qui enseigne à l’INSAS, poser la question c’est y répondre.

  • ©AFP

Depuis mercredi, on peut découvrir le nouveau film de Michel Khleifi, Zindeeq. L’auteur palestinien de Noce en Galilée, jadis courtisé par Hollywood, signe un bien joli film, qui plante son décor dans sa ville natale de Nazareth. Le problème, c’est que pratiquement personne n’en parle. Que la vision de presse, organisée il est vrai sur le tard, n’a déplacé qu’une fort maigre poignée de journalistes. Qu’aucune interview ne fut demandée au cinéaste – à part Le Soir. Que le film, tourné en 2009 et présenté peu après aux Etats-Unis, a mis un temps fou à atterrir sur nos écrans. Qu’il n’est en vérité visible qu’au seul Actor’s studio, au centre de Bruxelles, à raison d’une seule séance par jour. Et qu’en somme, la sortie du film de ce cinéaste qui fait partie depuis longtemps du paysage cinématographique belge (il vit ici, et enseigne à l’INSAS) ressemble à une petite catastrophe.

Un incroyable gâchis… d’autant que le film de Khleifi, qui suit le retour à Nazareth d’un Dom Juan cherchant à comprendre les origines du conflit israélo-palestinin, est assez convaincant. Alors quoi ? Qu’est-ce qui coince ? Qu’est-ce qui explique ce ratage quasi complet ?

Nous passons près de deux heures avec Michel Khleifi, mardi passé, à deux pas de la rédaction. Son sentiment, face au silence radio qui entoure son film ? « J’ai dans le milieu la réputation d’être pro-palestinien. Et on me le fait chèrement payer, depuis le film que j’ai réalisé en 2003 avec un cinéaste israélien (Eyan Sivan). » Route 181, le nom du documentaire qui fait alors controverse, est en avril 2004 violemment attaqué par Claude Lanzmann, le réalisateur de Shoah, qui demande qu’il soit retiré de la programmation du festival parisien Cinéma du réel, à Beaubourg. D’autres artistes, tels que Sollers, BHL ou Arnaud Desplechin, se rangent derrière la colère de Lanzmann, à laquelle Jean-Luc Godard, Todorov, Maspero ou Banks réagissent tout aussi virulemment, en signant une contre-pétition.

L’objet de la controverse ? Le documentaire revenait sur le plan de partage de la Palestine, décidé en 1947 par la résolution 181 de l’ONU, en s’appuyant sur des témoignages d’Israéliens et de Palestiniens. Sujet inlassablement sensible. « On a accusé le film de jeter de l’huile sur le feu, explique Khleifi. Tout cela parce que nous revenions sur la carte de 1947. Cela a laissé un très grand traumatisme dans la société palestinienne. Avec une question demeurée irrésolue : que faire avec cette mémoire en forme de blessure ? »

La controverse de 2004 aurait-elle laissé des traces ? Khleifi en est convaincu. « C’est bien simple : depuis, je suis sur liste noire. Les portes se sont fermées. Je ne trouve plus d’argent… même à Arte. Et même les distributeurs qui hier encore étaient amis me tournent le dos. » Reste la CNC, petit distributeur indépendant installé à Schaerbeek, qui a eu le courage mais surtout l’intelligence de sortir Zindeeq : un film paradoxalement moins politique qu’existentiel, qui s’inscrit dans la tradition des films d’errance d’Antonioni, le maître du cinéma italien.

Dans Zindeeq, Khleifi aborde une nouvelle fois la question des origines. Et revient sur l’héritage de 1948, au regard de la transformation de la société palestinienne d’aujourd’hui. « Ce que je regrette, dit-il en guise de conclusion, c’est que mon film, réalisé en 2009, a annoncé d’une certaine façon beaucoup d’événements d’aujourd’hui, tels que la dislocation de la société arabe, le poids du passé, la difficulté de se réinventer… et qu’on en n’aura finalement pas parlé. » Un sacré gâchis, décidément.

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HUMOUR CROISSANT – Le « pain au chocolat » de Jean-François Copé raillé sur Twitter


Après avoir suscité une polémique en dénonçant le « racisme anti-Blancs », une formulation souvent employée par le Front national, Jean-François Copé a dénoncé les conséquences de la présence de nombreux musulmans dans certains quartiers en prenant en exemple… des pains au chocolat. « Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains de nos compatriotes, père ou mère de famille rentrant du travail le soir, apprenant que leur fils s’est fait arracher son pain au chocolat par des voyous qui lui expliquent qu’on ne mange pas pendant le ramadan », a affirmé le secrétaire général de l’UMP lors d’un meeting à Draguignan (Var), vendredi 5 octobre à Draguignan.

Jean-François Copé s’est immédiatement attiré la risée de nombreux internautes, notamment sur Twitter, avec le mot-clé #painauchocolat :

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