Adnan Arour ou le salafisme fantasmé


Publié le 5 novembre 2012 by

Sur le salafisme : lire le précédent article.

Notre propos ici n’est pas tant ici de prendre la défendre du cheikh salafiste syrien Adnan Arour que de montrer par l’exemple le genre de propagande mensongère que le régime syrien et de ses défenseurs sont capables de produire pour ensuite salir l’ensemble des révolutionnaires syriens. 

Savant musulman salafi (au sens 2) originaire de la ville de Hama, il a très tôt pris position en faveur de la révolution syrienne. Il est à noter, et c’est un point non dénué d’importance, que Arour est un salafiste (sens 2.a) qui ne faisait pas la promotion de l’action armée… et qui interdisait même les manifestations (par anticipation de la réponse du régime certes, mais également par idéologie) ! La répression des manifestations pacifiques l’a poussé à encourager tout acte symbolique pour protester contre le régime des Assad : déchirer sa carte d’identité, scander des slogans par les fenêtres, etc…

Sans surprise, Arour fait l’objet d’une campagne de propagande intense à son égard, jouant aussi bien sur la méconnaissance du terme « salafiste » que des propos assumés qui peuvent aisément être détournés de leur sens premier. Ainsi, des extraits vidéos montrent Arour promettre de « donner la chair des alaouites aux chiens ». La formule est très certainement, comme il l’a lui-même reconnu, maladroite; d’autant qu’elle révèle plus de l’intimidation que d’une promesse effectivement réalisable. La formule est maladroite mais l’extrait, sorti de son contexte,  est évidemment une manipulation grossière. En réalité, Arour parle de ceux qui prendront part aux crimes du régime, et il vise en particulier les alaouites étant donné que le régime syrien est à majorité alaouite et que les pires crimes sont les faits d’alaouites. Il vise en particulier les alaouites, et en général tous les criminels. Il a par ailleurs bien précisé que ceux qui n’auront pas de sang sur les mains ne seront en rien inquiétés.

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