Les clés pour comprendre la nuit américaine


LeSoir

Page 2

Mardi 6 novembre 2012

Election serrée ? Sondages too close to call (trop serrés pour être tranchés), comme le disent les Américains ? La dernière moyenne des sondages nationaux, calculée par le site RealClearPolitics, donnait 48,5 % à Obama contre 48,1 à Romney. Par-dessus toutes les polémiques purement politiques qui ont émaillé jusqu’au bout la campagne, il y en a eu une dernière. Elle opposait les médias et leurs commentateurs, sur le fait de savoir si l’élection était vraiment serrée, comme beaucoup le titraient encore lundi matin. Ou si la réélection d’Obama était assurée, le suspense n’étant entretenu que par les partisans de Romney, ou par les médias souhaitant maximiser l’attention de leurs publics.

Quoi qu’il en soit, la soirée électorale (pour les Européens, il s’agira plutôt de la nuit) s’annonce palpitante. En voici un vade-mecum, reprenant les enjeux ou les lieux-clés qui détermineront l’issue de l’élection.

Un système électoral indirect

Un système électoral indirect

On l’a déjà beaucoup évoqué, pourtant ce fait est souvent oublié : l’élection du président américain se joue par un système indirect. L’élection consiste en fait à élire des collèges de grands électeurs, dont le nombre est fixé pour chaque Etat. En pratique : le candidat qui récolte la majorité absolue dans un Etat empoche la totalité des grands électeurs. (Exceptions : le Nebraska et le Maine, dont les grands électeurs sont attribués à la proportionnelle, avec une prime au gagnant.) Le collège national compte 538 grands électeurs : est donc élu président le candidat qui en remporte 270.

Sur les 50 Etats que comptent les Etats-Unis, une petite quarantaine votent historiquement toujours du même côté. Les Etats du Nord-Est et ceux de la côte Ouest, qui sont aussi les plus peuplés, penchent toujours du côté démocrate (dont la couleur est le bleu). L’Ouest et le Sud, conservateurs (principalement parce que ce sont des états ruraux), votent toujours républicain (couleur rouge). Sauf… les Etats indécis, appelés « swing states » (Etats bascules) : ils sont, selon les méthodes de calcul, une dizaine (en beige sur la carte ci-dessous). C’est dans ces Etats-là que les candidats ont concentré leurs activités de campagne, et ce sont donc ces mêmes Etats qui déterminent en définitive l’issue du scrutin.

La soirée électorale consistera donc surtout à observer vers qui basculeront, au fil des fuseaux horaires, ces Etats indécis.

voir la suite ici