Gaza : Assassinat ciblé d’Ahmad Jaabari


mercredi 14 novembre 2012, par La Rédaction

Le chef des opérations militaires de la branche armée du Hamas, Ahmad Jaabari, a été tué mercredi dans un raid israélien sur une voiture à Gaza et son garde du corps blessé, a-t-on appris de sources des services médicaux et de sécurité palestiniens. « Le martyr est Ahmad Jaabari », a déclaré un médecin des urgences de l’hôpital Al-Chifa de Gaza, le Dr Aymane al-Sahabani, des informations confirmées de source de sécurité du Hamas sous le couvert de l’anonymat.
À Gaza, des appareils israéliens ont mené six ou sept raids aériens sur l’ensemble de l’enclave palestinienne, ont indiqué des témoins. Selon d’autres témoins, des dizaines de chars étaient par ailleurs stationnés à l’extérieur de la bande de Gaza, près de la barrière de sécurité entre Israël et le territoire palestinien.
Selon des journalistes de Reuters sur place, des avions israéliens ont mené plusieurs autres raids dans l’enclave côtière palestinienne, visant notamment des postes de police du Hamas.
La radio du Hamas a aussitôt lancé des appels à la vengeance et des groupes de la résistnace palestinienne ont promis de mener des représailles contre Israël.
« Israël a déclaré la guerre à Gaza et va devoir en subir les conséquences », a notamment déclaré le Djihad islamique.

Hamas : « Israël a ouvert les portes de l’enfer »
La branche armée du Hamas a promis mercredi une riposte massive à Israël pour l’assassinat de son chef, Ahmad Jaabari, affirmant dans un communiqué qu’il avait « ouvert les portes de l’enfer ». Les Brigades Ezzedine al-Qassam déclarent « porter le deuil d’un de leurs principaux chefs, Ahmad Jaabari, et s’engagent à continuer sur le chemin de la résistance », selon le texte, assurant que « l’occupant a ouvert sur lui-même les portes de l’enfer ».

Non au terrorisme de l’Etat d’Israël
Signez à l’adresse : http://www.Assawra.Info/spip.php?ar…

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Le chef des opérations militaires de la branche armée du Hamas a été tué mercredi dans un raid israélien à Gaza et son garde du corps blessé, a-t-on appris de sources concordantes.
« Le martyr est Ahmad Jaabari », a déclaré à l’AFP un médecin des urgences de l’hôpital Al-Chifa de Gaza, le Dr Aymane al-Sahabani, des informations confirmées de source de sécurité du Hamas sous le couvert de l’anonymat.
Auparavant, Achraf al-Qoudra, porte-parole des services de santé du Hamas, au pouvoir à Gaza, avait annoncé qu’un Palestinien avait été tué et un autre blessé dans un raid israélien sur une voiture dans la ville de Gaza, sans préciser leurs identités.
« L’armée israélienne a visé Ahmad Jaabari, chef de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza », a confirmé l’armée israélienne dans un communiqué, ajoutant qu’il était « directement responsable de l’exécution d’attentats terroristes contre l’Etat d’Israël ces dernières années ».
L’opération, menée conjointement avec le service de sécurité intérieure israélien, le Shin Beth, « visait à paralyser la chaîne de commandement et de contrôle de la direction du Hamas, ainsi que son infrastructure terroriste », selon le texte.
« Ahmad Jaabari, chef de la branche armée du Hamas dans la bande de Gaza a été visé par une opération conjointe du Shin Beth et de l’armée », a indiqué pour sa part le Shin Beth dans un communiqué.
Jaabari, apparu en public le 18 octobre 2011 lors de la remise du soldat israélien Gilad Shalit aux médiateurs égyptiens, a rejoint le Hamas lors de sa détention par Israël après son arrestation en 1982 pour planification d’opérations anti-israéliennes.
Officiellement lieutenant des Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, Mohammad Deïf, Ahmad Jaabari était connu à Gaza comme « le général », ou « le chef d’état-major ».
En 2003, il est devenu de fait le chef exécutif de la branche armée du Hamas à la suite d’un raid israélien au cours duquel Mohammad Deïf a été blessé.
Lui-même n’avait pas été épargné par les tentatives d’assassinat israéliennes, dont un raid aérien en 2004 avait coûté la vie à son fils aîné, son frère et plusieurs de ses cousins.
Selon des journalistes de Reuters sur place, des avions israéliens ont mené plusieurs autres raids dans l’enclave côtière palestinienne, visant notamment des postes de police du Hamas.
La radio du Hamas a aussitôt lancé des appels à la vengeance et des groupes de la résistnace palestinienne ont promis de mener des représailles contre Israël.
« Israël a déclaré la guerre à Gaza et va devoir en subir les conséquences », a notamment déclaré le Djihad islamique.

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Israël : la mort d’Ahmad Jaabari n’est qu’un début
L’armée israélienne a déclaré que l’ »élimination » dans un raid mercredi du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jaabari, était le début d’une opération militaire contre les groupes armés dans la bande de Gaza. « Après les tirs de roquettes de ces derniers jours contre Israël, le chef d’état-major a décidé d’autoriser une opération contre les organisations terroristes de Gaza, le Hamas, le Jihad islamique et d’autres organisations », a déclaré la porte-parole de l’armée.

(14 Novembre 2012 – Avec les agences de presse)

source

Yves Leterme et Monica De Coninck à un concert de Tsahal


Une après-midi anversoise fait beaucoup parler d’elle dans les milieux propalestiniens. Ceux-ci ont en effet eu l’attention attirée par l’affiche d’une invitation lancée par deux organisations, Christenen voor Israel (les chrétiens pour Israël) et le B’nai B’rith Antwerpen (filiale anversoise d’une organisation juive qui se dit active dans

la défense des droits de l’homme et la défense de l’Etat d’Israël). Le concert sera donné dimanche par l’orchestre de « Tsahal », l’acronyme hébreu qui désigne l’armée israélienne. Orateur : Yves Leterme, ex-Premier ministre parti à Paris à l’OCDE. La ministre fédérale de l’Emploi, la SPa Monica De Coninck, devrait également assister à cet événement musical.
Plusieurs organisations propalestiniennes s’étranglent d’indignation à propos de ces parrainages. Ainsi, l’Association belgo-palestinienne a émis un communiqué pour dire son opposition, notamment, « à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence (…). Il est impensable que, dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne ».
De son côté, la députée Ecolo Zoé Genot a interpellé Mme De Coninck.
L’armée d’Israël, qui se décrit comme « la plus morale du monde », est aux yeux du droit international une armée d’occupation. Et son activité répressive a souvent tué des civils innocents, comme en attestent les rapports des ONG compétentes en droits humains. BAUDOUIN LOOS »LE SOIR » DU MERCREDI 14 NOVEMBRE 2012

Syrie: qui est Mouaz al-Khatib, nouveau dirigeant de l’opposition


13 novembre 2012 | Par Caroline Donati

Une activiste laïque originaire de Homs, un militant communiste chrétien, un ancien député entrepreneur pieux, un homme d’affaires damascène et un cheikh-ingénieur proche des révolutionnaires : la brochette de personnalités qui constituent la nouvelle direction de l’opposition syrienne est impressionnante….

Ils sont désormais les représentants légitimes du peuple syrien aux yeux de la France. Ce mardi, le président Hollande a reconnu « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution » comme « la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique permettant d’en terminer avec le régime de Bachar al-Assad ».

Ces visages de « la Coalition nationale syrienne des forces de l’opposition et de la révolution », dévoilés dimanche soir à Doha, au Qatar, ont une représentativité politique réelle en Syrie, du moins à Damas. Tous sont en effet damascènes, y compris Souheir al-Atassi, même si la militante de la Syrian revolution general commission est originaire de Homs (voir notre entretien ici et également ici). Et tous ont un engagement politique concret qui leur a valu l’emprisonnement, à l’exception de Moustapha al-Sabbagh, membre du Forum des affaires syriennes et qui devient le secrétaire général de la coalition.

De gauche à droite, Georges Sabra, Moua’z al-Khatib, Souhair al-Atassi, Ryad Seif.De gauche à droite, Georges Sabra, Moua’z al-Khatib, Souhair al-Atassi, Ryad Seif.© (dr)

À bien des égards, cette coalition nationale syrienne ressemble au conseil national syrien à ses débuts, c’est-à-dire une vaste coalition qui rallie l’ensemble des forces et courants de l’échiquier politique de la Syrie : formations politiques, personnalités indépendantes et forces révolutionnaires (voir notre dossier ici et également ici). Selon le compromis arraché à Doha, le CNS dirigé désormais par Georges Sabra (sa biographie ici), du parti démocratique du peuple, a obtenu 40 % des sièges de la coalition ; les représentants civils et révolutionnaires 25 % ; les « personnalités nationales » 35 % (lire ici la composition détaillée).

Les figures nationales qui avaient fait dissidence à l’instar de Aytham al-Maleh (notre entretien ici) ou encore le médecin Walid al-Bounni sont rentrées au bercail, d’autres font leur entrée, tel le chrétien Michel Kilo. L’influence des Frères musulmans, tant décriée dans le CNS, y est moindre, numériquement et parce qu’ils auront à composer avec des personnalités et des forces moins conciliantes. L’ancien leader de la confrérie des Frères musulmans, l’Alépin Sadr Eddine Bayanouni, siège tout de même dans la coalition à titre de « personnalité nationale » et d’autres proches de la confrérie.

La surprise de Doha est surtout venue de l’élection à la tête de la nouvelle instance du cheikh Mouaz al-Khatib. Issu d’une famille religieuse prestigieuse, ce cheikh ingénieur qui a officié à la mosquée des Omeyyades de Damas est une figure clé de la mouvance islamique syrienne réformiste. À la différence de ses prédécesseurs, des universitaires exilés (Burhan Ghalioun et Abdel Basset Sida), c’est un homme de l’intérieur. Respecté des différents courants de l’opposition, y compris des laïques de toutes les communautés, il a aussi une proximité avec la nouvelle génération et le mouvement révolutionnaire qui pourrait se sentir lésé dans cette nouvelle formule politique.

Cette qualité d’homme de trait d’union est un atout essentiel pour conduire une coalition politique dont les décisions se prennent sur la base du consensus… Une gageure pour toute instance politique quelle qu’elle soit (lire également sous l’onglet Prolonger de cet article). Mais la légitimité du cheikh de Damas ne lui sera pas d’un grand secours si la communauté internationale et en particulier les « parrains de Doha » (le Qatar, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie et la France) rechignent une nouvelle fois à attribuer à la coalition la reconnaissance politique officielle attendue et les ressources afférentes. Il a déjà celle de la France.

Ci-dessous, une vidéo d’une intervention de Mouaz al-Khatib sur Al Jazira :

Spécialiste de la Syrie, maître de conférences à l’université d’Édimbourg, Thomas Pierret, qui a consacré sa thèse aux Oulémas sunnites syriens sous la dynastie Assad (lire ici et également ici), nous dresse le portrait de Mouaz al-Khatib, religieux atypique au charisme indéniable.

Qui est le cheikh Mouaz al-Khatib ?

Thomas Pierret. Il s’est fait connaître au début des années 1990, comme prêcheur de la mosquée des Omeyyades à Damas alors qu’il avait 30 ans. C’est un héritage familial : les Khatib, comme leur nom l’indique, ont été prêcheurs à la mosquée des Omeyyades depuis 1870. Par ailleurs, le grand-père de Mouaz présidait le conseil municipal de Damas au moment du retrait des Ottomans. Il est donc issu d’une grande famille d’oulémas dont certains ont eu un rôle politique important. Son père était très respecté même s’il a été prêcheur à un moment difficile (après la répression du soulèvement des Frères musulmans), car il a toujours refusé de chanter les louanges de Hafez al-Assad.

Mouaz al-Khatib a aussi été lui-même très critique à l’égard du régime.

Oui, quand il a hérité de la chaire de la mosquée des Omeyyades, il a tenu des positions très audacieuses, ce qui lui a valu d’être remercié au bout de deux ans, en 1992. Il a continué à prêcher dans une mosquée du quartier bourgeois d’Arnous jusqu’en 1996, date à laquelle il a été interdit d’officier dans tout lieu de culte. Il a continué à enseigner dans des instituts de charia privés.

Mouaz al-Khatib.Mouaz al-Khatib.© (dr)

Pendant dix-sept ans, il n’a plus eu le droit de prononcer le moindre sermon mais il a ouvert un site web dont les éditoriaux mensuels étaient d’une rare virulence à l’encontre du régime. Dans l’un d’eux, il a écrit comment « les gouvernements révolutionnaires qui dirigent la nation arabe éternelle », en référence au régime ba’thiste, « ont dévoré la vie, la religion et même l’humanité dans l’âme des gens ». En 2007, au moment du plébiscite organisé pour renouveler le mandat de Bachar al-Assad, il a dénoncé le renouveau du culte de la personnalité du président. Le texte qu’il a publié à l’époque, « Le Roi nu et le tisserand habile », directement inspiré du conte d’Andersen Les Habits neufs de l’empereur, était d’une rare pertinence et en quelque sorte prémonitoire puisque ce sont des enfants (ceux de Deraa) qui, comme dans le conte, ont fini par s’écrier : « le Roi est nu ! »

Quelle est sa légitimité religieuse ?

C’est un religieux mais c’est une figure atypique. Il est d’ailleurs ingénieur en pétrochimie et a travaillé pour la compagnie de pétrole de l’État, à un poste d’expertise.

Il est un « cheikh », un prêcheur, par sa famille et ses fonctions passées à la mosquée des Omeyyades, il a donc de fait une légitimité religieuse. Il est membre fondateur de la Ligue des oulémas de Châm, une association créée cet été et réunissant les grands oulémas de Damas critiques du régime. Cependant, il n’est pas un ‘alim (spécialiste des sciences islamiques) au sens traditionnel du terme. Ses aînés parmi les oulémas le décrivent plutôt comme un da’iya, littéralement un « prédicateur », un terme appliqué aux personnes qui s’engagent moins dans l’étude des sciences islamiques à proprement parler que dans la défense de la religion par le discours et par l’action, éventuellement politique.

Outre ses écrits, al-Khatib dirigeait l’association al-Tamaddun al-Islami (la Civilisation islamique), fondée en 1932. Il a tenté de relancer sa revue, interdite en 1980, et de re-créer en Syrie un débat islamique de nature réformiste mais il en a été empêché par les agences sécuritaires. Ce cheikh-ingénieur est aussi actif dans le domaine politique. Il est connu et respecté parmi les opposants, aussi bien religieux que laïques. Avant la révolution, il était proche de la frange islamo-conservatrice de l’opposition, c’est-à-dire de figures comme Haytham al-Maleh, Imad al-Din al-Rachid, Yasir al-Ayti ou encore Radwan Ziyadeh. Il a aussi travaillé avec des laïques dans le cadre de la défense des droits de l’homme.

Vous écrivez aussi à propos de lui qu’il est pour la séparation de l’État et de la religion.

Il est en réalité pour la séparation de l’État de la religion (fasl al-dawla ‘an al-din), et non de la religion de l’État : il s’agit pour lui de mettre fin à ce que Franck Frégosi appelle le « gallicanisme musulman », c’est-à-dire supprimer la tutelle du pouvoir politique sur les institutions religieuses.

Cela n’en fait pas pour autant un laïque dans la mesure où il est favorable à ce que les lois s’inspirent de principes religieux. De son point de vue, cela n’est pas une atteinte à la séparation qu’il appelle de ses vœux, laquelle est institutionnelle plutôt que philosophique. Le modèle américain permet de comprendre cette approche : il y existe une séparation radicale entre institutions politiques et religieuses sans que cela n’empêche les principes religieux d’infuser les institutions étatiques (prestation de serment sur la Bible dans les tribunaux, devise In God We Trust sur les billets de banque).

Quelles sont ses relations avec les Frères musulmans ?

Mouaz al-Khatib n’a jamais été membre des Frères musulmans, mais il entretient de bonnes relations avec la branche damascène du mouvement, celle de l’ancien dirigeant Issam al-Attar, qui vit en exil en Allemagne. Après la scission des années 1970, les Frères de Damas ont été marginalisés au profit de la branche nord du mouvement, ceux d’Alep et de Hama, reconnue par la direction de la confrérie en Égypte. Ils n’ont plus prétendu représenter les Frères musulmans et leur leadership en Allemagne s’est essentiellement  préoccupé de réislamisation en Europe. Ils ont toutefois gardé des sympathisants en Syrie. L’avocat Aytham al-Maleh, lui-même très proche de Mouaz al-Khatib, peut être considéré comme l’un des principaux sympathisants de cette mouvance à l’intérieur du pays, jusqu’à son départ en 2011.

En quoi, Mouaz al-Khatib et le courant émergent du « réformisme politique » dont il est une des figures majeures, sont-ils des héritiers des Frères musulmans ?

À mon sens, ce courant n’est pas nouveau, c’est une continuation de l’action des Frères musulmans mais dans un contexte différent. « Réformisme politique » signifie que la priorité est celle de la transformation du système politique – par la réforme avant 2011, et par la révolution depuis lors. Cet agenda s’ancre dans la conviction qu’aucun changement n’est possible à l’ombre d’un régime dictatorial qui maintient la société dans un État d’arriération. Cette approche est distincte de celle des réformistes théologiques, qui aspirent à réformer la théologie musulmane et la charia pour les rendre compatibles avec la « modernité ».

La priorité de ce courant est la réforme du système politique sur un modèle libéral avec multipartisme, élections libres, libertés civiles et politiques, respect des droits de l’homme. Avant la révolution, al-Khatib était parfois en contradiction sur ce point avec ses partenaires actuels de la Ligue des oulémas. Ceux-ci souhaitaient également de telles réformes (encore que dans une perspective généralement moins libérale) mais accordaient la priorité à des revendications portant sur l’islamisation de l’État plutôt que sur sa libéralisation.

On peut donc dire que c’est démocrate ?

Oui, c’est un démocrate mais avec un fort attachement aux normes et à l’identité islamique. C’est un islamiste authentiquement modéré qui a coopéré avec des opposants laïques de toutes confessions et s’est prononcé de manière claire et répétée contre le confessionnalisme. Par ailleurs, il s’est longtemps prononcé contre la lutte armée et n’a évolué que tardivement sur ce point.

Avec des représentants de l'opposition à Doha.Avec des représentants de l’opposition à Doha.© (Reuters)

Il bénéficie aussi d’une légitimité populaire ?

En dehors du monde religieux au sens strict, il est surtout connu auprès de la jeunesse éduquée pieuse essentiellement à Damas et dans une moindre mesure à Homs (le régionalisme est très fort en Syrie, si bien qu’il y est difficile d’acquérir une popularité à l’échelle nationale). Les réseaux d’al-Khatib s’étendent notamment aux banlieues de Damas où la classe moyenne qui n’a plus les moyens de vivre dans le centre côtoie les milieux populaires. C’est dans une de ces banlieues, Douma, qu’il a prononcé son premier discours public après le début de la révolution, à l’occasion d’une veillée funèbre organisée en l’honneur de manifestants tombés sous les balles de la police.

Quel a été son rôle dans la révolution ?

Il s’est manifesté dès le mois de mars, notamment en organisant des réunions avec des intellectuels laïques. À la fin du mois, il a signé avec eux une lettre ouverte dans le quotidien libanais al-Safir demandant des réformes à un moment où cela était encore possible, le pensaient-ils. Comme je l’ai déjà mentionné, il a aussi prononcé des oraisons funèbres en hommage aux victimes de la répression. Après avoir été arrêté à plusieurs reprises, il est resté longtemps silencieux tout en essayant de mettre en place des initiatives de dialogue entre le régime et l’opposition. L’attitude du régime l’a finalement convaincu de la vanité de telles initiatives. Craignant pour sa vie, il a quitté la Syrie en juin dernier.

La Syrie en révolution a t-elle trouvé un leader qui lui ressemble ?

On ne peut pas dire de Mouaz al-Khatib, fils d’une prestigieuse famille damascène, qu’il ait le profil type du révolutionnaire syrien, plutôt modeste et provincial ou banlieusard. En réalité, sa qualité n’est pas tant d’être représentatif que de faire le pont entre différents univers : les hommes de religion et les activistes politiques, les opposants islamistes et laïques, les anciens et les jeunes ou encore la majorité sunnite et les autres communautés.

Quelle influence peut-il avoir sur le terrain face aux dynamiques de radicalisation, de l’émergence de radicaux islamistes et des tensions confessionnelles ?

Il se situe dans un discours d’union nationale, explicitement anti-confessionnel. Dans ses interventions, il fait ainsi référence aux alaouites en tant que communauté opprimée par le régime. Néanmoins, il n’est pas sûr que ce discours d’apaisement suffise face à des peurs qui, à l’origine, n’étaient pas entièrement rationnelles (durant les premiers mois, les slogans dominants parmi les manifestants étaient « le peuple syrien est un ! » et « une seule main ! ») et qui se sont renforcées face à la polarisation confessionnelle bien réelle observée ultérieurement.

S’agissant de la radicalisation de l’opposition armée, la situation est encore plus problématique. Quelles que soient les qualités de Mouaz al-Khatib et le respect dont il fait l’objet, la coalition qu’il dirige ne pourra pas imposer son autorité aux groupes armés en l’absence de ressources financières à redistribuer. Le rôle des États soutenant l’opposition syrienne sera donc essentiel. L’avenir nous dira si les Occidentaux, en particulier, prendront acte de la représentativité et de la cohérence du nouvel organe représentatif de l’opposition syrienne, ou s’ils continueront à invoquer divers prétextes pour justifier leur posture de retrait par rapport au conflit.

Indécente opération de propagande militariste israélienne à Anvers dimanche prochain


Le 13 novembre 2012

Rue de la Station 58/2 – 6140 Fontaine-l’Evêque
De nombreuses organisations appellent à manifester contre la représentation de l’orchestre de l’armée israélienne, avec le soutien de l’ancien premier ministre
Yves Leterme et de la
Ministre Monica De Coninck,

ce dimanche 18 novembre à Anvers
.

La Plate-forme Charleroi-Palestine s’associe à cet appel.Inacceptable ! B’nai B’rith Antwerpen et Christenen voor Israël (Chrétiens pour Israël) invitent l’Orchestre de l’armée israélienne à Anvers ce dimanche 8 novembre.
Et l’ex-premier Yves Leterme et la ministre Monica De Coninck y prendront la parole.

« L’armée israélienne a mené samedi et dimanche des offensives aériennes et terrestres dans la bande de Gaza faisant 7 morts palestiniens, dont 3 enfants, et 52 blessés, dont 6 femmes et 12 enfants » écrit l’Association belgo-palestinienne (ABP).

« Au-delà des événements du weekend, cela fait deux semaines qu’Israël a repris des frappes régulières contre la bande de Gaza. Le risque augmente que l’on assiste à une attaque d’envergure, semblable à l’Opération Plomb durci de l’hiver 2008-2009 qui s’était soldé par un bilan de 1400 morts et plus de 5000 blessés du côté palestinien, et cela en moins d’un mois. L’attaque israélienne avait été menée à un mois des élections législatives en Israël. Cette année, les attaques s’intensifient aussi à deux mois des élections israéliennes, prévues en janvier 2013….
Alors que l’armée israélienne reprend sa politique de représailles massives, en déni total du droit international, Monica De Coninck, Ministre fédérale de l’Emploi et Yves Leterme, assisteront dimanche prochain à un concert donné à Anvers par l’armée israélienne. L’Association Belgo-palestinienne s’oppose vivement à ce qu’un représentant du gouvernement fédéral cautionne un tel événement par sa présence et appelle tous les démocrates à manifester en ce sens. Il est impensable que , dans la situation actuelle, alors qu’Israël une fois de plus bafoue le droit international et humanitaire en s’attaquant à des civils, notre gouvernement se voie représenté à une manifestation qui met à l’honneur l’armée israélienne.
»

Un jeune Palestinien blessé lors du bombardement du 10 novembre
« L’armée israélienne a mené une guerre d’agression contre la bande de Gaza lors de l’hiver 2008-2009 pendant laquelle plus d’un millier de Palestiniens ont perdu la vie et plusieurs milliers ont été blessés. Le blocus illégal de cette armée contre la population de la bande de Gaza dure depuis des années. Aussi bien en Cisjordanie, qu’à Jérusalem Est et dans la bande de Gaza (territoires occupés illégalement depuis 1967), l’armée israélienne se rend quotidiennement coupable d’exactions et de violations des droits de l’homme… » rappelle l’asbl Intal
« Pour toutes ces raisons, nous exigeons de la Belgique un embargo militaire contre Israël. Ce qui se produit ce 18 novembre, c’est l’exact opposé. L’ancien Premier Ministre Yves Leterme (CD&V) ainsi que la Ministre fédérale de l’emploi Monica de Coninck (Sp.a) seront présents dimanche prochain à ce concert, apportant de facto leur soutien à l’occupation israélienne ainsi qu’à son armée. Nous dénonçons le fait que des moyens publics, tels que la Maison de la Province d’Anvers, puissent être utilisés par la propagande en faveur de la colonisation et de la répression israélienne. »

Soyons présents !
Venez protester avec nous
dimanche 18 novembre à 13 h.,
contre ce concert de propagande l’orchestre
de l’armée israélienne à la
Maison de la Province d’Anvers
Koningin Elisabethlaan 22, 2018 Anvers
Tram 2 et 6 à partir de la gare Centrale d’Anvers
(arrêt : Provinciehuis)

RV dans la gare de Charleroi : à 10 h 20.
Train direct pour Anvers à 10 h 40 (arrivée à 12 h 22)
On peut également prendre ce train à Bruxelles Midi à 12 h 33 , à Bruxelles Central à 12 h 37  et à Bruxelles Nord à 12 h 42.

Une pétition adressée à Yves Leterme et Monica De Coninck peut être signée en cliquant ici

A quelques jours du massacre de civils de décembre 2008 – janvier 2009, le gouvernement israélien se déclare ouvertement « prêt à l’escalade » et prépare l’opinion mondiale à un nouveau bain de sang tout en poursuivant sa politique des « exécutions ciblés« . 

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