11/12/12 Paris- Strasbourg: Train pour la liberté du peuple syrien


20 novembre 2012

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 « Train pour la liberté du peuple syrien »

 

Paris-Strasbourg-Paris

 

Mardi 11 décembre 2012

Des personnalités du monde de la culture et du spectacle ont publié dans Libération du 16 novembre un appel à participer à cet événement destiné à faire pression sur l’Union européenne pour prendre des mesures concrètes d’aide au peuple syrien sur le terrain politique, logistique et humanitaire.

Votre présence dans ce train est un signe de solidarité. Il partira pour Strasbourg à 10 heures de la gare de l’Est. Une animation Vague Blance aura lieu sur le quai. Un tramway conduira les participants de la gare au Théâtre national de Strasbourg où un accueil est prévu et animé par les militant de la région. Après un rendez-vous-débat à 13h entre les voyageurs et les amis alsaciens du peuple syrien, des délégations pluralistes et internationales iront entre 15h30 et 18h30 à la rencontre des élus et des autorités du Parlement européen pour leur transmettre des propositions d’action. Les autres participants seront conviés à visiter le marché de Noël où ils pourront faire part de leur mission. Retour prévu à Paris  à 22 h.

Réservation pour le « Train de la liberté » (aller-retour dans la journée) : train@souriahouria.com (participation aux frais :
20 €). Une collation sera offerte pour le déjeuner

 

A l’initiative de cet événement : l’Appel d’Avignon, la Vague blanche et Souria Houria soutenus par le CentQuatre, le Théâtre du Rond-Point, le Montfort théâtre, l’Association Alsace-Syrie (action parrainée par le Syrian Business Forum).

sur facebook : https://www.facebook.com/events/455165534536945/

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple


Une petite histoire par Iyad

Ce vendredi en fin de journée, mon épouse était à Chatelet quand un homme (de Lutte ouvrière selon ses souvenirs) avança vers elle pour lui donner un tract appelant à la manifestation de ce samedi. Mon épouse lui demande pourquoi ils ne font pas pareil pour la Syrie ? L’homme lui dit que manifester pour Gaza c’est aussi manifester pour la Syrie. Elle lui demande alors pourquoi ils ne parlent pas de la Syrie dans le tract ? L’homme s’irrite et lui dit : écoutez madame, c’est que le peuple de la Syrie est manipulé par les Occidentaux, vous ne croyez pas ? Elle lui répond : Non pas du tout. Alors l’homme tire le tract de sa main et s’en va !!!

Cette petite histoire vraie montre, mais on s’en doutait,  que la cause de la Palestine est instrumentalisée par certaines forces en France et ailleurs, des courants qui y retrouvent un moyen de régler leurs comptes avec leurs ennemis « impérialistes » ou « sionistes », bien plus que ça soit une vraie adhésion de leur part aux droits des peuples de disposer d’eux-mêmes et de leurs terres, car de toute façon, pour ces courants là, le peuple syrien n’est que par son « dirigeant éternel » « anti-impérialiste » et « antisioniste ».

Mais les « peuples » de la Palestine et de la Syrie, sans oublier ceux de la Jordanie et du Liban, ne sont en vérité qu’un seul et même peuple morcelé depuis Sykes-Picot et dont l’occupation de la Palestine n’est que l’une des conséquences, et c’est ce peuple dans sa globalité qui est visé, et à travers lui ce sont les mondes arabe et musulman qui sont atteints, car il en est le coeur. C’est le peuple du Châm, le peuple de la Grande Syrie ou le peuple de Canaan, un peuple « maudit » et « ennemi » des israélites depuis plus de trois mils ans selon leurs mythes.

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple et nous menons le même combat de libération, bien qu’avant ces révolutions arabes, on ne voyait que l’ennemi venant de l’extérieur, alors que celui de l’intérieur nous traitait comme ses esclaves et nous tuait à huis clos, ce qui rend un grand service vital à l’ennemi extérieur, car la Palestine ne peut être libérée par des peuples opprimés cherchant à survivre sous des dictatures mafieuses.

Le combat continue et le peuple vaincra, n’en déplaise à ses fossoyeurs.

Le droit à « l’autodéfense d’Israël » : une énorme victoire de la propagande


22 novembre 2012 –

Un Palestinien porte le cadavre d’un enfant hors des décombres, après qu’un missile israélien ait frappé une maison, tuant au moins sept membres d’une même famille dans la ville de Gaza – 18 novembre 2012   

En soutenant l’offensive israélienne contre Gaza, les dirigeants occidentaux ont donné carte blanche aux Israéliens pour faire ce qu’ils font le mieux : se vautrer dans leur sentiment de victimisation et ignorer la souffrance palestinienne.

L’une des victoires formidables de la propagande israélienne est d’avoir été accepté comme une victime des Palestiniens, à la fois aux yeux du public israélien et dans le regard des dirigeants occidentaux qui s’empressent de parler du droit des Israéliens à se défendre eux-mêmes. La propagande est tellement efficace que seules les roquettes palestiniennes dans le sud d’Israël, et à présent à Tel Aviv, sont comptées dans la série des hostilités. Les roquettes, l’atteinte au saint des saints – une jeep militaire – sont toujours vues comme un point de départ; avec la terrifiante sirène qui semble sortie d’une film sur la Deuxième Guerre Mondiale, elles construisent le méta-récit de la victime, intitulé « se défendre soi-même.

Chaque jour, en fait à chaque instant, ce méta-récit permet à Israël d’ajouter un autre maillon à la chaîne de dépossession d’une nation, chaîne aussi vieille que l’Etat lui-même, tout en réussissant à dissimuler le fait qu’un fil sans discontinuité se déroule depuis le refus en 1948 d’autoriser les réfugiés palestiniens à retourner dans leurs maisons, l’expulsion au début des années ’50 des bédouins du désert du Néguev, l’expulsion actuelle des bédouins de la vallée du Jourdain, les fermes pour Juifs dans le Néguev, la discrimination dans les budgets en Israël et les tirs sur les pêcheurs gazaouis pour les empêcher de gagner décemment leur vie. Des millions de fils comme ceux-là relient 1948 au présent. Ils sont le tissu de la vie pour la nation palestinienne, si divisée soit-elle en poches isolées. Ils sont le tissu de l’existence de citoyens palestiniens d’Israël et de ceux qui vivent dans leur pays d’exil.

Mais ces menaces ne sont pas tout le tissu de la vie. La résistance aux fils que nous, Israéliens tissons inlassablement fait aussi partie du tissu de vie pour les Palestiniens. Le mot résistance a été avili pour finir par signifier la compétition très virile pour voir lequel des missile explosera le plus loin, (compétition entre organisations palestiniennes, et entre elles et l’armée israélienne). Ce qui n’infirme pas le fait que par essence, la résistance à l’injustice inhérente à la domination israélienne est une partie inséparable de la vie pour chacun des Palestiniens.

Les ministères étrangers et internationaux du Développement en Occident et aux Etats-Unis collaborent sciemment avec les représentations mensongères d’Israël comme victime, ne serait-ce que parce que chaque semaine ils reçoivent les rapports de leurs représentants en Cisjordanie et dans la bande de Gaza concernant les maillons supplémentaires qu’Israël a ajoutés à la chaîne, ou parce que l’argent de leurs propres contribuables va compenser quelques-uns des désastres humanitaires, grands et petits, infligés par Israël.

Le 8 novembre, deux jours avant l’attaque du saint des saints – des soldats dans une jeep militaire – ils auraient pu lire que des soldats des Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont tué Ahmad Abou Daqqa, 13 ans, qui jouait au foot avec ses amis dans le village d’Abassan, à l’est de Khan Younis. Les soldats se trouvaient à 1,5 km des gamins, dans le secteur de la bande de Gaza, occupés à « exposer » (l’euphémisme pour détruire) des terres agricoles. Alors, pourquoi le décompte de l’agression ne débuterait-il pas par un enfant ? Le 10 novembre, après l’attaque de la jeep, les FDI ont encore tué 4 civils âgés de 16 à 19 ans.

Ils se complaisent dans l’ignorance

Les dirigeants occidentaux auraient dû savoir qu’avant l’exercice des FDI la semaine dernière dans la Vallée du Jourdain, des dizaines de familles bédouines ont dû évacuer leurs maisons. Comme c’est extraordinaire que l’entraînement des FDI ait toujours lieu là où vivent des bédouins, et pas des colons israéliens, et que cela constitue une raison de les expulser. Une autre raison. Une autre expulsion. Les dirigeants de l’Occident devraient aussi avoir su, en se basant sur les rapports sur papier polychrome financés par leurs pays, que depuis le début de 2012 Israël a détruit 569 immeubles et structures palestiniens, dont des puits et 178 résidences. En tout, 1014 personnes ont été affectées par ces démolitions.

Nous n’avons pas entendu des masses d’habitants de Tel Aviv et du sud avertir les intendants de l’Etat sur les ramifications de cette destruction contre la population civile. Les Israéliens se complaisent dans leur ignorance. Ces informations et d’autres du même genre sont accessibles et disponibles pour qui est vraiment intéressé. Mais les Israéliens choisissent de ne pas savoir. Cette ignorance délibérée est la première pierre de fondation dans la construction du sens israélien de la victimisation. Mais l’ignorance c’est l’ignorance. Le fait que les Israéliens ne veulent pas savoir ce qu’ils font en tant que puissance occupante n’annule ni leurs actes ni la résistance palestinienne.

En 1993, les Palestiniens ont donné à Israël un cadeau, une opportunité en or de couper les fils reliant 1948 au présent, d’abandonner les caractéristiques de dépossession coloniale du pays, et en même temps de prévoir un futur différent pour les deux peuples de la région. La génération d’Oslo qui a accepté les Accords d’Oslo (pleins de pièges disposés par de judicieux juristes israéliens) est la génération qui devait connaître une société israélienne à multiples facettes, voire normale parce que l’occupation de 1967 le permettait (dans le but de fournir des travailleurs bon marché), une liberté de mouvement presque totale. Les Palestiniens ont accepté un accord basé sur le minimum de leurs exigences. Un des piliers de ces exigences minimum était de traiter la bande de Gaza et la Cisjordanie comme une entité territoriale unique.

Mais dès que l’application d’Oslo a commencé, Israël a systématiquement fait tout ce qu’il pouvait pour faire de Gaza une entité séparée, déconnectée, dans son obstination à maintenir les fils de 1948 et à les étendre. Depuis l’avènement du Hamas, il a tout fait pour sauvegarder l’impression que le Hamas préfère – que la bande de Gaza est une entité politique séparée où il n’y a pas d’occupation. Si c’est ainsi, pourquoi ne pas voir les choses comme ceci: en tant qu’entité politique séparée, toute incursion dans le territoire de Gaza est une violation de sa souveraineté, et c’est ce qu’Israël fait tout le temps. Le gouvernement de l’état de Gaza n’a -t-il pas le droit de répondre, de dissuader ou au moins le droit viril – jumeau de droit viril des FDI – de terroriser les Israéliens tout comme Israël terrorise les Palestiniens ?

Mais Gaza n’est pas un état. Gaza est sous occupation israélienne, en dépit de toutes les acrobaties verbales tant du Hamas que d’Israël. Les Palestiniens qui y vivent font partie d’un peuple dont l’ADN contient la résistance à l’oppression.

En Cisjordanie, des activistes palestiniens tentent de développer un type de résistance différent de la résistance armée virile. Mais les FDI écrasent toute résistance populaire avec zèle et détermination. Nous n’avons pas entendu les habitants de Tel Aviv et du sud se plaindre de l’équilibre de la dissuasion que les FDI construisent contre la population civile israélienne.

Et c’est ainsi qu’Israël fournit à toujours plus de jeunes Palestiniens, pour qui Israël est une société anormale de militaires et de colons, les raisons de conclure que la seule résistance rationnelle est le sang versé et le contre-terrorisme. Et c’est ainsi que chaque maillon israélien d’oppression et chaque mépris de l’existence de l’oppression nous entraînent davantage sur la pente de la compétition masculine.

* Amira Hass est la fille de deux survivants de l’Holocauste. Fait unique pour une journaliste israélienne chargée de la situation en Palestine, elle a choisi de vivre en Cisjordanie et à Gaza, d’où elle publie ses reportages. Ses comptes-rendus d’événements et d’opinions qui vont à contre-courant des positions officielles à la fois israéliennes et palestiniennes l’exposent régulièrement à des attaques verbales et à l’opposition des deux autorités.

Source : Haaretz

source traduction : Marie Meert : info-palestine.net