La Syrie au jour le jour


1 / L’âge colonial

Aurélien PIALOU

C’est l’histoire d’une rencontre, devenue ordinaire en Syrie. C’est le récit de choses banales et anodines. Ce matin-là, le vieil homme a rallié son travail comme à l’accoutumée. Les barrages et les fouilles ont rallongé quelque peu son parcours. Mais il assure depuis tant d’années le fonctionnement de la motopompe, que rien ne peut l’empêcher de rejoindre son poste. La soixantaine bien sonnée, le corps épuisé par le temps et les conditions de vie difficiles, il doit faire son boulot. Plus que jamais en cette période de crise, où l’inflation s’aggrave tous les jours, il lui faut pourvoir aux besoins d’une partie au moins de sa famille. Sa tâche est simple : s’assurer que la motopompe est correctement branchée et qu’elle marche aux heures fixées. Au sud de Damas, à la lisière entre ville et campagne, quelque part dans les environs de Sbineh, il fait son devoir.
Eux aussi, leur travail les occupe. Qui sont-ils ? Difficile à dire, avec leur treillis, leurs baskets et leur bandana. Fiévreux, les yeux rougis de fatigue, ils rejoignent les champs qui entourent Sbineh. Les nuits écoulées n’ont pas été faciles pour ces jeunes partisans de Bachar al-Assad. Fanatisés par les discours de leur président, ils se battent contre un ennemi qu’ils ne comprennent pas. Heureusement, pour repousser les terroristes en provenance de l’étranger avec l’aide du Qatar et de l’Arabie Saoudite, le régime leur laisse carte blanche. Soudain, ils se déploient sur un nouveau théâtre d’opération, autour de la motopompe, persuadés d’avoir entendu des tirs. Le vieil homme qui vient d’arriver à son travail pourra répondre de ce qui se passe. Ils fouillent rapidement les lieux. Dans un hangar, ils débusquent une antique pétoire, un fusil de chasse rouillé par la pluie, rongé par les années. La preuve est établie : le gardien fait partie du complot. Il faut qu’il parle. Ils l’aspergent d’essence…, pourtant une denrée rare en ce moment. Mais il ne dit rien. Son silence confirme son implication. Une allumette suffira à remporter une victoire décisive sur l’impérialisme et le sionisme.

De sa fenêtre, ce ne sont plus les champs que cet homme observe depuis plusieurs semaines. Les lieux sont les mêmes, mais aussi différents. Les cultures ont laissé place à des vieillards, des femmes et des enfants. Ils ont abandonné derrière eux, fuite après fuite, tout ce qu’ils possédaient. Ils restent là, espérant être enfin débarrassés des agressions aériennes.
Mais depuis peu, les obus ont commencé là aussi à tomber. Il y a quelques jours, le régime a décidé de lever les barrages installés à l’est de la capitale. Il a fait de même dans plusieurs zones rurales du pays. Les militaires affectés à leur défense étaient épuisés par les escarmouches à répétition qui s’y déroulaient, et moralement éprouvés par le dédain affiché à leur égard par les populations. Elles voyaient en eux des forces d’occupation et, rudoyées et insultées, parfois martyrisées, elles les haïssaient désormais. Puisqu’il fallait préserver les hommes, économiser les armes et ménager les blindés, mieux valait donc procéder contre les zones rebelles à des bombardements massifs et permanents.
Les bombardements de populations ont de nombreux avantages. Le sifflement des bombes et le bruit des explosions empêchent tout le monde de dormir. A l’instar des coups répétés dans le creux de l’oreille, ils abrutissent l’esprit et fragilisent l’être tout entier. Ils peuvent – on l’a observé au cours de certaines guerres mondiales – développer des chocs post-traumatiques qui brisent l’individu et altèrent ses facultés mentales. Les impacts sont autant de sanctions et leur signification est immédiatement compréhensible : qui réside dans des zones contestatrices, s’expose par le fait même à un déluge de feu et risque en permanence l’annihilation. Et pour intensifier les bombardements, aujourd’hui, tout est bon : les canons positionnés sur les hauteurs, les mitrailleuses lourdes des hélicoptères, les bombes des avions et, de plus en plus, cette arme de destruction massive du pauvre, les barils de TNT lâchés du ciel, imprécis mais redoutables, qui pulvérisent en un instant des bâtiments et incendient de vastes espaces. Pour l’homme qui observe depuis sa fenêtre, les champs paisibles d’antan sont le symbole de l’agression vécue par ses compatriotes au quotidien.

Pourquoi ces deux images, ces deux récits ?

Dans leur mode de fonctionnement et leurs pratiques journalières, les troupes du régime syrien recourent à présent, avec sa bénédiction si ce n’est ses encouragements, à des modes d’action bien connus dans l’histoire. Le paradoxe veut que le président Bachar al Assad ait lui-même évoqué – pour le dénoncer… – le modèle utilisé.
Au cours des années 1920, les puissances coloniales françaises et britanniques mettent en œuvre des modes de répression faiblement coûteux en hommes et en moyens. Pour mater une révolte tribale, par exemple, il suffit de procéder à des bombardements aériens. S’ils n’écrasent pas la rébellion et ne tuent pas les insurgés, ils casseront au moins leur volonté de se soulever. Quand l’aviation et les bombardements à distance ne suffisent pas, on dépêche des troupes au sol, sur les débordements desquelles on ferme les yeux au nom de la « pacification ». Ce mode de violence est connu en Syrie. La France mandataire y a eu recours en son temps contre ce qui est devenu le symbole de la résistance nationale syrienne : la Grande Révolte Syrienne de 1925-1927.
Etrange retour de l’histoire. La Ghouta, qui avait accueilli les maquisards en lutte contre les Français, offre maintenant un abri aux combattants de l’ombre désireux de libérer leur pays d’une autre autorité d’occupation. Ils y subissent à nouveau – mais dans des proportions inconnues jusque là – le déluge de mitraille, de métal et de feu censé briser la volonté des plus déterminés.

Comme il le fait depuis le début de l’intifada, le régime syrien utilise contre sa population des moyens de violence aussi disproportionnés… que contre-productifs. Destinées à casser le moral de ceux qui mettent en cause son autorité et à purger le pays de ceux qu’il présente comme des monstres, ces attaques renforcent chaque jour dans l’esprit des Syriens la conviction qu’ils vivent, depuis de trop longues décennies, sous le joug d’une « force d’occupation étrangère et barbare » dont il est urgent et nécessaire de se débarrasser.

source

11/12/12 Paris- Strasbourg: Train pour la liberté du peuple syrien


20 novembre 2012

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 « Train pour la liberté du peuple syrien »

 

Paris-Strasbourg-Paris

 

Mardi 11 décembre 2012

Des personnalités du monde de la culture et du spectacle ont publié dans Libération du 16 novembre un appel à participer à cet événement destiné à faire pression sur l’Union européenne pour prendre des mesures concrètes d’aide au peuple syrien sur le terrain politique, logistique et humanitaire.

Votre présence dans ce train est un signe de solidarité. Il partira pour Strasbourg à 10 heures de la gare de l’Est. Une animation Vague Blance aura lieu sur le quai. Un tramway conduira les participants de la gare au Théâtre national de Strasbourg où un accueil est prévu et animé par les militant de la région. Après un rendez-vous-débat à 13h entre les voyageurs et les amis alsaciens du peuple syrien, des délégations pluralistes et internationales iront entre 15h30 et 18h30 à la rencontre des élus et des autorités du Parlement européen pour leur transmettre des propositions d’action. Les autres participants seront conviés à visiter le marché de Noël où ils pourront faire part de leur mission. Retour prévu à Paris  à 22 h.

Réservation pour le « Train de la liberté » (aller-retour dans la journée) : train@souriahouria.com (participation aux frais :
20 €). Une collation sera offerte pour le déjeuner

 

A l’initiative de cet événement : l’Appel d’Avignon, la Vague blanche et Souria Houria soutenus par le CentQuatre, le Théâtre du Rond-Point, le Montfort théâtre, l’Association Alsace-Syrie (action parrainée par le Syrian Business Forum).

sur facebook : https://www.facebook.com/events/455165534536945/

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple


Une petite histoire par Iyad

Ce vendredi en fin de journée, mon épouse était à Chatelet quand un homme (de Lutte ouvrière selon ses souvenirs) avança vers elle pour lui donner un tract appelant à la manifestation de ce samedi. Mon épouse lui demande pourquoi ils ne font pas pareil pour la Syrie ? L’homme lui dit que manifester pour Gaza c’est aussi manifester pour la Syrie. Elle lui demande alors pourquoi ils ne parlent pas de la Syrie dans le tract ? L’homme s’irrite et lui dit : écoutez madame, c’est que le peuple de la Syrie est manipulé par les Occidentaux, vous ne croyez pas ? Elle lui répond : Non pas du tout. Alors l’homme tire le tract de sa main et s’en va !!!

Cette petite histoire vraie montre, mais on s’en doutait,  que la cause de la Palestine est instrumentalisée par certaines forces en France et ailleurs, des courants qui y retrouvent un moyen de régler leurs comptes avec leurs ennemis « impérialistes » ou « sionistes », bien plus que ça soit une vraie adhésion de leur part aux droits des peuples de disposer d’eux-mêmes et de leurs terres, car de toute façon, pour ces courants là, le peuple syrien n’est que par son « dirigeant éternel » « anti-impérialiste » et « antisioniste ».

Mais les « peuples » de la Palestine et de la Syrie, sans oublier ceux de la Jordanie et du Liban, ne sont en vérité qu’un seul et même peuple morcelé depuis Sykes-Picot et dont l’occupation de la Palestine n’est que l’une des conséquences, et c’est ce peuple dans sa globalité qui est visé, et à travers lui ce sont les mondes arabe et musulman qui sont atteints, car il en est le coeur. C’est le peuple du Châm, le peuple de la Grande Syrie ou le peuple de Canaan, un peuple « maudit » et « ennemi » des israélites depuis plus de trois mils ans selon leurs mythes.

Palestiniens et Syriens, nous sommes le même peuple et nous menons le même combat de libération, bien qu’avant ces révolutions arabes, on ne voyait que l’ennemi venant de l’extérieur, alors que celui de l’intérieur nous traitait comme ses esclaves et nous tuait à huis clos, ce qui rend un grand service vital à l’ennemi extérieur, car la Palestine ne peut être libérée par des peuples opprimés cherchant à survivre sous des dictatures mafieuses.

Le combat continue et le peuple vaincra, n’en déplaise à ses fossoyeurs.

Le droit à « l’autodéfense d’Israël » : une énorme victoire de la propagande


22 novembre 2012 –

Un Palestinien porte le cadavre d’un enfant hors des décombres, après qu’un missile israélien ait frappé une maison, tuant au moins sept membres d’une même famille dans la ville de Gaza – 18 novembre 2012   

En soutenant l’offensive israélienne contre Gaza, les dirigeants occidentaux ont donné carte blanche aux Israéliens pour faire ce qu’ils font le mieux : se vautrer dans leur sentiment de victimisation et ignorer la souffrance palestinienne.

L’une des victoires formidables de la propagande israélienne est d’avoir été accepté comme une victime des Palestiniens, à la fois aux yeux du public israélien et dans le regard des dirigeants occidentaux qui s’empressent de parler du droit des Israéliens à se défendre eux-mêmes. La propagande est tellement efficace que seules les roquettes palestiniennes dans le sud d’Israël, et à présent à Tel Aviv, sont comptées dans la série des hostilités. Les roquettes, l’atteinte au saint des saints – une jeep militaire – sont toujours vues comme un point de départ; avec la terrifiante sirène qui semble sortie d’une film sur la Deuxième Guerre Mondiale, elles construisent le méta-récit de la victime, intitulé « se défendre soi-même.

Chaque jour, en fait à chaque instant, ce méta-récit permet à Israël d’ajouter un autre maillon à la chaîne de dépossession d’une nation, chaîne aussi vieille que l’Etat lui-même, tout en réussissant à dissimuler le fait qu’un fil sans discontinuité se déroule depuis le refus en 1948 d’autoriser les réfugiés palestiniens à retourner dans leurs maisons, l’expulsion au début des années ’50 des bédouins du désert du Néguev, l’expulsion actuelle des bédouins de la vallée du Jourdain, les fermes pour Juifs dans le Néguev, la discrimination dans les budgets en Israël et les tirs sur les pêcheurs gazaouis pour les empêcher de gagner décemment leur vie. Des millions de fils comme ceux-là relient 1948 au présent. Ils sont le tissu de la vie pour la nation palestinienne, si divisée soit-elle en poches isolées. Ils sont le tissu de l’existence de citoyens palestiniens d’Israël et de ceux qui vivent dans leur pays d’exil.

Mais ces menaces ne sont pas tout le tissu de la vie. La résistance aux fils que nous, Israéliens tissons inlassablement fait aussi partie du tissu de vie pour les Palestiniens. Le mot résistance a été avili pour finir par signifier la compétition très virile pour voir lequel des missile explosera le plus loin, (compétition entre organisations palestiniennes, et entre elles et l’armée israélienne). Ce qui n’infirme pas le fait que par essence, la résistance à l’injustice inhérente à la domination israélienne est une partie inséparable de la vie pour chacun des Palestiniens.

Les ministères étrangers et internationaux du Développement en Occident et aux Etats-Unis collaborent sciemment avec les représentations mensongères d’Israël comme victime, ne serait-ce que parce que chaque semaine ils reçoivent les rapports de leurs représentants en Cisjordanie et dans la bande de Gaza concernant les maillons supplémentaires qu’Israël a ajoutés à la chaîne, ou parce que l’argent de leurs propres contribuables va compenser quelques-uns des désastres humanitaires, grands et petits, infligés par Israël.

Le 8 novembre, deux jours avant l’attaque du saint des saints – des soldats dans une jeep militaire – ils auraient pu lire que des soldats des Forces de Défense Israéliennes (FDI) ont tué Ahmad Abou Daqqa, 13 ans, qui jouait au foot avec ses amis dans le village d’Abassan, à l’est de Khan Younis. Les soldats se trouvaient à 1,5 km des gamins, dans le secteur de la bande de Gaza, occupés à « exposer » (l’euphémisme pour détruire) des terres agricoles. Alors, pourquoi le décompte de l’agression ne débuterait-il pas par un enfant ? Le 10 novembre, après l’attaque de la jeep, les FDI ont encore tué 4 civils âgés de 16 à 19 ans.

Ils se complaisent dans l’ignorance

Les dirigeants occidentaux auraient dû savoir qu’avant l’exercice des FDI la semaine dernière dans la Vallée du Jourdain, des dizaines de familles bédouines ont dû évacuer leurs maisons. Comme c’est extraordinaire que l’entraînement des FDI ait toujours lieu là où vivent des bédouins, et pas des colons israéliens, et que cela constitue une raison de les expulser. Une autre raison. Une autre expulsion. Les dirigeants de l’Occident devraient aussi avoir su, en se basant sur les rapports sur papier polychrome financés par leurs pays, que depuis le début de 2012 Israël a détruit 569 immeubles et structures palestiniens, dont des puits et 178 résidences. En tout, 1014 personnes ont été affectées par ces démolitions.

Nous n’avons pas entendu des masses d’habitants de Tel Aviv et du sud avertir les intendants de l’Etat sur les ramifications de cette destruction contre la population civile. Les Israéliens se complaisent dans leur ignorance. Ces informations et d’autres du même genre sont accessibles et disponibles pour qui est vraiment intéressé. Mais les Israéliens choisissent de ne pas savoir. Cette ignorance délibérée est la première pierre de fondation dans la construction du sens israélien de la victimisation. Mais l’ignorance c’est l’ignorance. Le fait que les Israéliens ne veulent pas savoir ce qu’ils font en tant que puissance occupante n’annule ni leurs actes ni la résistance palestinienne.

En 1993, les Palestiniens ont donné à Israël un cadeau, une opportunité en or de couper les fils reliant 1948 au présent, d’abandonner les caractéristiques de dépossession coloniale du pays, et en même temps de prévoir un futur différent pour les deux peuples de la région. La génération d’Oslo qui a accepté les Accords d’Oslo (pleins de pièges disposés par de judicieux juristes israéliens) est la génération qui devait connaître une société israélienne à multiples facettes, voire normale parce que l’occupation de 1967 le permettait (dans le but de fournir des travailleurs bon marché), une liberté de mouvement presque totale. Les Palestiniens ont accepté un accord basé sur le minimum de leurs exigences. Un des piliers de ces exigences minimum était de traiter la bande de Gaza et la Cisjordanie comme une entité territoriale unique.

Mais dès que l’application d’Oslo a commencé, Israël a systématiquement fait tout ce qu’il pouvait pour faire de Gaza une entité séparée, déconnectée, dans son obstination à maintenir les fils de 1948 et à les étendre. Depuis l’avènement du Hamas, il a tout fait pour sauvegarder l’impression que le Hamas préfère – que la bande de Gaza est une entité politique séparée où il n’y a pas d’occupation. Si c’est ainsi, pourquoi ne pas voir les choses comme ceci: en tant qu’entité politique séparée, toute incursion dans le territoire de Gaza est une violation de sa souveraineté, et c’est ce qu’Israël fait tout le temps. Le gouvernement de l’état de Gaza n’a -t-il pas le droit de répondre, de dissuader ou au moins le droit viril – jumeau de droit viril des FDI – de terroriser les Israéliens tout comme Israël terrorise les Palestiniens ?

Mais Gaza n’est pas un état. Gaza est sous occupation israélienne, en dépit de toutes les acrobaties verbales tant du Hamas que d’Israël. Les Palestiniens qui y vivent font partie d’un peuple dont l’ADN contient la résistance à l’oppression.

En Cisjordanie, des activistes palestiniens tentent de développer un type de résistance différent de la résistance armée virile. Mais les FDI écrasent toute résistance populaire avec zèle et détermination. Nous n’avons pas entendu les habitants de Tel Aviv et du sud se plaindre de l’équilibre de la dissuasion que les FDI construisent contre la population civile israélienne.

Et c’est ainsi qu’Israël fournit à toujours plus de jeunes Palestiniens, pour qui Israël est une société anormale de militaires et de colons, les raisons de conclure que la seule résistance rationnelle est le sang versé et le contre-terrorisme. Et c’est ainsi que chaque maillon israélien d’oppression et chaque mépris de l’existence de l’oppression nous entraînent davantage sur la pente de la compétition masculine.

* Amira Hass est la fille de deux survivants de l’Holocauste. Fait unique pour une journaliste israélienne chargée de la situation en Palestine, elle a choisi de vivre en Cisjordanie et à Gaza, d’où elle publie ses reportages. Ses comptes-rendus d’événements et d’opinions qui vont à contre-courant des positions officielles à la fois israéliennes et palestiniennes l’exposent régulièrement à des attaques verbales et à l’opposition des deux autorités.

Source : Haaretz

source traduction : Marie Meert : info-palestine.net

 

Israël détruit Gaza, Gaza s’attache à la vie


Ziad Medoukh

Huit jours de destruction massive par l’armée israélienne dans la bande de Gaza : maisons, immeubles, bâtiments, écoles, centres médicaux, centres commerciaux, mosquées, stades, routes, infrastructures civiles, agences de presse, bureaux, usines et marchés publics.

Des centaines de martyrs et des milliers de blessés en majorité des civils sont tombés suite à des bombardements aveugles de l’avion militaire et de la marine israéliennes.

Dès le premier jour de cette offensive contre la bande de Gaza, on voyait que le véritable objectif israélien était de briser la volonté remarquable de cette population civile qui est toujours là, qui n’est partie en dépit de toutes les difficultés sur place.

Israël se venge de cette population civile gazaouite confiante malgré un blocus inhumain imposé par les forces de l’occupation et malgré les conséquences de la dernière guerre israélienne contre Gaza en 2009.

Un responsable militaire israélien a déclaré qu’il allait faire revenir Gaza à l’âge de pierres !

En bombardant les écoles, Israël veut priver nos enfants d’écoles, car il a peur d’une génération palestinienne instruite.

En détruisant les maisons et les immeubles, Israël veut laisser les Palestiniens dans la rue sans abri ni refuge. Il veut que les Palestiniens reviennent aux tentes.

En attaquant les stades et les lieux de loisirs, Israël veut priver nos enfants et nos jeunes de jeux et de sport.

En visant les routes et les ponts, Israël veut piser la bande de Gaza en plusieurs régions, et ainsi empêcher les habitants de circuler librement.

Malgré tous ses moyens militaires et malgré le soutien des Etats-Unis et de l’Europe, Israël n’a réalisé aucun objectif de ses attaques.

Les habitants de Gaza continuent d’aller aux marchés tous les matins en dépit des raids israéliens intensifs.

Quand il y a un bombardement dans leur quartier, les citoyens de Gaza sortent pour venir en aide aux victimes. Malgré les risques et les dangers de mort, ils font preuve d’une solidarité exemplaire, ne se cachent pas dans des abris et devant une telle situation, ne restent pas chez eux

Malgré les massacres, les crimes israéliens, les Palestiniens de Gaza sont toujours attachés à leur terre, le passage de Rafah est ouvert, on voit des gens qui venant de l’extérieur vers Gaza et pas le contraire.

Nos enfants continuent de jouer le ballon, même devant les ruines de leurs maisons détruites.

Notre message aux Israéliens est claire : malgré toutes ces destructions terribles causées par vos bombardements aveugles, nous allons de nouveau reconstruire Gaza et la rendre vivante, attirante, en faire une ville d’avenir pour nos enfants.

Israël détruit Gaza, mais Gaza s’attache à la terre, à la paix, à l’espoir et à la vie.

Pour Gaza, prochaines manifestations


 

Vendredi 23/11 Rassemblement place Poelaert (au lieu de la Bourse annulé pour cause de Marché de Noël) , de 16h30 à 18h.

 

Samedi 24/11 Rassemblement national place Flagey – Bruxelles à partir de 15h30 .

Ces rassemblements sont organisés par une plate-forme d’associations, d’ONG et de syndicats représentant des citoyens d’origines diverses. Les organisateurs se sont unis par la volonté commune de promouvoir des valeurs de justice et de paix et refuseront toute forme de racisme pendant ces rassemblements.

Gaza et Israël : rien que des victimes ?


Baudouin Loos

On saluera d’emblée le cessez-le-feu survenu hier soir au Proche-Orient. Puisse-t-il perdurer. La journée avait pourtant bien mal commencé. L’attentat à la bombe qui a fait de nombreux blessés dans un bus à Tel-Aviv – une méthode inacceptable – confortait une posture que les autorités israéliennes s’efforcent d’adopter au nom d’Israël avec succès au niveau des gouvernements occidentaux : celle de victime du terrorisme palestinien. Israël est la victime.

L’argument que les diplomates israéliens sont chargés de faire valoir tient en une question de logique : quel pays accepterait d’être la cible de roquettes de son voisin ? La Belgique laisserait-elle les Hollandais tirer des roquettes vers ses civils sans réagir ? Les diplomaties des pays occidentaux qui se sont empressées de proclamer le droit à Israël de se défendre ont perdu une nouvelle occasion de réfléchir à la question en profondeur.

Car tout se passerait alors comme si la violence palestinienne résultait d’un jusqu’au-boutisme borné de Palestiniens qui n’accepteront jamais l’existence d’Israël. Et d’ailleurs, rappelle-t-on en Israël, Gaza a été évacuée de ses soldats et colons israéliens en 2005, tandis que les Palestiniens répondent depuis lors avec des roquettes.

Ce discours israélien ne correspond pas à la réalité. La réalité est celle d’une bande de Gaza sous blocus, où 80 % de la population, ce 1,5 million de gens dont trois quarts de réfugiés, dépendent de l’aide alimentaire. Même la pusillanime Union européenne demande depuis des années à Israël de cesser son siège.

Que vaut la vie d’un Palestinien ? Combien sont morts depuis moins d’une semaine ? Toute forme de résistance qui s’en prend aux civils de l’autre camp constitue un crime de guerre, y compris par l’usage de roquettes. Mais les bombes israéliennes, bien plus meurtrières, comment faut-il alors les qualifier ?

L’errance des Palestiniens ressemble à une dépossession sans fin. Ils ont dû partir et tout perdre en 1948, puis en 1967. Mais cela continue. Les colonies israéliennes croissent encore dans les territoires occupés en 2012, année qui a déjà vu 180 maisons palestiniennes abattues.

Les choses ne sont pas si simples, bien sûr. On a parlé de certaines méthodes palestiniennes repoussantes et les exécutions sommaires de « collaborateurs » à Gaza en font partie. Mais les toutes-puissantes autorités israéliennes n’offrent aucun espoir aux Palestiniens, que le droit international soutient pourtant. La communauté internationale devrait s’en souvenir.

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