Gaza: l’offensive de trop? Par Jean-François Legrain


Par Georges Malbrunot le 21 novembre 2012 22h32 | Réagir

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Alors qu’Israël et le Hamas viennent de conclure une trêve sous les auspices de l’Egypte, Jean-François Legrain, un des meilleurs spécialistes français du Hamas (chercheur au CNRS/IREMAM Institut de Recherches et d’Etudes sur le Monde Arabe et Musulman) nous explique pourquoi en cherchant, une fois de plus, à radicaliser ses adversaires à travers sa dernière offensive militaire dans la bande de Gaza, l’Etat hébreu s’est sans doute trompé, négligeant de voir l’impact des changements intervenus depuis deux ans sur la scène arabe et surtout en oubliant de prendre en compte la normalisation internationale naissante du Hamas.

Aujourd’hui comme hier, tout porte à croire qu’Israël mise sur la radicalisation de ses adversaires pour susciter et conforter le soutien international quasi inconditionnel dont il jouit depuis de nombreuses années. Quand l’alignement des politiques de la communauté internationale sur les siennes manifeste quelques signes d’effritement (aujourd’hui sur le dossier iranien, la normalisation de l’Autorité de Gaza et l’octroi à la Palestine d’un statut d’Etat non membre de l’ONU), le maintien du bas niveau de violence auquel participent activement ses adversaires palestiniens devient un piège d’où il s’extrait par des provocations, afin de ressouder ses alliances au nom de « la lutte contre le terrorisme ». Faute d’avoir pris en compte les changements induits par les printemps arabes, cependant, Israël risque cette fois plus de perdre que de gagner, au moins au niveau régional.

La liste de ce genre de provocations israéliennes est longue. Ainsi, en août 2003, l’armée avait assassiné Ismaïl Abou Chanab, quelques semaines seulement après la mise en place unilatérale de la trêve dont il avait été le maître d’œuvre au nom du Hamas. Son élimination avait alors été justifiée officiellement en termes de représailles pour un attentat mené par le Jihad islamique, qui avait d’ailleurs refusé de s’associer à cette trêve. Jusque-là observée, la trêve sombra.

En juin 2006, la reprise des hostilités par le Hamas et la capture du soldat Shalit, après 15 mois d’accalmie (tahdiyya) elle aussi respectée, avait été décidée à la suite d' »éliminations ciblées » : en mars Abou Yousuf al-Qouqa, l’un des dirigeants des Comités de résistance populaire de Gaza, avait été tué comme, en juin, Jamal Abou Samhadana (à l’origine membre de Fatah, il venait d’être chargé par le cabinet palestinien dirigé par Ismaïl Haniyyeh d’intégrer dans les forces de sécurité officielles de l’Autorité palestinienne des contingents islamistes jusque là plus ou moins incontrôlés).

En novembre 2008, enfin, l’opération israélienne qui s’était traduite par la mort de 6 partisans du Hamas à l’intérieur même de la bande de Gaza avait fourni le catalyseur qui devait mener à l’explosion de la fin décembre avec le non-renouvellement de la trêve en vigueur depuis le mois de juin suivi des « représailles » de l’opération « Plomb durci ». Ainsi, la communauté internationale n’a-t-elle jamais eu l’occasion de reconsidérer son absence de tout engagement à régler le conflit israélo-palestinien.

L’élimination d’Ahmad Jaabari –et sa mise en scène « live » sur youtube – semble bien procéder de cette même logique d’incitation à la radicalisation. En charge de l’aile militaire du Hamas dans la bande de Gaza, c’est lui qui, début 2009, avait négocié la nouvelle trêve, et était chargé de sa préservation. A ce titre, un célèbre analyste israélien le qualifia même de « subcontractor » (sous traitant) d’Israël. C’est également lui qui avait récupéré le soldat Shalit d’auprès du groupe salafiste qui l’avait fait prisonnier pour ensuite en assurer la sécurité et négocier sa libération au mieux des intérêts palestiniens.

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Cette trêve, pour le Hamas, comme à chaque fois constitue une nécessité mais aussi un risque. Mouvement de socialisation religieuse venu tardivement au politique, il n’a jamais fait de la lutte armée l’instrument de la libération nationale. Durant les deux Intifada, il avait ainsi pratiqué la violence dans une logique du talion version islamique.

Depuis son accession aux affaires par la voie des urnes en 2006, et tout particulièrement depuis 2007 et sa prise de contrôle exclusif de la bande de Gaza, il n’a eu de cesse de garantir, tant bien que mal, un bas niveau de violence aux frontières de l’Etat hébreu. Il se montrait, par là, conscient de la réalité du rapport des forces en présence mais également des responsabilités induites par la prise en charge du quotidien d’un million et demi de citoyens soumis à un implacable blocus. Une telle politique, cependant, se voyait périodiquement mise à mal par ses contempteurs salafistes et ses alliés-concurrents du Jihad islamique comme par l’opposant marxiste Front populaire.

L’immense majorité des opérations militaires antérieures à l’élimination de Jaabari avait ainsi été le fait de ces groupes non contrôlés par le Hamas. L’aile militaire de ce dernier, sous la houlette d’Ahmed Jaabari, se voyait dès lors laissé une marge de manœuvre des plus réduite, d’ailleurs insuffisante aux yeux de certains pour laver le mouvement de toute accusation de collaboration avec l’occupant israélien. Son assassinat ne pouvait que réactiver la violence, même si le Hamas, selon toute probabilité, reviendra à sa mesure traditionnelle.

A la différence des tenants de la condamnation rituelle du « terrorisme palestinien », bien des observateurs, israéliens ou autres, attribuent la responsabilité de l’escalade de violence actuelle au Premier ministre israélien. Il s’agirait, selon eux, d’une manœuvre électorale en vue de l’élection de la nouvelle Knesset qui se tiendra en janvier. Cette approche est sans doute juste.

Elle me semble, cependant, partielle sinon partiale en exonérant l’opposition à Benjamin Netanyahu de toute responsabilité. En effet, elle occulte le fait que le refus de voir la revendication nationale palestinienne se matérialiser est partagé par l’immense majorité de la population juive israélienne, et que ce refus a été mis en pratique par les gouvernements israéliens successifs, de droite comme de gauche. Ainsi, au-delà du calendrier électoral, la nécessité de réactiver le front gazaoui relève de la gestion israélienne traditionnelle du dossier palestinien sur la scène internationale : au nom de « la lutte contre le terrorisme » redynamiser un soutien qui venait à faiblir sur un certain nombre de dossiers.

Sur l’Iran, Netanyahu avait échoué à convaincre le président américain de lancer une attaque, seul ou à ses côtés, pour conserver l’exclusivité nucléaire dans la région. Il se voit réimposer Barak Obama, réélu à la Maison blanche, comme interlocuteur. Concernant Gaza, les quelques allégements acceptés depuis 2009 n’avaient pas fondamentalement remis en cause le blocus économique pas plus que ne l’ont fait, jusqu’à ce jour tout au moins, la révolution égyptienne et l’élection d’un Frère musulman à la présidence de la République. La visite le mois dernier à Gaza de l’émir du Qatar présente, en revanche, un danger d’exemplarité : briser le « blocus » politique international du Hamas. La démarche du président Mahmoud Abbas, annoncée pour le 29 novembre, en vue d’obtenir aux Nations-unies un statut d’Etat non-membre, enfin, a toutes chances d’obtenir satisfaction. Même dépourvu de toute incidence sur une souveraineté rendue chaque jour plus improbable par la colonisation, ce nouveau statut pourrait néanmoins être utilisé par les Palestiniens pour obtenir de nouvelles latitudes sur la scène internationale.

Dans ce contexte, le Hamas n’avait aucune raison de rompre avec sa politique de retenue. A. Jaabari était d’ailleurs sur le point de finaliser un accord de trêve à long terme, comme vient de le révéler un médiateur israélien. Depuis longtemps, le mouvement avait clamé sa déconnection de la question nucléaire iranienne et affichait le plus grand dédain pour la démarche à l’ONU. Préoccupé par les conséquences du blocus économique de Gaza, il concentrait ses efforts sur sa levée, via une normalisation politique.

Inscrite dans la continuité de sa politique de ces dernières années, la nouvelle incitation israélienne à la radicalisation palestinienne risque cette fois, de connaître des effets limités voire contre-productifs, printemps arabes obligent. Par leur volonté de présence sur le terrain, Arabes et Turcs ont ainsi accéléré la normalisation internationale naissante du Hamas. Trop habitué à un équilibre régional figé par les ex-dictateurs arabes, Israël aura peut-être fait cette fois preuve de courte vue.

(Crédit photo: AFP)

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Terrorisme israélien – [Photos] Au plus fort des bombardements, Gaza enterre ses enfants assassinés


20 novembre 2012 – Source : The Electronic Intifada– Traduction : Claude Zurbach  
Les personnes en deuil se rassemblent autour des corps de la famille al-Dalu, lors de leur enterrement dans la ville de Gaza, le 19 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA images
  
Le sixième jour des attaques israéliennes sur Gaza, 33 Palestiniens ont été assassinés. La campagne militaire de l’occupant a jusqu’ici coûté la vie à 117 personnes, selon l’Agence de Nouvelles Ma’an. Au moins 20 des tués sont de tout jeunes enfants.

Dans la dernière attaque, deux garçons jumeaux âgés de 4 ans, Suhaib et Muhammad, ont été tués instantanément lorsque leur maison dans la ville du nord de la bande de Gaza de Beit Lahiya a été touchée par un raid aérien israélien. Leurs parents Fouad Hijazi et Amna Hijazi sont morts à l’hôpital. Dix-huit personnes ont été blessées dans l’attaque.

Aucun cessez-le feu n’a encore été conclu, alors que Israël a continué à pilonner Gaza la nuit de lundi,. Trois civils israéliens ont été tués par une roquette tirée depuis Gaza et qui a frappé un immeuble d’appartements à Kiryat Malachi la semaine dernière. Ce sont les seuls décès en Israël.

Israël a amassé des forces terrestres le long de sa frontière avec la bande de Gaza et a menacé de l’envahir.

Les forces israéliennes ont pris pour cible à la fois le dimanche et le lundi, les bâtiments abritant les journalistes. L’opérateur du Jihad islamique, Ramiz Harb et Salem Bulus Swelim, âgé de 53 ans, ont été tués dans l’attaque d’aujourd’hui. Huit personnes ont été blessées, hier, quand un missile israélien a frappé un autre bâtiment de la ville de Gaza,. Un caméraman a été amputé d’une jambe. Un porte-parole israélien a admis que l’armée savait que le bâtiment abritait des journalistes.

Ce dimanche, 12 civils palestiniens, dont 10 membres de la famille al-Dalu, ont été massacrés dans un raid aérien israélien qui a totalement rasé une maison de trois étages dans la ville de Gaza. Parmi les victimes figurent quatre enfants. Les quipes de sauvetage ont recherché les restes de deux adolescents de la famille al-Dalu ce lundi.

Pendant ce temps, en Cisjordanie, des centaines de manifestants ont été blessés, plusieurs d’entre eux étant dans un état critique. Israël réprime violemment les manifestations contre les attaques de Gaza. Aujourd’hui, 2Rushdi Tamimi, âgé de 28 ans, est mort dans un hôpital de Ramallah après avoir été blessé par l’armée israélienne il y a deux jours lors d’une manifestation dans le village de Nabi Saleh.


Un policier palestinien embrasse une dernière fois Tamimi Rushdi, âgé de 28 ans, policier comme lui, qui est décédé dans un hôpital de Ramallah, deux jours après que les forces israéliennes aient tiré sur lui lors d’une manifestation de solidarité avec Gaza, dans le village de Cisjordanie de Nabi Saleh, le 19 novembre – Photo : Issam Rimawi/APA


Des Palestiniens transportent les corps de Jumana et Tamer Eseifan, tous les deux sous l’âge de quatre ans, qui ont été tués quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur un terrain agricole près de leur maison dans le quartier Tal al-Zatar de la ville de Jabaliya, le 18 novembre – Photo : Majdi Fathi/APA


Un Palestinien est assis à côté du corps de son tout petit garçon, âgé de moins d’un an, Iyad Abu Khoussa, lors des funérailles du bébé dans le camp de réfugiés de Bureij, au centre la bande de Gaza, le 18 novembre. L’enfant a été tué quand un avion de guerre israélien a tiré un missile sur la maison de sa famille, et deux autres petits enfants ont été blessés, le 18 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens cherchent dans les décombres de la maison détruite de la famille al-Dalu, après un raid aérien israélien à Gaza, le 18 novembre – Photo : Yasser Qudih/APA


Des secouristes palestiniens transportent le corps de Nawal Faraj Abdul Aal, âgée de 53 ans, retrouvée sous les décombres de sa maison qui a été détruite quand les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStill


Les filles et la mère de Nawal Abdul Faraj Aal, âgée de 53 ans, pleurent après que celle-ci ait été asphyxiée sous les décombres de sa maison. La maison a été détruite lorsque les avions de guerre israéliens ont tiré un missile sur un poste de police à proximité dans le quartier al-Touffah de la ville de Gaza, le 18 novembre – Photo : Anne Paq/ActiveStills


Une femme palestinienne regarde sa maison détruite à la suite des frappes aériennes israéliennes sur la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 18 novembre – Photo : Eyad Al Baba/APA


Des Palestiniens traversent les débris des maisons détruites à la suite d’un raid aérien israélien à Gaza, le 19 novembre – Photo : Ashraf Amra/APA


Des Palestiniens se rassemblent autour d’une maison détruite, après un raid aérien israélien à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 19 novembre – Photo : Ibraheem Abu Mustafa/Reuters

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Manif pour Gaza


Vu la situation dramatique dans la Bande de Gaza suite aux bombardements israéliens incessants, nous tenons à manifester ce Dimanche 25 Novembre, au départ de la Gare du Nord.

De nombreuses manifestations se sont tenues dans les grandes villes du monde ces derniers jours. Nous tenons à pouvoir exprimer notre indignation également dans les rues de Bruxelles!

Les bombardements continuent, pire, une invasion terrestre israélienne aura probablement lieu dans les jours qui viennent.

La manifestation aura pour seul mot d’ordre: « Stop aux massacres à Gaza ».

Initiative du Mouvement Citoyen Palestine : www.mcpalestine.be <http://www.mcpalestine.be/>

* Rassemblement à partir de 13h30 gare du Nord : Boulevard Simon Bolivar
*  Départ 14h00
* Arrivée gare du Midi

Mouvement Citoyen Palestine
mcpalestine.be
<http://mcpalestine.be/>

Mahmoud Darwish : Passants parmi des paroles passagères


[youtube https://youtu.be/2rs0kCK5JIs?]

Texte en arabe

Passants parmi des paroles passagères

1.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
portez vos noms et partez
Retirez vos heures de notre temps, partez
Extorquez ce que vous voulez
du bleu du ciel et du sable de la mémoire
Prenez les photos que vous voulez, pour savoir
que vous ne saurez pas
comment les pierres de notre terre
bâtissent le toit du ciel

2.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
Vous fournissez l’épée, nous fournissons le sang
vous fournissez l’acier et le feu, nous fournissons la chair
vous fournissez un autre char, nous fournissons les pierres
vous fournissez la bombe lacrymogène, nous fournissons la pluie
Mais le ciel et l’air
sont les mêmes pour vous et pour nous
Alors prenez votre lot de notre sang, et partez
allez dîner, festoyer et danser, puis partez
A nous de garder les roses des martyrs
à nous de vivre comme nous le voulons.

3.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
comme la poussière amère, passez où vous voulez
mais ne passez pas parmi nous comme les insectes volants
Nous avons à faire dans notre terre
nous avons à cultiver le blé
à l’abreuver de la rosée de nos corps
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici
pierres et perdrix
Alors, portez le passé, si vous le voulez
au marché des antiquités
et restituez le squelette à la huppe
sur un plateau de porcelaine
Nous avons ce qui ne vous agrée pas
nous avons l’avenir
et nous avons à faire dans notre pays

4.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
entassez vos illusions dans une fosse abandonnée, et partez
rendez les aiguilles du temps à la légitimité du veau d’or
ou au battement musical du revolver
Nous avons ce qui ne vous agrée pas ici, partez
Nous avons ce qui n’est pas à vous :
une patrie qui saigne, un peuple qui saigne
une patrie utile à l’oubli et au souvenir

5.
Vous qui passez parmi les paroles passagères
il est temps que vous partiez
et que vous vous fixiez où bon vous semble
mais ne vous fixez pas parmi nous
Il est temps que vous partiez
que vous mouriez où bon vous semble
mais ne mourez pas parmi nous
Nous avons à faire dans notre terre
ici, nous avons le passé
la voix inaugurale de la vie
et nous y avons le présent, le présent et l’avenir
nous y avons l’ici-bas et l’au-delà
Alors, sortez de notre terre
de notre terre ferme, de notre mer
de notre blé, de notre sel, de notre blessure
de toute chose, sortez
des souvenirs de la mémoire
ô vous qui passez parmi les paroles passagères

Pense-bête à l’intention du journaliste chargé du Moyen-Orient


 Rudi Barnet

Dans cette période troublée où le journaliste doit manifester la plus grande prudence dans le compte-rendu des événements du Moyen-Orient et éviter de choquer l’opinion publique, il est bon de rappeler quelques principes et règles qui permettront de parer aux critiques. Correctement appliqués, les préceptes et conseils ci-dessous vous éviteront d’être accusé d’opinion tendancieuse.

 

• Ne jamais oublier que ce sont toujours les Arabes qui attaquent ; Israël ne fait que se défendre et agit toujours en représailles.

Ne jamais attribuer ce terme aux actions palestiniennes, seul Israël est victime.

• Quand l’armée israélienne tue des civils arabes, c’est toujours en état de légitime défense.

Quand des civils israéliens sont tués, cela s’appelle du terrorisme.

• Les Israéliens n’enlèvent pas les civils palestiniens, ils les capturent.

Toujours mentionner les nécessités de sécurité pour expliquer ces captures.

• Inversement, les Palestiniens et Libanais ne sont pas habilités à capturer des militaires israéliens! S’ils le font, le qualificatif à utiliser est enlèvement.

• Il n’est pas convenable de mentionner le nombre de prisonniers palestiniens (entre 8 et 10.000, dont 300 enfants) capturés actuellement. Si, malgré tout, vous devez en faire état, qualifiez-les de terroristes ou supposés terroristes.

• Utilisez le moins possible le terme Palestinien et préférez Arabe, terme officiel du gouvernement israélien pour désigner les habitants non-juifs des deux territoires.

• Quand vous mentionnez le « Hezbollah », toujours ajouter l’expression soutenu par la Syrie et l’Iran.

Mais quand vous parlez d’Israël, il est superflu d’ajouter soutenu par les USA et l’Europe.

… On pourrait croire qu’il s’agit d’un conflit déséquilibré.

• Ne pas utiliser le terme « territoires occupés » mais territoires contestés.

A ce propos, il est aussi préférable de dire Judée-Samarie plutôt que Cisjordanie.

• Ne jamais rappeler les diverses résolutions de l’ONU ou conventions de Genève défavorables à Israël.

Idem pour les condamnations par la Cour de Justice de La Haye… Cela risque de perturber le lecteur, téléspectateur ou auditeur.

• Quand vous devez évoquer l’historique du conflit, il est bon de rappeler les attaches bibliques des Juifs avec Israël (« la terre d’où nous venons, le pays de nos ancêtres« ).

Evitez d’évoquer les travaux des historiens modernes qualifiant cette thèse de légende.

• Il est préférable de ne pas dire armée israélienne, mais d’utiliser la qualification plus sympathique de Tsahal.

• Si vous travaillez à la télévision, évitez de montrer des images de Palestiniens blessés (surtout les enfants) et privilégiez toujours celles montrant des Israéliens psychologiquement traumatisés (surtout des enfants).

• Il est de bon ton de laisser entendre que le « Hamas » est un groupe terroriste qui ne reconnaît pas l’Etat d’Israël (ces Islamistes qui ne veulent pas la Paix est un commentaire bienvenu).

Surtout, ne faire aucune mention de la reconnaissance faite en 2002.

• Il n’est pas indiqué de signaler qu’Israël a toujours refusé de fixer ses frontières et ne reconnaît pas la Palestine.

• Le mot colonies doit être écarté dans vos textes, parlez plutôt d’implantations.

• Afin d’affirmer la symétrie du conflit, ne jamais évoquer l’expansionnisme israélien mais toujours parler de deux peuples se disputant un territoire.

• Au cas où vous devriez évoquer les projets de développement nucléaire de l’Iran, il n’est pas utile d’insister sur l’arsenal nucléaire militaire israélien… Et surtout pas de signaler que c’est la 6ème puissance mondiale dans ce domaine.

• Quand vous devez faire état du refus palestinien d’agréer les conditions israéliennes pour l’arrêt des hostilités, toujours ajouter que « Israël considère qu’il n’a plus de partenaire pour le processus de paix »… Si possible sur un ton de regret.

• Si vous êtes appelé à citer le « mur de séparation », ne jamais mentionner qu’il a été établi sur des terres palestiniennes annexées, mais toujours mentionner que ce mur a été érigé pour arrêter les attentats terroristes… Et éviter surtout de citer la condamnation du « Tribunal International de Justice » exigeant son démantèlement.

• Concernant les opposants à Israël, ne jamais utiliser les mots résistants ou militants… Toujours parler de terroristes ou d’activistes.

Même s’ils manifestent seulement pour la paix, ils doivent être qualifiés de pro-palestiniens.

• Au cas ou vous seriez amené à reparler de « Plomb Durci », toujours reprendre la thèse israélienne : c’est le Hamas qui a rompu la trêve (ajoutez « unilatéralement » pour une meilleure compréhension)… et qu’Israël avait mis les Palestiniens en garde avant les bombardements (inutile de citer les bombes au phosphore).

• En cas de nouvelle opération visant à briser le blocus de Gaza, utilisez des expressions telles « cette flottille de soi-disant pacifistes » ou « acte de provocation »… et surtout évitez les commentaires du style « blocus illégal d’Israël, condamné par l’ONU ».

• Il est important d’être vigilant face à la propagande palestinienne.

C’est chaque jour que les agences de presse reçoivent des communiqués sur de soi-disant incidents (incendies d’oliviers, massacre à la frontière syrienne, répression violente de manifestations, etc)… sans confirmation des autorités israéliennes.

Evitez donc d’en faire état dans vos medias.

• Si vous en avez l’occasion, affirmez qu’Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient. Evitez, évidemment, d’ajouter que cette qualité ne concerne que la population blanche et juive du pays.

• Ne faites aucune critique de la volonté du gouvernement actuel de transformer le terme Israël en Etat Juif,excluant de facto les 20% de musulmans de la population.

Toujours éviter la référence religieuse à ce propos.

• Contrairement aux infos des medias israéliens, toujours très fiables, la prudence s’impose avec celles provenant des agences de presse ou medias arabes.

Toujours les vérifier – si nécessaire auprès de l’ambassade d’Israël – avant diffusion!

• A priori, tout communiqué émanant des services du gouvernement israélien doit être considéré et diffusé comme objectif!

Au cas où l’information se révèlerait ensuite fausse ou incorrecte, il n’est pas utile d’en informer le public… sauf après un délai suffisant pour en atténuer l’impact.

• Au cas où une information très défavorable à Israël vous parvient (condamnation d’une instance internationale, découverte d’un complot…), il est urgent et primordial, pour préserver la réputation d’Israël, de rechercher un autre sujet à diffuser à sa place (mariage royal, performance sportive…).

• Les Israéliens parlant mieux le français que les Arabes, donnez-leur souvent la parole. Ils peuvent mieux nous expliquer les règles précédentes et vous affirmerez ainsi votre neutralité journalistique.

Note Importante

Au cas où certains de vos collègues contreviendraient aux règles ci-dessus, prière d’en aviser les responsables de votre media. C’est un devoir citoyen de signaler ces dérives antisémites

Gaza, ça recommence ! – Mazin Qumsiyeh –


Mazin Qumsiyeh

The Popular Resistance

Est-ce que l’histoire est en train de se répéter ?

 

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Trois janvier 2009 : bombardement sur Beit Hanoun
(photo : P. Baz/AFP/Getty Images – boston.com)

Les forces d’Israël ont attaqué Gaza, elles détruisent les réseaux d’électricité, détruisent l’infrastructure et massacrent les civils. Elles ont amplifié leur attaque brutale quand deux roquettes artisanales ont été lancées sur Tel Aviv. Les hôpitaux à Gaza sont rendus au point de rupture, essayant d’accueillir les victimes alors que depuis des années, ils sont en état de siège. Mais les forces de la résistance à Gaza ont signalé qu’un jet israélien a été abattu. Les autorités israéliennes sont prises en flagrant délit de mensonge à leur propre population sur l’ampleur des dégâts causés par la résistance (prétendant par exemple que les roquettes étaient interceptées et qu’elles ne retombaient pas alors même que les citoyens israéliens voyaient les roquettes exploser au sol, ils voyaient les incendies se déclarer et les ambulances qui se précipitaient. J’ai entendu moi-même les sirènes hurler dans les colonies de Gush Etzion et j’ai entendu le bruit sourd d’une roquette largeb (probablement du type Fajr, de grande portée).

Mais maintenant, quelques observations analytiques.

Est-ce que l’histoire est en train de se répéter ? L’attaque israélienne contre Gaza cette semaine a lieu entre les élections présidentielles aux États-Unis et les élections (prochaines) israéliennes. L’attaque contre Gaza il y a quatre ans a eu lieu également après les élections US et avant les élections israéliennes. Certains citoyens israéliens ont ainsi lancé un avertissement dans un journal israélien sous le titre « Non à la guerre des élections ! ».

Netanyahu et compagnie tentent aujourd’hui de refaire ce qu’Olmert et compagnie ont essayé de faire il y a quatre ans : pousser Gaza à la soumission tout en gagnant les voix de droite. Cette attaque pourrait aussi être un test de préparation dans le cas d’une guerre à venir contre l’Iran (Gaza est plus faible que le Liban ou l’Iran). Au vu des premiers résultats, la machine de propagande israélienne (hasbara) n’a pas réussi à faire apparaître l’attaque contre Gaza comme une « légitime défense » et elle ne réussira pas davantage dans ses autres objectifs tout comme en 2006 et 2008.

Lors de la dernière agression contre Gaza il y a quatre ans, les forces israéliennes ont assassinés 1400 palestiniens, dont près de 400 enfants, en à peine trois semaines. C’était, et c’est toujours, une tâche difficile pour la propagande de cacher l’ampleur des atrocités commises contre les natifs de cette terre, spécialement quand des organisations de défense des droits de l’homme et les Nations-Unies qualifient de tels actes de crimes de guerre et de crimes de l’humanité.

A Gaza, rien que dans les dernières quarante-huit heures, les martyrs palestiniens comprenaient deux bébés de dix et onze mois. Netanyahu espère que les réseaux sionistes de communication et sa campagne de bombardements vont réussir en 2012 ce qu’ils ont raté en 2008. Israël en tant qu’occupant/colonisateur espère se tirer de ses assassinats en qualifiant la résistance du peuple occupé de « terrorisme ».

A l’âge de la communication en temps réel, c’est devenu difficile. Après plusieurs guerres d’agression (par exemple, en 1948, 1956, 1967, 1982, 2000, 2006, 2008, et aujourd’hui, 2012), le monde se réveille. Les peuples du monde arabe qui se sont engagés dans de véritables révolutions démocratiques exigent désormais un véritable changement. Il est symboliquement important que des officiels de premier plan d’Égypte et Tunisie se soient rendus à Gaza pendant les attaques en cours.

Les peuplent savent que les lobbies israéliens, tel l’AIPAC (dont le site a été piraté par Anonymous cette semaine (1)), continuent d’inciter à des guerres y compris à une guerre hors-la-loi contre l’Iran, de la même manière qu’ils ont poussé aux guerres illégales précédentes contre le Liban et l’Iraq. La dernière guerre a été imposée à l’opinion publique occidentale grâce à des mensonges (les liens de l’Iraq avec les actions terroristes du 11 Septembre 2001 et les armes à destruction massive). La guerre a coûté des milliers de vies états-uniennes, des centaines de milliers de vies iraquiennes, et trois mille milliards de dollars en coût direct aux contribuables des États-Unis).

Les peuples savent que Gaza est toujours sous occupation selon le droit international, comme les Nations unies elles-mêmes l’ont rapporté. Même les porte-parole israéliens et un document rendu public par une décision de tribunal ont montré qu’Israël s’est lancé dans une punition collective de la population de Gaza, un crime contre l’humanité selon le droit international. Les Nations unies ont mis en garde contre une catastrophe humanitaire si le siège israélien de Gaza se poursuivait. Israël continue aussi de cibler tous les bateaux humanitaires qui tentent de briser le siège.

Les politiciens israéliens trouvent commode toutes les quelques années de lancer une guerre massive pour garder le « front intérieur » dans l’inquiétude et l’unité, et ils espèrent ainsi booster leurs carrières politiques. « Éradiquer le terrorisme » et défendre « la sécurité des citoyens israéliens » sont maintenant considérés, même par les Israéliens, comme de la simple propagande. Les rapports des Renseignements israéliens soumis au gouvernement israélien montrent que le Hezbollah est devenu encore plus fort après les attaques israéliennes de 2006 et que le Hamas est lui aussi devenu plus fort après l’attaque israélienne en 2008.

La Gaza appauvrie enseigne toutes les leçons. Olmert et Livni ont découvert que les crimes de guerre ne se traduisaient pas obligatoirement en bulletins de votes. Une leçon plus importante qui demande peut-être plus de temps pour être creusée est que la sécurité ne vient pas d’une oppression et d’un nettoyage ethnique, les deux piliers du sionisme. La sécurité vient de la justice. Israël est un État apartheid raciste et militarisé qui a créé la plus grande population de réfugiés toujours existant sur la terre (sept millions des douze millions de Palestiniens sont des réfugiés ou des déplacés).

La paix peut venir par la reconnaissance des torts et un engagement pour une justice réparatrice. Une fois réalisé le retour des réfugiés palestiniens (dont le million de Gaza) dans leurs foyers et sur leurs terres occupées en 1948, nous pouvons tous vivre ici dans un État démocratique laïc, quelle quelles que soient nos origines religieuses ou autres.

Je soupçonne que les attaques immorales et cruelles israéliennes contre Gaza vont hâter ce résultat incontournable.

(1) Anonymous a bloqué le site de l’AIPAC (c’est le site de la troisième colonne qui détruit l’économie américaine pour le bien du sionisme) http://www.aipac.org/.

Actions : actions en urgence dans le monde pour Gaza : https://docs.google.com/a/qumsiyeh….

(JPG) Restez humains

Pr Mazin Qumsiyeh

Site : http://qumsiyeh.org

Adresse courriel : mazin@qumsiyeh.org

16 novembre 2012 – http://popular-resistance.blogspot.fr/2012/11/gaza-redux.html] – traduction : Info-Palestine/JPP

 

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