Connaître les Israéliens


Gideon Levy

 


Un tiers des Israéliens veulent que les citoyens arabes soient interdits de droit de vote ; environ la moitié des Israéliens sont en faveur d’une politique de « transfert » des Arabes hors du pays ; et une majorité affirme qu’il existe ici un apartheid. Finalement, il nous faut renoncer à tout espoir de voir les choses s’améliorer.

Contents de faire votre connaissance, nous sommes racistes et pro-apartheid. Le sondage dont les résultats ont été publiés dans Ha’aretz ce mardi, réalisé par Dialog pour la Yisraela Goldblum Fund, prouve ce que nous savons depuis toujours, sans savoir que c’était aussi net. Il est important de reconnaître la vérité qui nous est lancée en pleine face, et à celle du monde (où l’enquête est en train de faire des vagues). Mais il est plus important encore d’en tirer les conclusions qui s’imposent.

Étant donné l’actuelle réalité, faire la paix serait un acte presque antidémocratique : la plupart des Israéliens n’en veulent pas. Une société juste, égalitaire violerait aussi les désirs de la plus grande partie des Israéliens : de cela aussi ils ne veulent pas. Ils se satisfont avec le racisme, ils sont à l’aise avec l’occupation, ils sont contents avec l’apartheid ; les choses vont très bien pour eux dans ce pays. C’est ce qu’ils ont dit aux sondeurs.

Jusqu’à ce qu’une direction courageuse survienne ici, de celle qui n’apparaît que rarement dans l’histoire, et qu’elle tente de changer cet état d’esprit nationaliste, raciste, il n’y a indéniablement aucun espoir de changement à attendre de tout cela. Il n’en viendra pas ; et en effet cela ne se peut car il est contraire aux souhaits de la plupart des Israéliens. Cette réalité doit être admise.

Le monde doit aussi en tenir compte. Ceux qui, impatients d’arriver à un accord, élaborent périodiquement des plans de paix doivent finalement bien comprendre ce que les Israéliens leur ont clairement dit : « Non merci, nous ne sommes pas intéressés ». Le monde arabe doit de la même manière comprendre que ce sondage (et d’autres comme lui) est le véritable discours Bar-Ilan d’Israël (discours de Netanyahu à l’université de Bar-Ilan, le 14 juin 2009).

Il est difficile de blâmer les Israéliens. Des années de lavages de cerveau, la diabolisation et la déshumanisation des Arabes en général et des Palestiniens en particulier, associés à des années de terrorisme brutal, ont laissé des traces. Qu’attendez-vous, pour l’amour du ciel, des Israéliens qui sont exposés tous les jours à des médias qui leur affirment, par exemple, que la récente visite à Gaza de l’Émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa Al-Thani, venu donner des centaines de millions de dollars pour construire des routes, c’est « le Qatar pour le terrorisme » (comme l’a publié le gros titre d’hier de l’édition en hébreu de Israel Hayom) ? Pourquoi voudraient-ils faire la paix avec ceux qui, depuis des décennies, ont été méthodiquement dépeints comme cherchant uniquement à les anéantir ?

Pourquoi l’Israélien moyen serait-il d’accord pour qu’il y ait un étudiant arabe dans la classe de son enfant ou une famille arabe dans son immeuble s’il n’a jamais rencontré d’Arabes et s’il les connaît uniquement que comme des terroristes, des criminels ou un peuple primitif – les seules images des Arabes qui sont diffusées ? Pourquoi penserait-il que la discrimination contre les Arabes par les ministères du gouvernement serait une mauvaise chose si la seule réalité qu’il connaît est que les Arabes sont des égoutiers ou des balayeurs de rues, et s’il ne sait pas que les Arabes sont capables de bien mieux que cela ?

Après tout, même les Israéliens laïcs qui ont exprimé les opinions les plus tolérantes dans ce sondage ne savent pas en réalité de quoi ils parlent. Quand ont-ils même rencontré un Arabe ? Quand leurs enfants en ont-ils rencontré un ? Et s’ils en ont vu, quel genre d’Arabe ont-ils rencontré sinon que le garçon livreur de l’épicerie, le propriétaire de l’épicerie du quartier, le laveur de voiture, Ahmed le plâtrier ou le monteur d’échafaudages ? Et cela sans même parler des Palestiniens : la dernière fois (et aussi la première) qu’ils ont rencontré un Palestinien, si tel est le cas, ce fut durant leur service militaire, à travers la lunette de leur fusil, comme un objet suspect et dangereux.

Néanmoins, ce lavage de cerveau n’absout pas les Israéliens de leur responsabilité. Il est vrai que le système éducatif, et plus encore les médias, incitent et échauffent, sèment la terreur et la haine. Mais ils le font pour se conformer aux goûts de leur auditoire. C’est un cercle vicieux déprimant, dans lequel on ne sait qui a commencé.

Après tout, si les médias israéliens pensaient que leur lavage de cerveau était répulsif pour leurs lecteurs, ils y auraient renoncé depuis longtemps. Mais ils connaissent le cœur de leurs clients. L’establishment politique, lui aussi, comprend la nature des choses. C’est pourquoi nous sommes pris dans une course effrénée vertigineuse vers la droite : Yair Lapid, le président de Yesh Atid, rivalise avec Shelly Yacimovich, dirigeant du Parti travailliste, pour savoir lequel est le plus à droite.

Ainsi, on ne peut excuser la situation par l’incitation : les Israéliens sont toujours heureux de se faire inciter contre l’Arabe de Baka (quartier de Jérusalem), ou le Palestinien de la casbah. Les médias soucieux de leur audimat et les politiciens face à la bataille des primaires cherchent seulement à se nourrir sur leur dos.

Un tiers des Israéliens veulent que les citoyens arabes soient interdits de droit de vote ; environ la moitié des Israéliens sont en faveur d’une politique de « transfert » des Arabes hors du pays ; et une majorité affirme qu’il existe ici un apartheid. Finalement, il nous faut renoncer à tout espoir de voir les choses s’améliorer.

Voir :

-  Un sondage révèle que la plupart des Juifs israéliens soutiennent le régime d’apartheid en Israël de Gideon Levy – Ha’aretz

et

-  Omar Barghouti : A propos du soutien des juifs israéliens au régime d’apartheid en Israël

et aussi :

-  Les Palestiniens aux prises avec un apartheid de fait, selon les Israéliens – Globalnet

(JPG)

Gideon Levy : Né en 1955, à Tel-Aviv, journaliste israélien et membre de la direction du quotidien Ha’aretz, Gideon Levy dénonce inlassablement les violations commises contre
les Palestiniens 
et le recours systématique 
à une violence 
qui déshumanise 
les peuples dressés l’un contre l’autre.

Du même auteur :

-  Les colons en passe de réussir une prise de contrôle hostile d’Israël
-  Pourquoi les Égyptiens nous haïssent
-  Obama a rejoint le Likud
-  Les masses égyptiennes ne joueront pas l’alliance avec Israël
-  La presse israélienne cache la vérité
-  Israël soulagé de ne pas être le seul criminel de guerre
-  La république juive d’Israël
-  Netanyahu a raison : le monde entier est contre Israël
-  Opération mini Plomb Durci

25 octobre 2012 – Ha’aretztraduction : Info-Palestine/JPP

Election d’Obama: Israël en posture délicate après le soutien de Netanyahu à Romney


8 novembre 2012 à 16:30
Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012

Le président américain Barack Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à la Maison Blanche à Washington, le 5 mars 2012 (Photo Saul Loeb. AFP)

Le gouvernement israélien se retrouvait jeudi sur la défensive, l’opposition et les commentateurs évoquant l’hypothèse d’une « vengeance » du président Barack Obama en raison des sympathies affichées par Benjamin Netanyahu en faveur du candidat républicain perdant Mitt Romney.

Le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche de M. Netanyahu, a tenté de réfuter les accusations d’ingérence du Premier ministre israélien dans la campagne présidentielle américaine.

« Nous ne nous sommes pas immiscés dans les élections américaines, nous avons été très prudents », a affirmé M. Steinitz à la radio publique.

« Ceux qui colportent de fausses informations sur une intervention israélienne dans le scrutin portent atteinte aux intérêts d’Israël », a-t-il accusé en visant notamment l’ancien Premier ministre centriste Ehud Olmert.

M. Olmert, qui envisage un retour en politique pour les élections législatives du 22 janvier, a estimé qu’en prenant parti, M. Netanyahu a « violé les règles de base qui régissent les relations entre Etats », selon des propos tenus devant la communauté juive de New-York rapporté par des médias israéliens.

La dirigeante du Meretz, un parti d’opposition de gauche, Zehava Galon, a renchéri en fustigeant « l’intervention grossière de Benjamin Netanyahu dans les élections américaines », parlant d’un « pari irresponsable ».

M. Netanyahu, cité par la radio, a dû s’expliquer: « Certaines voix parmi nous tentent de provoquer un conflit avec les Etats-Unis, mais elles n’y parviendront pas. Je continuerai à travailler étroitement avec le président Obama pour défendre les intérêts d’Israël », a-t-il assuré.

MM. Netanyahu et Romney, des conservateurs libéraux, partagent des affinités idéologiques encore renforcées par l’appartenance du républicain à l’Eglise mormone, traditionnelle soutien de la droite nationaliste israélienne.

L’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Dan Shapiro, s’est efforcé d’apaiser la polémique en qualifiant de « ridicule » l’idée d’un « désir de vengeance » du président réélu.

Le prix à payer

Les analystes israéliens s’interrogent néanmoins sur le « prix » que Barack Obama pourrait faire payer à M. Netanyahu à un peu plus de deux mois d’un scrutin crucial.

« Netanyahu a parié et nous allons payer », résume le tabloïd Yédiot Aharonot.

Même son de cloche à gauche, au Haaretz: « Obama a maintenant quatre ans pour régler ses comptes avec Netanyahu, pour le soutien ouvert à Mitt Romney, pour ses dépréciations (d’Obama) devant le Congrès, pour le gel des négociations avec les Palestiniens, pour la colonisation et pour avoir tenté de lui faire la leçon sur le dossier iranien ».

Le premier test de l’humeur entre l’Américain et l’Israélien pourrait avoir lieu très prochainement, à l’occasion de la demande de rehaussement du statut de la Palestine au rang d’Etat non-membre à l’ONU.

« Netanyahu espère que les Américains vont presser Mahmoud Abbas de renoncer à ce projet, mais le président américain demandera en échange que le Premier ministre fassent preuve de souplesse envers les Palestiniens », a pronostiqué le commentateur politique de la radio publique.

La deuxième test devrait porter sur le programme nucléaire iranien controversé.

Selon plusieurs commentateurs, Barack Obama pourrait tenter de négocier un accord avec Téhéran sans fixer de limite de temps tandis que M. Netanyahu ne cesse d’accuser l’Iran de procrastination.

En septembre, M. Netanyahu a réclamé à hauts cris mais en vain à la Maison Blanche d’imposer à l’Iran « des lignes rouges claires » à ne pas dépasser dans son programme nucléaire, en menaçant de frapper préventivement les installations atomiques iraniennes.

Mais il s’est heurté à une fin de non-recevoir –au propre comme au figuré– du président américain qui, comme le reste de la communauté internationale, privilégie à ce stade un durcissement des sanctions contre l’Iran.

source

Arts et Culture Berbères à Saint-Josse


L’asbl Tazdayt a l’honneur de vous ouvrir les portes de la culture berbère et plus particulièrement celle de Figuig  qui constitue notre fierté incommensurable. En effet considérée comme l’oasis la plus proche de l’Europe, elle est au pied du désert dotée d’une histoire indéniable et d’une culture richissime. Notre objectif est de vous faire partager cette culture et surtout nos valeurs. L’exposition, voir fiche annexe, abordera principalement la vie quotidienne des Figuiguiens à travers des objets artisanaux, des photos commentées si nécessaire. Nous vous souhaitons la bienvenue à cette exposition afin de vous dévoiler notre patrimoine culturel, artisanal, gastronomique…etc Bref notre origine.

Commune de Saint-Josse | Gemeente Sint-Joost
Exposition
26.11 >
13.12.2012
Bibliothèque Communale
Rue de la Limite 2 – 1210 bruxelles
lu : 16h>18h, ma : 12h>17h, me : 14h>19h, je : 11h>17h, sa : 9h>13h
T 02 219 38 26
http://www.saint-josse.be

à l’initiative du Collège des Bourgmestre et Echevins de la commune de Saint-Josse. Activité organisée par L’ asbl TAZDAYT, à l’initiative de CTL la Barricade Asbl, en partenariat avec la
bibliothèque de Saint Josse, sous l’impulsion de Mme Béatrice Meulemans échevine de l’Intégration sociale dans le cadre des projets ponctuels de Cohésion Sociale St Josse.
01.12.2012 14h›17h
– Lecture et chant : Mekki Atmane (poète et chanteur)
– Littérature : LALI Mustapha (prof. chercheur ; premier vice président du conseil municipal de Figuig)
– Animation : HARRADJI Mustapha (Artiste peintre, portraitiste à Montmartre) (Thé et biscuits traditionnels)
E.R. / V.U : Jean Demannez, av. de l´Astronomie 12-13 Sterrenkundelaan Bruxelles 1210 Brussel
Arts et
Culture Berbères
Tazdayt Asbl
G 0484 50 62 22
CTL la Barricade
T 02 219 69 96

Le régime syrien veut faire des chrétiens des moutons apeurés


Le site All4Syria, qui diffuse une lettre quotidienne d’information à plus de 50 000 lecteurs arabophones à travers le monde et qui compte chaque jour plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, a publié, le 6 novembre, une contribution très éclairante du journaliste Maher Charafeddin. Originaire de Soueïda et membre de la communauté druze, il bénéficie d’une connaissance intime du comportement du régime de son pays avec les minorités confessionnelles. Dans cet article intitulé « L’image des chrétiens dans les médias du régime« , dont on trouvera ci-dessous la traduction, il montre comment le régime syrien instrumentalise ses « alliés » chrétiens. Surtout, il souligne de manière concrète le mépris que le pouvoir en place éprouve en réalité pour ceux qui ne sont pour lui que des « supplétifs ».

Maher Charafeddin

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Mon attention a été retenue, il y a quelque temps, par un article du dénommé Nidal Nouaysseh, qui fait profession d’écrire. Intitulé « Riyad le menteur« , cet article tournait en dérision, en recourant aux thèmes du patriotisme, de l’honneur et de la dignité, le Premier ministre défecteur Riyad Hijab. Inutile de préciser que le papier en question n’était qu’un ramassis d’insultes et de mensonges. Mais, ce qui a retenu mon attention, c’est la phrase suivante : « Pourquoi ne rentrent-ils pas dans leur pays, ces Karzaï que sont Riyad Hijab, Riyad Al Agha, Micheline Kilo, Georgette Sabra, Burhan Ghalioun »…

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Dizaines d’oliviers palestiniens coupés par des partisans de la colonisation


dépêche AFP…

NAPLOUSE (Territoires palestiniens), 7 nov 2012 (AFP)

Plusieurs dizaines d’oliviers appartenant à des Palestiniens ont été arrachés dans
le nord de la Cisjordanie par des partisans présumés de la colonisation israélienne, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Par ailleurs, des heurts ont opposé des habitants palestiniens à des soldats israéliens venus démolir des maisons construites sans permis israélien dans le village de Haris, au sud-ouest de Naplouse, selon les autorités locales, l’armée israélienne et un photographe de l’AFP.

« Des agriculteurs ont trouvé 100 oliviers abattus à la tronçonneuse à Al-Sawiya, au sud de Naplouse », a déclaré à l’AFP Ghassan Daghlas, chef de l’administration palestinienne des affaires de la colonisation dans le nord de la Cisjordanie, ajoutant que des « slogans racistes » avaient été découverts dans le champ.

Une porte-parole militaire israélienne a confirmé l’information à l’AFP, faisant état de 50 arbres endommagés et précisant que les propriétaires avaient été invités à déposer plainte auprès de l’administration militaire israélienne. Une porte-parole de la police israélienne, Louba Samri, a indiqué à l’AFP que des graffiti libellés « prix à payer » avaient été retrouvés sur les lieux.

Des ultras de la colonisation israélienne mènent depuis des années une politique dite du « prix à payer », consistant à se venger sur des villageois palestiniens, des lieux de culte musulmans et chrétiens des décisions gouvernementales qu’ils jugent hostiles à leurs intérêts.

La cueillette des olives, qui a débuté en octobre, est souvent marquée par un accroissement des tensions entre les quelque 340.000 colons israéliens de Cisjordanie et les agriculteurs palestiniens.

L’industrie de l’huile d’olive représente 14% du revenu agricole pour les territoires palestiniens occupés, subvenant aux besoins d’environ 80.000 familles, selon la même source. Un rapport gouvernemental palestinien publié en 2011 évaluait le coût pour l’économie palestinienne de la destruction d’arbres par les autorités israéliennes ou par les colons à 138 millions de dollars (103 millions d’euros) par an.

Les clés pour comprendre la nuit américaine


LeSoir

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Mardi 6 novembre 2012

Election serrée ? Sondages too close to call (trop serrés pour être tranchés), comme le disent les Américains ? La dernière moyenne des sondages nationaux, calculée par le site RealClearPolitics, donnait 48,5 % à Obama contre 48,1 à Romney. Par-dessus toutes les polémiques purement politiques qui ont émaillé jusqu’au bout la campagne, il y en a eu une dernière. Elle opposait les médias et leurs commentateurs, sur le fait de savoir si l’élection était vraiment serrée, comme beaucoup le titraient encore lundi matin. Ou si la réélection d’Obama était assurée, le suspense n’étant entretenu que par les partisans de Romney, ou par les médias souhaitant maximiser l’attention de leurs publics.

Quoi qu’il en soit, la soirée électorale (pour les Européens, il s’agira plutôt de la nuit) s’annonce palpitante. En voici un vade-mecum, reprenant les enjeux ou les lieux-clés qui détermineront l’issue de l’élection.

Un système électoral indirect

Un système électoral indirect

On l’a déjà beaucoup évoqué, pourtant ce fait est souvent oublié : l’élection du président américain se joue par un système indirect. L’élection consiste en fait à élire des collèges de grands électeurs, dont le nombre est fixé pour chaque Etat. En pratique : le candidat qui récolte la majorité absolue dans un Etat empoche la totalité des grands électeurs. (Exceptions : le Nebraska et le Maine, dont les grands électeurs sont attribués à la proportionnelle, avec une prime au gagnant.) Le collège national compte 538 grands électeurs : est donc élu président le candidat qui en remporte 270.

Sur les 50 Etats que comptent les Etats-Unis, une petite quarantaine votent historiquement toujours du même côté. Les Etats du Nord-Est et ceux de la côte Ouest, qui sont aussi les plus peuplés, penchent toujours du côté démocrate (dont la couleur est le bleu). L’Ouest et le Sud, conservateurs (principalement parce que ce sont des états ruraux), votent toujours républicain (couleur rouge). Sauf… les Etats indécis, appelés « swing states » (Etats bascules) : ils sont, selon les méthodes de calcul, une dizaine (en beige sur la carte ci-dessous). C’est dans ces Etats-là que les candidats ont concentré leurs activités de campagne, et ce sont donc ces mêmes Etats qui déterminent en définitive l’issue du scrutin.

La soirée électorale consistera donc surtout à observer vers qui basculeront, au fil des fuseaux horaires, ces Etats indécis.

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Adnan Arour ou le salafisme fantasmé


Publié le 5 novembre 2012 by

Sur le salafisme : lire le précédent article.

Notre propos ici n’est pas tant ici de prendre la défendre du cheikh salafiste syrien Adnan Arour que de montrer par l’exemple le genre de propagande mensongère que le régime syrien et de ses défenseurs sont capables de produire pour ensuite salir l’ensemble des révolutionnaires syriens. 

Savant musulman salafi (au sens 2) originaire de la ville de Hama, il a très tôt pris position en faveur de la révolution syrienne. Il est à noter, et c’est un point non dénué d’importance, que Arour est un salafiste (sens 2.a) qui ne faisait pas la promotion de l’action armée… et qui interdisait même les manifestations (par anticipation de la réponse du régime certes, mais également par idéologie) ! La répression des manifestations pacifiques l’a poussé à encourager tout acte symbolique pour protester contre le régime des Assad : déchirer sa carte d’identité, scander des slogans par les fenêtres, etc…

Sans surprise, Arour fait l’objet d’une campagne de propagande intense à son égard, jouant aussi bien sur la méconnaissance du terme « salafiste » que des propos assumés qui peuvent aisément être détournés de leur sens premier. Ainsi, des extraits vidéos montrent Arour promettre de « donner la chair des alaouites aux chiens ». La formule est très certainement, comme il l’a lui-même reconnu, maladroite; d’autant qu’elle révèle plus de l’intimidation que d’une promesse effectivement réalisable. La formule est maladroite mais l’extrait, sorti de son contexte,  est évidemment une manipulation grossière. En réalité, Arour parle de ceux qui prendront part aux crimes du régime, et il vise en particulier les alaouites étant donné que le régime syrien est à majorité alaouite et que les pires crimes sont les faits d’alaouites. Il vise en particulier les alaouites, et en général tous les criminels. Il a par ailleurs bien précisé que ceux qui n’auront pas de sang sur les mains ne seront en rien inquiétés.

Lire la suite ici

Le salafisme, késako?


Publié le 5 novembre 2012 by

Ce billet est le premier d’une série d’articles qui visent à éclairer les lecteurs sur les différents « -ismes » souvent rattachés à l’Islam, et aux musulmans…

Il s’agira moins de soumettre un avis tranché que de proposer des clés de compréhension, meilleure preuve de respect qu’il est possible de présenter aux intéressés. De fait, les lignes plus bas et celles qui suivront ne s’adressent nullement aux adeptes du choc des civilisations et autres identitaires qui s’abreuvent de représentations fantasmatiques quand ils ne participent pas eux-mêmes à leur fabrication. Ceux-là qui ne peuvent s’imaginer d’extrémiste et de violent qu’en islamiste qu’il sera aisé de confondre à leur guise avec de simples musulmans, l’occasion pour eux de différencier le mauvais musulman du bon, ce dernier « prouvant » à qui en douterait, qu’il est possible de ne pas succomber au fondamentalisme à condition de modérer très fort ses penchants islamistes. Les mêmes qui, de mauvaise foi, refusent de comprendre le « langage musulman » pour systématiquement s’offusquer du « Allahou Akbar » de Syriens jugés trop islamistes dans leur façon de recevoir les bombes d’un régime imparfait, certes, mais tout à fait respectable puisque « laïc ». A tous ceux-là, inutile de lire plus loin.

Un même mot, plusieurs réalités.

Dans la série « j’utilise un terme que je ne comprends pas », demandons le salafisme.
Entre fantasmes de non avertis, mensonges de propagandistes et réalités d’un mouvement aux multiples facettes, le salafisme fait partie de ces termes qui portent à la plus grande confusion. Rares sont les articles qui prétendent nous éclairer sur le salafisme mais qui ne rajoutent pas un peu à la confusion qui existe déjà.

Soyons clairs : salafi n’est pas un gros mot.

En fait, et pour faire simple, le terme salafi peut être l’objet de trois compréhensions.

lisez la suite ici

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