Ce soir, manif pour la Syrie à 19:30 à BOZAR


Venez nous rejoindre ce mardi 4 décembre de 19h30 à 20h30 devant BOZAR, à l’occasion de l’évènement « Debout l’Europe! ».
http://www.bozar.be/b3/mgt/mailings/view4.php?id=7672

Nous sensibiliserons le public présent au drame vécu par le peuple syrien, avec pancartes et distribution de tracts. N’hésitez pas à partager l’information !

Organisateurs : ActionSyrie http://www.facebook.com/Actionsyrie
Plus d’infos : actionsyrie@gmail.com

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L’étau se resserre autour du régime syrien


OLJ/Agences | 04/12/2012
Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre turc à Istanbul le 2 décembre 2012, Vladimir Poutine s’est une nouvelle fois défendu d’être un « défenseur invétéré » du régime syrien. Bulent Kilic/AFP
Lors d’une conférence de presse avec le Premier ministre turc à Istanbul le 2 décembre 2012, Vladimir Poutine s’est une nouvelle fois défendu d’être un « défenseur invétéré » du régime syrien. Bulent Kilic/AFP

Révolte Poutine se défend d’être un « partisan invétéré » du régime syrien ; 132 morts au moins.

La volonté de la Turquie de déployer des missiles sol-air Patriot de l’OTAN à sa frontière va « exacerber » les tensions en Syrie, a déclaré hier le président russe Vladimir Poutine au cours d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à l’issue d’une brève visite de travail en Turquie. M. Poutine a eu recours à une maxime de la sagesse populaire russe pour expliquer l’opposition de son pays au déploiement de ce système : « On dit que si un fusil est accroché à votre mur au début d’un jeu, alors à la fin il sera sûrement utilisé pour tirer. » Le dirigeant russe a donc conseillé « la retenue » à la Turquie, en concédant toutefois « comprendre » ses préoccupations en matière de sécurité. Redoutant un débordement du conflit syrien, Ankara avait en effet réclamé à ses partenaires de l’OTAN le déploiement de missiles sol-air Patriot après la chute de plusieurs obus syriens sur son territoire au cours des dernières semaines. L’OTAN doit répondre favorablement dans les prochains jours à la demande de la Turquie, inquiète des débordements du conflit syrien sur son territoire.
À l’issue de son premier déplacement à l’étranger depuis deux mois, M. Poutine a également constaté ses divergences avec M. Erdogan sur le conflit syrien, entré dans son vingt et unième mois, mais a promis de poursuivre sa coopération pour y trouver une solution.

De même, M. Poutine s’est une nouvelle fois défendu hier d’être un « défenseur invétéré » du régime syrien, se disant d’abord préoccupé par « l’avenir » du pays. Depuis des mois, la Russie a systématiquement mis son veto à tout projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU condamnant la Syrie.
De son côté, M. Erdogan s’est abstenu de souligner ses différences d’opinion avec M. Poutine sur le conflit syrien, en éludant toute question de la presse à ce sujet. Depuis plusieurs mois, ce conflit a alimenté les tensions entre les deux pays, notamment après l’interception en octobre par l’aviation turque d’un avion civil syrien qui effectuait la liaison Moscou-Damas et qu’Ankara soupçonnait de transporter de l’armement à destination du régime syrien. Les autorités turques y avaient saisi du matériel radar susceptible de servir à des fins militaires.

Armes chimiques
Autre signe d’une tension croissante, les États-Unis ont de nouveau affirmé hier s’inquiéter d’un éventuel recours du pouvoir du président syrien Bachar el-Assad à des armes chimiques contre sa population, selon le porte-parole de la Maison-Blanche, Jay Carney. Selon un responsable américain cité par le New York Times, « l’activité que nous voyons suggère une potentielle préparation d’armes chimiques ». En visite à Prague, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a elle aussi lancé un « avertissement très sévère » à la direction syrienne, rappelant que pour Washington, l’éventuelle utilisation d’armes chimiques contre la population syrienne était « une ligne rouge ». Notons qu’une « task force » d’environ 150 militaires américains, essentiellement des forces spéciales, se trouve depuis plusieurs mois en Jordanie prête à agir si le régime syrien perdait le contrôle de ses armes chimiques.

(Pour mémoire : La panoplie d’agents chimiques de Damas « est assez robuste »)
Damas a aussitôt réagi en répétant sa position constante. « La Syrie réaffirme qu’elle ne fera pas usage de ce genre d’armes, si elle en possède, contre son peuple, quelles que soient les circonstances, car elle est en train de défendre son peuple », a déclaré une source au ministère des Affaires étrangères, citée par l’agence officielle SANA.
Toujours au plan diplomatique, le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil el-Arabi a déclaré hier lors d’un entretien avec l’AFP que le régime de Damas pouvait tomber « à n’importe quel moment ».

Chasseurs turcs
Sur le terrain, l’artillerie et l’aviation bombardaient hier les quartiers sud de Damas et sa banlieue, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), proche de l’opposition. Le journal syrien proche du pouvoir al-Watan avait promis dimanche « l’enfer » à ceux qui songeraient à attaquer la capitale. Hier, il faisait état de nouvelles « opérations de qualité de l’armée » qui a tué de nombreux « terroristes ». L’aviation syrienne aurait frappé à deux reprises Beit Saham, une localité proche de la route menant à l’Aéroport international de Damas, selon l’OSDH.
À la lisière de la Turquie, au moins 12 personnes, dont huit rebelles jihadistes, ont été tuées dans un raid aérien de l’aviation de Damas à Ras el-Aïn, selon l’OSDH. Des avions de chasse turcs ont été dépêchés vers la frontière après le raid, « par mesure de précaution », d’après un diplomate turc sous le couvert de l’anonymat.

(Lire aussi : De la difficulté de distinguer un jihadiste d’un rebelle)
À Alep, l’armée syrienne a lancé l’assaut sur le nord-est d’Alep aux mains des rebelles, progressant pour la première fois dans Boustan el-Bacha, un quartier tenu par les jihadistes, notamment du Front el-Nosra et d’Ahrar el-Cham, ont rapporté hier une source militaire et des habitants de la métropole du Nord. En ville, en proie depuis plus de quatre mois à une guerre urbaine, les forces de l’armée sont désormais suppléées par les « Kataëb el-Baas », les bataillons du parti au pouvoir en Syrie qui se sont organisés début novembre et patrouillent désormais en uniforme.
En outre, des combattants rebelles ont abattu hier un avion de combat MiG dans la province de Damas, entre Doumeir et Rahiybeh, ont indiqué des militants.
Un bilan provisoire de l’OSDH et de plusieurs sources parmi les militants faisait état de 132 morts au moins pour la journée d’hier. L’OSDH a recensé plus de 41 000 morts dans le pays en 20 mois de violences.

Flux d’immigrés
Au niveau humanitaire, l’ONU a annoncé hier vouloir retirer de Syrie son « personnel international non essentiel », soit 25 personnes sur une centaine, et limiter les déplacements de ses employés dans le pays à cause de l’aggravation des conditions de sécurité, d’après une agence de presse onusienne, IRIN, qui dépend du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA). Certaines agences de l’ONU vont aussi se retirer de la ville d’Alep, qui est le théâtre de combats entre l’armée syrienne et les opposants. Au moins une agence de l’ONU maintiendra une présence dans chaque grande région de Syrie en dehors de Damas, en fonction de la disponibilité du personnel local.
Même son de cloche pour l’Union européenne (UE), dont un responsable a annoncé hier que le bureau de l’UE à Damas allait réduire ses activités au strict minimum dans la capitale syrienne en raison de la dégradation des conditions de sécurité.
Toujours du ressort de l’humanitaire, le Premier ministre jordanien Abdallah Nsour a affirmé hier que son pays accueillait plus de 250 000 réfugiés syriens, un « fardeau énorme » pour le royaume, voisin de la Syrie. Par ailleurs, le camp de Zaatari, situé non loin de la frontière syrienne, accueille désormais 45 000 réfugiés, avec l’afflux de centaines de personnes fuyant la Syrie, a annoncé hier un responsable jordanien. Pour alléger la pression sur Zaatari, un nouveau camp sera prêt avant la fin de l’année en Jordanie pour accueillir les réfugiés syriens, ont indiqué les autorités.

source

Israël se raidit face à la Palestine


DUMONT,SERGE; AFP

LeSoir du lundi 3 décembre

Page 12

Lundi 3 décembre 2012

Proche-Orient Sanctions vexatoires multiples pour laver l’« affront » ONU

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Les dirigeants israéliens ne digèrent toujours pas le vote à l’ONU accordant le statut d’observateur à la Palestine. Après avoir annoncé la construction de 3.000 logements dans les « nouveaux quartiers » de Jérusalem-Est (la partie arabe de la ville) et dans la « Zone E1 » (vaste étendue de Cisjordanie séparant la ville sainte de l’implantation de Maaleh Adoumim), ils promettent une série d’autres sanctions destinées à gêner, voire paralyser le fonctionnement de l’Autorité palestinienne (AP).

Dimanche, le ministre des Finances Youval Steinitz (Likoud) a proclamé le gel provisoire du montant des droits de douanes et accises que l’Etat hébreu récolte au nom de l’AP, soit environ 85 millions d’euros/mois. Une somme a priori dérisoire pour un budget national, mais pas pour l’AP qui est au bord de la faillite et peine à payer le traitement de ses fonctionnaires. Selon Steinitz, ces sommes serviront à rembourser la dette palestinienne auprès de la compagnie nationale d’électricité israélienne.

Cette mesure a été annoncée au moment où Mahmoud Abbas était accueilli triomphalement à Ramallah par plusieurs milliers de sympathisants du Fatah, son parti, et ce n’est pas un hasard. Parmi les autres sanctions israéliennes actuellement à l’étude figure le retrait des laissez-passer VIP aux personnalités de l’AP, ainsi que l’annulation/report de réunions administratives organisées dans le cadre de négociations techniques ne portant pas sur le processus de paix.

En réalité, Israël n’a pas intérêt à ce que l’AP s’effondre car ce sont ses services, épaulés par ceux de l’Etat hébreu, qui empêchent la reprise des violences en Cisjordanie. Cependant, en pleine campagne pour les élections législatives anticipées du 22 janvier, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et son ministre des Affaires étrangères Lieberman doivent absolument faire oublier le camouflet diplomatique qui leur a été infligé à l’ONU.

Dans le courant de la semaine écoulée, alors que la communauté internationale se tournait vers Ramallah en raison de l’exhumation des restes de Yasser Arafat (et, deux jours plus tard, de la préparation du vote de l’ONU sur le statut de la Palestine), plusieurs événements politiques importants se sont déroulés en Israël. D’abord, les primaires organisées au sein du Likoud, le parti de Netanyahou, qui a conclu une alliance électorale avec Israël notre Maison, parti de Lieberman.

La quasi-totalité des candidats placés en ordre éligible sur cette liste commune sont beaucoup plus à droite que par le passé. L’un d’entre eux, un colon du nom de Moshé Feiglin (Likoud), propose l’annexion de la Cisjordanie et la reconquête de la bande de Gaza. En 1995, le même avait publiquement fait part de son admiration pour… Adolf Hitler.

Pourtant, l’union sacrée entre les deux formations ne provoque pas le raz-de-marée escompté. Entre autres, parce que bon nombre d’Israéliens reprochent à Netanyahou de ne pas avoir mené à terme l’opération « Pilier de défense » (lancée il y a quinze jours contre le Hamas de Gaza) et d’avoir cédé aux pressions internationales en n’autorisant pas une invasion terrestre de l’enclave palestinienne. Pour regagner du terrain face aux petits partis d’extrême droite qui se sont unis pour dénoncer la « lâcheté » du gouvernement, le Likoud multiplie les sanctions contre l’AP.

Du côté de l’opposition, le parti travailliste a également organisé ses primaires jeudi dernier et renouvelé ses candidats, parmi lesquels trois des quatre meneurs de la révolte sociale de 2011. Mais le fait politique qui a marqué la semaine écoulée est sans conteste le retour de l’ex-ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni, qui présente une liste proposant la reprise immédiate et sans condition des négociations de paix avec les Palestiniens. Soutenue par l’ex-leader travailliste Amram Mitzna (colombe), elle est pour le moment la seule à mettre le sujet en tête de son programme.