Egypte : Les Frères musulmans torturent…


Un papier de Delphine Minoui que le journal numérique du Soir.be publie cette après-midi en manchette.

Quand les Frères Musulmans donnent dans la torture

Correspondante au Caire, Delphine Minoui

D’une main déterminée, Mohammad El Garhi fait défiler, un à un, les clichés de la honte sur son téléphone portable. Visage ensanglanté, vêtements arrachés, regard sonné… Les portraits des victimes qu’il a photographiées dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 décembre, après s’être infiltré dans ce qu’il décrit comme une « cellule de torture improvisée », parlent d’eux-mêmes. « Les Frères Musulmans auront beau nié avoir arrêté et malmené les protestataires, c’est bien la preuve en grandeur réelle de leur brutalité », souffle-t-il. Cette nuit-là, le jeune reporter d’Al Masry al Youm, un quotidien arabophone proche de l’opposition égyptienne, a été dépêché aux abords du Palais présidentiel. La veille, un premier rassemblement de protestataires, venus manifester contre une Constitution dont ils dénoncent la coloration religieuse et les atteintes aux libertés, s’était déroulé dans le calme, sous le regard d’ailleurs souvent complice des policiers. Le Président issu de la Confrérie s’est-il senti en danger pour s’en remettre, dès le lendemain, à la violence de ses supporters ?

Il est environ 16h lorsque ces derniers rallient les alentours de l’énorme bâtisse blanche, au cœur du quartier huppé d’Héliopolis, en tentant de chasser violemment les manifestants. La tente des anti-Morsi vacille. Les insultes fusent. Des protestataires sont molestés. Cherchant à se défendre, les moins chanceux se retrouvent rapidement sous une pluie de bâtons. Tirés de force par leurs bourreaux, ils échouent dans un lieu secret, attenant à l’une des entrées du Palais, face à la mosquée Omar Ibn Abdel Aziz. Emboîtant le pas d’un collègue de Misr 25, la télévision pro- Frères, le journaliste égyptien parvient à y accéder vers 19h30. « A l’intérieur, j’ai pu dénombrer 15 membres de la Confrérie. Ces gens ne portent pas d’uniforme, mais j’ai pu les reconnaître à leur façon de parler et à leur allure. Ils étaient barbus pour la plupart, et particulièrement musclés. Epaulés par les forces anti-émeute, ils avaient divisé l’espace en deux cellules : celle de la torture et celle des interrogatoires », raconte Mohammad. A chaque nouvelle arrivée, le même manège se reproduit : les victimes – des dizaines selon le journaliste – sont jetées au sol, ruées de coups, et leurs biens personnels – carte d’identité, argent, téléphone – confisqués. Les questions fusent : Qui vous a payé pour manifester ? A quel mouvement appartenez-vous ? Celui de Sabbahi, d’El Baradei (deux grandes figures de l’opposition) ou bien le PND (l’ex parti de Moubarak) ? Pendant ce temps, les interrogateurs filment les réponses à bout de téléphone portable. Quand une victime refuse de se prêter au jeu, les coups redoublent de plus belle. « Regardez cet homme. Il n’arrêtait pas de leur répéter : « Je connais de nombreux cheikhs, je suis un bon musulman ». Mais ses bourreaux ne voulaient rien entendre. Pour eux, c’était un agent de l’Occident ! », poursuit Mohammad El-Garhi, en s’arrêtant sur une des photos. Avant d’ajouter, penaud : « Je n’en croyais pas mes yeux et mes oreilles : comment les Frères Musulmans, des victimes de l’ancien régime, pouvaient-ils s’être transformées si rapidement en bourreaux ? Et dire que j’ai voté pour Morsi. Aujourd’hui, je le regrette profondément…».

Détail encore plus troublant : dans son discours offensif, prononcé en direct à la télévision, dès le lendemain soir, le chef d’Etat islamique a fait référence aux « aveux » des « bandits » arrêtés pendant les troubles – une déclaration qui laisse entendre que les autorités étaient au courant de ces « cellules de torture ». « Au lieu de condamner ces détentions illégales et les abus commis à l’entrée du Palais, le président Morsi s’est insurgé contre ces victimes », déplore Joe Stork, de Human Rights Watch. Pire : cette nuit-là, les échanges de tirs et de coktails molotov entre pro et anti-Morsi ont fait, selon le Ministère de la Santé, au moins dix morts et plus de 700 blessés. Mais alors que l’affiliation politique des défunts – dont un copte – demeure incertaine, les Frères Musulmans ont eu vite fait d’en faire des islamistes de leur clan et de les ériger en « martyrs ».

« Je ne reconnais plus mon pays », se lamente Yehya Negm. Le visage parsemé d’égratignures et boursouflé par les coups, cet ancien diplomate de 42 ans est un miraculé. Ce fameux mercredi 5 décembre, il a vu la mort de près après avoir été roué de coups, en pleine foule, par les anti-Morsi. « Quand j’ai rejoint le cortège des protestataires, vers 16h, l’ambiance était calme et bon enfant. Quelques heures plus tard, ça a commencé à dégénérer quand les partisans du président sont arrivés. A 22h, mon groupe a été pris à partie. Ils étaient des dizaines, des centaines à me frapper au ventre, à la tête. Quand je me suis effondré au sol, ils ont commencé à m’écraser le crâne sous leurs bottes, avant de me traîner par terre sur une centaine de mètres. Une ambulance est passée par là, mais ils ont refusé de laisser son équipe me soigner. C’est à cet instant là que j’ai tourné de l’œil », raconte-t-il. Quand il reprend conscient, un peu plus tard, il réalise qu’on l’a enchaîné avec des ficelles en plastic à l’une des portes du Palais. Il n’est pas seul : une petite cinquantaine de personnes ont échoué comme lui, dans cet espace encerclé par des pro-Morsi en furie. « Ils me traitaient d’infidèle, de traite. Dans mon portefeuille, qu’ils avaient saisi, ils ont trouvé des dollars : la « preuve », pour eux, que j’étais un « espion de l’Occident». Quand je les ai suppliés de me rendre mon cellulaire, qu’ils avaient aussi confisqué, pour appeler ma famille, ils m’ont répondu : Oublie la ! ». La nuit sera longue et douloureuse. Ce n’est que le lendemain, aux alentours de 15h, qu’il retrouve enfin les siens, après que les pro-Morsi, sommés comme leurs adversaires d’évacuer les lieux sur ordre de l’armée, le transfère au poste de police. Aujourd’hui, Yahya se remet à peine de ses blessures « autant physiques que psychologiques », dit-il. Lui qui avait longtemps hésité à boycotter la Constitution a désormais bien l’intention de se rendre aux urnes ce samedi. « Je voterai « non », c’est décidé. Comment laisser passer une Constitution rédigée dans le sang ? », s’emporte-t-il.
DELPHINE MINOUI

Rassemblement demain devant l’Ambassade d’Israël


_.L’Association Belgo-Palestinienne vous convie

 

au  304èmerassemblement

pacifique  et   silencieux

Vendredi 14 décembre 2012

de 12h30 à 13h30 

 

 

FACE A L’AMBASSADE D’ISRAEL

40, avenue de l’Observatoire à Uccle

 

Soyons  nombreux

sans trompette ni calicots autres que les officiels et ceux reprenant le nom des associations partenaires à ce rassemblement

 

Soyons très nombreux

pour stigmatiser la non-application par Israël des résolutions des Nations Unies (dont la ES 10/15

condamnant la construction du mur) et de la IVème Convention de Genève

et demander la fin du blocus de Gaza

 

Prochains rassemblements en 2013  (deuxième vendredi du mois): en cours de demande d’autorisation

11 janvier, 8 février, 8 mars, 12 avril, 10 mai, 14 juin, 12 juillet, 9 août, 13 septembre, 11 octobre, 8 novembre,

                                                          

lundi 17 décembre : L’UE en Syrie: volonté sans pouvoir?


lundi 17 décembre 2012

18:30

A l’occasion de la sortie de son nouveau numéro, Eyes on Europe vous invite à sa conférence

L’UE en Syrie: volonté sans pouvoir?
De quels moyens de défense, humanitaires et économiques, l’UE dispose-t-elle pour agir?

Lundi 17 décembre, 18h30, salle H-1309

Modération: Barbara Delcourt, professeure de relations internationales à l’IEE et à la FSP

Intervenant-e-s: Pierre Piccinin, historien et politologue,
Inés Ayala Sender, députée européenne S&D
Sven Biscop, Institut royal des relations internationales d’Egmont

Un drink sera servi à la fin de la conférence et le nouveau numéro d’Eyes on Europe vous sera distribué.

Syrie : attaque contre un village alaouite


Le Monde.fr avec Reuters | 11.12.2012 à 19h30 • Mis à jour le 11.12.2012 à 22h24

Une attaque contre un village du centre de la Syrie a fait de nombreuses victimes mardi 11 décembre. L’opposition au président Bachar Al-Assad évoque un premier bilan de 125 morts et blessés. On ignore encore qui est derrière cette attaque, mais les rebelles syriens l’attribuent aux forces pro-Assad, bien qu’une partie des victimes pourraient bien être, comme le président, des alaouites, une branche du chiisme.

Selon les militants, le village d’Aqrab, à 40 km de Hama, compte en effet deux-tiers de sunnites et un tiers d’alaouites. Un militant de la région qui s’est présenté sous le nom d’Abou Ghazi a cependant affirmé que les habitants sunnites avaient fui leurs maisons, bombardées depuis une semaine.

Des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des blessés dans un hôpital de campagne de la région. Un militant y interroge deux jeunes adolescents allongés sous des couvertures, blessés et visiblement choqués. « Des hommes se sont servis des civils comme d’un bouclier humain pour leur propre protection, les menaçant de faire exploser des bonbonnes de gaz pour tuer tout le monde », affirme le militant, reprenant les paroles d’un des deux adolescents, allongé sur le ventre. « Des ‘chabbihas’ (miliciens pro-régime) sont venus en disant ‘on vient pour vous protéger des rebelles’, et ils nous ont empêchés de sortir de nos maisons, ils ont tué mon père, ma mère et mon frère », raconte en bégayant l’autre, qui dit s’appeler Mohammed.

source

Video

En Syrie, l’armée d’Assad massacre les habitants qui n’ont pas pu fuir Daraya


de Mediapart :

10 décembre 2012 | Par Caroline Donati

Les informations circulent à nouveau entre la Syrie et l’étranger. Il est vrai que le black-out imposé par le régime qui, durant trois jours, avait coupé réseaux téléphoniques et internet dans tout le pays la semaine dernière, n’a pas empêché les activistes syriens de continuer à retransmettre des informations de ce qui se passe sur le terrain, grâce à des réseaux satellitaires.

Fragmentaires, ces communications laissent entrevoir l’étendue des destructions provoquées par les forces d’Assad et en particulier de son aviation, engagées dans une bataille contre les banlieues de la capitale, Damas. Ces faubourgs sont désormais sous le contrôle des révolutionnaires et des combattants de l’Armée syrienne libre. Il y a une semaine, les rebelles parvenaient à abattre un avion de l’armée syrienne dans la région de la Ghouta orientale, la campagne qui borde les périphéries est de Damas.

Les combats aux périphéries de Damas sont particulièrement féroces à Douma, la « capitale » de cette Ghouta orientale, et au sud-est à Jaramanah, dans le périmètre de la route de l’aéroport international. Ils en feraient presque oublier une offensive particulièrement meurtrière qui se déroule dans une autre banlieue de la capitale tout aussi stratégique pour le régime : Daraya.

Plongée dans le noir et privée d’Internet depuis maintenant trois semaines, cette banlieue sud-ouest qui commande la route de Dera’a dans le sud du pays, est en passe de connaître le même sort que Alep, et avant Homs. La ville est soumise à un siège depuis le début du mois de novembre et devient un vaste champ de ruines, que parcourent combattants et activistes pour témoigner des destructions. Des images authentifiées ont ainsi été transmises. Par exemple, celles-ci datées du samedi 1er décembre, qui montrent les ruines d’une école de Daraya et des rues environnantes :

ou ici :

Syrie. Qui veut « terroriser » les habitants de Jaramana ? (1/2)


Mercredi 28 novembre 2012 au matin, la ville de Jaramana, dans la proche banlieue de Damas, a été secouée par une quadruple explosion. Il s’agissait d’un acte « terroriste »… puisqu’il était destiné à « terroriser » ses habitants. La première explosion, à 6h35, a été provoquée par une bombe sonore de faible puissance, placée sous une voiture parquée à côté d’une station-service, non loin de la Place du Président. Le second engin, dissimulé sous une autre voiture garée de l’autre côté de la station, a explosé quelque 10 minutes plus tard. A la différence de la première bombe, qui n’avait pas eu de conséquences dramatiques, celle-ci a tué sur le coup plusieurs dizaines d’habitants, de 30 à 70 selon les témoins. Ils s’étaient précipités pour porter secours aux éventuelles victimes du premier engin. Elle a également provoqué des dizaines de blessés, dont le nombre exact, de 80 à 120, reste aussi imprécis. Les deux autres bombes ont sauté près d’une heure plus tard, à quelques centaines de mètres de là, l’une dans le quartier Al Qariyât (à l’ouest de la place), l’autre à l’angle du carrefour de la rue Al Nahdha (à 500 mètres plus au sud). Elles n’ont provoqué que des dégâts matériels bénins. Il ne s’agissait pas d’attentats suicides, contrairement à ce que les médias officiels avaient immédiatement affirmé : aucun cadavre ou reste de kamikaze n’a été découvert sur les lieux.

Jaramana et son environnement

Lire la suite ici

 

Le journal Le Soir fête ses 125 ans, mais le coeur n’est pas à la fête


MEDIAS | lundi 10 décembre 2012 à 9h06

Le Soir fête les 125 ans de la première parution du journal

Le Soir fête les 125 ans de la première parution du journal. A cette occasion le Roi se rendra à la rédaction du quotidien. Mais l’esprit n’est pas à la fête. Un plan d’économies sera présenté vendredi lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire. Le personnel pourrait alors partir en grève. Le cas du Soir n’est pas isolé.

Toute la presse écrite belge, la quotidienne comme la périodique, se vend moins bien dans sa version « papier ». Les indispensables recettes publicitaires chutent elles aussi. La presse revoit sa méthode de fonctionnement, elle revoit son modèle économique.

Quel est l’avenir du papier, quel est l’avenir du numérique ?

Depuis la semaine dernière, « Le Soir » propose pour l’instant en version béta une nouvelle édition numérique payante à 17 heures.

« Ici, on est quand même dans une mise en page qui est très standardisée, on a divisé la page en cases, on va dire des cases et il y en a une qui est plus grande, elle représente la manchette », explique Philippe Laloux, le responsable des Médias numériques au Soir.

Il nous invite à consulter son écran de travail, une version numérique destinée à une tablette, se conçoit et est réalisée différemment du traditionnel journal-papier : « On change d’univers, des photos où on joue fort sur la taille des photos, la taille des tipos, ce qu’on n’a pas dans le papier, c’est qu’on peut ajouter de la vidéo, où on peut mettre 20 photos si on le souhaite, on peut avoir des liens ».

L’édition numérique est-elle la bouée ou l’une des bouées de sauvetage de la presse quotidienne ?

« Nous devons adapter nos structures mais c’est aussi le marché qui doit s’adapter à cette nouvelle lecture et accepter le principe du payant. Ce qui est encourageant, c’est qu’on a très peu de gens qui remettent en cause le principe qu’un journal numérique soit payant », explique Bernard Marchand, administrateur délégué du groupe Rossel qui édite Le Soir.

Et ce bon vieux journal-papier qui se vend moins bien d’une année à l’autre, il y a 6 ans, Le Soir a investi dans de nouveaux équipements d’imprimerie : « Les volumes diminueront mais le fait d’avoir investi il y a maintenant 6, 7 ans, nous permet justement d’avoir ça derrière nous et ne plus se poser ces questions-là. On sait qu’on peut imprimer à des coûts compétitifs pour encore longtemps et je rappelle, le journal est portable, ne coûte pas trop cher à réaliser, pas beaucoup plus qu’une tablette et reste un éco-système qui ne disparaîtra pas à mon sens ».

Un support papier pas tout à fait dépassé

Près de 1 million et demi de journaux dans leur version-papier, sont tout de même encore vendus en Belgique, proportionnellement plus en Flandre que dans la Communauté française.

« Il va y avoir une économie numérique sur les tablettes, sur les smartphones, les écrans d’ordinateur, de qualité, qui sera payante mais de manière tout à fait abordable et qui va progressivement de fait remplacer ou substituer le papier mais le papier durera encore pas mal d’années, je crois », estime pour sa part François Laudet qui dirige La Libre Belgique » et La Dernière Heure – Les Sports.

C.B. avec D. Delhalle

source

Syrie : combats dans Damas, bombardements près de la capitale et d’Alep


Le Monde.fr avec AFP | 09.12.2012 à 15h16 • Mis à jour le 09.12.2012 à 16h33

Dans le quartier de Daria, près de Damas, le 22 novembre.

Des combats entre armée et rebelles syriens ont éclaté, dimanche 9 décembre, à Damas, après des bombardements dans la nuit des forces gouvernementales contre des bastions de l’opposition dans la banlieue de la capitale, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Samedi, les violences avaient fait au moins 101 morts à travers le pays, dont 50 dans la région de Damas, essentiellement dans les banlieues sud et nord-est, selon un bilan de l’OSDH, une organisation basée au Royaume-Uni et s’appuyant sur un réseau de militants et de médecins civils et militaires. Neuf enfants figurent parmi les victimes recensées samedi, a souligné l’OSDH.

Dimanche matin, les combats ont éclaté au sud et à l’est de la capitale, faisant au moins un mort parmi les rebelles, et la ville elle-même, selon la même source. Au sud-ouest de Damas, l’armée a repris ses bombardements sur Daria, cible d’une vaste opération militaire depuis plusieurs jours, selon l’OSDH.

RAYON DE HUIT KILOMÈTRES AUTOUR DE LA CAPITALE

La périphérie de Damas se trouve désormais au coeur des combats, le régime cherchant à reconquérir un rayon de huit kilomètres autour de la capitale, qu’il veut à tout prix conserver pour être en position de négocier une issue au conflit, selon des experts.

Dans la nuit, l’armée a aussi bombardé le quartier de Sakhur à Alep, la grande métropole du nord où les combats sont dans l’impasse après plus de quatre mois de guérilla urbaine, ainsi que plusieurs villes tenues par les rebelles dans la province environnante, a rapporté l’OSDH.

Au total, les violences ont tué plus de 42 000 personnes depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le président syrien Bachar al-Assad, selon l’OSDH.

source

AFLAM DU SUD FESTIVAL DU CINÉMA ARABE DE BRUXELLES


Aflam du Sud

AflamDuSud logo def

AFLAM DU SUD FESTIVAL DU CINÉMA ARABE DE BRUXELLES

La 2ème édition de « Aflam du sud » festival du cinéma arabe propose

du 11 au 14 janvier 2013, des longs et des courts métrages, documentaires,   

des séances scolaires, un débat et une exposition dans 3 lieux de projections.

Cinéma Vendôme/Centre Culturel Arabe/Bozar

Festival « Aflam du sud » interroge les frontières entre l’Orient et l’Occident à travers des fictions, des documentaires et des courts-métrages inédits ou peu connus en Belgique. Un moment où le monde arabe est en bouillonnement de créativité cinématographique, défendant des points de vue importants,  pour s’investir dans un avenir différent. cette édition de « Aflam du sud » permet de découvrir un septième art au féminin avec un regard incisif et dérangeant.

Affiche tous sponsors

Il faut armer les rebelles syriens


Avec l’enlisement du conflit syrien, il devient nécessaire de réévaluer les options disponibles. En l’absence d’une solution politique et d’une intervention militaire directe improbable et dangereuse, il ne reste qu’une manière de hâter la fin du conflit : armer les rebelles.

Ceux qui préfèrent ne rien faire et s’indigner pendant que les Syriens meurent au rythme de 1 000 personnes par semaine opposent plusieurs objections.

1. Ne leur livre-t-on pas déjà des armes ? L’usage sporadique d’armes antiaériennes par les rebelles entretient l’imagination des conspirationnistes, qui y voient la main de « l’Occident ».

En réalité, les missiles sol-air observés sont russes (des SA-7, SA-16 et peut-être quelques SA-24), capturés dans des bases syriennes. Ils ne viennent ni des Etats occidentaux, ni des monarchies du Golfe, ni même de Libye.

2. Les armer n’augmentera-t-il pas le nombre de victimes ? C’est la principale objection morale et elle repose sur une logique arithmétique : les armes tuent, souvent des civils. Donc livrer des armes multipliera le nombre de morts. Le problème de ce calcul est qu’il présume que ne pas en livrer fera moins de victimes, ce qui n’est toujours vrai qu’en temps de paix.

En temps de guerre, il peut arriver que ne pas livrer d’armes à l’une des parties fasse paradoxalement plus de morts. C’est le cas lorsqu’on croit, comme ici, que leur en livrer inverserait le rapport de forces et mettrait fin au conflit.

Alimenté par les Russes, les Iraniens et le Hezbollah, et pouvant compter, en dépit des défections, sur des unités d’élite, Damas a encore les moyens de tenir longtemps – c’est-à-dire de faire durer son agonie puisque sa fin est inévitable.

Sachant précisément qu’il a déjà été trop loin dans ses crimes, le régime aux abois n’a plus grand-chose à perdre. On peut donc s’attendre à des mois de combats de plus en plus violents.

Ne pas livrer d’armes aux rebelles ferait indirectement plus de victimes : non seulement en laissant le conflit durer, mais aussi en augmentant les chances d’une intervention militaire directe. En effet, plus le conflit dure, plus le risque qu’Assad utilise des armes chimiques en dernier recours s’accroît, ce qui déclencherait sans doute une réaction internationale plus destructrice.

3. Livrer des armes « lourdes » n’est-il pas encore plus dangereux pour les civils ? Non, car elles sont beaucoup plus discriminantes que des armes « légères ». Livrer des camions de kalachnikovs tuerait bien plus d’enfants que des missiles antichars et antiaériens, qui sont utilisés contre des cibles militaires.

Il n’y a en général pas de civils dans les tanks et les avions de chasse de l’armée syrienne. Ce que l’on peut craindre, en revanche, est que ces missiles soient récupérés par des groupes terroristes et utilisés contre des civils.

4. Cela ne reviendrait-il pas à armer les terroristes ? On se souvient de l’Afghanistan (600 missiles Stinger livrés par la CIA aux moudjahidine évanouis dans la nature). Les armes antiaériennes sont les plus convoitées par les terroristes – la menace principale étant qu’ils s’en servent contre des avions de ligne, comme Al-Qaida à Mombasa (Kenya) en 2002.

Le risque est réel, mais il est largement exagéré par ceux qui justifient leur inaction en égalisant « les rebelles » et Al-Qaida, faisant le jeu du régime. Les médias occidentaux ont fait grand bruit de cette vidéo dans laquelle des hommes se réclamant de plusieurs groupes islamistes disent rejeter « le complot que représente la Coalition nationale » et vouloir « l’instauration d’un Etat islamique ». Mais les organisations en question ont depuis démenti – la vidéo était un faux.

Il semble en réalité possible d’armer la Coalition nationale syrienne en conditionnant cette aide à la garantie qu’elle contrôlera ces armements, voire en l’encadrant avec nos forces spéciales. Il est urgent de le faire car, si nous n’armons pas maintenant les factions modérées, les monarchies du Golfe finiront par armer les milices proches des salafistes.

5. A-t-on le droit de le faire ? On invoque l’embargo européen qui a été mis en place en mai 2011 pour empêcher les autorités syriennes d’utiliser ces armes contre sa population. Le problème est qu’il empêche celle-ci de se défendre contre le régime qui se fait de toute façon livrer des armes par la Russie.

Conscients de cette difficulté, les ambassadeurs européens l’ont renouvelé pour trois mois au lieu de douze. Il sera donc légal de livrer des armes à partir du 1ermars 2013. On pourrait même le faire avant, en invoquant la clause du texte qui prévoit la levée de l’interdiction « lorsque les armements ou les aides apportées par les Etats membres sont exclusivement destinés à des fins humanitaires ou de protection ».

6. Ne serait-on pas responsables des crimes de guerre commis avec nos armes ? Non, car il faudrait qu’ils agissent sur nos instructions. Le degré de contrôle requis pour reconnaître la responsabilité de l’Etat tiers est d’ailleurs élevé, comme l’a montré la Cour internationale de justice en 1986, en concluant que le contrôle qu’exerçaient les Etats-Unis sur les contras au Nicaragua était insuffisant pour qu’on puisse leur attribuer la responsabilité des violations du droit international humanitaire commises par eux.

Armer les rebelles syriens n’est pas idéal : c’est un moindre mal. « Ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, disait Aron, c’est le préférable contre le détestable. »Le détestable est de ne rien faire, ou de faire mine de croire en une solution politique.

Car, plus la guerre dure, plus l’opposition se radicalise et plus l’après-Assad sera difficile à gérer. Le préférable, dans ce contexte où les options sont limitées, est d’armer les rebelles, de les soutenir avec nos forces spéciales, et de faire la guerre par procuration.

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, philosophe et juriste

Créez un site Web ou un blog gratuitement sur WordPress.com.

Retour en haut ↑