Printemps arabe, des écrivains dans la révolution


agenda

festival passa porta jour 3

ven. 22.03.2013 | 20:30
€ 10 / 7

arab spring: writers in revolution

Printemps arabe, Réveil arabe, Révolution arabe, des mouvements contestataires spontanés ont entraîné la chute de dictatures en Tunisie, Égypte et Libye au nom de la dignité humaine et de la liberté. Ces pays  expérimentent encore la démocratie ; un régime politique si précieux que beaucoup de peuples arabes sont prêts à y sacrifier leur vie. En 2013, le « Dégage ! » résonne à Tunis, hommes et femmes sont debout en Égypte et Syrie. Ils refusent de faire de leurs révoltes déjà un tombeau ! Khaled Khalifa, Khaled Al Khamissi, Raja Ben Slama, Ibrahim Al-Koni et Boualem Sansal affirment leurs convictions. Une conversation polyphonique où les voix de résistance des poètes se mêlent à celles de l’éditorialiste Béatrice Delvaux et de l’écrivain marocain Mohamed Berrada. Pour un avenir meilleur à la hauteur des rêves qui explosent encore en rafales.

Soirée avec débat et lectures. Traduction simultanée.

« Je sais que l’écriture est impuissante et nue devant les canons », écrit l’écrivain syrien Khaled Khalifa.
« Une Égypte plus humaine, plus juste et pourquoi pas gouvernée par une femme (…) », propose l’écrivain égyptien Khaled Al Khamissi.
« Le droit de blasphémer ou de ne pas croire est sans cesse bafoué et menacé », rappelle la psychanalyste tunisienne Raja Ben Slama.
« Dans l’ombre de la tyrannie tout est voué à l’exil », explique l’écrivain libyen Ibrahim Al-Koni.
« Tant que je serai sous les feux de la rampe, je serai épargné », conclut le romancier algérien Boualem Sansal.
Voir programme Littératures arabes à Bozar dimanche 24 mars pour les rencontres individuelles avec les écrivains arabes.

RES. 02 218 21 07 halles.be

ORG. Passa Porta, Les Halles de Schaerbeek, Literature across Frontiers

Shimon Peres reçu à Bruxelles avec les honneurs…


Suite à sa carte blanche

Mr Goldman a répondu ce jour

À : m.uyttendaele@ugka.be

Maître,

J’ai lu avec attention et consternation votre carte blanche dans le Soir.
Etes-vous bien spécialisé dans le droit constitutionnel?
Je suis désolée de vous l’apprendre mais non, Israël n’est pas une démocratie, en tout cas dans le sens où nous l’entendons en Europe. Oui il y a le droit de vote mais cela ne suffit pas pour être un état démocratique. Je pense d’ailleurs, que les Bédouins citoyens israéliens ne peuvent participer à toutes les élections. Dans nos états, pour être une démocratie, il faut, je pense, respecter les droits de l’homme. Et Israël bafoue ces droits fondamentaux au quotidien. D’ailleurs Israël n’a pas de constitution (pourquoi?) et n’a pas de frontière fixe ce qui lui permet de continuer à conquérir du territoire.
Savez-vous qu’Israël n’accorde pas les mêmes droits (en matière de propriété notamment) à ses citoyens selon qu’ils sont juifs ou pas alors que beaucoup de ses citoyens ne sont pas juifs? Cet état enferme en prison qui il veut sous prétexte d’ « arrestation administrative » sans jugement, pour des durées indéterminées, sans accorder aux prisonniers des droits élémentaires comme voir sa famille. Sont enfermés des mineurs d’âge. La torture y est pratiquée.
Cet état  enferme ses objecteurs de conscience donnant à ces jeunes gens courageux un casier judiciaire leur interdisant de trouver du travail.
Par ailleurs Israël est un état religieux qui ne reconnait pas le mariage civil.
En vous lisant, j’ai l’impression que vous ne savez pas cela. Pourtant, apparemment, vous lisez le journal Le Soir et donc les articles de Baudouin LOOS et de Serge Dumont….
« Mr Peres a aussi des qualités » certes…il doit être un bon père de famille mais c’est aussi un criminel de guerre qui devrait être jugé par le tribunal pénal international. Vous défendez aussi les criminels de guerre?
Un état qui commet des crimes de guerre en bombardant la population civile avec des armes illégales comme les bombes au phosphore (vous avez vu les blessures que ça fait?), qui vole l’eau, qui construit un mur illégal, qui bombarde des centrales électriques ce qui compromet l’approvisionnement en eau, qui soumet la population de Gaza à un blocus criminel?
La liste des crimes commis par cet état est trop longue…
Je vous trouve assez méprisant envers ceux qui défendent les droits des Palestiniens. Personnellement, je n’ai rien à voir avec Mme Fourest. Ceux qui critiquent attisent la haine? Veulent la destruction d’Israël? Auriez-vous copié ces arguments d’un site « hasbara.com« ? Diriez-vous la même chose de ceux qui dénoncent les crimes de l’armée birmane ou du Sri Lanka? Bientôt vous allez nous dire de nous occuper du Darfour…Les premiers qui dénoncent les crimes de l’état israélien sont les pacifistes israéliens et les journalistes de Harretz: ils sont responsables aussi d’attiser la haine?
Ceci dit en vous lisant, j’ai découvert un désaccord avec Mr Abbas: pourquoi veut-il que la Palestine soit démilitarisée???D’abord que je sache, la Palestine n’a jamais eu d’armée et personnellement je pense qu’il faut que la Palestine ait une armée aussi puissante que celle d’Israël car ce n’est que quand les forces en présence sont en équilibre que la paix est possible…Ou alors mieux: faudrait démilitariser Israël! Les Palestiniens aussi ont le droit de se défendre!
Enfin, je suis assez d’accord avec Mr Goldman quand il dit qu’il s’agissait « d’une soirée cirage de pompes »: allons soyons sérieux, il n’est écrit nulle part qu’il s’agissait d’une conférence débat…
Je joins ma discussion avec le recteur et le mot de l’UPJB
J’espère que votre épouse est mieux informée des problèmes des Palestiniens…

Objet : réponse du recteur

Chère Madame,

J’ai lu votre message avec beaucoup d’attention.

Je ne me prétends pas spécialiste de la politique israélienne et je suis convaincu de la capacité de Monsieur Shimon Peres à répondre très habilement à toute question critique. Je sais aussi qu’il y aura face à moi un parterre de partisans de la politique d’Israël. Mais est-ce pour cela que l’on doit renoncer à adresser des questions critiques à quelqu’un? Je ne le pense pas. Je me suis toujours opposé au règne des communautarismes. Aussi, je trouve une certaine cohérence à affirmer une position contradictoire dans une communauté qui n’est pas la mienne, pour maintenir un dialogue et faire connaître à ceux qui l’oublient parfois des positions dissonantes. Je vous rejoins lorsque vous affirmez que la situation ne sera pas facile.

Quant aux insignes de DHC, il ne s’est jamais produit qu’on les retire. Et il a fallu cet événement pour que certains (la majorité?) se souviennent qu’on les avait octroyés à Shimon Peres. Je garde cependant en mémoire vos propositions.

Avec mes sentiments les plus respectueux,

Le Recteur,

Didier Viviers

De : Nathalie Patris [mailto:nath.patris@gmail.com]
Envoyé : vendredi 1 mars 2013 09:41
À : recteur@ulb.ac.be

Objet : Suggestion: Neve Gordon et Nurit Peled

Monsieur le Recteur,

J’ai lu avec grande attention votre réponse sur votre blog.

Il est bien courageux de votre part d’interpeller Mr Peres sur la politique israélienne de ces dernières années, mais avec tout le respect que je vous dois, pensez-vous avoir les connaissances nécessaires sur l’histoire du conflit et surtout sur la situation actuelle? Je ne veux en aucune manière vous dysqualifier: je sais que vous êtes un homme intelligent et brillant. Mais vous allez avoir en face de vous un manipulateur professionnel bien rodé à ce genre d’exercice. Il vous dira, avec la main sur le coeur, qu’il défend la paix, le dialogue avec les Palestiniens, discours creux et bien connu tout à fait contraire aux faits. Il répondra de façon évasive aux questions plus directes comme les crimes de guerre commis à Gaza, l’utilisation des bombes à phosphore, les bombardements au sud-Liban, la colonisation, les droits des prisonniers palestiniens et les arrestations administratives, la destruction systématique des villages bédouins du Néguev pourtant citoyens israéliens….Vous aurez devant vous un parterre de partisans pro-israéliens avec sans doute, au premier rang, Mr Kotek et Mr Sosnowski qui évidemment défendront le brave homme.

Par ailleurs, au vu de sa responsabilité personnelle dans les crimes de guerre commis par l’état israélien, ne pensez-vous pas qu’il faudrait au plus vite lui retirer les insignes de docteur honoris causa car le jour, où il comparaîtra devant le tribunal pénal international, cela risque de nuire à la crédibilité de l’ULB.

A sa place, puis-je vous suggérer la candidature du professeur Neve Gordon qui enseignait à l’Université Ben Gourion du Néguev où il dirigeait le Département de sciences politiques et gouvernementales. Ce courageux professeur est un membre actif de l’ONG Ta’ayush, qui rassemble Juifs et Arabes israéliens. Il soutient la campagne Boycott- Désinvestissement – sanction ce qui lui a valu de gros ennuis, mis sous surveillance par ses étudiants. Je vois qu’il n’est plus à l’unif depuis 2010. A-t-il été licencié?
Il est l’auteur de ce site: http://www.israelsoccupation.info

Ou Nurit Peled qui a déjà été honorée du Prix Sakharov du Parlement européen en 2001 et qui parle parfaitement le français. Elle est toujours professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem et est spécialiste du conditionnement scolaire. Sa tragédie personnelle a été racontée par Simone Bitton dans le film L’Attentat. (Sa fille Smadar a perdu la vie dans un attentat-suicide à Jérusalem.)

Tous les refuzniks mériteraient le titre de « docteur honoris causa » et les militants des vraies associations pacifistes israéliennes qui prennent des risques. Les soutenir est un devoir pour quiconque veut défendre les droits de l’homme et la justice.

Dans l’attente de vous lire, je vous remercie, Monsieur le Recteur, d’avoir pris le temps de me lire.

Nathalie PATRIS

Une subtile opération de com.

COMMUNIQUÉ DE L’UNION DES PROGRESSISTES JUIFS DE BELGIQUE (UPJB)

Que le Comité de Coordination des Organisations Juives de Belgique et le Forum der Joodse Organisaties invitent Shimon Peres, président de l’État d’Israël, cela n’a rien d’étonnant. Ce qui l’est beaucoup plus, c’est que le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, et le recteur de l’ULB, Didier Viviers se prêtent à cette évidente opération de com.

Opération de com. ? Personne n’ignore en effet que l’image d’Israël est de plus en plus ternie aux yeux de la Communauté internationale. Alors les organisations juives invitent son président qui, par ses déclarations récentes en faveur de négociations sérieuses avec l’Autorité palestinienne – et même avec le Hamas -, apparaît comme un homme de paix. Le problème, c’est que, en Israël, ce n’est pas le président qui dirige la politique du pays, son rôle étant strictement représentatif. Et il s’en acquitte fort bien en s’appliquant à donner une image respectable d’Israël, ce qui est l’objectif manifeste de l’opération.

La question que l’on peut, que l’on doit, se poser est de savoir pourquoi il a attendu de n’avoir plus aucun rôle décisionnel pour tenir un discours de paix. Car il ne faut pas oublier qu’avant d’accéder à la présidence, le 15 juillet 2007, Shimon Peres a été de quasi tous le gouvernements et qu’il a vigoureusement soutenu la politique de colonisation et aussi les deux guerres du Liban.

Qui plus est, Shimon Peres a, de façon directe, du sang sur les mains. En avril 1996, alors qu’il était Premier ministre, fonction à laquelle il avait accédé après l’assassinat de Yitzhak Rabin, c’est lui qui avait ordonné le bombardement du camp de réfugiés des Nations unies de Cana, au Sud-Liban, bombardement dont le bilan s’était élevé à 100 morts, majoritairement des femmes, des enfants et des vieillards. Le plus grave est qu’il s’agissait d’une opération strictement électoraliste à un mois des élections qui devaient avoir lieu le 29 mai suivant. Shimon Peres voulait ainsi prouver que lui, le civil, pouvait aussi être un chef de guerre. 100 morts pour rien puisque c’est Benyamin Netanyahu qui avait remporté les élections.

Que l’establishment de Belgique ait envie d’entendre la « bonne » parole du président de l’État d’Israël – à 100 ¤ l’entrée ! -, soit. Mais que vont donc lui dire le ministre de la Défense et le recteur de l’ULB ? Vont-ils lui parler du rapport des chefs de mission de l’Union européenne à Jérusalem-Est et à Ramallah qui fustige la colonisation israélienne à Jérusalem-Est occupé et annexé, estimant qu’elle vise à empêcher la création d’un État palestinien, et qui appelle les pays membres à sanctionner financièrement Israël ? Nous craignons fort que ce ne sera pas le cas et qu’ils feraient dès lors mieux de s’abstenir de participer à cette opération de com.

source : reçu par mail