Syrie : Les rebelles veulent que les combattants MRE rentrent chez leurs parents


Syrie : Les rebelles veulent que les combattants MRE rentrent chez leurs parents

Publié le 28.03.2013 à 13h14 | Par Julie Chaudier


Le président démissionnaire de la Coalition nationale syrienne (CNS), Moaz Al-Khatib, a demandé aux combattants étrangers, dont nombre de Hollando-Marocains, de rentrer dans leur famille. Aux Pays Bas, 3 Hollandais sont morts en Syrie, et près d’une centaine combat aux côtés des rebelles.

Les enrôlements de jeunes hommes français, hollandais, belges, souvent d’origine Marocaine, aux côtés des rebelles syriens ont fait irruption dans les débats du sommet arabe de Doha, mardi 26 mars, rapporte metronieuws.nl. Dans son discours, le président démissionnaire de la Coalition Nationale Syrienne (CNS) a reconnu qu’il avait reçu deux lettres, l’un de parents français, l’autre de parents néerlandais. «Je dis à tous ces gens : si votre famille a besoin de vous, ne venez pas ici, a-t-il déclaré publiquement, prendre soin de vos parents, qu’ils soient musulmans ou non, est le plus important, c’est faire le jihad

La coordination nationale du contre-terrorisme néerlandais a indiqué qu’un peu moins d’une centaine de Hollandais ont quitté les Pays-Bas pour partir se battre aux côtés des rebelles en Syrie. «3 Hollandais sont morts en Syrie. Deux étaient d’origine Marocaine et le troisième était d’origine Hollandaise, c’était un converti», indique Abdou Menebhi, président du Centre euro-méditerranéen Migration et Développement (EMCEMO), Néerlandais d’origine Marocaine. Leurs parents sont en détresse, comme ceux des quelques 70 Belges d’origine Marocaine à avoir rejoint le front. La mère de Sofian M. a lancé un appel, en larme, à son fils parti pour la Syrie, à la télévision néerlandaise.

La mère de Sofian M. parti en Syrie, à la télévision néerlandaise

http://www.youtube.com/watch?v=JTFO0P3iffo&feature=player_embedded

«Je l’appelle tous les jours par téléphone, mais il ne décroche jamais», regrette la mère de Sofian. Le silence des jeunes hommes partis combattre plongent leur famille, restés aux Pays Bas, dans une détresse encore plus profonde. «Certains parents ont reçu des SMS de leur garçon depuis la Syrie, mais beaucoup refusent de leur parler. Les garçons affirment qu’ils sont en terre d’islam, sans plus de détails», rapporte Abdou Menehbi. Ce militant associatif très engagé auprès de la communauté Marocaine des Pays-Bas tire la sonnette d’alarme. «Aujourd’hui, ces jeunes ne peuvent pas retourner en Hollande, même s’ils le voulaient. Les groupes Salafistes Jihadistes qui les encadrent leur prennent leur passeport», affirme-t-il.

Devant l’inquiétude grandissante, il a organisé dimanche 24 mars, une grande rencontre à la Grande Mosquée d’Amsterdam. «Il y avait de nombreux parents très inquiets. Des Jihadistes Salafistes étaient aussi présents et nous avons parlé, dans le cadre d’un débat démocratique, pour contrer leurs arguments, raconte Abdou Menebhi. Nous avons expliqué que la guerre en Syrie n’était pas un combat de l’islam, car ceux contre qui se battent les rebelles sont aussi des musulmans».

Appel au gouvernement hollandais

Lors de cette réunion, l’association EMCEMO a annoncé avoir mis en place des numéros de secours dédiés aux jeunes qui envisagent de partir et aux familles en détresse. A l’adresse de la société hollandaise dans son ensemble, l’EMCMO a déclaré : «Nous, les associations et les mosquées condamnons les groupes extrémistes qui utilisent l’Islam pour soutenir une idéologie fondée sur la promotion et la consolidation de la culture de l’hostilité, de la haine et de la violence qui sont sans rapport avec l’islam

Aujourd’hui les familles des jeunes hommes partis en Syrie appellent le gouvernement à se mobiliser pour les faire revenir. «Le gouvernement hollandais doit prendre ses responsabilités. Les groupes qui embrigadent nos jeunes, il les connaît. Il doit aussi lutter contre l’islamophobie qui facilite le recrutement. Il faut s’attaquer aux raisons du problème», insiste Abdou Menebhi.

Pour l’heure rien n’a encore été fait concrètement et officiellement pour lutter contre ces enrôlements. «Certains parlementaires ont proposé de retirer leur passeport par avance à ceux qui risqueraient de partir en Syrie, mais ce serait une mesure anticonstitutionnelle. Nous ne voulons pas que les mesures qui soient prises pour lutter contre ce phénomène soient injustes et ne concernent qu’une partie de la population», précise Abdou Menbhi.

http://www.yabiladi.com/articles/details/16346/syrie-rebelles-veulent-combattants-rentrent.html