Pourquoi cette inertie ?


Quand je vois que l’on descend facilement dans la rue pour soutenir telle ou telle cause que je partage, je suis toujours surpris de constater que les événements en Syrie mobilisent si peu de personnes.

Que certaines personnes aient des avis divergents sur la façon (armée ou diplomatique) de régler ce conflit, je le vois bien.

Toutefois, les opposants à une intervention armée ou une aide en armement m’étonnent un peu. Je m’explique.

– Pourquoi je ne les vois pas organiser quoi que ce soit pour dénoncer les massacres ? (une petite manif pour dire STOP, juste STOP, ça va pas leur bouffer leur soirée)

– Pourquoi je les vois pas dénoncer un régime tyrannique (je crois que sur ce point on ne tergiverse pas) ?

– Pourquoi je ne les vois pas faire pression sur les détenteurs du droit de veto pour que ceux-ci condamnent le régime de Damas ? (j’ai bien dit pression diplomatique pas lâcher de bombe nucléaire sur la tronche de bachar)

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer les livraisons d’armes à al assad par la Russie (oh pardon, ces armes sont livrées légalement dans le cadre de contrats antérieurs à la révolte alors que si certains pays occidentaux faisaient pareils on se serait prompt à les dénoncer, moi en tête) ?

– Pourquoi je ne les vois pas dénoncer la présence de l’Iran, du Hezbo, d’Irakiens auprès d’al assad (c’est pas de l’ingérence étrangère peut-être) ?

De la part de l’extrême-droite, je le comprends, mais là y a un truc qui m’échappe …

Israël à l’Europe: payez, puis taisez-vous!


Jurek Kuczkiewicz
Mis en ligne il y a 2 heures

Israël vient de prendre des mesures de rétorsion à l’égard de l’Union européenne. De quoi l’UE serait-elle «coupable»? D’avoir décidé que ses programmes de coopération avec l’État hébreu, et donc l’argent européen, ne pouvaient plus financer des projets israéliens situés en territoire palestinien occupé.

Rappelons quelques faits. Un: l’occupation israélienne de la Palestine, État reconnu depuis peu par l’Assemblée des Nations unies, est illégale aux yeux des lois internationales, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice en 2004. Ceci n’est pas que du droit: l’occupation représente un carcan épouvantable, qui empoisonne la vie quotidienne des Palestiniens.

Deuxièmement, la Cisjordanie fait l’objet d’une annexion partielle rampante, par le biais de colonies illégales: c’est du vol de terres, sur lesquelles les Israéliens vont jusqu’à détruire, comme à Jérusalem-Est et dans ses environs, des habitations palestiniennes.

En dépit de l’occupation, Israël est le pays partenaire de l’UE qui bénéficie du statut le plus privilégié en matière de coopération, notamment économique et scientifique. La décision récente de la Commission européenne n’a pas consisté à couper ces programmes de coopération: elle permettra seulement d’éviter que cet argent ne finance l’occupation.

Rappelons par ailleurs que l’Union européenne fournit, bon an mal an, un demi-milliard d’euros à l’Autorité palestinienne depuis 1993: soit la moitié de son budget. Et ceci pour quoi? Pour l’aider à fonctionner en dépit de l’occupation israélienne…

En annonçant ses mesures de rétorsion, Israël adresse à l’Europe un message très simple: «Payez, puis taisez-vous». Ceci est évidemment inacceptable. Et il faut rendre hommage à l’Union européenne et à son exécutif bruxellois, si souvent critiqués pour leur pusillanimité diplomatique, d’avoir enfin mis leurs actes en conformité avec leurs paroles.

Israël, quant à lui, joue un jeu extrêmement dangereux. Par de telles réactions, l’État hébreu administre une nouvelle preuve du mépris dans lequel il tient toute légalité qui ne lui serait pas profitable. Ce faisant, il creuse obstinément son propre isolement. Cet isolement est hélas exalté en Israël par les éléments les plus extrémistes. Ceux-là dégainent systématiquement l’accusation d’antisémitisme contre tous ceux qui, au nom de la loi ou de la compassion, ne veulent plus contribuer à une occupation condamnable. C’est-à-dire à «payer et se taire».