SUFI NIGHT


Inde, Maroc, Turquie & Irak | India, Marokko, Turkije & Irak

26.10.2013 –  14:00 > 23:00

Palais des Beaux-Arts, Bruxelles | Paleis voor Schone Kunsten, Brussel

© Masiar Pasquali


FR Le soufisme – la branche mystique de l’islam – existait probablement déjà avant l’époque du prophète Mohammed, mais c’est surtout à partir du Xe siècle qu’il a commencé à prospérer. Le soufisme nous a donné de grands poètes, comme Rumi et Hafez, et les diverses confréries, qui se sont répandues de l’Asie à l’Afrique et l’Andalousie, ont donné naissance à une tradition musicale qui perdure encore aujourd’hui. Pour la sixième édition de la Sufi Night au Palais des Beaux-Arts, nous vous avons encore une fois concocté un programme plein de découvertes, en collaboration avec Moussem :

14:00 @Terarken 2-3 Atelier avec Duraid Abbas

Pendant la Sufi Night, le réalisateur, acteur et danseur irakien Duraid Abbas (membre de la jeune compagnie Strange Fruit qui s’est fait connaître avec Iraqi Bodies) dirigera un atelier lors duquel il partira à la recherche des secrets du grand ordre Qadiri-Kisenzani. En kurde syrien, Kisenzan signifie « personne ne sait » ou « le secret ultime ». Pour cet atelier, Duraid Abbas rompt son serment de confidentialité et lève le voile sur la nature théâtrale des fêtes religieuses des Kisenzanis. Il présentera une introduction aux techniques et significations de la danse soufie telle qu’exécutée lors des célébrations religieuses. Enfin, il invitera les participants à procéder eux-mêmes à une célébration religieuse. En anglais. Sur inscription: femke@moussem.be

14:00 > 17:00 @Vestiaire Diwans.org – Demonstration

Avec pour point de départ les textes du poète soufi persan Hafez et du poète et philosophe allemand Goethe, l’équipe de diwans.org a créé un projet participatif en ligne qui met à l’honneur le dialogue interculturel entre l’Orient et l’Occident. Des artistes du monde entier sont invités à se laisser inspirer par la poésie « diwan » des deux grands poètes et à partager leur contribution sur diwans.org.
Diwans.org – Installation Vivez l’expérience diwans sur le divan. Grâce à cette installation interactive, vous pourrez vous plonger dans le recueil de poèmes audiovisuels de diwans.org lors de la Sufi Night. Faites connaissance avec les sublimes poèmes de Goethe et de Hafez et découvrez le dialogue artistique qu’a inspiré la magnifique poésie soufie.

14:00 > 17:00 @Salon Royal Diwans.org – Atelier créatif

Diwans.org vous invite à créer votre propre poème audiovisuel. Dans cet atelier interactif, les participants seront plongés dans l’univers diwans.org. Grâce à une méthode simple qui vous sera enseignée, vous pourrez faire votre propre contribution au projet. L’atelier est accessible aux participants de tous âges et n’exige aucune connaissance préalable. (max. 15 participants). Sur inscription: contact@polymorfilms.be

17:00 @Salle M Conférence: Abdellah Cherif Ouazzani, « Le soufisme, la voie mystique de l’islam »

Abdellah Cherif Ouazzani est le président de la fondation Moulay Driss pour les études théologiques et historiques, une organisation qui aspire à protéger et revaloriser le patrimoine culturel, scientifique et spirituel arabo-islamique – en mettant en particulier l’accent sur le Maroc. À travers des publications, des conférences et des séminaires, l’organisation partage des informations intéressantes avec le public. Lors de cette conférence, l’accent sera mis sur le mouvement soufi au Maroc. En français.

18:00 @Salle M Concert : Hassan Rahali & Ensemble Achadilia

Hassan Rahali a grandi dans un village près de Tétouan. Son père, Mohamed El Mamouni Rahali, l’un des grands maîtres soufis du nord du Maroc, lui a enseigné les chants et la musique islamique. Hassan Rahali vit maintenant à Bruxelles, où il a fondé l’ensemble Achadilia, qui emprunte son nom à Abi Elhassan Echadili, le père spirituel de la tradition soufie marocaine. Pour ce concert, le chanteur soufi marocain Saad Temsamani se joindra au groupe.

19:00 @Salle M Conférence: Marc Colpaert, « Hafez et Goethe : esprits ouverts et antidote »

Lors de cette conférence, Marc Colpaert expliquera le contexte socio-historique dans lequel est née la poésie Diwan de Hafez et de Goethe. Il montrera en quoi ces poèmes sont liés au soufisme et comment les deux poètes interagissent et défendent un dialogue interculturel significatif. En anglais.

20:00 Henry Le Bœuf Concert: Sidi Goma

Héritiers d’une tribu soufie noire originaire d’Afrique de l’Est, les Sidi Goma sont arrivés en Inde au XIIIe siècle. Ils ont su y préserver leurs danses et musiques venues d’Afrique. Au cours de leurs rituels puissants et rythmés, les danseurs entrent en transe. Soutenus par une musique allant en s’intensifiant, ils atteignent graduellement l’extase. Les rituels des Sidi Goma comprennent également des solos de malonga – un instrument à une corde se rapprochant du berimbau brésilien – et des parties dévotionnelles, plus statiques, avec prières (le Zikr) et chants rituels. L’énergie et la joie exubérantes des Sidi Goma est contagieuse, leurs rituels hypnotisants et leurs traditions, à la croisée de l’Inde et de l’Afrique, fascinantes.

Concert: The Best of Young Moroccan Sufi Singers

The Best of Young Moroccan Sufi Singers est une compagnie formée tout spécialement pour l’occasion. Elle se compose de jeunes chanteurs et musiciens soufis de différentes confréries de Tanger à Fès. Tous ont été attirés dès leur plus jeune âge par la splendeur du répertoire spirituel. Ils ont été formés au chant, au luth, au violon et à l’oud dans les conservatoires de Tanger, Tétouan et Fès. Leur répertoire fait la part belle à l’ancienne tradition andalouse, mais aussi à la prose de maîtres du Moyen-Âge comme Ibn Al’Arabi et  As Sushturi.
Rafik El Maai voix soliste,rebab – Abdesselam Khaloufi voix soliste, luth – Mohammed Laroussi voix soliste, violon – Marouane Hajji voix soliste – Hakim Khizrane voix soliste – Ahmed El Maai voix, quanun – Abdessamad ChentoufDriquich alto – Noureddine Acha ney – Mohammed Lotfi Khammal tar – Ahmed Khaili derbouka

Concert : Ismail Cosar

Dès son plus jeune âge, il était clair qu’Ismail Cosar deviendrait muezzin et imam. Il a grandi dans le village turc de Çaglayan Köyü, à 8 kilomètres de l’ancienne capitale ottomane de Bursa, où il s’est rendu après avoir terminé ses primaires. En 3 ans, il y a appris le Coran par cœur et a reçu une formation de muezzin. Aujourd’hui, cela fait 43 ans qu’Ismail Cosar travaille dans la plus grande mosquée d’Ankara: d’abord comme muezzin pendant 28 ans et, depuis 15 ans, comme imam. « Je connais les textes que je récite à la perfection, donc je peux vraiment me plonger dedans. La beauté de cette poésie me touche et je veux transmettre ce sentiment au public », explique-t-il. Jusqu’à présent, le plus grand récitant du Coran de Turquie s’est déjà produit dans 136 pays. Sur la scène du Palais des Beaux-Arts, il seraaccompagné d’un chœur et d’un ensemble. Frissons garantis !
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Marouane Hajji

NL Het soefisme – de mystieke tak van de islam – stamt vermoedelijk al van voor de tijd van de profeet Mohammed, maar kwam vooral tot bloei vanaf de 10e eeuw. Het soefisme bracht grote dichters voort, zoals Rumi en Hafez, en in de schoot van de diverse broederschappen die zich verspreidden van Azië tot Afrika en Andalusië ontstond een rijke spirituele muzikale traditiedie tot op vandaag voortleeft. Voor de zesde editie van de Sufi Night in het Paleis voor Schone Kunsten werd opnieuw een programma vol ontdekkingen samengesteld:

14:00 > 17:00 @Terarken 2-3 Workshop door Duraid Abbas

Tijdens de Sufi Night leidt de Irakese regisseur, acteur en danser Duraid Abbas (bekend van Iraqi Bodies) een workshop waarin hij op zoek gaat naar de geheimen van de Hoge Qadiri-Kisenzani Orde. Kisenzan is Koerdisch-Syrisch voor ‘niemand weet’ of ‘het ultieme geheim’. Voor deze workshop breekt Abbas de eed tot geheimhouding en laat hij de deelnemers kennismaken met het theatrale karakter van de religieuze feestenvan de Kisenzanis. Hij geeft ook een inleiding op de technieken en de betekenis van de soefidans zoals die uitgevoerd wordt tijdens religieuze vieringen. Ten slotte nodigt hij de deelnemers uit om zelf een religieuze viering te houden. In het Engels. Op inschrijving: femke@moussem.be

14:00 > 17:00 @Vestiaire Diwans.org – Demonstratie

Met de teksten van de Perzische soefidichter Hafez en de Duitse filosoof-dichter Goethe als uitgangspunt creëerde het team van diwans.org een artistiek participatief webproject, waarbij de interculturele dialoog tussen Oost en West centraal staat. Wereldwijd worden kunstenaars uitgenodigd om zich te laten inspireren door de ‘diwan’-poëzie van de twee grote dichters en hun bijdrage te delen via diwans.org.
Diwans.org – Installatie Duik in diwans op de divan. Gedurende de Sufi Night kan je in deze interactieve installatie kennismaken met de audiovisuele dichtbundel van diwans.org. Ervaar zelf de prachtige diwan-dichtkunst van Goethe en Hafez en ontdek de artistieke dialoog die gecreëerd werd en geïnspireerd op de prachtige soefipoëzie.

14:00 > 17:00 @Koninklijke zaal Diwans.org – Creatieve workshop

Diwans.org nodigt je uit om je eigen audiovisuele gedicht te creëren. In deze creatieve workshop worden de deelnemers ondergedompeld in het diwans.org-universum. Via de eenvoudige audiovisuele methode die je krijgt aangeleerd, kun je een eigen bijdrage leveren aan het project. De workshop is toegankelijk voor alle leeftijden en vergt geen voorafgaande kennis. (max. 15 deelnemers). Op inschrijving: contact@polymorfilms.be

17:00 @Zaal M Lezing: Abdellah Cherif Ouazzani, “Le soufisme, la voie mystique de l’islam”

Abdellah Cherif Ouazzani is de voorzitter van de Moulay Driss Stichting voor theologische en historische studies, een organisatie die zich richt op het beschermen en opwaarderen van het Arabisch islamitische culturele, wetenschappelijke en spirituele erfgoed – met een bijzondere focus op Marokko. Via publicaties, conferenties en lezingen deelt de organisatie de interessante informatie met het publiek. In het Frans.

18:00 @Zaal M Concert: Hassan Rahali & Ensemble Achadilia

Hassan Rahali groeide op in een dorpje in de buurt van Tétouan. Zijn vader Mohamed El Mamouni Rahali, een van de grote soefimeesters uit het noorden van Marokko, onderrichtte hem in de islamitische gezangen en muziek. Hassan Rahali leeft ondertussen in Brussel, waar hij het ensemble Achadilia oprichtte, dat zijn naam ontleent aan Abi Elhassan Echadili, de spirituele vader van de Marokkaanse soefitraditie. De groep wordt voor dit optreden versterkt door de Marokkaanse soefizanger Saad Temsamani.

19:00 @Zaal M Lezing: Marc Colpaert, “Hafez and Goethe: free spirits and twinbrothers”

Marc Colpaert schetst tijdens zijn lezing de socio-historische context waarin de diwan-poëzie van Hafez en Goethe ontstond. Hij licht de wijze toe waarop deze gedichten zich verhouden tot het soefisme, en legt uit hoe beide dichters interageren en een betekenisvolle interculturele dialoog voorstaan. In het Engels.

20:00 @Henry Le Bœufzaal Concert: Sidi Goma

De leden van Sidi Goma zijn nakomelingen van zwarte soefi’s uit het oosten van Afrika. Ze vestigden zich in India in de 13e eeuw, maar lieten hun Afrikaanse dans en muziek niet verloren gaan. De dansers voeren krachtige, ritmische rituelen uit waarbij ze in trance raken. De muziek zwelt aan tot een climax en beetje bij beetje bereiken ze een staat van extase. De rituelen van de Sidi Goma bevatten ook solo’s met een malonga, een instrument dat lijkt op de Braziliaanse berimbau, en meer statische, devotionele delen met gebeden (de Zikr) en rituele gezangen. De uitbundige energie en vreugde van de Sidi Goma werken aanstekelijk, hun rituelen hypnotiseren en hun Indisch-Afrikaanse tradities zijn fascinerend.

Concert: The Best of Young Moroccan Sufi Singers

The Best of Young Moroccan Sufi Singers is een voor de gelegenheid samengesteld gezelschap van jonge zangers en muzikanten uit vijf verschillende broederschappen van Tanger tot Fès. Allen werden ze op jonge leeftijd aangetrokken tot de pracht van het spirituele repertoire. Ze bekwaamden zich aan de conservatoria van Tanger, Tétouan en Fès in zowel zang als luit, viool en oud. Op hun repertoire prijkt muziek uit de oude Andalusische traditie, maar ook het proza van middeleeuwse meesters als Ibn Al’Arabi en As Sushturi.
Rafik El Maai solostem, rebab – Abdesselam Khaloufi solostem, luit – Mohammed Laroussi solostem, viool – Marouane Hajji solostem – Hakim Khizrane solostem – Ahmed El Maai stem, kanun – Abdessamad Chentouf Driquich altviool – Noureddine Acha ney – Mohammed Lotfi Khammal tar – Ahmed Khaili derbouka

Concert: Ismail Cosar

Al van jonge leeftijd werd duidelijk dat Ismail Cosar muezzin en imam zou worden. Hij groeide op in het Turkse dorpje Çaglayan Köyü, 8 kilometer van de oude Ottomaanse hoofdstad Bursa, en trok na zijn lagere school naar Bursa, waar hij op 3 jaar tijd de Koran vanbuiten leert en een opleiding als muezzin krijgt. Ondertussen werkt Cosar al 43 jaar in de grootste moskee van Ankara: de eerste 28 jaar als muezzin en nu al 15 jaar als imam. “Ik ken de teksten die ik breng van binnen en van buiten, waardoor ik er echt in kan opgaan. De schoonheid van die poëzie raakt me, en dat gevoel wil ik overbrengen naar het publiek.” Tot nu toe heeft Turkijes belangrijkste Koranrecitant in 136 landen de Koran gelezen. Hij komt in het Paleis voor Schone Kunsten optreden met een koor en muziekensemble, wat ongetwijfeld tot kippenvelmomenten zal leiden.
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Omar Barghouti: Le succès ultime d’Israël pourrait bien signer la fin de son régime colonial


07 octobre 2013 |     Par Agence Média Palestine

 

Le treize septembre 2013 marque les 20 ans du processus d’Oslo. Il nous a semblé que cela devrait être l’occasion d’une véritable réflexion politique non seulement sur le bilan de ces vingt longues années,  mais aussi sur les différentes perspectives d’avenir que l’échec des promesses de ce processus ouvre  pour la région.Nous avons demandé a plusieurs personnalités de contribuer par leur analyse à ce petit brainstorming. L’Agence Média Palestine, en partenariat avec l’Alternative information Center, publiera ces tribunes durant ce mois, sur l’espace club de Médiapart.

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Par Omar Barghouti, Militant des droits de l’homme et analyste Palestinien

 

Alors que de nombreux analystes font aujourd’hui référence aux accords d’Oslo, signés il y a 20 ans par Israël et l’OLP, comme à un échec total, de mon côté je les vois plutôt comme un grand succès, mais seulement pour l’oppresseur, Israël. Oslo a en fait, atteint nombre des objectifs pour lesquels il a été conçu par ses auteurs israéliens. En premier lieu, il a permis d’éliminer ou pour le moins de saper gravement la légitimité du mouvement de libération national palestinien en cooptant un de ses éléments clé, et en en faisant l’outil le plus efficace et stratégique d’Israël, pour neutraliser la résistance palestinienne dans le cadre de son système d’oppression sophistiqué. Il a ainsi permis à Israël de se blanchir des violations des droits de palestiniens tels que définis par le droit international. Israël a utilisé avec efficacité la façade de “négociations de paix” d’Oslo pour couvrir son impitoyable stratégie de dépossession et de nettoyage ethnique d’un nombre croissant de Palestiniens de leur terre ancestrale.

Au lieu de conduire à une paix juste en accord avec le droit international, Oslo a fourni la couverture nécessaire à Israël lui permettant de brutaliser de façon continue les Palestiniens – et d’autres Arabes – tout en satisfaisant son insatiable appétit de construction de colonies réservées aux juifs dans les territoires occupés, aussi bien qu’à l’ intérieur du territoire de 1948, comme autant de zones « Arabrein » (1)

Les Accords d’Oslo n’ont pas seulement complètement omis toute référence au droit international et aux droits de l’homme, ils ont ignorés les droits les plus importants et inaliénables du peuple palestinien, en particulier le droit à l’auto détermination et le droit des réfugiés à rentrer dans leurs maisons et sur leurs terres, desquelles ils sont été déracinés de force par les milices sionistes, et plus tard par l’Etat d’Israël, pendant la Nakba (la catastrophe) de 1947-49. Les réfugiés palestiniens, qu’ils se trouvent en Palestine historique ou dans la shatat (la diaspora), constituent une absolue majorité du peuple palestinien – plus des deux tiers selon les estimations de 20122du Bureau Central Palestinien des Statistiques, ainsi que l’enquête de 2010-2012 (2) réalisée par l’association Badil (3) sur les réfugiés palestiniens et les personnes déplacés à l’intérieur du territoire de la Palestine historique.

Le fait que les réfugiés forment une majorité absolue du peuple palestinien et leur souffrance de plusieurs décennies en exil, font de la reconnaissance des droits fondamentaux des réfugiés palestiniens tels que sanctionnés par les Nations Unies le test incontournable de la moralité pour quiconque recherche une solution juste et durable au conflit colonial israélo-palestinien en accord avec le droit international.

Mettons de côté les droits moraux et légaux, la négation des droits des réfugiés palestiniens assure la perpétuation du conflit.(4)

Il n’est donc pas étonnant qu’Oslo, bien loin d’encourager une solution juste et non violente du conflit colonial, n’a fait qu’ encourager le régime israélien à poursuivre son agression, ses guerres sans fin et ses atrocités à l’encontre des Palestiniens, des Libanais et d’ autres Arabes, et cela en toute impunité.

Oslo a aussi ignoré le droit fondamental des Palestiniens citoyens d’Israël à l’égalité totale, le droit le plus important en droit international, en effaçant de fait ces Palestiniens de la définition même du “peuple palestinien” utilisé dans les Accords.

Oslo, “Le Versailles palestinien”, ainsi que l’a appelé Edward Said (5) , a permis à Israël de jouir d’une reconnaissance diplomatique sans précédent et, par conséquent d’un essor économique(6).Les « dividendes de la paix » ont rendu florissante l’économie d’Israël depuis 1993 , avec un PIB par habitant qui est passé d’environ 13,800 dollars à plus de 32,000 dollars. Durant la même période, dans les territoires occupés de Cisjordanie, le PIB par habitant est à peu près resté le même, autour de 2,000 dollars, et celui de Gaza rongée par la misère a baissé de 1,230 dollars à 1,074 dollars.

Dans la même période Israël a également démultiplié sa reconnaissance internationale qui a atteint environs 160 pays, récoltant ainsi bien plus de bénéfices commerciaux que l’économie palestinienne captive et dépendante de l’aide extérieure (7).

 

En Cisjordanie occupé une Autorité Palestinienne largement asservie, dépourvue de tout mandat démocratique valide, a principalement agi en sous-traitant de l’occupation israélienne, au service de ses besoins en matière de “sécurité”, en la libérant de ses obligations de gestion pour la population occupée,des services municipaux, d’ éducation, de santé, d’hygiène publique et autres dans la plupart des territoires occupés. Grâce aux accords d’Oslo, le financement de l’occupation Israélienne a été pris en charge, à travers l’Autorité Palestinienne, par l’UE les États Unis et d’autres pays, ce qui en fait probablement l’occupation la moins chère des temps modernes.

Tous ces dividendes d’Oslo mis à part, en dévorant plus qu’il ne peut avaler, et en oubliant comment s’arrêter, Israël a peut-être involontairement donné un coup fatal à son projet colonial. Cependant, il lui faudra du temps avant de pouvoir entièrement ressentir et reconnaître l’érosion . Israël a sapé la possibilité d’établir un État palestinien souverain, enterrant ainsi, la soi disant solution à deux États, uniquement destinée à légitimer son règne colonial avec un tampon palestinien d’approbation (8).

Au sommet de son succès économique et diplomatique, Israël est entrain de devenir rapidement le paria du monde, au niveau populaire, tout comme l’était l’Afrique du Sud sous l’Apartheid.

Cela fait vingt ans que la direction palestinienne sert officiellement de feuille de vigne à l’occupation, et cela doit prendre fin. Cela fait vingt ans que la communauté internationale se fait complice du régime d’occupation et permet de maintenir un système d’occupation de colonisation et d’apartheid. Cette complicité doit être combattue fermement et intelligemment par les Palestiniens, les Arabes et toute personne de conscience à travers le monde – y compris les juifs israéliens anticolonialistes – qui soutiennent la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Dans ce contexte, le mouvement BDS global conduit par les Palestiniens, offre une forme de résistance et de solidarité efficace et stratégique qui s’élargit rapidement, et est aujourd’hui reconnu par les dirigeants israéliens comme une menace stratégique (9). Il est grand temps de briser les chaînes honteuses que sont les Accords d’Oslo et de faire tomber leurs masques.

Omar Barghouti

Traduction: Johanna W. pour l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center

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1.Le célèbre auteur israélien Sefi Rachlevsky affirme, “ La lutte aujourd’hui n’est pas entre gauche et droite, mais entre les démocrates et les fascistes…. Israël est en train de devenir fasciste et raciste. D’une certaine manière on pourrait dire que notre folie rappelle celle qui régnait en Allemagne non pas en 1933, mais plutôt dans les années 1944 – 1945 alors qu’ils étaient en danger de perdre la guerre, c’est cette folie qui les a empếché d’arrêter.”- http://www.ynet.co.il/articles/0,7340,L-3967389,00.html (Hébreu)

2. http://www.pcbs.gov.ps/portals/_pcbs/PressRelease/Press_En_PalestiniansEOY2012E.pdf

3. Badil, Survey of Palestinian Refugees and Internally Displaced Persons 2010-2012 http://www.badil.org/en/documents/category/35-publications?start=10

4.Pour plus de détails à ce sujet, voir Omar Barghouti, “On Refugees, Creativity and Ethics,” ZNet, September 28, 2002.

5.http://www.lrb.co.uk/v15/n20/edward-said/the-morning-after

6.http://www.tradingeconomics.com/israel/gdp

7.Ibid.

8. Ancien ministre des affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami à proposer aux dirigeants palestiniens un choix entre deux options : “justice ou paix”. Barbara Demick, “A Squandered Chance for Mideast Peace,” Philadelphia Inquirer, January 16, 2001.

9. En juin 2013 le gouvernement de Netanyahu a accepté de déplacer la responsabilité de gestion du problème du mouvement BDS du ministère des affaires étrangères (le principal ministère de propagande) au ministère des affaires stratégiques. http://jppi.org.il/uploads/Annual_Assessment_2012-2013.pdf

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Pour poursuivre la réflexion l’Agence Média Palestine et l’Alternative Information Center recommandent le film  « Etat commun, conversation potentielle [1] » de Eyal Sivan

Un dispositif remarquable  qui met en place des conversations potentielles entre des interlocuteurs palestiniens et israéliens passionnants . Une brassée d’idées nouvelles et de visions originales sur les conditions d’ une coexistence.

Prochainement en salles a Paris ( Projection presse à l’Espace Saint-Michel le Mardi 24 Septembre à 10h30) et en régions voir calendrier ci dessous :

http://www.zeugmafilms.fr/etatcommun.html

Sortie nationale: le 09 Octobre à Paris au cinéma Saint Michel

Extrait: http://youtu.be/WSaaBtq5DBY

https://i1.wp.com/cineday.orange.fr/images/film/237x_/2013/08/20/un-etat-commun-conversation-potentielle_52129c962a924.jpg

https://i1.wp.com/upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Delautrecote.gif La revue « De l’Autre Côté »  éditée par  l’Union Juive Française pour la Paix (www.ujfp.org)  publiera un recueil de  ces tribunes .

source

L’Égypte a échoué à protéger les Coptes, selon Amnesty international


Un prêtre copte montre les dégâts causés dans une église par une attaque islamiste à Delga, dans le centre de l'Egypte, le 29 septembre.
Un prêtre copte montre les dégâts causés dans une église par une attaque islamiste à Delga, dans le centre de l’Egypte, le 29 septembre. (Photo Khaled Desouki. AFP)

Les forces de sécurité égyptiennes ont échoué à protéger les Coptes visés par des attaques après la sanglante répression des partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, a dénoncé Amnesty International mercredi.

Dans son rapport, l’ONG basée à Londres affirme que plus de 200 propriétés détenues par des chrétiens ont été attaquées, 43 églises sérieusement endommagées et plus de quatre personnes tuées.

Ces violences ont eu lieu après la dispersion sanglante le 14 août de deux places du Caire sur lesquelles étaient rassemblés les pro-Morsi, début d’une vague de répression qui a fait depuis plus d’un millier de morts.

«C’est extrêmement inquiétant que la communauté chrétienne d’Egypte soit visée par des attaques de partisans de Mohamed Morsi en réponse aux évènements du Caire», explique Hassiba Hadj Sahraoui, sous-directrice d’Amnesty pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord.

«Une réaction violente contre la communauté copte aurait dû être anticipée. Or les forces de sécurité ont échoué à éviter les attaques et mettre un terme aux violences», poursuit Amnesty.

Dans plusieurs cas, des hommes munis d’armes à feu, de barres métalliques ou de couteaux ont saccagé des églises et des maisons, aux cris de «Dieu est grand» et «Chiens de chrétiens». Des reliques ont été profanées, et des graffitis tagués sur les murs, dont «Morsi est mon président» ou «Ils ont tué nos frères pendant la prière», selon Amnesty.

Un homme de 60 ans a été tué par balles chez lui dans la ville de Delga (centre), puis traîné dans les rues par un tracteur. Sa tombe a ensuite été profanée deux fois, selon l’ONG.

Trois églises et un monastère ont également été attaqués par des islamistes à Delga, selon un journaliste de l’AFP.

M. Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, a été destitué et arrêté le 3 juillet par l’armée après que des millions de manifestants ont réclamé son départ.

Les islamistes accusent les Coptes d’avoir soutenu l’armée dans sa destitution.

Amnesty demande l’ouverture d’une enquête impartiale et indépendante sur ces attaques ainsi que sur «le rôle des forces de sécurité». «Certains incidents ont duré des heures (…) pourquoi les forces de sécurité n’ont pas été en mesure d’y mettre un terme», s’interroge l’organisation.

Les Coptes, qui représentent 6 à 10% des 85 millions d’Egyptiens, se sont régulièrement plaints de discrimination, notamment sous la présidence de M. Morsi.

AFP

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