Les émigrés israéliens taxés de traîtrise à la cause sioniste


Le Point.fr – Publié le 28/10/2013 à 05:57

 

De plus en plus de jeunes quittent Israël en raison de la situation économique et sociale. Un phénomène virulemment critiqué par les politiques.

 

De notre correspondante à Jérusalem,

 

Ils ont entre 25 et 40 ans. Célibataires ou en couple, avec ou sans enfants. Ils ont quitté Israël pour vivre à l’étranger. Ce sont des yordim, un terme qui, en hébreu, signifie littéralement « ceux qui descendent ». Selon certaines statistiques, il y en aurait aujourd’hui 800 000 installés un peu partout dans le monde. Cette émigration a toujours existé et a toujours été dénoncée par les dirigeants israéliens en des termes très durs, comme Yitzhak Rabin qui, en 1974, parlait des yordim comme de « déchets« , de « chiffes molles« .

Le coût de la vie

Et voilà qu’en cet automne 2013 la question a resurgi et créé la polémique. C’est la diffusion, il y a un peu plus d’un mois, par la chaîne 10 de la télé israélienne d’une série intitulée Les nouveaux yordim qui a lancé le débat. Quatre longs reportages sur de jeunes Israéliens installés en Europe ou aux États-Unis, décrivant leur nouvelle vie et expliquant les motifs pour lesquels ils sont partis d’Israël. Première et souvent seule motivation : la situation économique. Comme Moran, 32 ans, qui vit avec son mari et son jeune fils à Berlin : « En Israël, explique-t-elle, mon compte en banque était toujours dans le rouge. Ici, à Berlin, c’est fini. Je suis constamment et confortablement dans le vert. Berlin, ajoute-t-elle en riant, c’est pour moi le meilleur des comptes épargne. »

À l’autre bout du monde, chez l’Oncle Sam, on retrouve Dorit et Zohar. Avant d’habiter dans le New Jersey avec leurs trois enfants, ils étaient à Eilat, la station balnéaire sur la mer Rouge, à la pointe sud du pays. Officier de carrière à l’armée, Zohar a décidé de se marier. Et c’est là que tout s’est gâté : « Quand ma femme et moi avons cherché à nous loger, nous avons vite réalisé qu’il nous serait impossible d’avoir en Israël quelque chose de décent à un prix raisonnable. Ici, dans le New Jersey, c’est possible ! » Et, devant la caméra qui le suit alors qu’il vient de passer à la caisse pour payer un Caddy bien rempli, il ajoute : « Regardez, je viens de dépenser 233 dollars. En Israël, à quantité et produits égaux, cela m’aurait coûté deux à trois fois plus. »

Moran, Zohar, Itaï, etc., tous l’affirment : c’est le coût de la vie qui les a décidés à partir. Et ce n’est pas l’étude comparative tout juste publiée par le quotidien populaire Maariv qui leur donnera tort. Il faut, en Israël, pour se payer un logement 138 salaires mensuels moyens contre 65 aux États-Unis, 64 en Grande-Bretagne ou 59 en Hollande. Quant à la part de l’alimentation dans le revenu moyen, elle est de 18 % en Israël, contre 9 % en Allemagne ou 10 % en France. Le tout alors que le salaire moyen israélien – 1 850 euros – est le plus bas en comparaison des États-Unis, de l’Allemagne, l’Irlande, la France, l’Espagne ou l’Australie.

La fin d’un tabou

Au coeur de la controverse, il y a aussi ce sondage publié dans le cadre de la série télé : une majorité de parents israéliens, 45 %, se déclarent prêts à soutenir leurs enfants s’ils décident d’aller vivre à l’étranger, 33 % affirmant qu’ils ne les encourageraient pas mais ne s’y opposeraient pas. Seuls deux Israéliens sur dix sont activement contre. Par ailleurs, 80 % des sondés ne voient pas dans l’émigration un phénomène illégitime. En écho, l’un des plus grands poètes israéliens, Nathan Zach, a donné sa bénédiction à ces jeunes Israéliens « qui doivent aller là où ils peuvent vivre le mieux« . C’est la fin d’un tabou. Et, pour une partie de la classe politique, c’est insupportable.

Dans un post sur sa page Facebook, le ministre des Finances, le sémillant Yaïr Lapid, n’a pas attendu pour dénoncer les yordim : « Je n’ai pas de patience pour ceux qui sont prêts à jeter à la poubelle le seul pays qu’ont les juifs simplement parce que Berlin, c’est confortable… » Il s’est fait immédiatement « tacler » par des dizaines d’amis, dont certains lui ont rappelé qu’en son temps il était parti vivre aux États-Unis pour mener une carrière dans la communication. D’autres, des émigrants, affirmaient qu’ils rentreraient au pays les yeux fermés si le gouvernement menait une autre politique économique et sociale. À la petite phrase de Yaïr Lapid s’est ajoutée celle du directeur de la loterie nationale, un ancien général, qui les a qualifiés de traîtres.

Pour Shlomo Avineri, professeur de sciences politiques renommé, cela prouve une chose : les yordim n’ont pas le moindre sens des responsabilités citoyennes. D’un côté, ils abandonnent le difficile débat national israélien ; de l’autre, ils recréent une diaspora, tout en ne s’impliquant pas dans les affaires du pays où ils s’installent. Bref, pour monsieur Avineri, les nouveaux expatriés israéliens n’ont comme horizon que leurs petites aspirations personnelles ! À ces critiques, les nouveaux émigrants répondent : « Nous reviendrons lorsque le gouvernement changera de politique économique et sociale. » Ambiance.
http://www.lepoint.fr/monde/les-emigres-israeliens-taxes-de-traitrise-a-la-cause-sioniste-28-10-2013-1748573_24.php


Destruction systématique des oliviers palestiniens, avec le silence complice des principaux médias israéliens



lundi 28 octobre 2013

 

(Par Amira HASS) – Les colons ont opéré au cours des deux derniersmois des destructions systématiques d’oliveraies palestiniennes en Cisjordanie, avec la bénédiction de l’armée d’occupation et le silence complice des principaux médias, dénonce lundi la journaliste Amira Hass dans le Haaretz.

« Il est clair que l’armée apprécie au plus haut point la ‘retenue’ de j
ournalistes qui satisfont le droit du public à ne pas savoir », écrit-elle ironiquement, dans un article où l’écoeurement le dispute à la colère. Des documents qui sont parvenus au quotidien montrent ainsi, pour les seuls mois de septembre et octobre :

•    Le 11 sep : 500 arbres calcinés sur des terres appartenant au village de Deir al Khatab

•    Le 15 sep : 17 oliviers sciés à la base sur des terres du village de Kafr Laqif

•    Le 17 sep : 18 oliviers pareillement sciés (même village)

•    Le 20 sep : 27 oliviers brûlés à Kafr Qaddum

•    Le 21 sep : 70 oliviers sciés (même village)

•    Le 2 oct : nombreux oliviers sévèrement endommagés sur les terres de la famille Raba’i •    Le 2 oct : une trentaine d’oliviers du village de Jitt sérieusement endommagés •    Le 3 oct : 48 oliviers de la famille Shatat sérieusement endommagés

•    Le 5 oct : 130 oliviers de la famille Fukha abîmés

•    Le 5 oct : 15 oliviers détruits, et la récolte d’olives volée, dans le village deDeir Sharaf •    Le 7 oct : une soixantaine d’arbres sérieusement endommagés, et la récolte d’olives volée, à Jitt

•    Le 7 oct : 8 oliviers détruits au village de Ras Karbar

•    Le 7 oct : 35 oliviers détruits à Far’ata, et le quart de la récolte volée

•    Le 8 oct : quelque 400 oliviers incendiés à Jaloud

•    Les 13-14 oct : vignes et oliviers vandalisés à Far ‘ata

•    Le 20 oct : des colons juifs d’Yitzhar attaquent des paysans palestiniens qui, avec l’aide de volontaires de l’association israélienne, Les Rabbins pour les Droits de l’Homme, cueillaient les olives. Les assaillants ont utilisé des barres de fer, des matraques et des pierres. Deux paysans et deux volontaires –un homme de 71 ans et une jeune fille de 18 ans ont été blessés.

Le dénominateur commun de cette liste –qui n’est pas exhaustive- est que toutes ces attaques se sont déroulées dans des secteurs de la Cisjordanie dont l’armée israélienne a le contrôle exclusif. Ils se sont produits à proximité immédiate de colonies israéliennes et de leurs avant-postes, toutes gardées par des bataillons de soldats, équipés de tours de guet et de caméras, à Elon Moreh, Karnei Shomron, Kedumim, Ma’on, Sussia, Shavei Shomron, Zayit Ra’anan, La ferme de Gilad, Shiloh et Yitzhar.

Autre élément commun : ces attaques ont eu lieu dans des localités déjà visées antérieurement. Et dans la plupart des villages palestiniens cités, l’armée israélienne, qui n’a pas levé le petit doigt pour mettre fin aux exactions des colons, interdit aux victimes, les Palestiniens, d’accéder à leurs propres terres sauf deux fois par an, le tout sous escorte militaire. C’est pourquoi, hormis pour l’attaque du 20 octobre, les dates mentionnées ne sont pas celles où les attaques ont eu lieu, mais celles où les Palestiniens ont découvert les dégâts.

Les ONG Rabbins pour les Droits de l’Homme et Yesh Din détaillent les incidents survenus jusqu’à la date du 7 octobre. Ils ont envoyé une lettre le 9 octobre aux colonels commandant les brigades installées en Cisjordanie, soit les colonels Avi Balut, Yossi Pinto, Ran Kahane, et Yoav Marom, avec copie au conseiller juridique de l’armée pour la Cisjordanie, Doron Ben-Barak. Cette lettre accuse les officiers de ne pas avoir rempli leurs obligations de protéger les paysans palestiniens et les biens de ces derniers. Le porte-parole de l’armée a dit qu’il répondrait directement aux associations, mais pas à la presse.

Certains des commandants en passe de finir leur temps de service auront sans doute relevé ces informations dans leurs cahiers personnels, qui contiennent vraisemblablement des rapports similaires sur des attaques similaires les années précédentes. Sitôt quitté l’uniforme, ils diront, lorsqu’interrogés par la presse, qu’ils avaient peur que la révélation de telles attaques ne déclenche des explosions de colère. Et quand on leur demande pourquoi ils sont restés silencieux lorsqu’ils étaient encore sous l’uniforme, ils évoqueront l’antagonisme entre le serment qu’ils ont prêté en tant que soldats d’une part, et la vérité des faits d’autre part.

Les militaires ont fait le serment de protéger les citoyens juifs de l’Etat d’Israël en toutes circonstances. En tant qu’officiers, ils considèrent qu’ils sont là pour protéger leurs propres soldats en toutes circonstances. Mais la vérité socio-historique et le simple sens commun montre que la violence exercée par des citoyens israéliens juifs appelle une réponse et une violence additionnelle. La vérité socio-historique nous enseigne aussi que les gens en uniforme qui exercent leur domination sur une population qui ne les a pas élus pour les diriger sont violents du seul fait de leur présence, même quand ils ne sont pas en train de tuer ou blesser autrui, et même quand ils ne font que protéger les voleurs de terre.

Une fois à la retraite, ces officiers vous diront que leur serment de servir était plus important que le sens commun, et ils s’ingénieront à nier la réalité de la violence juive avec les meilleurs « arguments » que l’armée israélienne développe si bien dans ses laboratoires de fabrique de bonne conscience. Pendant ce temps, il ne faut pas être grand clerc pour imaginer les sessions de briefing au cours desquelles dirigeants militaires et représentants des médias se sont mis d’accord pour ne pas qualifier « d’escalade » les équipées des colons, vu qu’elles ont lieu tous les ans, avec la même fréquence et la même intensité. Et quoi de plus facile de tirer de telles conclusions, dès lors qu’une chape de plomb entoure ces évènements.

En somme, nos officiels auront décidé qu’il faut décidément tout faire pour respecter le « droit » du public … de ne pas savoir !

Source Haaretz : http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/.premium-1.554690

(traduction CAPJPO-Europalestine)

Campagne d’affichage aux USA contre le Fond National Juif (photos)


La campagne contre le Fond National Juif (JNF) bat son plein dans le Colorado, pour protester contre le nettoyage ethnique des Palestiniens auquel participe cette organisation israélienne, spécialisée dans le vol des terres palestiniennes et leur « réhabilitation » au profit d’Israël, avec l’argent des contribuables du monde entier.

A Denver (Colorado), deux associations, dont la Colorado BDS Campaign, ont lancé une campagne d’affichage dans les transports en commun (notamment les bus et les tramways) sur le thème : « Vous voulez la paix ? Alors arrêtez le nettoyage ethnique ! ». Elles nous adressent les photos suivantes :  

A l’occasion d’une conférence du JNF à Denver, des rassemblements ont également eu lieu, devant le « Grand Hyatt » abritant la réunion, mais aussi devant la maison du gouverneur de Denver !

Et les participants à la réunion du JNF sont furieux de ne pouvoir échapper à ces affiches sur leur chemin.

Bravo à tous les amis américains, dont Michael Rabb qui milite aux Etats-Unis comme en France (BDS Tour) et en Palestine (Mission Bienvenue Palestine à Gaza)

Pour plus d’infos :  » notaxdollarstoisrael.com et ColoradoBDSCampaign.org

CAPJPO-EuroPalestine

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