Syrie: Homs, la ville dont on se moquait


Depuis des siècles, les plaisanteries moquant l’intelligence des Homsis faisaient rire dans les cafés de Damas, d’Alep et de Hama. Aujourd’hui, la ville est l’épicentre de la la révolte syrienne sur lequel s’acharne le pouvoir de Bachar al-Assad. Mais rira bien qui rira le dernier.

Un enfant dans les rues de Homs, le 23 janvier 2012. REUTERS/Ahmed Jadallah– Un enfant dans les rues de Homs, le 23 janvier 2012. REUTERS/Ahmed Jadallah –
Un jour, feu Hafez al-Assad décida de visiter Homs. Son ministre de la Défense ordonna alors à la garde d’honneur de tirer vingt-et-un coups de feu pour accueillir le président syrien lors de sa descente d’avion. Un soldat de la ville lui posa alors cette question:

«Chef, et si ma première balle le tue? Faudra-t-il gâcher les vingt suivantes en les tirant en l’air?»

Aujourd’hui, cette plaisanterie ne fait plus rire personne: Homs fait l’objet d’une répression chaque jour plus sanglante –orchestrée par Bachar al-Assad, le fils d’Hafez. Jadis, la troisième ville du pays passait pour la plus loufoque de toutes, mais cette image s’efface au fur et à mesure que l’assaut du régime s’intensifie; un assaut qui vient d’entrer dans son onzième mois. C’est la mort lente d’une vieille réputation: depuis des siècles, les plaisanteries moquant l’intelligence des Homsis faisaient rire dans les cafés de Damas, d’Alep et de Hama.

Exemple de blague typique:

«Un Homsi s’approche d’un homme dans la rue. “Où est l’autre côté de la route?”, demande-t-il. “Là-bas”, répond le passant, en pointant du doigt l’autre côté de la chaussée. “Bon sang, s’exclame l’Homsi; j’étais là-bas il y a un instant, et on m’a dit que c’était ici!”»

Pourquoi les Homsis sont-ils la cible de tant de plaisanteries? Peut-être parce qu’ils sont les éternels rebelles du pays. Au fil de l’histoire, Homs a tenu un rôle unique dans le tissu social et politique syrien, et s’est attiré la fascination, les railleries –et parfois la colère– de ses voisins. Les blagues homsies sont le reflet choc des valeurs morales, de l’instabilité des frontières sociales, et de la lutte des structures de pouvoir au sein de la société syrienne, en temps de paix comme de guerre.

Où est l’autre côté de la route?

Tout commence il y a 2.000 ans. Les habitants de l’ancienne cité d’Emèse (l’actuelle Homs) sont connus pour leur vénération d’Elagabal, dieu du soleil, mais aussi pour leur respect des anciennes traditions païennes: ils entretiennent ainsi celle dite du «Jour des fous». Ce jour-là, les comportements les plus absurdes sont tolérés de tous. La fête connaît bientôt un succès fulgurant dans toute la ville. Les Homsis se convertiront plus tard au christianisme, puis à l’islam; mais selon le chercheur français Jean-Yves Gillon, la tradition du «Jour des fous» s’est perpétuée jusqu’à la moitié du XXe siècle.

Cette étrange fête ne suffit cependant pas à expliquer la réputation d’iconoclastes qui poursuit les Homsis. Au VIIe siècle, Homs est conquise par l’armée musulmane du célèbre commandant militaireKhalid ibn al-Walid. Elle devient alors la première cité syrienne à abriter une importante population musulmane –ce qui incite Omar, second calife de l’islam après la mort du prophète Mahomet, à faire de Homs une capitale régionale. Les habitants des autres cités historiques –Hama, Palmyre, Tartous…– envient leurs nouveaux maîtres: le nombre des poèmes dénigrant les Homsis monte bientôt en flèche.

Dans les conflits opposant la future dynastie des Omeyyades à Ali, cousin et beau-fils du prophète Mahomet, les Homsis se rangent du côté d’Ali. Nombre d’entre eux rejoignent son armée à la bataille de Siffin, en 657. Après la défaite d’Ali, en 659, les Homsis perdent leur statut de privilégiés; huit décennies plus tard, lorsque l’une des tribus de Homs se soulève contre Marwan II, dernier calife des Omeyyades, de nombreux habitants sont massacrés, torturés, mutilés.

Une ville méprisée

Du fait de sa position stratégique, de nombreuses dynasties rebelles ont fait de Homs le cœur de leurs complots –et les récits pleins de mépris ont continué de fleurir aux quatre coins du pays.

«Je me promenais dans les rues de Homs, lorsque j’ai vu un troupeau de chèvres suivi par un chameau, écrit al-Jahiz, célèbre écrivain et poète du IXe siècle. J’ai entendu un homme demander: “Ce chameau fait-il partie de la famille des moutons?” “Non”, répondit un autre. “Il était orphelin; ils l’ont donc adopté.”»

Les stéréotypes négatifs ont fait leur grand retour au XIe siècle, lorsque la dynastie Mirdaside a repris la ville avant de la convertir à l’islam chiite. Les Homsis ont alors rapidement été les victimes des débats polémiques opposant les clercs sunnites à leurs homologues chiites. Ibn al-Jawzi (célèbre clerc sunnite) a rapporté nombre de récits ironiques consacrés aux étranges coutumes des responsables religieux de Homs, ainsi qu’à l’imbécilité supposée de leurs ouailles.

Voici l’une de ces anecdotes. Un beau jour, trois étudiants d’une école religieuse homsie discutaient d’un hadith –communication orale du prophète Mahomet– consacré aux parties du corps humain. «Le nez sert à sentir, la bouche à manger, et la langue à parler, conclurent-ils;mais à quoi sert l’oreille?» Le hadith ne répondant pas à cette question, ils décidèrent d’aller la poser à leur cheikh. Sur la route qui menait à sa maison, ils virent un tailleur qui rapiéçait une étoffe. Il coupait des bouts de fil, et les plaçait sur son oreille. «Dieu nous a envoyé la réponse», conclurent les étudiants, avant de reprendre le chemin de la mosquée.

Voilà bien longtemps que Homs est un bastion de résistance –une forteresse musulmane pour repousser les envahisseurs européens au temps des croisades, puis une base pour les commandants mamelouks dans leur guerre contre les Mongols. Mais cet héroïsme n’a pas délivré les Homsis des anciens préjugés qui pèsent sur leurs épaules, bien au contraire: on attribue souvent les victoires de Homs à la simplicité d’esprit supposée de ses habitants.

Homs, bastion de résistance

Une anecdote rapporte que lors d’un «Jour des fous», les anciens de la cité décidèrent d’ouvrir les portes de Homs aux forces ennemies. Les Mongols s’y engouffrent, et découvrent des habitants qui portent leurs vêtements à l’envers, et marchent à reculons dans les rues. Le chef des Mongols pense alors qu’ils sont frappés par quelque maladie, et fait immédiatement sonner la retraite, afin que ses soldats échappent à l’infection. La véritable histoire de Homs est beaucoup moins amusante: après la chute des Mamelouks, la cité fut ravagée par des attaques de bédouins. Ce fut le début de son déclin.

Une fois incorporée à l’Empire ottoman (au cours du XVIe siècle), Homs regagne son statut de centre économique, et devient un carrefour commercial des marchands de soie, d’huile d’olive et d’animaux reliant les cités du nord et du sud de l’empire. Observant son activité économique en pleine expansion et son industrie du tissage, un consul britannique de la fin du XIXe siècle la qualifia un jour de «Manchester de Syrie».

L’âge d’or de la cité prend fin avec la chute des Ottomans. Homs passe sous l’autorité de l’Etat de Damas pendant le mandat français, au lendemain de la Première Guerre mondiale. Confrontés au déclin économique de leur cité, les Homsis ont tôt fait –en 1925– de rejoindre la révolution contre l’occupant français. Les bandits de la région assaillent les troupes françaises. L’un des généraux de la révolution, Mazhar al-Sibai, est originaire de Homs.

Les tensions s’apaisent peu à peu, et en 1932, les Français ferment leur académie militaire de Damas pour la rouvrir à Homs. Elle demeurera la seule académie militaire de Syrie jusqu’en 1967. Hafez al-Assad lui-même était diplômé de cet institut –mais en dépit de ses années d’études, il n’a jamais ressenti d’attachement particulier pour la cité en elle-même. Le président alaouite a passé des accords avec les élites sunnites de Damas et d’Alep pour assoir sa mainmise sur le pays –abandonnant à son sort la communauté sunnite (majoritaire) de Homs.

Et c’est ainsi que dans les cafés syriens, les plaisanteries prirent de nouveau les Homsis pour cible; ils redevinrent les idiots de service. Prenez cette blague populaire: nous sommes en pleine guerre de 1973, et un soldat homsi joue avec une grenade. Un compagnon d’armes lui dit de faire attention, car une explosion est vite arrivée. «Ne t’inquiète pas, répond le Homsi. J’en ai d’autres en stock!»

Aujourd’hui, Homs la tumultueuse se retrouve de nouveau dans l’œil du cyclone. Le régime de Bachar al-Assad poursuit son effroyable assaut sur la cité, et l’humour noir est désormais de mise. Un partisan d’Assad a récemment posé cette question sur Twitter:

«Pourquoi les Homsis se soulèvent-ils? Réponse: parce que les blagues homsies leur tapent sur le système.»

Mais, cette fois, plus personne ne rit.

Omar Adam Sayfo
Journaliste et chercheur spécialiste du Moyen-Orient

Traduit par Jean-Clément Nau

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Journal de Syrie : Une mendiante à ma porte


IRIN

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DAMAS, 20 novembre 2013 (IRIN) – L’auteur de ce récit est un jeune diplômé de l’université de Damas, issu d’une famille aisée appartenant à une minorité religieuse syrienne. Il souhaite conserver l’anonymat pour des raisons de sécurité. Dans ce cinquième extrait, il nous fait part des signes qu’il observe autour de lui et qui montrent que la population est de plus en plus mal nourrie et désespérée.

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J’étais seul chez moi lorsque quelqu’un a frappé à la porte. En ouvrant, j’ai découvert une jeune femme maigre, âgée d’une vingtaine d’années comme moi. Elle portait des baskets, une paire de jeans, un pull et elle n’était pas voilée, ce qui indiquait que c’était probablement une citadine. Ses vêtements étaient propres, mais incontestablement vieux et usés. D’une voix tremblante, elle a dit :

« Je suis originaire de Homs et j’ai des enfants. Nous vivons ici maintenant et nous avons besoin d’aide. Peux-tu m’aider ? Si tu avais du pain, ce serait formidable. »

Elle n’a pas dit « s’il te plaît ». Elle n’a pas prononcé les formules ou les prières que les mendiants utilisent habituellement. Elle ne semblait même pas chercher à ce que l’on s’apitoie sur son sort. Elle a seulement présenté les faits et posé une question. Cependant, elle semblait gênée – même s’il n’y avait pas de quoi. Je savais qu’elle n’avait pas d’autre moyen de gagner dignement sa vie. J’étais bouleversé, mais j’ai continué à sourire, j’ai sorti un billet de mon portefeuille et je le lui ai tendu en disant : « Les choses vont s’arranger, et si tu as besoin de quelque chose, tu peux revenir ici. »

Elle a souri et ajouté « Si Dieu le veut, merci  » ; puis elle a disparu dans l’escalier. Elle n’est pas allée frapper à d’autres portes dans l’immeuble. Je suis sûr que pour elle ce jour-là, cela suffisait.

Je pense aux personnes mal nourries en Syrie chaque fois que je passe à table avec ma famille. Nos repas ne sont plus ce qu’ils étaient. Les rations sont plus petites et nous utilisons moins d’ingrédients coûteux comme les épices ou les noix (un kilo de pignons de pin équivaut aujourd’hui à 40 pour cent du salaire de mon père), mais nous avons la chance de manger régulièrement. Nos repas n’ont rien à voir avec ceux des Syriens qui vivent dans les zones assiégées.

D’après les médias, de nombreux enfants syriens sont morts de faim dans les zones assiégées le mois dernier. Je n’y croyais pas en entendant les informations. J’ai pensé à la Somalie et je me suis demandé : est-ce que cela pourrait aussi se produire en Syrie ?

Un de mes amis est l’un des rares docteurs restants à al-Hajar al-Aswad, la banlieue sud assiégée de Damas. Il m’a raconté que les nouveau-nés sont les plus touchés. Leurs mères ne produisent pas suffisamment de lait et il est impossible de se procurer du lait en poudre.

Les adultes, m’a-t-il dit, survivent grâce à de maigres rations provenant des réserves de produits alimentaires traditionnels syriens, comme des olives, du thym et de la confiture ; et dans certains cas, des chats et des chiens. «  Bientôt, ce sont aussi les adultes qui commenceront à mourir de faim  », a-t-il déclaré.

Dans mon quartier, les gens ne mangent pas de chats ni de chiens, mais j’ai remarqué des petits signes de privation. Dans un supermarché près de chez moi, connu pour ses produits moins chers, j’ai vu une femme acheter 100g de margarine, 200g de fromage et trois œufs. J’étais stupéfait. Traditionnellement en Syrie, même les personnes très pauvres n’achetaient jamais de nourriture en si petite quantité.

Mais en regardant les prix, j’ai vite compris. Un kilogramme de margarine, qui coûtait auparavant 450 livres syriennes, coûte aujourd’hui 2 500 livres [avec la dévaluation de la monnaie syrienne, près de 17 dollars au marché noir]. Un kilogramme de fromage est passé de 140 à 700 livres ; un œuf de 4 à 23 livres ; et l’agneau, un ingrédient de base de la cuisine syrienne, de 700 livres le kilo à 2 600. Cette situation est intolérable pour de nombreux Syriens dont les salaires, s’ils en perçoivent toujours, ont à peine augmenté. En ce moment, le salaire moyen ne dépasse pas les 16 000 livres par mois (110 dollars).

D’autres signes attestent de la détérioration de la situation. Récemment, je suis retourné en Syrie après avoir passé un mois au Liban, où j’ai essayé (encore une fois en vain) d’obtenir un visa pour l’Europe. Lorsque j’étais là-bas, j’ai reçu plus de dix coups de téléphone de la part de gens qui voulaient que je leur rapporte des médicaments. Même des choses simples comme des antibiotiques et des vitamines sont désormais introuvables en Syrie.

Aujourd’hui, alors que la Syrie ne fait plus la une des journaux, l’hiver qui approche risque d’alourdir les souffrances de cette crise humanitaire.

Tant de personnes ont été touchées par cette guerre : tuées, détenues, déplacées ou mutilées. Parmi les morts et les détenus, on compte surtout des hommes, et les membres de leur famille à charge se retrouvent privés de moyens de subsistance et en proie à la famine. Ma famille peut aider une ou deux personnes qui demandent de l’aide de temps en temps, mais ce n’est jamais assez.

Lorsque j’ai raconté l’histoire de la jeune femme qui avait demandé du pain à ma mère, elle m’a confié que bien des personnes dans la même situation étaient venues demander de l’aide. Au bord des larmes, elle s’est indignée : « Que pouvons-nous faire ? Nous sommes impuissants. »

Et nous ne sommes pas à l’abri.

Mon père est ingénieur. Il était consultant freelance pour arrondir ses fins de mois en tant que fonctionnaire. Il a perdu son emploi de freelance, mais a eu la chance de pouvoir conserver son deuxième poste, qui rapporte 30 000 livres syriennes par mois (près de 200 dollars) à notre famille. Il est impossible de vivre avec cette somme, alors nous puisons dans nos économies. Mais avec la dévaluation de la monnaie et une inflation constante, nous ne savons vraiment pas combien de temps nous allons pouvoir tenir.

Journal de Syrie : Quitter la Syrie – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : La vie en exil – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : Retour à Damas – sur Info-Palestine
Journal de Syrie : Dans l’incertitude – sur Info-Palestine

Au Liban, les réfugiés syriens s’enfoncent dans la pauvreté


Si vous pouvez aider, rendez-vous sur la page facebook https://www.facebook.com/SB.overseas.charity?fref=ts  Lama prépare un camion de fournitures et de vêtements à destination des réfugiés. Elle recherche des fauteuils roulants pour les nombreux handicapés

jeudi 21 novembre 2013, par La Rédaction

Des familles syriennes réfugiées au Liban s’enfoncent dans l’endettement et dans la pauvreté, ce qui affecte l’éducation de leurs enfants et leur dignité, prévient jeudi l’agence internationale d’aide Oxfam.
« Les réfugiés syriens sont confrontés à une lutte quotidienne pour survivre dans un pays où les emplois et les logements abordables sont rares. La quête perpétuelle d’un travail anéantit leurs espoirs », a déclaré Nigel Timmins, qui dirige depuis Beyrouth l’action d’Oxfam en Syrie.
L’agence s’appuie sur les résultats d’une étude qu’elle a commandée à un institut de recherche libanais sur 1.500 familles réfugiées au Liban.
Cette étude « montre que les gens dépensent plus de deux fois plus qu’ils ne gagnent : les revenus mensuels des familles réfugiés sont d’environ 250 dollars mais les dépenses moyennes sont d’environ 520 dollars », quasiment uniquement pour la nourriture (225 dollars) et le logement (275 dollars), relève Oxfam.
En moyenne, les familles arrivent avec 370 dollars d’économies, qui fondent vite au Liban, où le coût de la vie est plus élevé qu’en Syrie.
Surtout, « l’étude montre que seulement 25% des enfants sont scolarisés, ce qui laisse entrevoir une génération d’enfants syriens privés d’une éducation nécessaire », s’inquiète l’ONG.
Les écoles publiques sont gratuites au Liban, mais de nombreux parents ne peuvent payer les frais annexes comme le transport.
Oxfam cite l’exemple de Hadir Jasem, 21 ans, arrivée avec sa famille il y a deux ans : elle « brûle de rentrer chez elle en Syrie et de commencer l’université », mais son emploi d’aide-enseignante à 200 dollars par mois représente le seul revenu des 13 membres de sa famille.
Plus de 2 millions de Syriens ont fui les violences dans les pays limitrophes, dont 800.000 au Liban.
Selon Oxfam, les opérations humanitaires pour faire face à cet afflux massif ne sont financés qu’à 61%, et « une injection massive de fonds » est nécessaire pour éviter qu’une génération de réfugiés syriens ne se voie condamnée à « une vie de misère noire ».

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Doutant de leur loyauté, l’armée espagnole remplace les militaires musulmans par des latino-américains


 

 

19 novembre 2013 Doutant de leur loyauté, l'armée espagnole remplace les militaires musulmans par des latino-américains

Des militaires musulmans de la ville de Melilla, enclave espagnole au nord du Maroc, ont vu leur contrat non renouvelé par l’armée espagnole et ont été remplacés par des latino-américains, après des doutes sur leur loyauté.

Pourtant l’armée espagnole nie toute discrimination envers les musulmans de la ville, mais la présence dans son corps d’une part importante de musulmans – estimée à près de 25% – est une question très sensible en Espagne.

Selon Yonaida Sellam, président de l’association musulmane de la ville, dont les propos ont été recueillis par le journal El Pais, le salaire des militaires est souvent le seul revenu des familles dans une ville qui compte, d’après les statistiques officielles, plus de 41% de chômage.

Depuis la découverte en 2006, dans les rangs de l’armée en poste à Sebta, de trois militaires musulmans issus d’une cellule salafiste ayant pour projet de commettre des attentats au sein de l’armée, le doute subsiste dans les rangs des chefs de l’armée de la loyauté des militaires musulmans.

Sauf que l’armée ne motive pas forcément le refus de non renouvellement des contrats et les militaires ne sont pas licenciés ou réprimandés. Le journal El Pais ajoute que l’armée emploie des termes subjectifs comme « attitude » ou « loyauté », qui peuvent donc donner matière à interprétation, ce qui alimente justement les soupçons de discrimination.

L’année dernière, les services de renseignements espagnols avaient été alertés par leurs homologues américains sur la possible de présence de militaires « jihadistes » dans les villes de de Sebta et Melilla.

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