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Le mercredi 4 mars 2015, le cercle BDS de l’ULB organisait une action sur l’avenue Paul Héger à Ixelles, dénonçant les politiques menées par le gouvernement israélien. Le lendemain, un montage vidéo fut publié et les journaux titrèrent « Dérapage antisémite ». La polémique était lancée. Dans un souci de libre examen, le Recteur a réuni toutes les parties ainsi que des témoins pour faire la lumière sur les faits. Après que des torts partagés ont pu être reconnus, la conclusion du Recteur sur son blog fut claire : « il n’y avait pas d’intention antisémite dans le chef des manifestants » (1).
L’incident semblait être clos. Nous avons dès lors été très préoccupé·e·s par la « Carte blanche » publiée dans Le Soir de ce vendredi 27 mars et signée par une septantaine de personnalités membres ou proches de l’ULB (2), invitant le Recteur de l’ULB à retirer au cercle BDS-ULB « la reconnaissance officielle de l’université et l’autorisation à porter son sigle« , ce qui revient à prôner la suppression pure et simple, sans autre forme de dialogue, du cercle au sein de l’ULB.
S’il devait être avéré qu’il y avait eu un acte d’antisémitisme, nous serions les premièr·e·s à le dénoncer. Rappelons que la loi permet de poursuivre toute incitation à la haine raciale quelle qu’elle soit. Cependant, jusqu’à présent, aucune plainte n’a été déposée et aucune condamnation n’a été prononcée à l’encontre de BDS-ULB pour de tels actes.
L’amalgame récurrent entre la critique de la politique menée par l’Etat d’Israël et l’antisémitisme est un outil d’intimidation intellectuelle qui n’a pas sa place dans la pratique du libre examen. Il vise à rendre illégitime toute remise en question de la politique menée par le gouvernement israélien et a en outre pour effet de monter les membres de la communauté étudiante les un·e·s contre les autres. Nous appelons à plus de sérénité dans la manière dont sont abordées ces questions politiques.
Comme l’a très bien souligné le Recteur : « On peut lutter contre les thèses de BDS, contre toutes ou, comme dans mon cas, certaines d’entre elles, mais on ne peut le faire au détriment de la vérité, de la justice et du respect que l’on doit à toute personne« (1).
BDS-ULB rejette le boycott individuel mais défend le boycott économique et institutionnel (et donc académique) comme moyen pacifique pour faire pression sur le gouvernement israélien. C’est un point de vue politique qui ne fait pas l’unanimité parmi nous, mais nous restons convaincu·e·s que seule la confrontation d’idées, qui reste l’ADN de notre institution, et non le sectarisme intellectuel, est la manière libre-exaministe de réfléchir à cette question.
En tant que membres de la communauté universitaire et/ou proches de l’ULB, nous revendiquons le droit à débattre et à critiquer librement. Les revendications politiques de BDS-ULB ne sont peut-être pas partagées par tous, mais la liberté d’expression est un droit essentiel et la pluralité des points de vue, indispensable à toute société démocratique. Nous ne soutenons pas cet appel au retrait de l’enregistrement de BDS-ULB. Un appel non fondé qui jette le discrédit sur le cercle BDS-ULB, sans autre forme de débat, et qui relève tout simplement de la censure. Nous ne pouvons partager cette démarche qui ternit l’image de l’université en diabolisant des membres de sa communauté.
(1) Didier Viviers, La fin ne justifie pas les moyens, publié sur le blog-notes de Didier Viviers, Recteur de l’Université libre de Bruxelles, 12 mars 2015. http://blog-recteur.ulb.ac.be/
(2) Cette carte blanche, parue dans le soir le 27 mars 2015, a été relayée par l’Union des Anciens Etudiants et est disponible sur le compte de l’UAE : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=944972222203032&id=238684106165184
Plus de 200 personnalités de ou proches de l’ULB ont décidé de prendre position ensemble contre les demandes de censures formulées à l’encontre du cercle BDS-ULB. Face à la diabolisation, ils défendent le droit au débat et à la critique.
voir article complet ici
Israeli Apartheid Week 2014 / Dabke Flashmob by Columbia Palestinian Dabke Brigade
[youtube https://youtu.be/-jUTyOZ2aSE?]
Le monde surréel de Chomsky
Noam Chomsky, célèbre linguiste et intellectuel américain, nous livre sa vision d’un monde complètement surréel dans lequel « les institutions idéologiques occidentales ont l’exorbitant pouvoir de falsifier, d’embrouiller et de réinterpréter les faits, dans l’intérêt de ceux qui dominent l’économie et le système politique. » Vive critique de la politique étrangère américaine, ces quelques pages s’inscrivent en rupture de l’analyse spontané occidentale.
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Médias
« La société américaine est gouvernée par les affaires : chaque année, un trillion de dollars, soit le septième du produit national brut, est dépensé uniquement dans le domaine du marketing, dont le but est, en grande partie, de contrôler l’opinion publique. Sachant que d’importantes institutions médiatiques possèdent un énorme pouvoir d’influence, il n’est pas surprenant qu’elles se vendent au marché que représentent d’autres institutions privées de marketing. C’est ainsi qu’elles essaient de maintenir la population enfermée dans l’endoctrinement du mythe capitaliste. »
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Processus de paix au Moyen-Orient
« Les Etats-Unis se sont toujours opposés autant au retrait israélien des territoires qu’à l’autonomie palestinienne. […] Le fait que les Etats-Unis aient été les seuls à s’opposer aux initiatives de paix au Moyen-Orient n’a jamais été rapporté au public américain. […] Même en Union soviétique les médias n’auraient jamais réussi à déformer la réalité aussi radicalement que ne l’ont fait et que ne le font encore les médias américains. Le pire est que l’influence des Etats-Unis est tellement forte que le monde entier finit par concevoir la réalité de cette façon. »
« Pour des raisons du même ordre, Israël a soutenu des éléments fondamentalistes opposés aux compromis que l’OLP était prête à faire sur la question des territoires occupés. […] Le raisonnement de base tire ses origines des premiers temps du sionisme : les Palestiniens modérés représentent la plus grande menace pour la volonté israélienne d’éviter toute entente politique et d’imposer aux Palestiniens un état de fait.»
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Accord de Libre-Echange Nord-Américain
« L’un des objectifs principaux des Etats-Unis est la libéralisation des services, qui permettait aux banques supranationales de supplanter les concurrents nationaux et d’éliminer ainsi toute menace de planifications économiques et de développement indépendant. Les accords concluent dans le cadre de l’ALENA imposent un mélange de libéralisme et de protectionnisme, afin que les maîtres du nouvel âge impérial puissent détenir fermement les richesses et le pouvoir. »
« Dans son rapport, le LAC note que l’administration n’a laissé place à aucun avis extérieur sur la production du Traité et a refusé de rendre disponible un avant-projet pouvant être commenté. Au Canada et au Mexique, la situation a été la même : les faits ne sont pas même rapportés. On est donc sur le point d’atteindre un idéal recherché depuis longtemps : la mise en place de procédures démocratiques formelles mais dépourvues de sens, qui font en sorte que les citoyens sont exclus de l’arène publique et qu’ils n’ont qu’une vague idée des règles qui façonnent leur vie. »
« On trouve le commentaire suivant dans le rapport du LAC : l’ALENA aura pour effet d’empêcher les membres démocratiquement élus de tous les paliers du gouvernement de décréter des mesures qui ne concordent pas avec les clauses de l’accord, notamment des mesures sur l’environnement, les droits des travailleurs, la santé et la sécurité, lesquelles peuvent toutes être remises en question en tant que contraintes commerciales injustes. »
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Fondamentalisme
« La propagande cherche à susciter la peur du fondamentalisme islamique, nouveau Satan menaçant la planète, substitut de la menace soviétique. […] Le plus extrémiste des Etats islamiques fondamentalistes au monde est l’Arabie Saoudite, fidèle allié des Etats-Unis ou plus précisément dictature familiale servant de façade arabe, grâce à laquelle les Etats-Unis peuvent contrôler la péninsule arabique, pour adopter le style colonial à la britannique. »
« Le groupe fondamentaliste islamique le plus fanatique de la planète est peut-être celui qui dirige Gulbuddin Heymatyar, terroriste extrémiste, enfant chéri de la CIA et principal bénéficiaires des 3,3 milliards de dollars d’aide américaine (officielle) aux rebelles afghans. […] Il faut cependant reconnaître, à sa décharge, qu’il ne fait pas le poids devant Pol Pot, un autre client des Etats-Unis, qui vida Phnom Penh de manière beaucoup plus sanguinaire encore. »
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Propagande
« Dans un système totalitaire, la seule exigence est que l’on suive la doctrine officielle. Dans les systèmes démocratiques de dirigisme mental, on juge nécessaire de prendre en charge toutes les facettes du débats : rien ne doit rester pensable qui ne soit dans la ligne du parti. La propagande étatique est souvent inexprimée, simple cadre préalable au débat entre personnes bien pensantes. »
« Les critiques responsables apportent une contribution non négligeable à cette cause, ce qui explique qu’ils sont tolérés, voire honorés. La nature des systèmes occidentaux d’endoctrinement à échappé à Orwell et, d’une manière caractéristique, n’est pas comprise des dictateurs, qui ne saisissent pas l’utilité pour la propagande d’une position critique regroupant les hypothèses fondamentales de la doctrine officielle et par la-même marginalisant la discussion critique authentique et rationnel qu’il faut bloquer. »
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Par Noam Chomsky
(Un monde complètement surréel, 2004)
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Photographies de Jean-Christophe Béchet


















