Syrie : raids sanglants du régime près de Damas


La ville de Douma, près de Damas, a été visée par des frappes du régime de Bachar Al-Assad, le 16 août.

Au moins 82 personnes, en majorité des civils, ont été tués dimanche 16 août par des frappes aériennes du régime de Bachar Al-Assad sur un fief rebelle près de Damas, et 250 autres ont été blessées.

L’armée de l’air a frappé à plusieurs reprises Douma, une ville située à 13 km au nord-est de Damas et presque quotidiennement touchée par des raids aériens, principale arme du régime contre les insurgés.

« Un massacre délibéré »

« Il s’agit d’un massacre délibéré », a réagi Rami Abdel Rahmane, directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une ONG qui dispose d’un large réseau de sources à travers la Syrie. La Coalition de l’opposition syrienne en exil a également dénoncé l’attaque sur Twitter, en estimant que « Assad commet un nouveau massacre à Douma, en visant un marché bondé ».

Les frappes de dimanche coïncident avec la visite du patron des affaires humanitaires de l’ONU, Stephen O’Brien, qui effectue son premier déplacement en Syrie. Arrivé samedi, M. O’Brien a affirmé qu’il venait « évaluer les besoins du peuple syrien afin de lui offrir de l’aide humanitaire », selon la traduction en arabe de l’agence officielle syrienne Sana.

Mercredi, un rapport d’Amnesty international avait accusé le gouvernement syrien de commettre des « crimes de guerre » dans cette région, parlant d’« attaques directes, aveugles et disproportionnées ».

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Des gardes-côtes grecs ont-ils voulu tuer des migrants en mer ? Une vidéo sème le trouble


[youtube https://youtu.be/-5MCBw1pFL4?]

La vidéo, est en train de faire le tour du monde. C’est le quotidien turc « Hürriyet » qui l’a relayé. Elle date d’il y a quelques jours. Elle a été tournée par des pêcheurs turcs, depuis leur bateau.

Les deux marins observent, entre la côte turque et l’archipel grec du Dodécanèse, un navire des garde-côtes grecs. Ce navire serait entré dans l’espace maritime turc. Les garde-côtes grecs s’approchent doucement d’une embarcation de migrants. Tous sont équipés de gilets de sauvetage. Les deux témoins turcs parlent, mais sans jamais le filmer, d’un objet comme une perche, longue, qui dépasserait du navire grec. Mais la vidéo ne montre pas l’objet. Les grecs auraient transpercé le canot gonflable des migrants. Il se dégonfle effectivement en quelques secondes. Le bateau est filmé ensuite en train de s’en aller.

Ce sont les deux témoins qui ont ensuite appelé les gardes-côtes turcs pour sauver tous les migrants.

Sur la vidéo, aucune trace de l’action en elle-même : on ne voit que le bateau grec arriver, puis repartir, et le canot gonflable des migrants couler. C’est le dialogue entre les deux pêcheurs qui accuse. Le voici dans son intégralité, retranscrit et traduit en français. Ce sont les deux pêcheurs qui parlent entre eux.

– “Il y a beaucoup d’ immigrants sur le bateau”

– “Le bateau grec ne peut pas entrer là. Ce territoire nous appartient, ce sont nos eaux territoriales.”

– “Ils ont crevé le bateau.”

– “Ils ont crevé le bateau, maintenant les gens sont dans l’eau.”

– “Il avait comme une lance à la main, ils ont fait couler le bateau.”

– “Ils s’échappent.”

– “Ismail, est-ce que tu as vu des enfants? Est-ce qu’il y a des enfants?”

– “Oui, il y a des enfants.”

– “On va en sauver autant qu’on peut.”

– “Prends cet enfant, prends-le.”

– “Les garde-côtes turcs arrivent.”

L’accusation est grave. Pour l’instant, les garde-côtes grecs n’ont fait aucun commentaire. Leur version est pourtant essentielle pour établir l’ensemble des faits.

Autour de ces îles de la mer Egée, chaque nuit, des dizaines de canots pneumatiques arrivent après une traversée de quelques heures depuis la Turquie. Depuis le début de l’année, 124.000 migrants sont arrivés enGrèce, autant qu’en Italie. La semaine dernière, ils étaient 1 900 nouveaux arrivant selon le Haut Commissariat aux Réfugiés.

La route pour gagner l’Europe par la Grèce est beaucoup plus courte que celle par l’Italie, et les embarcations employées généralement moins dangereuses. Selon l’Office international des migrations, 1.930 personnes sont mortes cette année en essayant de gagner l’Europe par l’Italie, contre 60 qui ont choisi d’entrer par la Grèce.

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