Les médias Israéliens annoncent officiellement la mort d’un de leurs soldats et 1 blessé lors de l’attaque à l’arme blanche dans un centre commercial de Karmiel.
Des pertes également au Liban
Radio de l’armée ennemie : « Le commandant assassiné à Tyr était responsable de l’unité « Aziz », qui est l’unité responsable de tout le secteur ouest du sud-Liban. »
Depuis des heures, des incendies brûlent dans le nord du Golan syrien occupé en raison des opérations du Hezbollah ciblant les bases et casernes des FOI.
Le Hezbollah affirme avoir ciblé le site de l’armée israélienne de Rweisat Al-Alam dans les collines libanaises occupées de Kfar Chouba avec une roquette massive, provoquant des tirs directs, déclenchant des incendies, détruisant des pièces et infligeant des victimes confirmées.
D’après la chaîne israélienne I24, des milliers de combattants afghans supplémentaires de la brigade Fatemiyoun sont arrivés en Syrie pour renforcer les rangs du Hezbollah, si besoin.
Et les sirènes de missiles sonnent continuellement à « Kiryat Shmona » et dans les localités environnantes au nord d’Israël.
Une source du Hezbollah a déclaré à Al Jazeera que les dernières attaques contre le nord de la Palestine occupée par Israël sont des représailles à l’assassinat du commandant militaire Mohammed Naima Nasser.
Le photojournaliste Ahmed Ghanem a pour sa part été blessé par des éclats d’obus à la tête et au dos, lors d’un bombardement israélien sur la ville de Kafr Chouba, au sud du Liban.
Un avocat raconte sa visite dans un centre de détention israélien
“La situation là-bas est plus horrible que tout ce que nous avons pu entendre à propos d’Abu Ghraib et de Guantanamo”. Voilà comment Khaled Mahajneh décrit le centre de détention de Sde Teiman, alors qu’il est le premier avocat à le visiter.
Plus de 4.000 Palestiniens arrêtés par ‘Israël’ à Gaza sont détenus dans la base militaire du Naqab (Negev) depuis le 7 octobre. Certains d’entre eux ont été libérés par la suite, mais la plupart sont toujours détenus par Israël. L’avocat Khaled Mahajneh, citoyen palestinien d’’Israël’, a d’abord été contacté par Al Araby TV, qui cherchait des informations sur Muhammad Arab, un reporter de la chaîne, arrêté en mars alors qu’il couvrait le siège israélien de l’hôpital Al-Shifa dans la ville de Gaza.
“J’ai contacté le centre de contrôle de l’armée israélienne et, après avoir fourni une photo et une carte d’identité du détenu, ainsi que mon document officiel de procuration, j’ai été informé que M.Arab était détenu à Sde Teiman et que l’on pouvait lui rendre visite” a déclaré Mahajneh. Lorsque l’avocat est arrivé à la base le 19 juin, on lui a demandé de laisser sa voiture loin du site, où une jeep de l’armée l’attendait pour le conduire dans la base.
C’est “quelque chose qui ne m’était jamais arrivé lors d’une visite précédente de prison”, a-t-il déclaré à +972. Ils ont roulé pendant environ 10 minutes à travers le site – un réseau tentaculaire de baraquements – avant d’arriver à un grand entrepôt, où se trouvait une baraque gardée par des soldats masqués. “Ils ont répété que la visite serait limitée à 45 minutes et que toute action susceptible de porter atteinte à la sécurité de l’État, du camp ou des soldats entraînerait l’interruption immédiate de la visite. Je n’ai toujours pas compris ce qu’ils voulaient dire”, a déclaré M. Mahajneh.
Les soldats ont traîné le journaliste détenu bras et jambes entravés, tandis que M.Mahajneh restait derrière une barrière. Après que les soldats lui aient retiré son bandeau, M.Arab s’est frotté les yeux cinq minutes, peu habitué à une lumière vive. La première question qu’il a posée à l’avocat a été: “Où suis-je?” La plupart des Palestiniens de Sde Teiman ne savent même pas où ils sont détenus. Comme au moins 35 détenus sont morts dans des circonstances inconnues depuis le début de la guerre, beaucoup l’appellent simplement “le camp de la mort”.
“Cela fait des années que je rends visite aux détenus et prisonniers politiques et de sécurité dans les prisons israéliennes, y compris depuis le 7 octobre”, a fait remarquer M. Mahajneh. “Je sais que les conditions de détention sont devenues beaucoup plus dures et que les prisonniers sont maltraités au quotidien. Mais Sde Teiman ne ressemble à rien de ce que j’ai vu ou entendu auparavant”.
Muhammad Arab, journaliste palestinien à Al Araby TV
Mahajneh a déclaré à +972 que M.Arab était presque méconnaissable après 100 jours dans le centre de détention: son visage, ses cheveux et la couleur de sa peau avaient changé, et il était couvert de souillures et de fientes de pigeons. Le journaliste n’avait pas reçu de nouveaux vêtements depuis près de deux mois et n’a été autorisé à changer de pantalon pour la première fois ce jour-là qu’en raison de la visite de l’avocat.
Selon M.Arab, les détenus ont continuellement les yeux bandés et sont menottés mains dans le dos, contraints de dormir recroquevillés sur le sol sans la moindre pièce de literie. Leurs menottes métalliques ne leur sont retirées que lors d’une douche hebdomadaire d’une minute. “Mais les prisonniers ont commencé à refuser de se doucher parce qu’ils n’ont pas de montre, et qu’en dépassant la minute allouée, ils s’exposent à de sévères punitions, y compris des heures passées dehors en pleine chaleur ou sous la pluie”, a déclaré l’avocat.
Tous les détenus, note M.Mahajneh, voient leur état de santé se détériorer en raison de la mauvaise qualité du régime alimentaire quotidien de la prison: une petite portion de labaneh [fromage à tartiner] et un morceau de concombre ou de tomate. Ils souffrent également de constipation sévère, et pour 100 prisonniers, un seul rouleau de papier hygiénique est fourni par jour. “Les prisonniers n’ont pas le droit de se parler, même si plus de 100 personnes sont gardées dans un hangar, dont certaines sont des personnes âgées et des mineurs”, a déclaré Mahajneh. “Ils ne sont autorisés ni à prier ni même à lire le Coran.”
M.Arab a également déclaré à son avocat que des gardes israéliens ont agressé sexuellement six prisonniers à l’aide d’un bâton devant les autres détenus après qu’ils aient enfreint les ordres de la prison. “Lorsqu’il a parlé de viols, je lui ai demandé: ‘Muhammad, tu es journaliste, es-tu sûr de ce que tu dis?’” raconte Mahajneh. “Il m’a répondu qu’il l’avait vu de ses propres yeux et que ce qu’il me disait n’était qu’une infime partie de ce qui se passe là-bas”.
De nombreux médias, dont CNNet le New York Times, ont fait état de cas de viols et d’agressions sexuelles à Sde Teiman. Dans une vidéo circulant sur les réseaux sociaux en début de semaine, un prisonnier palestinien récemment libéré du camp de détention a déclaré avoir été personnellement témoin de multiples viols et de cas où des soldats israéliens ont agressé sexuellement des prisonniers avec des chiens.
Selon Muhammad Arab, plusieurs prisonniers ont été tués au cours du mois dernier lors d’interrogatoires brutaux. D’autres détenus blessés à Gaza ont été contraints de se faire amputer d’un membre ou extraire une balle de leur corps sans anesthésie, et ont été soignés par des étudiants infirmiers.
Les équipes de défense juridique et les organisations de défense des droits de l’homme n’ont pas été en capacité de s’opposer à ces graves violations des droits des prisonniers à Sde Teiman, et la plupart d’entre elles sont empêchées de visiter l’établissement afin d’éviter un examen plus approfondi. “Le bureau du procureur de l’État a déclaré que ce centre de détention allait être fermé à la suite de critiques sévères, mais rien ne s’est produit”, a déclaré M. Mahajneh. “Même les tribunaux sont gangrenés par la haine et le racisme à l’égard de la population de Gaza”.
La plupart des détenus, note M.Mahajneh, ne sont pas formellement accusés d’appartenir à une organisation ou de participer à une activité militaire. M.Arab lui-même ne sait toujours pas pourquoi il a été arrêté ni quand il pourra être libéré. Depuis son arrivée à Sde Teiman, des soldats des unités spéciales de l’armée israélienne ont interrogé M.Arab à deux reprises. Après le premier interrogatoire, il a été informé que sa détention avait été prolongée pour une durée indéterminée, sur la base de “soupçons d’affiliation à une organisation dont l’identité ne lui a pas été révélée”.
Pour se venger de qui?
Ces derniers mois, les médias internationaux ont publié plusieurs témoignages de prisonniers libérés et de médecins ayant travaillé à Sde Teiman. Pour le docteur Yoel Donchin, médecin israélien qui s’est entretenu avec le New York Times, les raisons pour lesquelles les soldats israéliens ont arrêté un grand nombre de détenus n’étaient pas claires, certains d’entre eux n’étant que “peu susceptibles d’avoir été des combattants impliqués dans la guerre” en raison de pathologies physiques ou de handicaps préexistants.
Le Times a également rapporté que les médecins de l’établissement ont reçu pour instruction de ne pas écrire leur nom sur les documents officiels ou de ne pas s’appeler les uns les autres par leur nom en présence des patients, de peur d’être ultérieurement identifiés et accusés de crimes de guerre devant la Cour pénale internationale. “Ils les ont dépouillés de tout ce qui pouvait leur donner une appartenance humaine”, a déclaré à CNN un témoin qui travaillait comme infirmier dans l’hôpital de fortune de l’établissement. “Les coups infligés n’ont pas été donnés dans le but de recueillir des renseignements. Ils l’ont été par vengeance”, a déclaré un autre témoin. “C’est une punition pour ce que les Palestiniens ont fait le 7 octobre et pour leur comportement dans le camp”.
Depuis sa visite à Sde Teiman, M.Mahajneh a éprouvé une profonde frustration et de la colère, mais surtout de l’horreur. “Je ne m’attendais pas à entendre parler de viols de prisonniers ou d’humiliations de ce genre. Et tout cela non pas dans le but d’interroger les prisonniers – puisque la plupart d’entre eux ne sont interrogés qu’après de nombreux jours de détention – mais dans un but de vengeance. Pour se venger de qui? Ce sont tous des citoyens, des jeunes, des adultes et des enfants. Il n’y a pas de membres du Hamas à Sde Teiman parce qu’ils sont entre les mains des Shabas [services pénitentiaires israéliens]”.
Dans sa réponse aux questions posées pour cet article, l’armée israélienne a déclaré: “L’armée israélienne rejette les allégations de mauvais traitements systématiques des détenus, y compris par la violence ou la torture… Si nécessaire, des enquêtes de la police militaire sont ouvertes lorsque des soupçons de comportement inhabituel le justifient.”
L’armée a nié les récits de privations de M.Arab et de M.Mahajneh, et a certifié que des vêtements et des couvertures sont distribués en quantité suffisante, ainsi que la nourriture et l’eau (“trois repas par jour”), l’accès aux toilettes et aux douches (“entre 7 et 10 minutes”), ainsi que d’autres commodités à tous les détenus.
L’armée a également ajouté: “Depuis le début de la guerre, il y a eu des décès de détenus, y compris des détenus arrivés blessés du champ de bataille ou dans des conditions médicales problématiques. Chaque décès fait l’objet d’une enquête de la police militaire. A la fin des enquêtes, leurs conclusions seront transmises au bureau de l’avocat général des armées.”
Khaled Mahajneh a transmis un message clair de Sde Teiman: “Muhammad Arab et les autres prisonniers du centre de détention appellent la communauté internationale et les tribunaux internationaux à agir pour les sauver. Il est inconcevable que le monde entier parle des Israéliens enlevés et que personne ne parle des prisonniers palestiniens”.
M.Mahajneh ne sait pas ce qu’il est advenu du journaliste détenu après sa brève interview de 45 minutes. “L’ont-ils battu? L’ont-ils tué? J’y pense tout le temps.”
Des dizaines de milliers de Juifs de Toronto s’opposent à l’holocauste perpétré par Israël à Gaza. Mais la communauté juive de Toronto continue à promouvoir le racisme anti-palestinien et musulman et à soutenir le génocide en cours.
WALK POUR ISRAEL A TORONTO, LE 9 JUIN 2024 (PHOTO : SOCIAL MEDIA/X)
Apparemment, les Juifs de Toronto soutiennent en grande partie l’holocauste d’Israël à Gaza. Beaucoup se déclarent également victimes tout en étant parmi les communautés ethniques/religieuses les mieux loties de la plus grande ville du Canada.
Une foule génocidaire s’est rassemblée pour assister aux Munk Debates jeudi dernier sur la question de « l’antisionisme est de l’antisémitisme ». Le public « sophistiqué » des membres, donateurs et acheteurs de billets des Munk Debates a hué Mehdi Hassan lorsqu’il a énuméré les organisations qui ont détaillé les crimes de leur état ethnique préféré, y compris Oxfam.
« Qu’est-il arrivé pour que vous huiez Oxfam ? » a déclaré Hasan lors du débat.
Dans une expression tout aussi grossière de suprémacisme juif, 300 personnes se sont rassemblées il y a deux semaines pour s’opposer à l’adoption par le Toronto District School Board d’une stratégie anti-raciste. Selon les manifestants, mentionner le racisme anti-palestinien dans la stratégie vaste revenait à être anti-juif.
Quelques jours plus tôt, des dizaines de milliers de Torontois ont défilé pour un État étranger que l’ONU a mis sur liste noire pour violence contre les enfants et a déclaré commettre le crime d’« extermination ». Lors de la Walk for Israel du 9 juin, un groupe se faisant appeler Canadiens Opposés à l’Occupation de nos Rues et Campus avait une camionnette avec de la publicité numérique promouvant le racisme anti-palestinien et musulman. On pouvait lire : « Est-ce le Liban ? Est-ce le Yémen ? Est-ce la Syrie ? Est-ce l’Irak ? » Le véhicule montrait ensuite des musulmans priant et manifestant sur la place Nathan Phillips à Toronto avec des drapeaux palestiniens. L’annonce disait ensuite : « Non. C’est le Canada. Réveillez-vous Canada. Vous êtes assiégés. »
Ignorés lors de la Walk for Israel, de nombreux politiciens ont ensuite dénoncé le message de la camionnette comme islamophobe.
Parmi les Juifs éduqués, même supposément libéraux de Toronto, la bigoterie anti-palestinienne et musulmane est répandue, tout comme le soutien à l’holocauste israélien à Gaza. Ces derniers mois, un flot de médecins et d’avocats torontois majoritairement juifs s’est engagé dans un racisme anti-palestinien épouvantable.
Bien sûr, ce genre de racisme n’est pas nouveau, comme en témoigne l’effort de 2020 pour faire faillite le petit restaurant progressiste Foodbenders, ou les attaques de l’année suivante contre des étudiants en médecine racialement discriminés à l’Université de Toronto, ou encore la tentative de 2021 de bloquer la nomination de la professeure Valentina Azarova à la faculté de droit de l’Université de Toronto. Et ainsi de suite.
Ma présence à Toronto lors de l’attaque brutale d’Israël contre Gaza en 2014 m’a ouvert les yeux sur le suprémacisme juif fanatique de la ville, changeant mon évaluation de la dynamique qui pousse le soutien canadien à Israël. Pendant cet été, j’ai vu des milliers de personnes manifester en faveur de l’assaut d’Israël et j’ai été bousculé, craché dessus, et mon vélo a été endommagé et mon antivol volé par des hommes portant des t-shirts « plus jamais » qui étaient en colère contre mon soutien aux Palestiniens. Pendant la « guerre » de deux mois, j’ai été témoin de nombreuses explosions aléatoires de racisme anti-arabe. Lors d’un rassemblement sur Bloor Street, un homme d’âge moyen marchant avec son partenaire a froissé un prospectus que je lui avais donné et a pointé deux hommes plus âgés d’apparence arabe, qui ont réagi en criant « barbares ». Dans une explosion raciste tout aussi bizarre, un homme à vélo est passé devant une manifestation, s’est arrêté pour engager la conversation et peu après il pointait un jeune enfant d’apparence arabe à proximité et me disait que je l’endoctrinais à tuer. Ensuite, une femme plus âgée a interrompu une conversation téléphonique que j’avais sur la destruction de Gaza par Israël et a crié qu’elle espérait qu’Israël en tuerait « 10 000 de plus ».
Avec 1 500 civils palestiniens (contre six Israéliens) tués pendant la guerre de sept semaines, l’United Jewish Appeal de Toronto et d’autres groupes de pression pro-israéliens ont organisé une grande manifestation pro-guerre sous la bannière : « Nous ne resterons pas silencieux : une marche contre l’antisémitisme mondial ». Présentée comme un défi aux préjugés, la marche n’était guère plus qu’un groupe de blancs appelant à la soumission accrue des peuples de couleur.
Lors du rassemblement de la semaine dernière contre l’évocation du racisme anti-palestinien dans les écoles de Toronto, les manifestants portaient des t-shirts « End Jew Hate ». Leur porte-parole a déclaré au Toronto Star qu’ils étaient là pour protéger les « vulnérables ». Tamara Gottlieb a dit : « Je n’ai jamais vu une crise de personnes vulnérables comme celle que je vois aujourd’hui avec les expériences de nos étudiants et enseignants juifs dans les écoles de la maternelle à la 12e année. »
L’idée que les Juifs de Toronto sont vulnérables ou opprimés n’est pas soutenue par les statistiques. En fait, une personne juive à Toronto est plus susceptible de gagner un revenu supérieur au revenu médian, de posséder une maison, d’avoir un diplôme universitaire, de siéger à un conseil d’administration d’entreprise ou d’être milliardaire. Elle est moins susceptible d’être incarcérée, de voir ses enfants lui être enlevés ou de mourir jeune. Les crimes haineux sont le seul indicateur de discrimination largement utilisé dans lequel la communauté juive est mal classée. Bien que le lobby génocidaire exagère l’ampleur du problème, les Juifs sont substantiellement surreprésentés en tant que victimes de crimes haineux. Mais ils s’en sortent mieux (souvent de manière significative) que d’autres groupes sur les autres indicateurs couramment utilisés pour identifier le statut/l’oppression.
La communauté juive de Toronto est peut-être la mieux placée de toutes au monde. La décrivant comme « l’envie du monde des fédérations de l’UJA », Alan Dershowitz a déclaré lors du dîner Toronto Major Gifts de l’United Jewish Appeal à la fin de 2014 : « Vous ne devez jamais avoir honte d’utiliser votre pouvoir et votre force. N’ayez jamais peur que les gens disent : ‘Vous êtes trop forts et puissants.’ Les Juifs ont besoin de pouvoir et de force. Sans cette force — économique, morale, militaire — nous ne pouvons pas avoir la paix. » Mais l’UJA-Toronto ne cherche pas la « paix ». Plutôt, ils travaillent à renforcer un État de type Sparte, suprémaciste juif, au Moyen-Orient.
Oui, des dizaines de milliers de Juifs de Toronto s’opposent à l’holocauste israélien à Gaza. Des groupes comme Jews Against Genocide et Independent Jewish Voices s’opposent activement à l’establishment juif mainstream et au rôle du gouvernement canadien dans l’encouragement de la violence israélienne. Cependant, cela ne devrait pas empêcher les militants anti-génocide de mettre en lumière le rôle de la communauté juive mainstream de Toronto dans la promotion du racisme anti-palestinien et musulman et du génocide israélien à Gaza.
Quiconque veut savoir ce qui est arrivé aux Israéliens depuis le 7 octobre est invité à regarder la libération de prison du directeur de l’hôpital Al-Shifa. Le Dr Mohammed Abu Salmiya est resté en prison pendant sept mois, sans contrôle judiciaire, sans acte d’accusation, sans culpabilité.
Il a été enlevé par Israël de la même manière que le Hamas a enlevé les otages israéliens et a été jeté en prison. Comme pour les otages israéliens, sa famille ne savait rien de son sort, et ni les représentants de la Croix-Rouge ni son avocat n’ont été autorisés à lui rendre visite.
Le Dr Issam Abu Ajwa, chirurgien, a été libéré avec lui lundi et a raconté les horribles sévices qu’il a subis. Sa photo avant et après ne laisse aucun doute sur la véracité de ses dires.
Les 50 autres Palestiniens libérés n’ont pas été montrés dans les médias israéliens, bien sûr, mais le public étranger a vu des adultes désincarnés, brisés : décharnés, timides, au corps osseux et aux jambes grêles, blessés, meurtris et pleins de plaies.
Abu Salmiya, heureusement pour lui, n’a pas été jeté à Sde Teiman et n’a donc pas été torturé à mort comme ses deux collègues, le Dr Adnan Al-Bursh, chirurgien gazaoui de renom, et le Dr Iyad Rantisi, qui dirigeait un hôpital pour femmes, faisant partie de l’hôpital Kamal Adwan de Beit Lahiya.
Pour les Israéliens qui s’émeuvent de sa libération, Israël a eu tort de ne pas le tuer lui aussi sous les coups, par la famine, la maladie ou d’autres formes de torture. Israël veut voir les médecins, comme tout le monde à Gaza, mourir d’une mort atroce.
L’image d’Abu Salmiya libéré de prison en pleurs, serrant sa mère dans ses bras aurait dû émouvoir n’importe quel être humain : un otage innocent est libéré. En Israël, cependant, cette image a marqué le début d’une campagne hystérique de panique, d’accusations, de haine, de déshumanisation, de soif de vengeance, de soif de sang.
Pas seulement les gens de droite – tout le monde, tout le monde, les politiciens, les radiodiffuseurs, les experts et les grandes gueules qui chantent en chœur à l’unisson : Sa libération est devenue un échec qui équivaut au 7 octobre. Comment se fait-il qu’Israël ait libéré un médecin innocent de Gaza ? Qui a donné l’ordre et qui est à blâmer ?
Passons maintenant aux faits. Le Dr Abu Salmiya a été enlevé en novembre dans un convoi de l’ONU qui évacuait des blessés palestiniens de l’hôpital assiégé et bombardé. Israël a affirmé que l’hôpital servait de centre de commandement au Hamas, mais un rapport d’enquête du Washington Post a révélé qu’Israël n’avait présenté aucune preuve à l’appui de cette affirmation. En tout état de cause, nous pouvons supposer qu’Abu Salmiya était au courant des activités du Hamas dans l’hôpital, mais qu’il n’y a pas pris part. S’il l’avait fait, il n’aurait pas été libéré.
Abu Salmiya a été détenu par Israël en vertu d’une loi douteuse sur les combattants illégaux, qui permet la détention d’une personne sans l’examen d’un juge pendant 75 jours – une loi encore plus draconienne que celle qui permet la détention administrative. Israël, et en particulier ses institutions judiciaires et sanitaires, n’en a cure. Un directeur d’hôpital est en prison – il est, après tout, gazaoui, c’est-à-dire terroriste.
C’est ainsi qu’on l’a appelé dans le déluge de colère provoqué par sa libération. Partout, y compris sur la nouvelle chaîne ultranationaliste i24News, qui fait déjà regretter la fange de Channel 14, on l’a traité de terroriste et on a appelé les militaires à le réarrêter. Parmi les politiciens aussi, ce fut consensus, ce qui prouve une fois de plus qu’il n’y a pas d’opposition en Israël à la haine des Arabes et à la soif de vengeance.
Deux « modérés » se sont distingués : Gideon Sa’ar, qui a qualifié la libération d’Abu Salmiya d' »insensibilité à l’opinion publique israélienne, qui se souvient de l’infrastructure terroriste d’Al-Shifa », présentant ainsi l’enlèvement d’un médecin pour satisfaire la soif des masses comme une nouvelle justification des crimes de guerre ; et Avigdor Lieberman, qui est devenu ces dernières années, aux yeux des centristes, un modèle de modération et de raison, qui – à sa manière habituelle, discrète, délicate et allusive – donne un cours magistral sur la banalisation de l’Holocauste. « Nous nous sommes rendu compte que le directeur d’Al-Shifa n’est pas un médecin, mais plutôt un Dr Mengele. Alors, si Abu Salmiya est Mengele, comment appeler Lieberman ?