Appel à un rassemblement lundi 22 août, de 18 H à 20h00 Sur les marches de la Bourse à Bruxelles.


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Appel à un rassemblement Lundi 22 août, de 18 H à 20h00

Sur les marches de la Bourse à Bruxelles.

Nous sommes certes en plein mois d’août, et nous sommes en période de ramadan, mais nous comptons sur tous ceux et celles qui sont à Bruxelles pour venir dénoncer avec nous ce nouveau carnage de la population gazaouie et exiger de nos dirigeants qu’ils le fassent cesser.

APPORTEZ DES PANCARTES, ET DES DRAPEAUX PALESTINIENS !

VENEZ MANIFESTER VOTRE SOLIDARITÉ AVEC UNE POPULATION A LAQUELLE ISRAËL REFUSE LA PAIX, LA SÉCURITÉ ET LA LIBERTÉ

NOUS NE PARTICIPERONS PAS AU SILENCE COMPLICE DE NOS GOUVERNEMENTS FACE A CES NOUVEAUX CRIMES DE GUERRE !

RASSEMBLEMENT CE LUNDI 22 AOÛT DE 18H00 à 20h00

Sur les marches de la Bourse de 18H00 à 20h00.

https://www.facebook.com/event.php?eid=254998517853959

Gaza Under Attack – in pictures

http://occupiedpalestine.wordpress.com/2011/08/19/gaza-under-attack-aug-19-2011-in-pictures/

Révolution syrienne 2011 – Video officielle – Version HD


Ali Qureshi 19 août 04:21
Croyez-moi, les gars. Quand j’ai vu cette video, j’ai eu les larmes aux yeux et mon coeur a été  vraiment touché. Je suis Pakistanais et je voudrais dire au peuple syrien que toute la nation pakistanaise est avec nos frères syriens qui se battent contre le régime oppresseur de Bashar al Asad. Que Dieu leur donne le courage, la force et la volonté de maintenir ce mouvement en vie jusqu’à ce que une véritable démocratie soit restaurée dans le pays; je voudrais vous dire que nous avons écrit des lettres au Président du Pakistan pour lui demander de rappeler son ambassadeur de Syrie afin de protester contre le gouvernement syrien. Dites-nous ce que nous pouvons faire pour vous.

Palestine : une émission satirique qui dérange


La comédienne Manal Awad (au centre dans une scène de Watan ala Watar) croit que les soulèvements dans le monde arabe incitent l'Autorité palestinienne à agir contre la liberté d'expression. Photo: AFP

Janie Gosselin
La Presse

(Ramallah, Cisjordanie) Ils imitent le président palestinien. Se moquent du conflit avec Israël. Du Hamas. De la société. Mais les artisans d’une émission satirique très populaire dans les territoires palestiniens semblent être allés trop loin aux yeux du gouvernement. Leur émission, inusitée dans le monde arabe, a été retirée des ondes. Dans un décor rudimentaire, une femme pleure la mort de son bébé, victime d’une erreur médicale. Un médecin arrive. Ils négocient âprement une compensation financière, clin d’oeil à une certaine «justice informelle». Témoin de la scène, un visiteur consulte discrètement la femme. Il cherche le «meilleur» médecin pour sa belle-mère.

Cette capsule de la populaire émission palestinienne Watan ala Watar (Une patrie sur la corde raide) a soulevé l’indignation des médecins, malgré son style indubitablement humoristique. Leur syndicat a déposé une plainte au procureur général palestinien. Celui-ci a retiré cette semaine l’émission des ondes de la télévision publique. Elle était présentée quotidiennement pendant le ramadan – neuvième mois du calendrier musulman – et une fois par semaine le reste de l’année.

Watan ala Watar était diffusée depuis 2009 et s’est attiré un grand public et un nombre important de détracteurs. «L’émission a réussi à créer une unité entre le Hamas et le Fatah. Tous les deux sont contre!» lance à la blague le journaliste culturel Yousef Shayeb, en référence aux groupes au pouvoir dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, qui semblent toujours loin de la réconciliation annoncée.

En plus du syndicat des médecins, le dirigeant de la police a aussi déposé une plainte récemment. L’an dernier, c’était le chef de la brigade anticorruption.

Décision «honteuse»

L’auteur de l’émission satirique, qui parodie un journal télévisé d’une dizaine de minutes, a qualifié la décision du procureur général de « honteuse ». « Comme peuple, nous demandons notre liberté de l’occupation (israélienne), pas de nous-mêmes, dit Imad Farajin. Maintenant, nous devons demander au gouvernement palestinien aussi pour avoir la liberté. » Il dit ne jamais s’être limité sur les sujets à traiter, même si certaines questions, comme la religion, restent plus « sensibles ».

Les trois créateurs de l’émission, inspirée de leurs spectacles sur scène, sont conscients de jouer sur la corde raide. Mais la comédienne Manal Awad croit que les dés étaient pipés et qu’ils faisaient l’objet d’une campagne de salissage avant même la reprise des capsules quotidiennes au début du mois. « Dès le premier épisode, il y a eu des attaques, une campagne de boycottage sur Facebook, des articles contre nous », dit-elle. Elle dit ignorer qui en sont les auteurs, mais croit que les soulèvements dans le monde arabe incitent l’Autorité palestinienne à agir contre la liberté d’expression. « L’Autorité palestinienne sait que nous sommes efficaces et ils ne veulent pas que nous devenions la voix qui a un effet sur les gens », avance-t-elle. Jamais auparavant elle n’avait fait l’objet de censure, même si elle avoue que c’est une pratique « assez courante » en Cisjordanie, particulièrement dans les médias.

Corde sensible

Il n’a pas été possible d’obtenir la réaction de l’Autorité palestinienne sur le sujet. Dans une entrevue téléphonique, le directeur adjoint du syndicat des médecins s’est défendu de manquer d’humour, mais affirme que Watan ala Watar a dépassé les bornes. « Les mensonges véhiculés par cet épisode (sur les médecins) nous ont rendus furieux, a dit le Dr Shawqi Sabha. Même si nous savons que les satires décrivent habituellement des situations de façon extrême, cette description était incorrecte, n’était pas drôle et était dommageable à l’image d’une des professions les plus nobles, la profession médicale. » Le sujet a touché une corde sensible dans un contexte particulièrement houleux entre le syndicat des médecins et l’Autorité palestinienne.

Pour l’instant, les artisans de Watan ala Watar continuent à présenter leurs sketches sur scène. «Nous allons nous moquer de cette histoire», précise Manal Awad.

http://www.cyberpresse.ca/international/moyen-orient/201108/20/01-4427498-palestine-une-emission-satirique-qui-derange.php

Pour garder mémoire 4/5


jeudi 18 août 2011 – 07h:20

Rudi Barnet

Personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’Etat d’Israël

De « Plomb Durci » aux collabos, en passant par BDS

Première partie cliquez ici
Deuxième partie cliquez ici
Troisième partie cliquez ici

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mai 2010 – la marine de guerre israélienne pirate le Mavi Marmara dans les eaux internationales et assassine neuf militants de la solidarité turque avec la Palestine – Photo : AFP

La hasbara, notre machine de propagande balayera tout ça !

Immédiatement, la campagne de désinformation a été lancée : “ Ce ne sont pas des pacifistes, mais des terroristes contre lesquels nous nous sommes seulement défendus… Et avec une grande modération !  » (Netanyahu à la TV israélienne).

Ailleurs aussi, c’était éloquent : «  C’était une embuscade organisée ! Nos braves soldats sont tombés dans un piège ! C’est des mercenaires qui étaient à bord ! Il y avait plein d’armes dans ces bateaux de “pseudo pacifistes !  » (Tamar Samash, ambassadrice d’Israël en Belgique) “ Ceux qui sont contre Israël sont des animaux, des chiens enragés, des hyènes !  » (Rubinfeld, président du CCOJB sur Radio Judaica). “ C’est un groupe lié à Al-Quaida qui dirigeait l’opération !  » (l’ambassadeur d’Israël au Danemark).

Cette campagne n’a été qu’en s’amplifiant. Les divers organismes de service (Jewish Internet Defense Force, Internet Haganah, Palestinian Media Watch, Aschkel…) n’ont cessé, malgré la présence à bord de gens comme Mairead Maguire, Prix Nobel de la Paix 1976 ou le grand écrivain suédois Henning Mankell, de calomnier et de « fabriquer des preuves“ pour diaboliser les participants de cette flottille On les transformera en terroristes assoiffés de sang qui ont attaqué une armée pacifique.

Parallèlement, Israël rappellera aussi ses obligations sionistes à Goldstone pour qu’il se démarque du rapport qui porte son nom et déjuge les autres membres de cette commission d’experts désignés par l’ONU… Il y a réussi, en partie. La technique est récurrente !

Cette ignominie aura au moins eu pour conséquence de mieux informer sur les réalités des pratiques israéliennes et d’obliger cet Etat, sous la pression internationale, à alléger le blocus sur Gaza.

Tout pour redorer l’image…

Depuis « Plomb durci », tout ce qui peut être médiatisé, surtout émotionnellement, est mobilisé dans une vaste campagne orchestrée et largement financée par le gouvernement pour tenter de rétablir une image positive d’Israël dans le monde. Que penser, en effet, de l’envoi massif d’aide et de sauveteurs (respect pour eux !) aux malheureux Haïtiens ? …Pendant ce temps, Israël refusait l’entrée à Gaza des biens de première nécessité et des médicaments, causant ainsi la mort de plusieurs centaines de Palestiniens !

L’objectif du gouvernement ? Comme le titrait le journal “Maariv“ : “ Pénible vérité : la catastrophe d’Haïti c’est bon pour les Juifs“…“chaque désastre a besoin d’un héros et les héros d’Haïti sont les Israéliens « … «  Nous n’aidons pas seulement les Haïtiens dans leur tragédie, mais nous contribuons à unir le monde juif et démontrer les valeurs juives de l’Etat d’Israël “.

Ce discours proprement scandaleux instrumentalise ouvertement le malheur des Haïtiens pour encenser l’État d’Israël et tenter de redresser son image.

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Auschwitz

Que penser aussi de l’exploitation mercantile (un million de $ de bénéfice annuel pour Israël) du sinistre camp d’Auschwitz, (1) devenu une attraction touristique morbide pour des colonies de jeunes israéliens… Négligeant le fait que cette horreur concerne essentiellement les européens, toutes opinions, croyances et ethnies confondues.

… sans oublier le conditionnement de l’opinion publique

Comme le proclamait Ariel Sharon : «  Israël peut avoir le droit de juger les autres, mais certainement personne n’a le droit de juger le peuple juif ou l’État d’Israël « .

Protestations et démentis ne suffisant pas à redorer l’image perdue, il n’a pas fallu longtemps pour mobiliser les supporters du régime à travers le monde, pour vilipender, diaboliser, harceler ou menacer de mort les opposants ou contradicteurs.

Un bel exemple de propagande, parmi une multitude de films financés par le Ministère des Affaires Etrangères, est cette vidéo « The Truth about the West Bank« , éditée en six langues, expliquant doctement que la Cisjordanie n’est pas un territoire « occupé » mais « disputé »… entre Israël et la Jordanie !

Il découle de cette rhétorique délirante que les « implantations » sont légales et que les Palestiniens n’ont aucun droit sur cette région… puisqu’ils n’ont pas d’État, ce ne sont que des Jordaniens qui se sont implantés dans un territoire qui revient à Israël !(2)

… Et quand la propagande ne suffit pas, on peut même passer à l’acte en agressant les associations de défense des droits humains, comme à Paris en septembre 2010 (cambriolage et tentative d’incendie criminel de plusieurs ONG pro-palestiniennes) ou comme l’agression au couteau contre un chercheur de l’ULB. (3)

… et à sa culpabilisation par les medias amis

Pas un jour sans que l’un ou l’autre media ne nous présente un sujet qui vise à sensibiliser le public occidental sur la « Shoah »… Oubliant les autres victimes de la « Solution Finale » !

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Dans le ghetto de Varsovie

Que cela n’ait rien à voir dans le drame palestinien, qu’il n’y ait aucun lien factuel entre cette monstruosité et ce qui se passe au Moyen-Orient, est sans importance.

La confusion entre le judaïsme et l’État d’Israël est, depuis toujours, soigneusement entretenue par les dirigeants sionistes et l’utilisation de l’émotionnel une pratique récurrente pour la manipulation de l’opinion publique.

Cette campagne de sensibilisation sur le drame des juifs européens victimes du nazisme – la programmation de Arte sur ce thème est exemplative – a un seul objectif : créer une empathie avec l’État d’Israël !

Une sorte de politique du ricochet, quoi !

Ah ! La naïveté ou l’absence d’esprit critique d’une partie de la communauté juive et de tant de citoyens non-juifs… Et ça marche depuis plus de soixante ans !

On développe également une campagne en direction des juifs d’Occident, présentés comme une communauté martyre, victime permanente de la violence des autres communautés… Et invités à émigrer pour sauver leur vie !

Que la réalité – les communautés d’autres religions sont aussi victimes de l’intolérance – contredise ces discours générant la peur, voire la panique, n’a aucune importance. Ce qui l’est c’est, encore une fois, instiller l’amalgame “juifs/shoah/Israël“ !

… et certains organismes humanitaires

Il est affligeant de voir l’attitude de “cul-bénit“ de certains organismes qui prétendent défendre les droits humains en adoptant ce fallacieux argumentaire de “deux peuples convoitant la même terre“.

Ainsi, certains ont une lecture bien particulière du rapport de la “Commission Goldstone“ !

Alors que ce rapport cible très nettement la responsabilité écrasante d’Israël dans le drame de Gaza, Amnesty-Belgique (“Conflit de Gaza, la justice maintenant“ )(4) renvoie dos à dos oppresseurs et opprimés en déplorant de même manière les morts israéliens (13… dont 10 militaires !) et palestiniens (1400 civils !).

Il est triste de constater que cette organisation de défense des prisonniers d’opinion, ne parle que très rarement des milliers de civils (non-combattants !), dont plusieurs centaines d’enfants, enfermés et torturés dans les geôles israéliennes… Ce qui en fait la plus grande prison du monde des « prisonniers d’opinion » !

Cette attitude “jésuitique“ est bien éloignée de la mission originelle.

Vous avez dit blocus ? Où voyez-vous un blocus ?

25 avril 2008 - Rafah, frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza - Des palestiniens scandent des slogans lors d’une manifestation devant la clôture de fer séparant l’Egypte de la bande de Gaza pour réclamer à Israël la levée du blocus de Gaza. - 76.9 ko

25 avril 2008 – Rafah, frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza – Des palestiniens scandent des slogans lors d’une manifestation devant la clôture de fer séparant l’Egypte de la bande de Gaza pour réclamer à Israël la levée du blocus de Gaza.

Israël a indéniablement allégé son blocus, mais refuse de communiquer la liste des produits qu’il entend interdire. Avant le blocus, la liste des produits autorisés était de 4.000… de 80 à fin 2010 !

L’allègement est pour le moins… léger. Parmi les produits interdits (à juin 2011), il y a le chocolat, les instruments de musique, les blocs-notes, le ciment, le sel, la majorité des médicaments et du matériel médical… Tous “produits militaires“ bien entendu, comme ces sept appareils respiratoires offerts par la Norvège aux hôpitaux, confisqués par l’armée.

Grâce au « Printemps égyptien », l’allègement du blocus s’est incontestablement amélioré (5)

… Et le fameux mur d’acier de Moubarak – décision d’édification prise en coordination avec Israël et les Etats-Unis – ne sera pas achevé.

N’en reste pas moins que Rafah est la seule voie d’accès plus ou moins ouverte pour les habitants de Gaza (L’Égypte laisse passer 3 à 400 personnes par jour). Côté mer et côté Israël, rien n’a changé.

Pour ce qui est de la Cisjordanie, le blocus est plus subtil. Outre que la quasi totalité des habitants ne peuvent librement quitter le territoire pour se rendre à Jérusalem – rares sont les Palestiniens de Bethléem qui ont visité Jérusalem… distant de 8 km – les étrangers débarquant à Tel-Aviv sont avertis qu’ils risquent une peine de prison de deux ans s’ils se rendent dans la partie palestinienne.

Les pacifistes de la « Flytille » l’ont appris à leurs dépens… Et ont ainsi démontré que le blocus est général !

Génocide ?

Les spécialistes se disputent quant à l’appellation qui convient pour définir les actes israéliens et si on peut, oui ou non, parler de génocide.

On ne peut cependant s’empêcher de penser qu’il y a des ressemblances troublantes avec les événements qui se sont, par exemple, déroulés au Rwanda ou en Ex-Yougoslavie… Tel le massacre de Srebrenica, en juillet 1995, qui, hormis le nombre de morts, a plus que des similitudes avec celui perpétré à Al-Tantura, en mai 1948.

Pourquoi génocide à Srebrenica, mais seulement incident regrettable en Palestine ?

Si ce n’est pas un génocide, la litanie des massacres depuis les années trente à ce jour sonne pour le moins comme un prélude.

Il n’est sans doute pas inutile de rappeler la définition juridique du crime de génocide qu’on peut trouver dans la « Convention pour la prévention et la répression ».

Les génocides sont des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :

-   meurtres de membres du groupe

-   atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe

-   soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle.

Chacun jugera en conscience.

… En tout cas Sociocide !

Comment, en effet, qualifier autrement la sinistre « Opération Rempart » (6) de 2002 que tant « Human Rights Watch » et « Amnesty International » ont défini comme crime de guerre ?

Quel autre but que détruire la société palestinienne elle-même pouvaient avoir les massacres – même Shimon Pérès a utilisé ce terme de « sociocide » à ce propos – de Jenine et Naplouse ?

Quelle autre finalité pouvait avoir la destruction généralisée des maisons, le saccage de tout ce qui était utile à la vie économique (hôtels, aéroport, sites historiques, bureaux de poste… jusqu’aux feux de signalisation) ?

Comme d’habitude, Israël a fait obstacle à la venue de la Commission d’enquête mise sur pied par l’ONU… Et, comme d’habitude, a invoqué la « nécessité de représailles » pour répondre à des attaques.

Ah ! Cette fameuse “charte“ du Hamas !

Petit “scoop“ qui serait comique s’il n’était effrayant : l’auteur du slogan, tant brandi comme le “crédo“ des Palestiniens, “ Poussez tous les juifs dans la mer “, est en réalité de… Ben Gourion lui-même !

C’est à la Knesset en octobre 1961 que, selon un universitaire étatsunien, il « inaugura » ce slogan pour mieux stigmatiser le danger palestinien : “ Leur objectif est clair : pousser les juifs dans la mer, morts ou vifs ! « . (7)

Dans sa diabolisation des “extrémistes islamiques“ l’État d’Israël se réfère toujours à l’ancienne “Charte du Hamas“… Mais passe sous silence le “Document d’Entente Nationale“ de 2006 (signé par le Hamas !) qui accepte l’État israélien à côté d’un État palestinien dans le respect de la résolution 242 de l’ONU de 1967 fixant les frontières entre ces deux États.

Pourquoi Israël s’oppose-t-il à cet engagement qui équivaut, pour les Palestiniens, à renoncer à 78% du territoire originel et entérine ainsi la conquête juive ?

… Et pourquoi ne parle-t-on jamais du refus à l’existence d’un État palestinien contenue dans la charte du Likoud : le gouvernement israélien rejette catégoriquement la création d’un État arabo-palestinien à l’ouest de Jourdain !

Cette obstruction au droit international depuis plus de 60 ans et cette volonté de rejeter toute offre de délimitation des territoires est, pour le moins, un étrange témoignage de volonté de paix, non ?

Les Palestiniens doivent partir ou se soumettre !

Que le gouvernement israélien le veuille ou non, la Cisjordanie et Gaza sont des territoires « occupés »… ce qui implique le respect des lois de la guerre par le Pouvoir occupant.

Eric David, spécialiste du Droit international et Professeur émérite de l’Université de Bruxelles, estime que «  L’implantation et le maintien de colonies de peuplement dans les territoires palestiniens occupés sont des crimes de guerre « . (8)

Cette violation du Droit n’a pas connu de répit depuis 1967 et la répression raciste est permanente.

A titre d’exemple : le raid de nuit des colons de Kyriat Arba (près d’Hébron) qui, sous la conduite du rabbin Levinger, ont, sous la protection de l’armée, détruit tout ce qu’ils pouvaient dans le camp de réfugiés de Deheishe en 1987

Ils s’en sont ensuite vantés dans la presse : « Notre action n’était pas assez forte. Il aurait fallu écraser le visage d’un enfant de 8 ans et casser les dents d’une femme enceinte. C’est seulement de cette façon qu’ils comprennent ! ». (9)

Que penser aussi des exhortations de Pinhas Wallerstein, patron de “Yesha“, le Conseil des Colons, considéré comme un “faiseur de gouvernements israéliens“, proclamant que “ les colons ne partiront jamais de Judée-Samarie “ et “ Cette présence juive, partout, est nécessaire pour empêcher un Etat palestinien “ ?

Il n’y a guère d’illusions à se faire sur les discours israéliens proclamant la volonté d’arrêter la conquête… David Ben Gourion n’affirmait-il pas déjà en 1948 : «  Nous devons tout faire pour nous assurer que les Palestiniens ne reviendront jamais, les vieux mourront et les jeunes oublieront “.

Il n’y a de paix que la paix des morts, quoi !

La colonisation sauvage est permanente et s’est même amplifiée après l’attaque de la “Flottille de la Liberté“ : arrachages des oliviers, destruction des puits d’eau…

Fin juin 2010, encore une fois, au mépris des engagements pris et des lois internationales, le comité central du Likoud a approuvé à l’unanimité la “ poursuite du développement des colonies en Cisjordanie et partout en Eretz Israël, notamment dans le Néguev et en Galilée et dans le Grand Jérusalem “.

Les fanatiques sionistes religieux, ne cessent de brûler champs, écoles (celle de Naplouse en octobre 2010), mosquées (celles de Lubbati Charqiya en mai 2010 et de Beit Fajjar en octobre 2010) ou maisons (à Hiraoua et Bourine, début mars 2011).

Les colons d’Ytzhar (une des 121 colonies illégales de Cisjordanie) justifient tout cela au nom d’une “ mission confiée par Dieu “ et ceux qui occupent Hébron (700 Israéliens au milieu de 170.000 Palestiniens) écrivent «  Pas d’arabes ni de rats  » sur les murs. (10)

Hébron, ville coupée en deux pour y rendre la vie impossible aux Palestiniens en interdisant leurs commerces dans les principales artères, Hébron devenue ville fantôme pour la « sécurité » de quelques fanatiques religieux.

Qui sont les barbares ?

Le Boycott est une action légitime ?… et légale ?

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La campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) a été demandée en 2005 par 172 organisations palestiniennes représentatives (religieux, laïcs, syndicats…) et a essentiellement pour but de faire cesser l’impunité d’Israël en le forçant à respecter les règles internationales.

Concernant les produits importés en Europe, l’appellation “Made in Israël“ est frauduleuse pour des produits fabriqués par des entreprises implantées dans les colonies de Cisjordanie.

En effet, “l’Accord d’Association UE-Israël“ (en vigueur depuis 2000 et ratifiée par tous les pays de l’Union) et diverses autres directives en interdit l’entrée dans l’Union européenne (Voir à ce sujet l’arrêt “Brita“ de la Cour de Justice Européenne du 25/2/2010).

De plus, la Convention de Genève de 1949 spécifie clairement le statut de territoire “occupé“ de la Palestine et s’oppose à toute collaboration avec le gouvernement israélien dans ses projets de colonisation.

Il en découle qu’il est donc illégal pour une entreprise ou un investisseur occidental de collaborer, même indirectement, à des projets israéliens en Cisjordanie et frauduleux d’étiqueter “made in Israël“ des produits issus des colonies.

L’action tentant de faire appliquer le Droit est donc parfaitement justifiée.

Ce n’est pas, comme la propagande sioniste essaie de le faire accroire, une campagne illégale ! Il est d’ailleurs scandaleux que des gouvernements, tel celui de la France, essayent, au mépris des lois de l’Union européenne, de criminaliser les militants de ce boycott.

Concernant le boycott universitaire, on ne peut ignorer qu’en Israël même, aucune université n’existe pour les “Palestino/Israéliens“ et qu’aucun cours en arabe n’est dispensé dans les sept “officielles“.

Ainsi, 20% de la population, d’un pays qui se prétend démocratique, est discriminée !

Mais Ehud Barak, Ministre de la Défense, a approuvé l’accès au statut d’université d’un collège situé dans la colonie d’Ariel en Cisjordanie occupée… Université qui n’est accessible qu’aux seuls colons, évidemment !

Au moins par le silence, mais souvent de manière active en se mettant au service des officines gouvernementales (à l’instar de l’université Ben Gourion qui entretient des liens étroits avec le complexe militaro-industriel israélien), ces universités israéliennes contribuent à maintenir l’oppression.

A quand une action de ces universitaires pour s’y opposer et rejoindre leurs confrères qui manifestent leur désaccord ?

Il en va de même concernant la culture.

Il ne s’agit en aucune manière de boycotter des individus – de nombreux artistes israéliens sont accueillis dans des manifestations en Europe – mais de s’opposer aux opérations de propagande et à ceux qui soutiennent, objectivement, cette politique.

Un bel exemple de cette véritable “machine de guerre » est le célèbre film “Valse avec Bachir“, bourré de contrevérités historiques – bombardements intenses de l’aviation libanaise… qui n’a quasiment pas d’avions/ père du héros, à la fois soldat russe et déporté d’Auschwitz/ massacres de Sabra et Chatila attribués à des phalangistes “chrétiens“ fous… passant sous silence que l’opération avait été planifiée, organisée et appuyée par l’armée israélienne (11) / Etc… Etc… – qui vise, avec une grande habileté, à donner une image positive de l’armée et à créer une empathie du spectateur avec les traumatismes psychologiques du pauvre tankiste.

Subtil et pervers !

N’oublions pas nos collabos !

La machine est puissante et ne manque pas de moyens financiers : promotion d’artistes dans les manifestations européennes, opérations de séduction vers les secteurs économiques, multiplication d’émissions TV favorables au régime, mise en valeur de “vedettes“ européennes – dont, entre autres, l’ineffable BHL – affichant ouvertement leur idées pro-sionistes.

Certains responsables politiques européens se prétendant “socialistes“, n’hésitent pas à apporter leur contribution à cette propagande, tels Strauss-Kahn qui affirme : “ Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc de France, doit, partout où il peut, apporter son aide à Israël “ (Europe1) ou Martine Aubry, invitée d’une organisation sioniste, déclarant : “ Je pense que ceux qui prônent le boycott d’Israël se trompent de combat. Au lieu de porter la paix, ils portent l’intolérance, ils portent la haine !  » (Discours au CRIF, novembre 2010) … Jaurès, réveille-toi !

Dans le domaine médiatique, on assiste à un véritable matraquage par « Arte » de films sur le thème de la Shoah ou de productions israéliennes. Rien d’étonnant à cela quand on connaît les sympathies politiques de Jérôme Clément, son Directeur jusque fin 2010.

Durant plusieurs années, la moitié du budget que cette chaîne publique était censée consacrer aux productions étrangères, principalement européennes… était investie dans des films israéliens.

Il en a été remercié par les autorités israéliennes : “ La chaîne Arte, justement, contribue grandement au financement des créateurs israéliens avec près de
19 films au compteur. Grâce à elle notamment, le cinéma israélien bénéficie de cette reconnaissance et de cette bienveillance si particulière en dehors de ses frontières (12)

Pas la moindre protestation, à ma connaissance, contre ce détournement “soft“ de l’argent public.

Rien d’étonnant, non plus, dans cette attitude de Arte quand on sait que c’est Bernard-Henri Lévy qui préside son “conseil de surveillance“.

… Mais Arte ne fait pas de politique n’est-ce pas ? (13)

Les artistes et les intellectuels qui mettent leur travail et leur renommée au service de cette propagande portent un nom de sinistre mémoire : “collabos“ !

Quelques belles “consciences“ culturelles ont heureusement dénoncé cette utilisation de la culture comme marketing politique et ont pu faire échouer certaines opérations.

A suivre…

Notes

1) « L’Industrie de l’Holocauste » de Norman Finkelstein (La Fabrique editions)

2) http://mondoweiss.net/2011/07/annex-hasbara-on-steroids.html

3)) Voir “http://pierre.piccinin-publications.over-blog.com“

4) “Le Fil d’Amnesty“ N°6 (Décembre 2010)

5) « Le Monde » du 22/7/2011

6) Lire à ce propos  » Israël 60 ans de mystification… » édité par « Capjo-EuroPalestine (www.europalestine.com)

7) “The Palestine Chronicle“ William James Martin (University of Florida)

8) Colloque du 8/4/2011 à l’ULB par le Centre de Droit International

9) Haaretz du 7/6/1987

10) Lire « Apartheid à Hébron » de Letty Pogrebin dans la revue « Regards » du CCLJ (Centre Communautaire Laïc Juif)

11) Lire “Sabra et Shatila, retour sur un massacre“ de Pierre Péan, Monde Diplomatique (septembre 2002)

12) “Jerusalem Post“ du 31/12/2010

13) Fin 2010, la chaine a annoncé (9/11/2010) qu’elle suspendait pendant deux ans son soutien à la production israélienne

Communiqué par l’auteur via courriel

source


Demain, jeudi, manif aux Affaires étrangères


Comité Belge pour soutenir la Révolution syrienne  :

L’opposant historique syrien Haytham Maleh, défenseur des droits de l’homme et avocat international âgé de 80 ans, incarcéré pendant 17 mois et libéré le 8 mars dernier dans le cadre de la loi d’amnistie est en Europe. L’un des organisateurs de la conférence de l’opposition, réunie à Istanbul en juillet, il fait le tour de plusieurs capitales européennes.

Son objectif : assurer les gouvernements occidentaux qu’une alternative politique crédible s’oppose à Bachar el-Assad et que la transition doit être pacifique.

Dans ce cadre, Mr Haytham Maleh sera reçu au Ministère des Affaires étrangères à Bruxelles.
Pour soutenir sa position et ses demandes, nous manifesterons :

 Le jeudi 18 août, de 15h à 16h30,

En face du Ministère des Affaires Etrangères

Rue des petites Carmes 27

1000 Bruxelles

Pour garder mémoire 3/5


dimanche 14 août 2011 – 06h:19

Rudy Barnet


Il n’y a pas de problème à Gaza !

Des premiers terroristes à « Plomb Durci »

“Plomb durci“ est une riposte légitime aux roquettes !

Première partie cliquez ici

Pour la deuxième partie cliquez ici

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Gaza, hiver 2099 – Rassemblement du Front Populaire de Libération de la Palestine – Le FPLP comme le mouvement Hamas a su sauvegarder les exigences de base de la résistance populaire palestinienne : le droit au retour des réfugiés, la libération des territoires palestiniens sous occupation, la légitimité de la résistance, la libération de tous les prisonniers palestiniens incarcérés en Israël, l’établissement d’un Etat pour les Palestiniens…

Un argument souvent évoqué par les sionistes – et malheureusement très répandu dans la presse traditionnelle – est que le harcèlement par les roquettes du Hamas dont était victime Israël depuis huit ans justifiait le bombardement de Gaza en 2008.

C’est faire peu de cas des enquêtes internationales sur les causes de la rupture de la trêve. Toutes sont unanimes, même Henri Siegman, ancien directeur de l’American Jewish Congress, le concède : c’est d’abord Israël qui a bombardé Gaza et fait huit victimes ! … Et c’est seulement le lendemain de cette attaque que, en représailles, les roquettes ont été lancées sur la petite ville de Sderot.

Cette offensive militaire sur Gaza était aussi, comme l’a révélé le quotidien israélien “Haaretz“… préméditée et planifiée depuis six mois !

Tipi Livni (alors Ministre des Affaires étrangères) avait d’ailleurs elle-même informé le Parlement de l’Union européenne de l’imminence de l’attaque et Matan Vilnai, Secrétaire d’état à la défense, avait promis, plusieurs jours avant son déclenchement : Les Palestiniens vont s’attirer un Holocauste. Les roquettes sur Sderot… un prétexte ! (1)

Pendant « Plomb Durci », Israël a continué ses exécutions « ciblées » et le vol des terres en Cisjordanie, bien qu’aucune roquette ne fût tirée par les Palestiniens de ces territoires ! … Et pendant ce temps l’aviation israélienne continuait aussi de violer journellement l’espace aérien du Liban (survols ininterrompus depuis 2006).

Décidément il en faut des mensonges et des ruses pour se défendre.

On ne peut, non plus, ignorer que durant les mois qui ont précédé le drame de Gaza, Israël n’a cessé de violer la trêve (qui incluait la levée du blocus !) qu’il avait pourtant signée, en continuant d’affamer et de harceler la population… Comme il n’a cessé de le faire depuis 1948. Faut-il rappeler les massacres de Khan Younes et Rafah en 1956 (2) ou celui commis par l’aviation israélienne, en février 2008, sur des écoliers – ils avaient entre huit et quatorze ans – qui jouaient sur un terrain de football ? Comme le déclara Shmuel Zakai, haut militaire israélien : “ Le gouvernement a commis une erreur majeure en aggravant la situation économique catastrophique des Palestiniens de Gaza. On ne peut pas simplement donner des coups (…) et s’attendre à ce que le Hamas se contente de s’asseoir sans agir (3)

Un petit peuple désarmé ?

Il est frappant de constater que ce propos du “petit peuple entouré d’ennemis sanguinaires“ ressemble comme deux gouttes d’eau au discours apocalyptique répandu dans l’Allemagne d’avant 40 : le pays est en danger de mort, son intégrité territoriale et sa pureté raciale sont menacées, il faut éliminer ceux qui travaillent à sa destruction !

Les écoliers israéliens sont évidemment les premières victimes de cette angoisse instillée journellement dans leur esprit. Comme l’a admis le général Matityaha Pelet (Ha’aretz, 19/3/1972), cette plainte geignarde du “petit peuple qui ne fait que se défendre“ est de la pure propagande : «  La thèse d’un danger d’un génocide qui nous menaçait en juin 67 et qu’Israël se battait pour son existence physique était seulement du bluff, créé et développé après la guerre « .

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Dimona : local de commande de l’installation de séparation du plutonium

Il est bien connu que la puissance militaire d’Israël – incluant l’arme atomique (6èmearsenal nucléaire au monde !) – est considérablement supérieure à celle de l’ensemble des pays voisins et que son armée est considérée comme une des plus importantes forces militaires de la planète.

Il y a bien un peuple désarmé, confronté à une puissance hostile, mais ce n’est pas celui-là !

Résistants… Pas terroristes

Les attentats et les tirs palestiniens ne sont pas à considérer isolément mais font partie d’un tout. Le drame de Gaza n’est autre qu’un épisode de plus d’une guerre qui a commencé il y a près de quatre-vingt ans, une péripétie de plus de la résistance d’une population qui a subi bien plus de bombardements et d’attentats que celle d’Israël… et qui compte infiniment plus de morts civiles.

Marek Edelman, le héros juif de l’insurrection du ghetto de Varsovie, décédé en 2009, ne s’y trompait pas. Il nommait “partisans“ ceux que le gouvernement israélien qualifie de “terroristes“ et condamnait publiquement le régime sioniste.

Liberté pour tous les Shalit !

Tout pacifiste espère que le jeune Shalit retrouvera sa famille et on ne peut que condamner le non-respect des lois humanitaires par ses ravisseurs !

Mais, la justice n’étant pas à géométrie variable, ne serait-il pas juste que le gouvernement israélien applique la même loi humanitaire pour les centaines de Palestiniens maintenus au secret depuis juin 2007 … par “mesure de sécurité“ dixit la Cour Suprême d’Israël.

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Salah Hamouri

On semble aussi oublier que cet “enlèvement“ d’un militaire par le Hamas avait déjà, dès le lendemain, entraîné l’opération “Pluies d’Eté“.

Cette attaque sanglante lancée par Ehud Olmert avait provoqué des centaines de morts civiles et l’emprisonnement, sans jugement,(4) d’une soixantaine de parlementaires palestiniens.

Ne serait-il pas juste aussi qu’Israël libère Salah Hamouri, le citoyen franco-palestinien condamné par un tribunal militaire et incarcéré depuis mars 2005 pour avoir eu “l’intention“ (sans le moindre élément de preuve concrète) de tuer un leader d’extrême droite ?

La Justice ne voudrait-elle pas, surtout, qu’on libère les milliers de résistants, de prisonniers d’opinion et d’enfants (310 mineurs fin 2009, selon l’ONU) qui sont incarcérés sans droit de visite et de courrier ? Certains sont enfermés depuis des années, sans jugement dans des prisons où, comme en témoignent les rapports d’Amnesty International, la torture est récurrente !(5) Comment peut-on accepter ce “deux poids, deux mesures“ ? Parce qu’un soldat sioniste vaut infiniment plus qu’un civil… ?

En souvenir des premiers “terroristes“…

Nelson Mandela disait : C’est l’oppresseur qui détermine la forme de la violence, pas l’opprimé. C’est vrai… mais tuer délibérément des civils est un crime de guerre qu’il faut absolument condamner, quels qu’en soient les auteurs !

Même s’ils sont des actes de résistance, les attentats suicides palestiniens me remplissent d’horreur.

Il faut cependant bien constater que l’histoire de l’expansion d’Israël déborde de massacres et que c’est le mouvement sioniste qui a fait exploser les premières bombes au milieu des civils… Bien avant le premier attentat suicide palestinien à Hébron en 1994 !

La liste des carnages est longue, très longue :

-   Attentats à la voiture piégée de juillet 1938 à Jaffa et à Jérusalem qui font des dizaines de victimes.

-   Attentat de l’hôtel King David en 1946 qui, outre des militaires anglais, tua une majorité d’employés palestiniens.

-   Massacres des villageois désarmés de Deir Yassin, de Kafr Kassem, de Beit Hanoun, de Jénine, de Khan-Younis, de Raffah, de Beït Lahya…tant d’autres.

-   Tuerie dans le camp de réfugiés de Canaa ordonnée par Shimon Peres, celle perpétrée à Lydda par Yitzhak Rabin (456 civils dont 176 à l’intérieur d’une mosquée) et à Ramle par Moshe Dayan.

-   Massacre des réfugiés de Sabra et Chatila par la milice libanaise sous les ordres du général Sharon.

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-   Tuerie du “Caveau des Patriarches“ (29 morts et 125 blessés) par Baruch Goldstein.

Etc… Etc.

Les assassinats de civils n’ont jamais cessé depuis les années vingt.

Rappelons-nous les « exploits » du groupe Stern d’Itzhak Shamir… dont l’assassinat de Folke Bernadotte, le médiateur envoyé par l’ONU en 1948 pour faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial.(7)

Cet homme de paix avait sauvé près de 15.000 personnes des camps de concentration nazis !

Son assassinat cynique n’est-il pas prémonitoire du refus fondamental d’Israël de mettre fin à son expansion ? Depuis, toute la stratégie du régime israélien semble malheureusement le démontrer… Il n’y a qu’à dénombrer les dizaines d’assassinats ciblés (et bien entendu anonymes) perpétrés dans le monde par les tueurs des services secrets pour faire taire les voix discordantes. Citons seulement celui de Naïm Khader, autre homme de paix, criblé de balles à Bruxelles en 1981.

Quelle différence “qualitative“ entre les attentats palestiniens et les massacres israéliens ? La principale ne serait-elle pas d’ordre racial ? Les victimes des uns étaient des émigrants venus d’Occident, celles des autres des arabes autochtones qui avaient l’outrecuidance de résister aux envahisseurs. Les bombes au phosphore blanc utilisées au Liban et à Gaza ne visaient-elles pas à tuer des civils, comme le montre clairement le rapport de l’ONU, ce fameux “Rapport Goldstone“ (juriste juif et sioniste !), exécré par le gouvernement israélien ? A ce propos, il est bon de rappeler qu’il n’a pas été établi par le seul Mr Goldstone mais par une équipe d’experts indépendants internationaux renommés… avec l’aide de nombreuses ONG et associations israéliennes qui, malgré l’opposition et les pressions de leur gouvernement, ont fourni des informations.

N’est-il pas impérieux de reconnaître et réparer, autant que possible, ces crimes ? Ces centaines de milliers de Palestiniens assassinés ou expulsés de leur terre et de leurs maisons, n’ont-ils pas droit à la justice ? Tout honnête homme ne doit-il pas s’opposer à l’infamie et demander que les responsables soient jugés ?

… Et des survivants de la « Shoah »

A l’occasion du 60ème anniversaire de la libération d’Auschwitz, Sharon a glorifié son régime comme le dernier refuge des juifs victimes du nazisme. La réalité est bien différente pour les quelques 200.000 rescapés qui résident encore en Israël. Selon l’ONU, la moitié vit sous le seuil de pauvreté (surtout ceux originaires de l’Europe de l’Est) et ces victimes du génocide sont régulièrement insultées par des rabbins comme Ovadia Yossef, idéologue du parti d’extrême droite Shass, qui affirme que le sort malheureux de ces “mauvais juifs“ est “la punition de Dieu pour leurs péchés“.

Cette « utilisation » de l’Holocauste est d’ailleurs dénoncée par de nombreuses consciences juives, tel Norman G.Finkelstein, fils de juifs survivants du ghetto de Varsovie qui n’hésite pas à écrire :

Un corollaire de l’unicité de l’Holocauste est qu’il constitue un Mal unique. La souffrance des autres, si terrible qu’elle soit, ne peut tout simplement pas lui être comparée. Les tenants de l’unicité de l’Holocauste récusent en général cette implication, mais ces protestations ne sont qu’hypocrisie. Revendiquer l’unicité de l’Holocauste est intellectuellement vide et moralement indigne. La question est de savoir pourquoi cela continue. Tout d’abord, parce que souffrance unique veut dire droits uniques. Selon Jacob Neusner, l’Holocauste, mal unique, n’a pas seulement pour conséquence de donner aux Juifs un statut à part, il leur donne « un droit sur les autres.  » Pour Edward Alexander, l’unicité de l’Holocauste est « un capital moral » ; les Juifs doivent « réclamer la propriété » de ce « bien précieux ». Dans les faits, le caractère unique de l’Holocauste -ce « droit » sur les autres, ce « capital moral »-, représente pour Israël un alibi précieux. «  La singularité de la souffrance juive, écrit l’historien Peter Baldwin, renforce la pression morale et émotionnelle qu’Israël exerce […] sur les autres nations.  » C’est ainsi, explique Nathan Glazer, que l’Holocauste, en mettant en évidence « le caractère particulièrement distinctif des Juifs », leur donne «  le droit de se considérer comme spécialement menacés et spécialement justifiés dans tous les efforts nécessaires à leur survie « .

Pour s’en tenir à un seul exemple, tous les comptes rendus sur la décision d’Israël de se doter de l’arme nucléaire évoquent les spectres de l’Holocauste. Comme si Israël avait eu besoin de l’Holocauste pour devenir une puissance nucléaire. (8)

Ça fait soixante ans que nous cherchons la paix… A nos conditions !

Bien qu’il soit critiquable, les hommes ont instauré un organe pour la régulation de la paix dans le monde, l’ONU. On ne peut tenir pour négligeable, que depuis soixante ans les divers gouvernements d’Israël n’ont jamais respecté que deux résolutions de l’ONU (celle de 1947 qui concerne le partage du territoire et celle imposant son retrait du territoire libanais qu’il avait envahi). Aucune autre – une centaine depuis 1948 – n’a été appliquée ! Idem pour les décisions du Tribunal International de la Haye !

Israël a aussi répondu par le silence à la proposition de paix unilatérale faite par les pays arabes en 2002…Pas même un « accusé de réception » ! Cette initiative – pourtant signée par l’ensemble des Etats membres de la Ligue arabe… Et par l’Iran ! – offrait une paix générale de toute la région en échange du retrait des territoires occupés depuis 1967 et d’une solution juste pour les réfugiés.

Il est vrai qu’Israël n’a guère de raisons de se conformer au Droit international puisque même l’Union européenne n’applique pas ses propres lois et règles – notamment celles contenues dans la Quatrième Convention de Genève – et se rend ainsi complice des exactions commises.

Ce régime est d’autant plus à l’aise qu’il a l’appui concret de son puissant allié US… ce qui permet, petite anecdote, à Ariel Sharon de répondre à Shimon Peres, sans que cela ne provoque de réaction : Chaque fois que nous faisons quelque chose vous me dites que l’Amérique fera ceci et fera cela…. Je veux vous dire quelque chose très clairement : Ne vous inquiétez pas de la pression américaine sur l’Israël. Nous, le peuple juif, contrôlons l’Amérique et les Américains le savent (9)

Les visées expansionnistes (voir cartes pages 28 et 29) ainsi que les pratiques colonialistes du régime sont flagrantes :

-   Expansion territoriale par la force.

-   Population de Cisjordanie reléguée dans ce qu’il faut bien appeler des “ghettos“.

-  Colonisation sauvage de Jérusalem-Est et expulsion brutale de ses habitants.

-  Oppression religieuse permanente : restrictions d’accès à la mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam), destruction de mosquées, de cimetières ancestraux comme celui de Ma’man Allah pour y construire un « Musée de la Tolérance » (humour juif ?)

-  Blocus de Gaza, pourtant condamné par la Communauté Internationale (résolution de l’ONU N°1860), blocus qui a affamé la population (elle y échappait seulement grâce aux tunnels), qui l’empêche toujours de reconstruire – le ciment y est interdit d’entrée, excepté pour les bâtiments de l’UNRWA qui a pu rebâtir dix de ses douze hôpitaux, début 2010.

-  Mesure militaire – encore une fois contraire à la Convention de Genève – qui veut interdire aux Palestiniens, implantés en Cisjordanie mais originaires de Gaza, d’y résider.

-  Impositions drastiques au fonctionnement de l’UNRWA privant d’enseignement 40.000 écoliers de Gaza, interdisant l’édification des deux écoles… dans un territoire non-occupé paraît-il.(10)

… Etc.

Près de la moitié des terres agricoles de la bande de Gaza sont devenues inutilisables du fait des destructions, de la pollution par le phosphore ou de leur localisation à l’intérieur d’une « zone de sécurité » définie par l’armée israélienne, les pêcheries sont paralysées à cause de l’interdiction d’aller en haute mer… Depuis “Plomb Durci“, Gaza a été bombardé plus de 400 fois et un Palestinien est abattu chaque jour, en moyenne ! Tout ça pour arriver à la paix ?

Il n’y a pas de problème humanitaire à Gaza !

Selon divers rapports de l’ONU (encore une fois pas crédibles pour Israël ?), 80% des aides humanitaires envoyées par les gouvernements et les ONG sont (à juin 2010) interdites d’entrée.

Toujours selon l’ONU, la moyenne hebdomadaire des camions franchissant le point de passage de Kerem Shalom reste très inférieure à celle en vigueur avant juin 2007 (540 contre 2807).

Mais, bien entendu, Israël proclame via le colonel Moshe Levy : Il n’y a pas de problème humanitaire à Gaza ! Il n’y a pas de pénurie de nourriture ni d’autres choses, sauf celles qui alimentent le mouvement terroriste et renforcent le Hamas.

Quelques autres réalités, selon le rapport de l’ONU (juillet 2011) :

-  Plus de 90% de l’eau provenant de l’aquifère est non potable

-  54% des habitants vivent dans une situation d’insécurité alimentaire et 75% dépendent de l’aide internationale

-  47% des jeunes est au chômage

-  35% des terres agricoles et 85% des zones de pêche sont inaccessibles en raison des mesures militaires israéliennes

-  Les mesures prises en juin 2010 pour alléger le blocus ont eu peu d’effet sur la situation humanitaire. Si les importations ont augmenté, elles ne représentent que 45% de ce qui entrait en 2007

Vous avez dit « circulez, il n’y a rien à voir“ ?

Les lois internationales ne nous concernent pas !

Fin mai 2010, la marine israélienne a, une fois de plus, violé le droit international en “arraisonnant“ un convoi humanitaire dans les eaux internationales (à plus 60 km des côtes !).

Des militants pacifistes provenant de 42 pays étaient sur ces bateaux. Ils transportaient des chaises roulantes, des maisons en kit, du ciment, du matériel de construction…

Comme d’habitude, le Mossad et le Shin Beit n’ignoraient certainement rien du contenu des bateaux… et certainement pas l’identité des quelques 700 personnes qui s’y trouvaient. Le général Gabi Ashkenazi, chef d’état-major de l’armée, a admis devant une commission d’enquête israélienne (24/10/2010) que les commandos ont tiré plus de 300 balles réelles lors de l’abordage, tuant une dizaine de passagers et blessant de nombreux autres ! Cette attaque en haute mer contre un bateau civil est indéniablement une piraterie maritime… Pas pour la soldatesque israélienne !

C’était un “flottille terroriste“ !

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Bien entendu, Israël proclame qu’il n’est pas responsable du massacre ! “ Ce sont ces soi-disant pacifistes qui, sous couvert de convoi humanitaire, sont venus provoquer notre démocratie et créer de la violence. Nous n’avons fait que nous défendre contre cette attaque de dangereux envahisseurs armés (11) On sait maintenant qu’ils étaient bien armés… de ce qu’ils avaient trouvé sur le bateau : clubs de golf, couteaux de cuisine, chaînes, bâtons ou barres de métal !

Israël justifie son attaque contre le “Mavi Marmara“ en arguant que la “Flottille de la Liberté“ n’a pas obéi aux injonctions de l’armée israélienne.

Depuis quand doit-on obéir aux ordres illégaux d’un commando qui, à l’instar des pirates somaliens, monte à l’assaut d’un bateau dans les eaux internationales ?

Comme le prouvent les rares images qui n’ont pas été confisquées par les assaillants(12) et les résultats des autopsies des victimes, le commando était venu pour tuer :

Les neuf morts ont été touchés par une trentaine de balles au total. Les autopsies montrent que les victimes ont été criblées de balles, plusieurs d’entre elles à bout portant et certaines d’une balle à l’arrière du crâne.(13)

A ma connaissance, très peu de medias “officiels“ de mon pays ont fait la “une“ de cette information, pourtant capitale. C’est seulement au bout de trois semaines qu’une TV d’ici en a fait mention.
… Journaliste mais pas téméraire !

Les rapports d’autopsie sont accablants : cinq des neuf victimes ont été touchées à la tête ! Le jeune étudiant américano-turc de 19 ans, Turkan Dogan, a été abattu par cinq balles, dont une à bout portant contre le visage et une à la nuque.

Hormis ce jeune étudiant, les huit autres victimes étaient toutes des pères de famille (commerçant, journaliste, pompier…) dont la moyenne d’âge est de plus de 40 ans… il y avait même un ingénieur de 61 ans.

Des terroristes bien particuliers, non ?

La “Commission d’enquête“ mise en place par le régime israélien – l’accusé enquête donc sur ses propres crimes ! – estimera que c’était de l’auto-défense et décidera que les rapports d’autopsie ne sont pas des preuves.

De son côté, la mission d’enquête du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a confirmé dans son rapport final (22 septembre 2010) que cet abordage avait été “une violation grave des droits de l’homme“.

Témoignage des experts de l’ONU :

La conduite des forces armées d’Israël (…) vis-à-vis des passagers de la flottille (…) révèle un niveau inacceptable de brutalité » et souligne que « Il y a des preuves claires permettant d’appuyer des poursuites pour les crimes suivants (…) : homicide intentionnel, torture ou traitements inhumains, fait de causer intentionnellement de grandes souffrances ou des blessures graves »(…) « Les auteurs des crimes les plus graves ayant été masqués ne peuvent pas être identifiés sans l’assistance des autorités israéliennes.

Mais, bien entendu, le gouvernement de Netanyahu a poussé ses cris d’orfraie habituels (Calomnies ! Mensonges ! Enquête partiale !… etc) et tenté d’enrayer la médiatisation du rapport. …Et la majorité de la presse européenne a, comme d’habitude, collaboré à mettre une chape de silence sur cette condamnation !

Quand obligera-t-on le gouvernement israélien à respecter les règles de l’assemblée des nations et les jugements des tribunaux internationaux ?

Quand, aussi, la presse traditionnelle occidentale respectera-t-elle l’éthique journalistique ?

Connaissant les pratiques antérieures de cette “armée la plus morale du monde“, on n’est en rien étonné du caractère délibérément violent de cet assaut contre ces bateaux de pacifistes.

On tire dans le tas et ensuite, à l’annonce de la tuerie, on applique la proposition faite à la Knesset par la députée du Likoud, Miri Regev : “ le plus important est de s’occuper très vite des informations négatives des medias, de façon à ce qu’elles disparaissent “.

Devant l’indignation mondiale, Netanyahu s’est quand même un peu calmé et c’est heureusement sans violence qu’Israël s’est ensuite emparé du “Rachel Corrie“.

Pour ceux qui l’ignorent : Rachel Corrie était une jeune pacifiste américaine, écrasée par un bulldozer militaire, en 2003 à Gaza, parce qu’elle s’opposait à la démolition d’une maison palestinienne.

(à suivre)

Notes

1) Témoignage de Me De Keyser, députée européenne, au “Tribunal Russell“ (2/3/2010)

2) « Gaza 1956 » de Joe Sacco (Futuropolis)

3) “Ha’aretz“ du 22/12/2008

4) Depuis 1967, Israël a emprisonné 20% de la population des territoires occupés

5) Cf les rapports de Amnesty International

6) Comme l’a révélé le journaliste Alain Ménargues, des forces spéciales de l’armée israélienne ont également participé activement à cette tuerie de 2 à 3.500 hommes, femmes et enfants.

7) “Il n’y aura pas d’Etat palestinien“ de Ziyad Clot (Max Milo Editions )

8 « L’Industrie de l’Holocauste » (Editions La Fabrique)

9) Kol Yisrael Radio le 3 Octobre 2001

10) Déclaration de M.Gunness (UNRWA) 23/10/2010

11) Déclaration de l’ambassadrice d’Israël en Belgique le 31/5/2010

12) Voir http://www.pacificfreepress.com/news/1-/8123-kevin-neishs-mavi-marmara-story.html

13)“The Guardian“ du 5/6/2010

Communiqué par l’auteur via courriel

« La Syrie, terrain du bras de fer irano-saoudien »


En Syrie, le mouvement de contestation du régime entre dans son sixième mois. S’il menace le pouvoir de Bachar Al-Assad, ses conséquences pourraient aussi rebattre les cartes diplomatiques à l’échelle du Moyen-Orient, comme l’explique Joseph Bahout, chercheur associé à l’IEP de Paris et spécialiste de la région.

Longtemps attentiste vis-à-vis de la situation en Syrie, l’Arabie Saoudite est sortie de sa réserve dimanche dernier en condamnant vigoureusement la répression. Comment expliquer ce retournement?
Il est vrai que l’attitude saoudienne peut sembler contradictoire. C’est qu’il y a plusieurs lignes dans le royaume : un réflexe « génétique » contre-révolutionnaire et conservateur d’une part, et d’autre part le ras-le-bol de l’influence iranienne, de l’affaire du Bahreïn jusqu’à l’Irak. On aimerait bien sauver le soldat Assad, mais s’il tombe, tant mieux, on pourra mettre un régime plus arrangeant. Il y a plusieurs diplomaties saoudiennes. Le roi a toujours été plutôt compréhensif avec Assad, mais ses initiatives étaient regardées avec scepticisme, voire combattues secrètement par les autres branches. Aujourd’hui ce sont celles-ci qui ont gagné. Le communiqué royal est bel et bien un gros retournement.

La Syrie semble plus isolée que jamais sur la scène internationale…
La Syrie est revenue à la situation de 2005-2006, quand elle n’avait pratiquement plus d’amis. Tous les efforts fournis depuis cette époque pour sortir de l’isolement, notamment via la France et la Turquie, sont réduits à zéro. La déclaration saoudienne est très forte. Quand le roi Abdallah qualifie la situation d’« inacceptable », c’est aussi le gardien des lieux saints de l’Islam qui s’exprime. Seul l’Iran fait encore figure de partenaire jusqu’au-boutiste.

Justement, à travers le conflit syrien, est-ce aussi la rivalité irano-saoudienne qui se manifeste?
Oui, cette crise n’est déjà plus un conflit syro-syrien. Le pays peut devenir le terrain d’un grand bras de fer final impliquant l’Iran, l’Arabie Saoudite, mais aussi la Turquie et les occidentaux. Le point central, c’est la pression mise sur Assad pour qu’il abandonne son alliance avec l’Iran et le Hezbollah. Côté iranien, à l’inverse, la chute du régime syrien est la ligne rouge à ne pas franchir.

Quel serait le régime syrien idéal pour l’Arabie Saoudite?
Il associerait la grande bourgeoisie damassienne sunnite et la classe moyenne islamiste modérée. Ce serait un régime aligné sur l’axe Ryad-Le Caire, largement dépendant de l’argent du Golfe.

L’isolement de la Syrie ne risque-t-il pas de renforcer encore son alliance avec l’Iran?
C’est vrai que plus la Syrie est isolée, plus elle a besoin de son voisin. A l’époque de Hafez Al-Assad [le père de Bachar], l’Iran était pour lui un instrument permettant à Damas de peser davantage dans la région. Aujourd’hui, la relation s’est inversée, on est passé à une instrumentalisation de la Syrie par l’Iran. Même vainqueur, un régime affaibli pourrait faire du pays une sorte d’Irak des années 1990 : un pays encerclé, isolé par les sanctions, affaibli, appauvri. Et donc encore plus dépendant d’une aide iranienne, en échange d’une allégeance diplomatique renforcée. L’Iran pourrait alors ouvrir un nouveau chapitre de sa confrontation avec l’Occident sur le nucléaire. Avec le risque d’une politique plus agressive.

A votre connaissance, l’Iran joue-t-il un rôle dans la répression actuelle?
Il y a des témoignages sur la présence de tireurs iraniens dans les forces de répression, mais cela me semble secondaire. Assad n’a pas besoin d’aide pour réprimer les manifestants. L’Iran donne certainement de l’argent, peut-être aussi des conseils techniques, en informatique par exemple.

En cas de chute d’Assad, comment réagirait l’Iran?
Je pense que leur plan B serait de renforcer leurs efforts sur l’Irak, pour y jouer la carte chiite avec Moqtada Al-Sadr. Et sur le Liban, via le Hezbollah. Mais que deviendrait celui-ci sans le protecteur syrien ? Par ailleurs, si l’Iran constate une intrusion des acteurs régionaux sur le terrain syrien pour manipuler la situation à leur profit, il passera à l’attaque : envoi de pasdarans, frappe sur les intérêts turcs, agitation chiite à Bahreïn pour effrayer les Saoudiens, militarisation du conflit…

Existe-t-il encore une possibilité d’intervention occidentale?
Au vu de ce qui se passe dans les rues de Londres, sur les marchés et en Libye, je doute que les Occidentaux soient tentés de s’impliquer en Syrie. D’où le rôle important de la Turquie et de l’Arabie Saoudite, qui agissent en quelque sorte par procuration.

Lire aussi :
Derrière Bachar, l’ombre de l’Iran

Dominique Albertini – Le Journal du Dimanche

samedi 13 août 2011

Un véhicule militaire dans la ville de Hama Un véhicule militaire dans la ville de Hama. (Reuters)

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