Lettre ouverte aux Israéliens


mardi 24 août 2010 – 07h:18

Lauren Booth, Royaume-Uni

Rappelons que Lauren Booth est la belle-soeur de l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair… !!!

Ce matin, je voulais me mettre à écrire un texte sur la mise à sac de la Flottille humanitaire en partance pour Gaza, par vos soldats. Comme vous avez pu l’apprendre, un officier des Forces de défense israéliennes a été déféré devant un tribunal militaire, soupçonné d’avoir volé des ordinateurs portables appartenant à des passagers. Fait intéressant, le quotidien Ha’aretz se réfère maintenant à la flottille comme à une « flottille humanitaire ». Ce qui est le cas. C’est ainsi que vos dirigeants auraient dû l’appeler, plutôt que flottille « terroriste ». Mais je m’écarte du sujet.

Donc, j’en étais là, toute prête à écrire mon texte, quand je suis tombée sur un article de YnetNews. L’article cherchait à expliquer clairement l’indignation ressentie peut-être par quelqu’un dont on a pillé les biens. Un officier supérieur des FDI disait à propos des vols sur la Flottille : « Sur le plan des valeurs, il doit y avoir un grave problème dans les FDI ».

Je suis restée un long moment à regarder ces mots. Et, au lieu d’écrire mon texte, je décidai, à la place, de vous écrire à vous. Parce que je ne peux pas m’empêcher de me demander qui, ici-bas, garde des réserves d’ « indignation » en vue du comportement de vos militaires ?

C’est vraiment ce que je pense, les gars. Hors sur les avenues agréables de Tel Aviv, le reste du monde trouve que l’expression, « armée morale », quand elle s’applique aux FDI, n’est rien de moins qu’une énorme, (et malheureusement catastrophique), farce à dimension mondiale. Une farce du même niveau, par exemple, que le déni du changement climatique, ou que la présidence de George Bush.

Ca y est, je recommence. Cette fois, je vous ai vraiment rendu furieux contre moi. Mais, s’il vous plaît, donnez-moi juste une minute ou deux pour vous expliquer pourquoi j’écris cette lettre. Parce que je ne le cherche pas, et je ne veux pas vous insulter. Certainement pas plus que je ne l’ai fait dans le passé. Je suis assise là, avec ma vaisselle qui s’accumule et mon ménage qui n’est pas fait, pour vous poser une question. En tant que mère et en tant qu’être humain, comme vous, j’ai besoin de savoir pourquoi vous ne voyez pas le mal qui se fait en votre nom ?

Comment pouvez-vous ne pas le voir ?

Comme vous le savez peut-être déjà, je faisais partie de la première mission Free Gaza, en 2008. Cela ne veut pas dire seulement que j’ai eu le plaisir de connaître personnellement ces femmes admirables qui ont fondé le FGM (Mouvement Free Gaza). Cela veut dire aussi que j’avais beaucoup d’amis et de collègues sur la Flottille que vos soldats ont agressée en mai dernier.

Vous savez, (encore une fois, voyez en moi une maman et non une « ennemie »), aucune de ces personnes formidables n’est un terroriste, ne veut apporter des armes à des « extrémistes ». Ce sont des hommes (et des femmes) bons, des citoyens du monde qui s’inquiètent. Des gens qui, tout simplement, ne peuvent vivre machinalement leur vie de tous les jours pendant que votre Etat, votre armée, vos colons harcèlent d’autres êtres humains. Chaque minute de chaque jour. De chaque mois. De chaque année. Depuis soixante-deux ans.

Je ne veux pas être dure, les gars. Mais il arrive un moment où, quand on dit « Je ne savais pas ce qui se passait », ça fait un peu léger. Vous voyez ce que je veux dire ? Toute cette comédie sur l’ « indignation » par la mauvaise conduite de vos soldats, ça ne fait pas Israélien, hé, ça nous fait rire.

Parce que, ces semaines de pillages par vos soldats, ce ne sont pas les premières du genre. Non ? Allez. Rappelez-vous. Il y en a eu d’horribles, beaucoup d’autres d’horribles. Vous avez oublié ? Laissez-moi vous aider. Prenez un ordinateur et tapez les mots « IDF pillage » dans le moteur de recherche de Google. Vous allez peut-être (ou peut-être pas) être surpris quand cette recherche va vous donner 64 000 réponses. Bon, maintenant, ne sortez pas de vos gonds tout de suite en criant, « Nos ennemis racontent des mensonges sur nous ». S’il vous plaît, je vous en prie. Regardez juste quelques-unes de réponses de la première page. Ca ne vous prendra pas longtemps. Ca va ? et pourquoi pas passer toute la matinée à les lire ? Après tout, c’est votre devoir que de prendre connaissance de ce qui est fait en votre non, pas vrai ? Ce que je veux dire c’est que, quand les crimes de l’armée sont commis avec les shekels de VOS impôts, vous avez le droit de savoir.

L’une des réponses de Google vous dit qu’un soldat des Forces de défense israélienne a avoué avoir volé une carte de crédit dans une maison, au nord de la bande de Gaza, pendant l’opération Plomb durci. Vous vous en souvenez ? Le soldat était du bataillon de reconnaissance de la division d’infanterie Givati, il a utilisé cette carte pour faire 1 600 shekels de retraits en Israël (plus de 300 €). Un petit acte criminel. Une partie d’un crime beaucoup plus grand.

Un crime contre l’humanité, dont vous ne sauriez rien non plus. Ou qui vous a été délibérément caché par vos dirigeants.

Comme je l’ai déjà dit toutefois, vous avez l’accès à Internet, alors vous ne devez pas rester dans les ténèbres. Sauf évidemment, si vous vous y sentez à l’aise.

Le dernier pillage par les FDI de biens de civils m’a fait penser aux dames Al Samouni, je les ai rencontrées l’année dernière, sur les décombres de leurs maisons à Al Zaytoun (je joins quelques photos pour vous permettre de les voir). Vous vous rappelez peut-être, vaguement, de ce nom, « Al Samouni ». Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire. C’était le samedi 3 janvier 2009, l’invasion israélienne dans le quartier d’Al Zaytoun commençait. Le lendemain, 4 janvier 2009, vos forces larguaient leurs bombes sur la même zone. Le lundi, à 7 h du matin, le 5 janvier 2009, une nouvelle fois vos forces bombardaient le même quartier de Hay Al Zaytoun. L’un des missiles est tombé sur le troisième étage de la maison de Tallal Hilmi Al Samouni. Et les soldats sont venus, en tirant, pour tuer.

Au total, 26 membres de la famille Al Samouni ont été tués, dont 10 enfants et 7 femmes. La Croix-Rouge n’a été autorisée à entrer que trois jours plus tard pour évacuer les morts et les blessés, la majorité d’entre eux étant dans un état si critique qu’il a fallu les emmener en Belgique, en Egypte et en Arabie Saoudite pour les soigner.

Permettez-moi, si cela ne vous dérange pas, de vous donner leurs noms, car il est probable que vous ne les connaissiez pas. En tant qu’êtres humains, je suis sûre que vous souhaitez leur rendre un dernier hommage, et peut-être même, prier pour eux.

Les noms des enfants tués

• Azza Salah Al Samouni, 3 ans
• Waleed Rashad Al Samouni, 17 ans
• Ishaq Ibrahim Al Samouni, 14 ans
• Ismail Ibrahim Al Samouni, 16 ans
• Rifka Wael Al Samouni, 8 ans
• Fares Wael Al Samouni, 12 ans
• Huda Nael Al Samouni, 17 ans
• Ahmad Atieh Al Samouni, 14 ans
• Mu’tassim Mohammed Al Samouni, 6 ans
• Mohammed Hilmi Al Samouni, 5 ans

Les noms des femmes tuées

• Rahma Mohammed Al Samouni, 50 ans
• Safa’ Hilmi Al Samouni, 25 ans
• Maha Mohammed Al Samouni, 22 ans
• Rabbab Azzat Al Samouni, 32 ans
• Laila Nabih Al Samouni, 40 ans
• Rifqa Mohammed Al Samouni, 50 ans
• Hannan Khamis Al Samouni, 36 ans

Les noms des hommes tués

• Tallal Hilmi Al Samouni, 55 ans
• Attieh Hilmi Al Samouni, 25 ans
• Rashad Hilmi Al Samouni, 42 ans
• Tawfiq Rashad Al Samouni, 23 ans
• Mohammed Ibrahim, 26 ans
• Ziyad Izzat Al Samouni, 28 ans
• Nidal Ahmad Al Samouni, 30 ans
• Hamdi Maher Al Samouni, 23 ans
• Hamdi Mahmoud Al Samouni, 70 ans

En mars dernier, les femmes et les enfants survivants m’ont montré les ruines de leur communauté. J’ai vu les graffitis racistes laissés sur les murs de la pièce où une adolescente devait encore dormir. Laissée pour elle par votre « armée morale », rien de moins. Ces graffitis disaient, par endroits en hébreu, à d’autres en anglais, des trucs comme « Nous reviendrons », et il y avait un dessin grossier qui montrait une maison en train d’exploser avec ces mots, « Vous êtes ici », ajoutés subtilement.

Une très belle femme m’a raconté aussi qu’elle était sur le point de se marier, avant l’agression. Sa famille avait épargné plusieurs milliers de dollars pour sa dot (de nombreuses personnes d’une même famille épargnent pendant très, très longtemps, comme vous pouvez l’imaginer). L’argent était caché sous un lit, dans une valise, pour l’heureux évènement. Sa mère avait quelques bijoux anciens qui avaient traversé les générations, des bijoux en or. Eh bien vous voyez, vos soldats, ils ont bombardé les gens, ils ont tiré sur leurs enfants, et pour finir, ils ont pillé ce que les survivants possédaient. Je vous le jure, regardez sur Google, regardez dans vos propres cœurs, vous savez, ça s’est passé comme ça.

Vous voyez bien que c’est comme cela que votre armée traite, délibérément, les Palestiniens.

Alors ne poussez pas des hauts cris, « Mensonges ! », « Antisémites ! », s’il vous plaît, je vous en prie. De parent à parent. D’humain à humain. Au nom du Dieu de chaque croyance, détendez-vous, acceptez un moment ce qui vous paraît invraisemblable, lisez la suite. Parce que, oh Israël, que se passera-t-il si, supposez-le, je ne suis pas une antisémite, quand votre wiki a formé des partisans extrémistes pour essayer de me qualifier comme telle ? Et que se passera-t-il si, seulement 10% sur les 64 000 réponses de Google pour « FDI pillage » sont tout à fait vrais ? Que faire alors ? Qu’est-ce qui vous en rend complices ? Que ferez-vous si, pendant seulement une seconde, la vérité que le reste du monde connaît sur la barbarie de vos dirigeants remplit vos esprits et vos cœurs, comme cela arrivera un jour sûrement ?

Mes mots, étant étrangère, vous paraîtront sans doute durs, voire naïfs. Alors voyez ceci, publié aujourd’hui par le Jerusalem Post :

« Selon les informations qu’a analysées l’organisation des droits humains Yesh Din, entre septembre 2000 et fin 2009, au moins 6% sur les près de 2 000 enquêtes ouvertes contre des soldats des FDI soupçonnés de crimes contres les Palestiniens se sont terminés sur des mises en accusations. Durant la même période, selon différentes estimations, des milliers de civils palestiniens ont été tués des suites des activités des FDI. Combien de ces morts ont conduit à des condamnations ? Quatre. Pas 4%, 4, seulement. »

Il est de plus en plus évident que vos jeunes hommes et vos jeunes femmes sont formés pour se comporter comme des animaux. Ces faits, le pillage, les photos mises en ligne par Eden Abergil, ne peuvent pas s’expliquer plus longtemps comme étant des cas « en dehors ».

C’est à vous de vous demander quel est leur sens.

Je suis vraiment désolée si mes mots vous ont offensés. Je voulais juste parler avec vous, directement, pour une fois.

A propos, il y a environ 400 ordinateurs portables, 600 téléphones portables, ainsi que d’autres sommes d’argent et effets personnels que votre armée n’a toujours pas rendus aux passagers de la Flottille humanitaire. Vous savez, quand ils ont pris la mer. Pour quelque raison, ces gens de bien n’avaient pas pensé que les FDI pourraient les voler.

Bien à vous

Lauren Booth

Rappels sur les faits évoqués :

– Lauren Booth à Gaza : Apprendre quelle est la souffrance de l’enfermement – Saleh Al-Naami – Al Ahram Weekly

– Vols israéliens de cartes de crédit de militants de la Flottille pour Gaza – Haroon Siddique – The Guardian

– Gaza : le massacre d’Al Zeitoun – Tom Eley – WSWS

Eden Abergil, produit d’une société aux yeux bandés – Max Blumenthal

22 août 2010 – Gilad Atzmon – traduction : JPP

source

Proche-Orient : la colonisation menace les négociations de paix


Des soldats israéliens font face à des manifestants palestiniens, qui vident des bouteilles de jus d'orange provenant de colonies israéliennes en Cisjordanie, dimanche 9 mai. AFP/HAZEM BADER

« Je peux comprendre les sceptiques. Mais nous avons bien l’intention de les étonner, à condition d’avoir un partenaire sérieux » dans la négociation. Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, assure, malgré les critiques de la presse israélienne et du monde arabe qu' »un accord de paix avec les Palestiniens est difficile mais possible ».

Dimanche 22 août, la Ligue arabe s’est jointe aux doutes suscités par la réouverture des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens, sous l’égide des Etats-Unis. L’organisation panarabe basée au Caire exprime dans un communiqué « son extrême inquiétude quant à l’explication israélienne (sur les bases) sur lesquelles vont se faire ces négociations ».

Pour permettre le bon déroulement des négociations, les Palestiniens demandaient la prolongation du gel temporaire de la colonisation en Cisjordanie occupée. Le moratoire annoncé par Israël s’achève le 26 septembre. Le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a averti de nouveau que si la « colonisation devait continuer après le 26 septembre, les négociations à notre grand regret, ne continueraient pas », précisant qu’il s’agissait d’un « test de la volonté de paix du gouvernement israélien ».

PAS DE CONCESSION DE NETANYAHOU

Hani-al-Masri, chef du centre de recherches de Bada’el basé à Ramallah, s’est déclaré convaincu que des négociations directes de paix tenues dans un tel contexte « iraient dans le sens des intérêts d’Israël ».

« Les chances de succès des négociations semblent minces car les négociations directes se tiendront sans qu’ aucun engagement d’Israël visant à mettre fin à la colonisation ou aux principes de processus de paix n’ait été pris », a-t-il expliqué à l’agence Xinhua.

« Sans un gel total de la colonisation (israélienne), une véritable disposition au retrait jusqu’aux frontières internationales et tant (qu’Israël) n’aura pas cessé d’offrir aux Palestiniens une caricature d’Etat, ce sera une perte de temps pour tout le monde », a estimé pour sa part le député Haïm Oron, du parti de l’opposition de gauche laïque Meretz, selon la radio.

La question d’une suspension de la colonisation en Cisjordanie avait valu aux Israéliens une vive polémique avec les Etats-Unis. Washington avait finalement renoncé à en faire un passage obligé avant toute négociation directe.

De fait, la coalition au pouvoir en Israël, soutenue par une partie des colons et des religieux, ne semble pas prête à faire de concession sur ce terrain.

source

L’armée US dit adieu à l’Irak (The Independent)


Robert FISK

Photo : des soldats US quittent l’Irak en traversant la frontière avec le Koweit. Environ 50.000 troupes vont rester pour former l’armée irakienne.

Lorsqu’on envahit un pays, il y a toujours un premier soldat – tout comme il y a toujours un dernier.

Le premier homme à la tête de la première unité de la première colonne de l’armée d’invasion américaine à fouler la place Fardous dans le centre de Bagdad en 2003 fut le caporal David Breeze du 3ème bataillon, 4ème régiment des Marines. Pour cela, évidemment, il me fit remarquer qu’il n’était pas du tout un soldat. Les Marines ne sont pas des soldats. Ce sont des Marines. Mais ça faisait deux mois qu’il n’avait pas parlé à sa maman alors – inévitablement – je lui ai proposé mon téléphone par satellite pour appeler chez lui dans le Michigan. Tous les journalistes savent qu’on obtient une bonne histoire à raconter si on prête son téléphone à un soldat en guerre.

« Salut ! » a hurlé le caporal Breeze. « Je suis à Bagdad. J’appelle pour dire « salut, je vous aime, je vais bien. Je vous aime. » La guerre sera finie dans quelques jours. On se verra bientôt. » Oui, ils disaient tous ça, que la guerre sera bientôt finie. Ils n’ont pas consulté les Irakiens sur cette agréable perspective. Les premiers kamikazes – un policier dans une voiture et deux femmes dans une voiture – avaient déjà frappé les américains le long de l’autoroute qui mène à Bagdad. Des centaines d’autres allaient suivre. Des centaines d’autres suivront encore.

Alors il ne faut pas se laisser berner par le spectacle à la frontière koweïtienne de ces dernières heures, le départ des dernières troupes de « combat » de l’Irak deux semaines avant la date prévue. Ni par les cris infantiles de « on a gagné » de ces soldats adolescents dont certains n’avaient que 12 ans lorsque George W. Bush envoya son armée dans cette aventure catastrophique. Ils laissent derrière eux 50.0000 hommes et femmes – un tiers de la force d’occupation US – qui seront attaqués et qui devront encore se battre contre l’insurrection.

Certes, ils sont sur place officiellement pour former les hommes en armes et les miliciens et les plus pauvres parmi les pauvres qui ont rejoint l’armée irakienne, dont le propre commandant pense qu’elle sera incapable de défendre le pays jusqu’en 2020. Mais le pays sera toujours sous occupation – car il est évident qu’un des « intérêts américains » qu’il leur faudra défendre est celui de leur propre présence – avec les milliers de mercenaires armées et indisciplinés, occidentaux et orientaux, qui se frayent un chemin à coups de feu pour protéger nos précieux diplomates et hommes d’affaires occidentaux. Alors dites-le à voix haute et intelligible : nous ne partons pas.

Au lieu, les millions d’Américains qui sont passés par l’Irak ont apporté la plaie. Depuis l’Afghanistan – pour qui ils ont eu le même intérêt après 2001 qu’ils auront l’année prochaine lorsqu’ils commenceront à « quitter » le pays – ils ont apporté Al Qaeda. Ils ont apporté la guerre civile. Ils ont apporté la corruption à grande échelle. Ils ont marqué Abou Ghraib du sceau de la torture et ont fait de cette prison une digne héritière du régime de Saddam Hussein – non sans avoir au préalable marqué du sceau de la torture celle de Bagram et toutes les autres prisons clandestines en Afghanistan. Ils ont introduit le sectarisme dans un pays qui, malgré toute la brutalité et la corruption du régime de Saddam Hussein, avait néanmoins imposé une unité entre Sunnites et Chiites.

Et parce que les Chiites allaient inévitablement diriger cette nouvelle « démocratie », les soldats américains ont donné à l’Iran la victoire qu’il n’a pas pu obtenir dans la terrible guerre de 1980-1988 contre Saddam Hussein. Les hommes qui ont jadis attaqué l’ambassade américaine au Koweit – des hommes qui étaient alliés aux kamikazes qui ont fait sauter la base militaire US à Beyrouth en 1983 – aujourd’hui participent au pouvoir en Irak. Hier, les Dawas étaient des « terroristes ». Aujourd’hui, ce sont des « démocrates ». C’est drôle comment nous avons oublié les 241 soldats américains qui sont morts dans l’aventure libanaise. Le caporal David Breeze devait avoir deux ou trois ans à l’époque.

Ma la folie continue. Le désastre américain en Irak a infecté la Jordanie voisine avec Al Qaeda – l’attentat contre un hôtel à Amman – et puis le Liban de nouveau. L’arrivée des hommes armés du Fatah al-Islam dans le camp palestinien de Nahr al-Bared dans le nord du Liban – leur guerre de 34 jours contre l’armée libanaise – et les innombrables civils tués furent le résultat direct du soulèvement sunnite en Irak. Al Qaeda est arrivé au Liban. Puis l’Irak sous occupation américaine a réinfecté l’Afghanistan où les kamikazes ont transformé les farouches guerriers américains en poules mouillées.

Peu importe, car à présent ils sont en train de réécrire l’histoire. Prés d’un million d’irakiens sont morts et Tony Blair s’en fiche royalement car ils n’apportent rien aux généreux émoluments qu’il touche. Pas plus que la plupart des soldats américains. Ils sont venus. Ils ont vu. Ils ont été vaincus. Et maintenant ils disent qu’ils ont gagné. Les arabes, qui survivent avec 6 heures d’électricité par jour dans un pays exsangue, doivent vraiment rêver à d’autres victoires comme celle-ci.

Robert Fisk

Hier et aujourd’hui

3.000 : c’est nombre de civils irakiens tués l’année dernière. C’est moins que le dixième des 34.500 tués en 2007 mais indique les dangers auxquels les irakiens doivent faire face au quotidien.

200 : nombre d’Irakiens connus encore détenus par les Etats-Unis – une fraction des 26.000 détenus dans les prisons militaires il y a trois ans.

15,5 : nombre d’heures par jour en moyenne d’électricité à Bagdad, soit une amélioration notable par rapport aux six heures il y a trois ans mais encore inférieur aux 24 heures que connaissaient les villes irakiennes avant l’invasion.

SOURCE
http://www.independent.co.uk/opinio…

Traduction VD pour le Grand Soir
URL de cet article

Reprise des négociations de paix directes entre Israéliens et Palestiniens le 2 septembre à Washington


Condition préalable d’Israël : notre seul interlocuteur sera le Président
Mahmoud Abbass, fidèle collabo.

Autres conditions:

1. Pas question de fixer des frontières pour Israël (Eretz Israël)

2. Pas question de reconnaître Jérusalem-Est, capitale des Palestiniens
(Eretz Israël)

3. Pas question de reconnaître les mêmes droits aux Israéliens arabes et aux
Israéliens juifs (peuple élu)

4. Pas question d’arrêter les colonies (croissance démographique du peuple
élu)

5. Pas question de disloquer le mur (notre sécurité)

6. Pas question de supprimer les check points (notre sécurité)

7. Pas question de lever totalement le blocus de Gaza (notre sécurité)

8. Pas question de restituer l’eau volée aux Palestiniens (survie Eretz
Israël)

9. Pas question de se soumettre au Droit International pour les crimes
commis – passés – présents et à venir (légitime défense)

10. Sont également repris sous le terme « légitime défense » :

a. Arrachage des oliviers

b. Terrains agricoles dévastés

c. Destruction quotidienne d’habitations civiles

d. Destruction d’infrastructures (dont hôpitaux)

e. Destruction d’entreprises, d’entrepôts

f. Destruction du patrimoine culturel des Palestiniens (inclus la
profanation de tombes)

Tout interlocuteur qui ne respecterait pas ces conditions sera considéré
comme terroriste et antisémite, opposé à toute tentative de paix juste et
durable.

Merci Mireille P.

Des vandales pro-israéliens à l’assaut de Wikipédia


Vendredi 20 août 2010

http://www.gilad.co.uk/writings/gilad-atzmon-united-against-knowledge.html

Ceux qui consacrent leur plume à défendre la cause palestinienne sont au courant de l’existence de « Wikipédia Jews », une expression créée voici, de cela, quelques années. Ce terme désigne une bande de crypto-sionistes enragés qui vandalisent constamment les entrées de cette encyclopédie ayant un rapport quelconque avec la Palestine, les militants pro-palestiniens et les atrocités perpétrées par Israël.

D’après l’article du Guardian, deux associations israéliennes cherchant à avoir le dessus dans le débat online ont lancé un cours de « rédaction sioniste ».

Le Yesha Council, qui représente le mouvement des colons juifs, a tenu son premier atelier de travail, cette semaine, à Jérusalem, enseignant à ses participants la manière de « réécrire » et de « réviser » certaines des pages « les plus controversées » du site de référence online.

Le projet Wikipédia est une initiative humaniste et universaliste phénoménale. Par conséquent, nous ne devons pas être autrement surpris de voir que ses pires ennemis sont des opérateurs tribaux, parmi lesquels les sionistes, les crypto-sionistes et les « juifs antisionistes » autoproclamés.

Une éditrice de Wikipédia résidant à Jérusalem a déclaré au Guardian que le fait de rendre public cette nouvelle initiative conspirationniste sioniste n’était peut-être pas vraiment une « bonne idée ». « Le fait de rendre les choses publiques, par le passé, a pu avoir un effet négatif », explique-t-elle. « Nous sommes en guerre, et malheureusement, cette guerre doit être menée dans l’ombre ».

Ce n’est pas sans une certaine surprise que l’on découvre que l’un des chefs de « Wikipedia Jews » est le soi-disant « antisioniste » Roland Rance. Rance, qui vit à Londres, est un juif marxiste qui passe le plus clair de son temps à persiller les articles publiés par Wikipédia de notations judéo-centriques. Ce Rance était aussi un des opposants les plus farouches à l’association Deir Yassin Remembered (DYR)) , qui est sans doute l’initiative de solidarité avec les Palestiniens la plus efficace au Royaume-Uni.

Voici un extrait des tentatives incessantes déployées par Rance afin de tenter de vandaliser l’article consacré à Israel Shamir par Wikipédia, la semaine dernière :


Les faussaires de « Wikipedia Jews » sont connus depuis longtemps. D’après The Guardian, des membres de l’observatoire pro-israélien faucon Camera, qui projetaient secrètement, en 2008, d’intervenir sur Wikipedia, avaient été banni de ce site par ses administrateurs. Il y a une guerre, actuellement, autour de l’article qui m’est consacré, personnellement, par Wiki. A plusieurs reprises, les administrateurs de Wikipédia ont été contactés afin qu’ils éliminent les contaminations des Rance et autre sionistes du même acabit.

La philosophie de Wikipédia tient tout entière dans la connaissance et la mise à disposition de la connaissance. Est-ce une coïncidence, si des juifs politiques, de droite et de gauche, sont unis dans leur volonté de subvertir ce projet ? Je ne le pense pas. Encore une fois, nous sommes en présence de ce qui semble bien être un continuum sioniste : les sionistes sont tous unis contre la connaissance.

Apparemment, les organisateurs de ces cours de formation à la sionisation de Wikipédia sont d’ores et déjà en train de préparer un concours du « meilleur auteur sioniste », dont la récompense serait un voyage en montgolfière au-dessus d’Israël. J’imagine que nous avons déjà une petite idée du lauréat à l’aventure en montgolfière bleu et blanc.

Traduit de l’anglais par Marcel Charbonnier (révisée par JPH)

Source

Source et traduction : Marcel Charbonnier

GOSSIP – De plus en plus d’Américains pensent qu’Obama est musulman (”New York Times”)


19 août 2010

Plus d’un quart des Américains pensent, à tort, que Barack Obama n’est pas né sur le sol américain. Ils sont également de plus en plus nombreux (18 % de la population américaine aujourd’hui, contre 12 % à son arrivée à la Maison Blanche) à croire que ce dernier est musulman.

Ces chiffres étonnants seraient liés, d’une part, à une mauvaise communication de Barack Obama, notamment au sujet de sa personnalité et de ses croyances, d’autre part, à une campagne massive de désinformation menée par ses opposants politiques, explique Le New York Times.

Une désinformation rendue d’autant plus facile que le président, soutenant le projet de mosquée près de Ground Zero, s’est attiré les foudres de nombreuses associations et hommes politiques. Mais cette prise de position n’est pas à l’origine de ces erreurs : les études montrent que les Américains ignoraient déjà un certain nombre de choses au sujet de leur président avant celle-ci.

Même parmi les démocrates ayant répondu à un sondage repris par le journal, seuls 46 % croient savoir qu’Obama est chrétien, alors qu’ils étaient 55 % en mars.

Des chiffres qui n’inquiètent pas outre mesure la Maison Blanche : celle-ci estime avoir mieux à faire que de s’inquiéter au sujet du lieu de naissance du président.

source

Le Consortium 12-12 lance une action commune pour le Pakistan


En cette journée mondiale de l’aide humanitaire, le Consortium belge pour les situations d’urgence, composé de cinq ONG, lance une campagne commune en vue de récolter des fonds pour les sinistrés du Pakistan, a annoncé jeudi le porte-parole de l’action « Pakistan 12-12 », Yves Willemot, dans un communiqué.

Les besoins du Pakistan ne cessant d’augmenter, Caritas International, Handicap International, Médecins du Monde, Oxfam-Solidarité et Unicef Belgique ont décidé d’unir leurs forces et espèrent ainsi récolter 5 millions d’euros, souligne le communiqué.
Dans cette optique, un numéro de compte commun, le 000-0000012-12, a été créé pour récolter les dons.
Les 5 ONG comptent sur les médias pour relayer l’information mais ont décidé de ne pas investir de fonds dans l’achat d’espaces publicitaires, explique Yves Willemot.

Les organisations membres du Consortium sont présentes au Pakistan et peuvent compter sur quelque 1.050 collaborateurs sur le terrain.
Le Consortium estime que les inondations qui ont touché le nord-ouest du Pakistan dépassent en ampleur le Tsunami, le tremblement de terre en Haïti et le dernier séisme au Pakistan réunis.

Il y a 7 mois, une action commune semblable avait déjà été menée par le Consortium pour récolter des fonds pour Haïti.
De son côté, Médecins Sans Frontières Belgique lancera vendredi une campagne sur base de spots TV en Belgique francophone. Cette campagne a débuté jeudi côté néerlandophone. MSF prévoit également de lancer une campagne radio le 23 août prochain. Les dons peuvent être versés sur le compte 000-0000060-60, a indiqué jeudi MSF Belgique.

source

Voir également : Delhaize lance une action de solidarité

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑