« La ruse est leur mot d’ordre »


samedi 2 mars 2013, par Alain Gresh

« Terrorisme : les adeptes de la “taqiyya”. La ruse est leur mot d’ordre. » Sous la signature d’Olivier Toscer, ce texte est paru dans Le Nouvel Observateur du 28 février. Il n’est pas encore disponible en ligne, mais il mérite que l’on s’arrête sur ce grand moment de journalisme d’investigation, que le « chapô » (texte introductif) résume ainsi :

Ils boivent de l’alcool, s’affichent avec des femmes et ne fréquentent pas les mosquées. Adeptes de la dissimulation religieuse, ces fous d’Allah sont la hantise des services secrets.

On sait d’emblée que l’on a affaire à un journaliste cultivé, « fin connaisseur de l’islam », comme les médias aiment à l’écrire. Il sait ce qu’est la taqiyya, cette possibilité en islam de dissimuler ses croyances en cas de danger. Une autre manière de dire que les Arabes (et les musulmans) sont « fourbes ». Mille et un récits coloniaux insistent sur cette « qualité » intrinsèque aux Arabes, qui avaient l’audace de refuser la conversion au christianisme et qui n’étaient pas de « bonne foi » quand on leur demandait de collaborer avec leurs occupants. On ne peut pas les croire, disait la doxa coloniale.

Un exemple, parmi des milliers d’autres, celui de Mark Sykes, haut fonctionnaire britannique, qui fut un des négociateurs des accords dits Sykes-Picot (1916), qui partagèrent le Proche-Orient entre la France et le Royaume-Uni, au mépris total de la volonté des peuples concernés. Il fut l’auteur d’un livre, The Caliph’s Last Heritage, dont l’index, au terme, « caractère arabe » renvoyait aussi à… « trahison ». Cette analyse venait d’un spécialiste, puisque Sykes avait laissé croire à ses supérieurs, de manière mensongère, qu’il maîtrisait l’arabe et le turc.

Revenons donc à l’article d’Olivier Toscer. Il commence ainsi :

Il s’appelle Jamal Zougam. Il est marocain et purge aujourd’hui une peine de prison à vie pour sa participation aux attentats de Madrid en 2004. Pendant onze ans, Zougam, immigré en Espagne, a géré paisiblement une petite boutique de téléphones à Lavapiés, un quartier populaire du centre de Madrid. Personne dans son entourage ne soupçonnait que ce beau gosse à la réputation de tombeur entretenait depuis quatre ans des liens très étroits avec le mouvement djihadiste. « Il aimait l’alcool, les femmes, les discothèques et semblait parfaitement intégré dans la société espagnole », relève un rapport d’analyse de la police américaine sur le processus de radicalisation en Occident, rédigé en 2007. C’est pourtant Zougam qui avait mis au point les détonateurs des bombes placées dans les gares madrilènes, en mars 2004, tuant près de 200 personnes.

Le dossier Zougam fait aujourd’hui figure de cas d’école étudié par tous les services antiterroristes, notamment en France. « Il est l’exemple parfait du terroriste passé maître dans l’art de la dissimulation, explique un haut responsable français de la lutte antiterroriste. Dans la sphère djihadiste, on appelle cette technique, la “taqiyya”. » De quoi s’agit-il ? Au départ, le concept est purement religieux. « La “taqiyya” a été articulée par des clercs chiites lorsque cette minorité de l’islam était pourchassée par des sunnites à certaines époques de l’histoire, explique le chercheur Mohamed-Ali Adraoui. Les savants se basaient souvent sur “les Abeilles”, une sourate du Coran qui légitime la dissimulation de la croyance. La “taqiyya” est une tactique consistant à faire mine d’abjurer sa foi quand on y est obligé pour survivre. » Valider religieusement le décalage entre l’apparence que l’on donne et ce que l’on a véritablement dans le cœur ? Une aubaine pour les djihadistes. « Dans la tête d’un terroriste, il y a l’idée que l’islam est attaqué, poursuit Mohamed-Ali Adraoui. Son devoir est de se défendre, et tout est permis pour triompher, même s’il faut pour ce faire ne respecter aucun des préceptes et rites de l’islam. »

Résumons en une phrase : un terroriste, pour réussir son action, doit dissimuler. Voilà une découverte qui a demandé un grand travail de recherche ! Dans d’autres pays et à d’autres époques, il est bien connu que les activistes armés avaient l’habitude d’annoncer publiquement leurs actions, de proclamer où et quand ils allaient poser des bombes, et de professer en public les thèses de leur organisation… Il n’y a évidemment que les musulmans « fourbes » pour dissimuler leurs convictions.

Ainsi, les djihadistes auraient publié

un article titré « Qualités d’un assassin urbain », sorte de vademecum pour apprentis terroristes occidentaux. L’auteur, au pseudonyme évocateur de « Fils de l’assassinat », y exposait les rudiments de la taqiyya : le bon terroriste se caractérise par « son habileté à se fondre dans la société moderne […], écrit-il. Il ressemble à un citoyen ordinaire habillé comme tout le monde. Au lieu d’apparaître radical en religion, il peut se couper ou se raser la barbe à un niveau acceptable dans la société où il vit ». Et de donner quelques conseils précis sur le comportement à avoir en société : « Parlez avec tout le monde. Plus vous êtes silencieux, plus vous apparaissez dangereux. »

Evidemment, le journaliste ne pouvait pas ne pas évoquer Merah :

Connu pour ses liens avec la mouvance djihadiste du Sud-Ouest, Merah cherche à sortir des radars. Mis à part quelques altercations violentes et la conduite d’une moto sans permis, le jeune homme évite de se faire remarquer.

Là aussi, la différence est frappante avec, par exemple, les militants d’Action directe qui, au contraire, cherchaient à se faire repérer…

Et la conclusion est à la hauteur de l’article :

Retranché dans son appartement quelques heures avant d’être abattu les armes à la main, Merah lâchera au négociateur de la DCRI : « C’est pas l’argent le nerf de la guerre, c’est la ruse ! »

Là aussi, vous avez un comportement vraiment musulman. Ecrit il y a quelques milliers d’années et attribué à Sun Tzu, L’Art de la guerre définissait déjà la ruse comme un ingrédient essentiel de toute stratégie. Nul doute que Sun Tzu était déjà un musulman adepte de la taqiyya.

SOURCE

Exclusivité OummaTV : Le père de la fille agressée à Vigneux témoigne


Contrairement au communiqué de Sammy Ghozlan président du Bureau National de Propagation de l’Antisémitisme qui parle d’« une l’agression antisémite commise par des groupes de jeunes filles décrites comme maghrébine, qui ont insulté, battu, blessé des membres de la communauté juive de Vigneux », c’est en fait totalement l’inverse qui s’est produit, comme le prouve le témoignage en exclusivité sur OummaTV du père de la victime.

source

« Sale Arabe », les suites


COMMUNIQUE DE PRESSE
 
Propos racistes à Aix-en-Provence : SOS Racisme sera aux côtés de la victime
 pour que la vérité ne soit pas étouffée
 
L’agression à caractère raciste dont a été victime un patient d’origine maghrébine ce mercredi de la part d’un ophtalmologiste est un acte odieux qui ne saurait être étouffé. Contacté dès mercredi par la victime, SOS Racisme a, via son comité d’Aix-en-Provence, tenu à recueillir les éléments nécessaires à l’appréciation de la situation.
 
Au regard de ces éléments, les faits paraissent – malheureusement – bel et bien fondés. La crédibilité du témoignage de la victime ainsi que les « étranges » pertes de mémoire du personnel de ce centre médical tendent à montrer qu’il flotte comme un parfum de mensonges visant à masquer une vérité embarrassante.
 
Au regard du lien de subordination liant notamment les secrétaires médicales au médecin incriminé, SOS Racisme demande à l’Ordre des Médecins de prononcer a minima une mesure de suspension provisoire de ce praticien afin de permettre aux témoins de s’exprimer en toute quiétude.
 
Par ailleurs, SOS Racisme a confié à Maître Thibaud COTTA, du barreau de Paris, le soin de se joindre à la plainte déposée par la victime auprès du Procureur d’Aix-en-Provence. SOS Racisme demande au Procureur de ne pas, comme il l’a déclaré, prendre pour argent comptant des témoignages. Et ce d’autant plus que, comme l’a souligné la presse, ces derniers apparaissent comme des rétractations après des premières affirmations accablantes pour le médecin incriminé. Le Procureur doit faire la part des choses au regard de la situation des témoins, subordonnés de ce médecin, et de prendre en considération la faible probabilité qu’une personne invente – pour quel profit ? – des propos et des actes d’une telle violence raciste.
 
Il appartient désormais au Procureur d’organiser une confrontation entre la victime et les personnes présentes sur le lieu de l’agression.
Ouria BOUKRIA
Vice Présidente SOS RACISME 13
06.01.19.80.69

« Sale Arabe » : le conseil de l’ordre enquête sur l’ophtalmo


Par Chloé Leprince | Rue89 | 08/10/2010 | 12H11

M. est ingénieur spécialiste des composants électroniques dans les Bouches-du-Rhône, et père d’une fillette de 6 ans. Mercredi, il avait rendez-vous pour elle chez le Dr  P., ophtalmologiste à Aix-en-Provence. Le médecin est en retard. M. passe une tête par la porte du cabinet… et affirme s’être fait traiter de « sale Arabe »-« dégage, tu salis mon cabinet ».

M. a fait parvenir à Rue89 la lettre qu’il a envoyée dans la foulée à Nicolas Sarkozy. Dans ce courrier, il précise avoir porté plainte au commissariat d’Aix-en-Provence le jour-même de l’altercation. Il prie le président de la République de s’assurer que sa plainte sera bien prise en compte, et témoigne :

« Nous n’avons rien à nous reprocher, nous sommes Français bien intégrés. Je suis cadre supérieur dans une société  de composants électroniques.

Tous nos voisins et mes collègues sont prêts à témoigner de notre bonne conduite et notre bonne intégration en France.

Nous serons très heureux et confortés par tout soutien que vous pouvez nous témoigner dans ces moments difficiles, où moi-même et ma fille sommes très choqués devant ces faits très graves. »

Serment d’Hippocrate : « Je respecterai toutes les personnes… »

Le médecin, lui, nie dans la Provence s’être énervé pour autre chose qu’un « simple retard ». Mais le récit du patient a été confirmé sur France Bleu Provence par plusieurs personnes travaillant dans ce cabinet médical, y compris le généraliste qui occupe le cabinet voisin, le Dr L., qui argue du serment d’Hippocrate pour dénoncer la réaction raciste de son confrère

Le serment d’Hippocrate précise ceci :

« Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions […]. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. »

L’ordre des médecins des Bouches-du-Rhône a également été saisi jeudi 7 octobre au soir. Et convoqué aussitôt le médecin incriminé.

A Paris, le Conseil national de l’ordre (Cnom) attend que son antenne locale instruise l’affaire mais annonce que l’instance disciplinaire tranchera en fonction de « la situation et la personnalité » du médecin. En clair : un récidiviste écopperait d’une sanction plus lourde.

Le Dr. André Deseur, membre du Conseil national, précise à Rue89 que le Conseil juge les propos du médecin aixois « indignes et inacceptables » dans l’hypothèse où ils seraient confirmés. Ils pourraient faire l’objet d’une sanction au titre du manquement au code de déontologie médicale. Pas tant en tant qu’atteinte aux droits du patient (200 décisions sur l’année 2009) mais en tant que « déconsidération de la profession ». Tout acte raciste d’un médecin entre dans cette catégorie.

Lorsqu’on demande à l’instance représentative combien de médecins ont pu être radiés pour des réactions racistes de ce cru, on répond que la statistique n’existe pas. Quelques précisions toutefois : sur 1266 décisions prises en première instance en 2009, 118 ont trait à la « déconsidération professionnelle ». Mais les radiations restent rares : trente seulement, toutes incrimations comprises, sur la dernière année complète.

L’ordre des médecins trop laxiste ?

De longue date, l’instance représentative fait l’objet de critiques
vives, accusée notamment de manquer de fermeté envers ses ouailles. Cette fois, l’Ordre ne devrait rester silencieux une fois la chose instruite : pas plus tard qu’en début de semaine, ce 5 octobre, il vient d’exprimer officiellement « son indignation et sa vive émotion suite à l’agression du Pr Israël Nisand ». La maison de ce médecin alsacien et juif a été retrouvée bardée d’inscriptions antisémites et de croix gammées.

Pour l’Ordre, l’affaire de Aix-en-Provence est donc l’occasion d’affirmer son indignation y compris lorsque ce ne sont pas les médecins mais les patients qui font les frais d’agressions racistes.

► Mis à jour 08/10/2010, à 15h20 : le nom du médecin a été remplacé par des initiales ; à 16h40 : ajout des réponses fournies en milieu d’après-midi par le conseil national de l’ordre des médecins.