Paroles de réfugiés


Ils sont réfugiés et n’ont jamais été aussi nombreux. Selon les chiffres fournis par l’ONU, plus de 51 millions d’êtres humains sont contraints de vivre sur une terre qui n’est pas la leur. Parqués dans des camps à travers le monde, certains survivent sous des tentes ou dans des baraques en tôle, d’autres sont hébergés pendant des années dans des centres collectifs bien établis. Plus de la moitié sont localisés en Asie et près de 29 % en Afrique.

Réfugiés Irakien  dans le camp de Kawergosk.

Qui sont-ils ? Pourquoi sont-ils arrivés là ? Quel est leur avenir ? C’est pour répondre à ces différentes questions et raconter leur(s) histoire(s) que les équipes d’Arte Reportage, en partenariat avec l’UNHCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, sont parties à leur rencontre au Népal, en Irak, au Liban et au Tchad. Dans la foulée, seize artistes (réalisateurs, écrivains, photographes et auteurs de bandes dessinées) se sont installés trois semaines dans ces camps et ont rapporté des récits très personnels de leur expérience. « L’idée était qu’ils proposent une vision singulière et sans contrainte formelle d’un univers que beaucoup d’entre eux ont découvert », explique Philippe Brachet, rédacteur en chef d’Arte Reportage, dans le dossier de présentation de la série.« Ce sont des regards différents de celui des journalistes. »

C’est le cas pour les cinéastes Régis Wargnier et Pierre Schoeller, qui livrent deux films très personnels. Le premier s’est installé dans le camp de Beldangi, au Népal, et a choisi de suivre une famille du Bhoutan engagée dans un processus de réinstallation aux Etats-Unis. Le second est allé à la rencontre de réfugiés syriens au Kurdistan irakien, où il a confié aux réfugiés des caméras dont il a utilisé une partie les images. « Avant de filmer, je n’avais aucune idée de la vie d’un réfugié, même si enfant j’ai vécu un grand déracinement en tant que fils de militaire, confie Régis Wargnier. Mais je me suis rendu compte que, tout au long de ma vie professionnelle, j’avais été confronté à des refugiés, que ce soient les Palestiniens au Liban avec Volker Schlöndorff pour Le Faussaire ou les Mongs en Guyane avec Francis Girod pour L’Etat sauvage ». Au Népal, où il est arrivé sans aucune préparation, le cinéaste a d’abord essayé de « comprendre avant de filmer ». « J’étais très maladroit, raconte-t-il. J’ai d’abord gardé les yeux grands ouverts, observé, puis j’ai filmé et tenté de raconter une histoire. »

Réfugiés Bhoutanais.

 

Pour chaque réalisateur de la série, ce fut aussi de nombreuses et longues discussions avec les représentants des ONG qui ont expliqué les détails de leurs travaux. « Pour moi, il n’y a pas de différences entre la fiction et le documentaire, c’est la même approche », dit Pierre Schoeller, qui s’est fait remarquer en 2011 avec son film L’Exercice de l’Etat et le téléfim Les Anonymes pour Canal+. Quant à savoir si cette série documentaire peut fairebouger les choses, chaque contributeur ose l’espérer. « Je cherche surtout à donner un sens à la réalité », affirme Régis Wargnier. C’est réussi.

 

« Let My People Go », samedi 13 septembre à 18 h 35 sur Arte et sur arte.tv/refugies

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La pilule de Goring – La pervitine HD (Documentaire)


Après de premières recherches au Japon et aux États-Unis dans les années 1920, c’est en Allemagne, en 1937, qu’un chimiste arrive à synthétiser une amphétamine particulièrement efficace, la méthamphétamine. Elle est commercialisée la même année par la firme Temmler sous le nom de pervitine. Très vite, les médecins de la Wehrmacht s’intéressent à ce nouvel excitant du système nerveux qui accroît la vigilance, la résistance à la fatigue et le sentiment d’invincibilité. Distribuée aux conducteurs de chars et aux pilotes d’avions aussi bien qu’aux fantassins, la « pilule magique » permet à l’armée allemande d’envahir la France et l’URSS à marche forcée. Et, dans les derniers moments du Reich, de faire tenir les recrues des Jeunesses hitlériennes qui, après l’école, sont mobilisées dans la défense antiaérienne. Les témoins de cette époque révèlent aussi que, tant dans l’armée que dans la population civile, la consommation de pervitine en Allemagne s’est prolongée bien au-delà de la fin des hostilités.

via l’échelle de Jacob