«Corruption silencieuse» et légèretés de la Banque Mondiale


Yash Tandon

Le rapport 2010 des indicateurs du développement en Afrique sur la « corruption silencieuse » est un exemple de plus des politiques de la Banque Mondiale visant à détourner l’attention. Détourner l’attention, délibérément ou non, afin d’éviter les questions fondamentales sur la compréhension de la pauvreté persistante et du sous-développement de l’Afrique. Détourner l’attention aussi parce que ce rapport cherche, probablement de façon consciente et à dessein, d’exonérer la Banque Mondiale de son propre rôle dans la perpétuation du mal développement de l’Afrique.




Que dit le rapport ?



Le rapport soulève essentiellement trois points.

D’abord il invente ou emprunte un concept nouveau – la corruption silencieuse- défini comme étant essentiellement le fait des fonctionnaires publics qui ne s’acquittent pas de leur devoir lorsqu’il s’agit d’offrir un service ou une contribution pour lesquels ils sont employés et rémunérés. En somme, des pratiques de corruption en aval, aux première lignes des dispositions des services publics. Les exemples les plus mis en évidence restent l’absence des enseignants dans les écoles publiques et l’absence des médecins des cliniques de santé publique. D’autres exemples évoquent des vols de médicaments dans des cliniques publiques et vendus sur les marchés privés, ainsi que des engrais subventionnés dilués avant d’être remis aux paysans.

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