Continuons le mouvement en décembre : arrêts des grands magasins, des transports publics, des usines, des administrations !





Si vous connaissez l'anglais, il y a aussi mon site parallèle, mais non identique http://bandannie.wordpress.com
Continuons le mouvement en décembre : arrêts des grands magasins, des transports publics, des usines, des administrations !





Le 11 novembre, mille citoyens belges se réuniront à Bruxelles pour débattre de grandes questions de société. Pour les organisateurs de ce G1000, après la crise institutionnelle qu’a traversé le pays et à l’heure du tout-numérique, il est urgent de redonner la parole au citoyen.
10.11.2011 | François Brabant | Le Vif-L’Express

Le site du G1000 (en français & néerlandais)
Alors qu’Internet permet à chacun de diffuser ses opinions en temps réel, la démocratie reste prisonnière d’un moule hérité du XIXe siècle : une élection tous les quatre ans. Ce paradoxe est de plus en plus intenable, avertissent les organisateurs du G1000, un sommet citoyen qui va rassembler 1 000 Belges tirés au sort.
Le 11 novembre, nonante-trois ans après la fin d’une guerre qui a meurtri tous les Belges, la démocratie prendra peut-être un nouvel élan dans nos contrées. Ce vendredi-là, 1 000 citoyens tirés au sort se réuniront à Bruxelles, où ils débattront d’enjeux essentiels pour l’avenir du pays. Cette assemblée citoyenne, antithèse des grands sommets internationaux, porte un nom : le G1000.
L’initiative bénéficie d’un large écho médiatique en Flandre, où elle est notamment portée par l’écrivain David Van Reybrouck, le politologue Dave Sinardet et la présentatrice télé Francesca Vanthielen. Côté francophone, la mobilisation est plus timide, ce qui n’a pas empêché le dessinateur Pierre Kroll, le romancier Vincent Engel ou l’économiste Eric De Keuleneer d’apporter leur soutien.
L’idée du G1000 est née au plus fort de la crise politique [au printemps dernier], alors que le blocage des négociations semblait total, plusieurs mois après la chute du gouvernement fédéral. Entre-temps, un accord institutionnel a été bouclé par Elio Di Rupo [sept partis sont tombés d’accord sur les bases de la formation d’un gouvernement, mais celui-ci n’a pas encore vu officiellement le jour]. Mais, pour les promoteurs du G1000, le problème reste entier : la démocratie belge est en crise. « On a dit que les négociations patinaient à cause de la complexité du contentieux communautaire. C’est faux, soutient David Van Reybrouck. C’est la démocratie parlementaire elle-même qui est en panne. » La sentence ne vaut pas que pour la Belgique. Partout en Europe, les vieux modèles politiques se craquellent.
Archéologue de formation, spécialiste de la préhistoire, David Van Reybrouck est bien placé pour savoir que rien n’est jamais acquis. « L’être humain expérimente la notion de démocratie depuis trois millénaires. Mais cela fait moins de deux siècles que s’organisent des élections à grande échelle. A présent, il nous faut adapter le rêve démocratique aux nouvelles formes de communication. La démocratie représentative a pu fonctionner correctement tant que l’information allait à sens unique, de l’émetteur vers un récepteur. C’était le cas avec la radio, la télévision et la première phase d’Internet. Par contre, depuis que nous sommes entrés dans une ère d’interactivité permanente, celle du Web 2.0, ce modèle est devenu intenable. »
C’est la révolution déclenchée par Facebook et Twitter : chacun peut désormais devenir éditeur ou imprimeur. Fin 2006, l’hebdomadaire Time désignait d’ailleurs « vous » comme personnalité de l’année. « Depuis cinq ou six ans, nous vivons dans un autre écosystème d’informations. Et ça change tout ! Le développement d’un Internet bien plus interactif remet en cause les schémas traditionnels de la démocratie », insiste Van Reybrouck. Le manifeste du G1000 dresse à cet égard un constat sans appel : l’innovation est encouragée dans tous les domaines, sauf dans celui de la démocratie. Les entreprises doivent innover, les scientifiques ouvrir de nouvelles perspectives, les sportifs battre des records et les artistes créer de l’inédit. En revanche, à l’ère du tout-numérique, la politique belge reste fondée sur des principes datant de 1830.
Faut-il en conclure que les élections et les institutions parlementaires sont obsolètes ? Non, assure David Van Reybrouck. « Dans un Etat de droit, le suffrage universel reste l’instrument principal de la démocratie. Mais il y a un terrible décalage entre le rythme des élections et celui des réseaux sociaux, qui permettent au citoyen d’exprimer un point de vue chaque seconde. »
La tension entre un système électoral figé et un débat public de plus en plus instantané s’avère doublement problématique. Un : les citoyens s’expriment partout, tout le temps, sans limites, mais ont l’impression que le monde politique ne les entend pas. D’où une immense frustration, dont témoigne la culture de l’insulte qui s’est installée sur les forums Internet. Deux : les politiciens sont tétanisés. La moindre phrase de travers prononcée devant une poignée de militants à Marloie ou à Blaton [deux bourgs wallons] peut désormais entraîner un buzz d’enfer… à leurs dépens. La crainte d’une chute au prochain scrutin – voire au prochain sondage – les tenaille au quotidien. Et les condamne à l’impuissance.
Marco Van Hees, spécialiste fiscalité du PTB et fonctionnaire au Ministère des Finances, invité de Mise au Point, a dénoncé la politique actuelle, estimant que « le ministre chargé de combattre la fraude, Didier Reynders, est un peu le ministre des fraudeurs et de ceux qui ne paient pas d’impôt légalement. » La Ministre MR Laruelle ne pouvant réfuter le fond a choisi l’intimidation estimant qu’un fonctionnaire ne pouvait s’exprimer politiquement…
Un collectif de signataires issu du monde syndical (*)
Alors que l’Etat fédéral se prépare une nouvelle fois à mettre à charge des contribuables les pertes liées aux spéculations des banquiers, nous n’accepterons pas que le nouveau gouvernement demande aux chômeurs de régler l’addition.
Cet été, la ministre fédérale de l’emploi pointait elle-même l’augmentation fulgurante des sanctions contre les chômeurs (suspensions, exclusions…) depuis l’adoption en 2004 du « plan de contrôle renforcé » et la systématisation de la transmission à l’Onem des informations des offices de placement régionaux (de 34.000 à 108.000 sanctions annuelles en 10 ans).
Les responsables politiques connaissent donc très bien les effets socialement désastreux de ce que nous dénonçons depuis 2004 comme une véritable « chasse aux chômeurs » et dont les CPAS wallons pointent également les effets catastrophiques. Nous attendons donc du futur gouvernement fédéral qu’il y mette fin.
Nous sommes choqués que les discussions liées à la formation d’un nouveau Gouvernement fédéral ne prévoient pas de stopper l’avalanche de contrôles et d’exclusions que subissent les sans-emploi, mais bien de lancer une nouvelle chasse aux chômeurs qui les rejettera par dizaines de milliers dans la pauvreté et vers les CPAS.
Le contrôle et l’accompagnement renforcés des chômeurs ne créent pas un seul emploi, mais bien des avalanches de sanctions et d’exclusions. Car il n’y a pas aujourd’hui un manque de travailleurs, mais un manque d’emplois offerts. Il est cynique de forcer 100 chômeurs à multiplier des démarches de recherche d’avance inutiles s’il n’y a qu’un seul emploi disponible. Et pourtant c’est bien l’extension et le renforcement du contrôle qui sont actuellement discutés : pour les jeunes, avant même de percevoir une première allocation et même pour les plus de 50 ans ! Les chômeurs ont besoin d’être accompagnés, pas d’être harcelés. Il est inacceptable de sanctionner quelqu’un à qui on n’a pu proposer aucun emploi convenable.
L’appauvrissement des chômeurs est également en discussion : les allocations des chômeurs de longue durée (pourtant déjà inférieures au seuil de pauvreté) seraient diminuées au nom du retour à l’emploi. Cela signifie, dans les faits, démolir un pan de la sécurité sociale fédérale et renvoyer ultimement les sans-emploi vers la solidarité organisée au niveau des CPAS ou des familles pour les uns, vers le dénuement pour les autres.
La « responsabilisation » des régions sur l’évolution de leur taux d’emploi risque également de les pousser à rejeter les sans-emploi hors de leurs frontières (comme ce fut récemment le cas pour les demandeurs d’asile) et toute atteinte à l’unité fédérale des normes de l’assurance chômage et de leur contrôle ne manquera pas de générer à brève échéance la scission de l’indemnisation du chômage et dès lors de la formation des salaires. On le sait, dans le contexte d’évolutions démographiques différenciées, certaines forces nationalistes ne verraient pas cette scission d’un mauvais œil, tandis que le patronat y trouverait un nouvel instrument majeur pour mettre en concurrence les travailleurs des différentes régions et casser les protections sociales.
A coup de réformes fiscales injustes, les richesses se sont accumulées dans quelques mains. Comme l’indiquait Le Soir ce 13 septembre, « La richesse globale (hors immobilier) des Belges a dépassé pour la première fois, fin 2010, le cap des 900 milliards d’euros. (…)En deux ans, les actifs totaux détenus par des particuliers belges ont ainsi gonflé de plus de 100 milliards d’euros ». Pour soutenir l’emploi, l’Etat fédéral doit mobiliser ces richesses et non saigner les chômeurs.
Nous ne voulons pas d’une société à l’américaine, toujours plus inégalitaire, où l’indemnisation limitée dans le temps du chômage crée une horde de travailleurs pauvres. Ce modèle a échoué là-bas, nous refusons qu’on nous l’impose ici.
L’assurance chômage est un pilier essentiel de la sécurité sociale, dont nous avons hérité des luttes antérieures. Elle organise la solidarité entre les travailleurs, entre les régions et oblige les employeurs à offrir au moins une rémunération et des conditions de travail minimales.
Nous refusons que l’on brade la sécurité sociale et la solidarité nationale en prétendant les sauver. Nous refusons que l’on fasse payer les chômeurs pour financer les banquiers.
Nous en appelons à un large débat public, à l’élaboration d’un projet d’avenir équilibré qui ne se fasse pas sur le dos des sans-emploi et, au besoin, à la mobilisation sociale et citoyenne pour défendre l’assurance chômage, part essentielle de la sécurité sociale fédérale construite par les travailleurs de ce pays.
(*) Thierry Bodson, secrétaire général de la FGTB Wallonne ; Alain Clauwaert, président de la Centrale générale ; Paul Lootens, secrétaire général de la Centrale Générale ; Jean-Marie Constant, président du Comité Régional Wallon de la CSC ; Erwin De Deyn, président du SETCA ; Myriam Delmée, vice-présidente du SETCA ; Arnaud Lismond, président du Collectif solidarité contre l’exclusion ; Pedro Rodriguez, responsable francophone des Travailleurs Sans Emploi de la CSC ; Guy Tordeur, secrétaire fédéral de la CSC Bruxelles ; Philippe Vansnick, secrétaire fédéral adjoint de la CSC Bruxelles ; Véronique van der Plancke, vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme ; Felipe Van Keirsbilck, secrétaire général de la Centrale Nationale des Employés ; Philippe Van Muylder, secrétaire général de la FGTB Bruxelles.
Depuis son tout nouveau blog , Myriam en ébullition mande depuis Charleroi
Nous demandons calmement à la gérante qu’elle interpelle la société concernant la vente des produits israéliens. Mais le dialogue est vite impossible. Elle tente de prendre le GSM avec lequel Mohammed a filmé quelques scènes et menace d’appeler la police. Nous nous dirigeons vers les caisses afin de parler à un plus grand nombre de clients.Lettre ouverte à Mme Fadila Laanan, Ministre de la Culture, de l’Audiovisuel, de la Santé et de l’Égalité des Chances de la
Fédération Wallonie-Bruxelles
Madame la Ministre,
Depuis quelques mois, plusieurs dizaines de milliers de spectateurs et professionnels de l’audiovisuel de notre pays ont marqué leur solidarité avec le cinéma Arenberg pour qu’il puisse continuer son action.
De très nombreux professionnels des cinq continents (producteurs, réalisateurs, responsables de festivals, distributeurs…) vous ont également adressé un courrier de protestation. En guise de réponse vous les informez que « les repreneurs du cinéma indiquent qu’ils conserveront une activité cinématographique de type art et essai. »… Réponse de diplomate se cachant derrière son petit doigt!
Comment en effet, étant informé des réalités, peut-on donner le moindre crédit à un « engagement » de ce genre de la part d’un consortium à vocation strictement commerciale?
Vous ne pouvez faire semblant d’ignorer ou occulter le fait que le groupe de « repreneurs » est composé pour l’essentiel de deux agences françaises de communication et d’un spécialiste de jeux vidéo…) ainsi que d’une banque d’affaires.
Ce consortium ne fait d’ailleurs aucun mystère de son objectif qui est d’installer un complexe dédié à “l’entertainment » (boutique, projections 3D, jeux vidéo, événements VJ (vidéo-jockeys),etc).
Il ne faut pas être devin pour prévoir que l’activité dédiée au cinéma d’art et d’essai sera d’ordre « cosmétique » en appliquant la recette bien connue du pâté d’alouette et de cheval (une pincée de culture dans une mixture mercantile).
Cela, vous le savez, Madame la Ministre!
Vous savez parfaitement que la reprise par ce consortium signe la fin du cinéma d’art et d’essai à l’Arenberg… Et qu’aucune “compensation” à l’équipe actuelle n’aura d’effet sur la véritable problématique.
Je vous en prie, ne vous débarrassez pas du problème par des paroles lénifiantes… Agissez, vous en avez les moyens!
Ayez la volonté de vous battre pour que l’Arenberg ne soit pas un second « Pathé-Palace », ce complexe qui aurait pu ouvrir ses portes dès octobre 2004 (!) – relisez la « Lettre ouverte au Secrétaire Général »… c’est édifiant! – et qui est toujours en friche!
En espérant que vous ne serez pas complice de cet « arrangement », que vous ne permettrez pas cet abandon d’un instrument culturel qui nous appartient à tous.
Bien à vous
Rudi Barnet
Ex Directeur du Festival de San Sebastian
Ancien expert pour l’audiovisuel du Ministère de la Communauté Wallonie-Bruxelles
Co-fondateur de Cap Network
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Samedi 1er octobre 2011
C’est une évidence : les artistes issus de la communauté maghrébine n’ont pas attendu les Barons pour briller à tous les étages artistiques. De Sidi Larbi Cherkaoui en danse contemporaine à Mohamed Ouachen, qui vient d’être nominé aux Prix de la Critique pour son seul en scène Rue du Croissant, certains artistes se sont depuis longtemps affranchis de leurs origines dans des projets qui ne s’attachent plus à la couleur de leur peau mais porte haut les couleurs de l’art, tout simplement.
Bruxelles connaît une formidable diversité de la population qui ne se retrouve pas sur les planches en particulier. Ni, dès lors, dans le public. Mais cela change : de plus en plus de compagnies racontent des histoires reflétant leur quotidien. C’est le cas, entre autres, de La vie c’est comme un arbre et Fruit étrange(r), deux spectacles qui ont démarré en catimini et ont fait des cartons inattendus, jusqu’à être accueillis, en cette rentrée, dans des grands lieux, du KVS à Bozar.
Spectacle plein de spontanéité, La vie c’est comme un arbre est avant tout une belle histoire de persévérance, de soif inextinguible de se faire entendre, et au final de communion magique avec le public. Créée en 2005 dans un cadre amateur, la pièce de Rachid Hirchi et Mohamed Allouchi a aujourd’hui rassemblé plus de 8.000 spectateurs, bien plus que la moyenne de certains théâtres. « Au début, on n’avait pas l’intention de faire dans le grand public, confessent les auteurs, mais quand on a vu l’engouement que ça suscitait, on s’est dit qu’on tenait quelque chose. »
En 1964, trois jeunes sans emploi broient du noir dans un bar de Tanger. Ils ne rêvent que d’Europe et finissent par obtenir un permis. Commence alors un voyage burlesque, peuplé de personnages croquignolets, jusqu’en Belgique, entre les mines de charbon et les filons d’amour. « C’est un spectacle qui parle aussi bien aux Italiens qu’aux Africains, à tous ceux qui sont venus chercher l’Eldorado en Europe », lance le comédien Reda Chebchoubi. « Avec le bouche-à-oreille, il y a maintenant un vrai mélange dans le public, rétorque Issam Akel. Avec l’affiche, les gens ont des a priori. Ils se disent : ça va être l’histoire de trois bougnouls. Mais quand ils se déplacent, ils changent d’avis. On a eu des jeunes, des vieux, de Molenbeek ou d’Uccle. »
La troupe se compose de gens de théâtre comme Mohamed Ouachen, et d’autres issus du cinéma ou de la télé. Et puis, il y a ceux – conducteur de tram, étudiant ou employé administratif – qui assouvissent là une passion. La troupe a d’ailleurs trouvé un nom qui lui va bien : Les Voyageurs sans bagage. « On a envie de voyager avec cette pièce mais on n’a pas toujours les bagages officiels. On les construit au fur et à mesure », résume Issam Akel.
Facettes multiples
C’est une réalité. Pour échapper au sempiternel rôle d’Arabe de service que leur offrent le cinéma ou le théâtre, les comédiens d’origine maghrébine sont amenés à créer leur propre projet. Des projets souvent autobiographiques. Comme s’il fallait évacuer certains sujets avant de passer à autre chose. « Encore aujourd’hui, beaucoup d’artistes d’origine maghrébine sont cantonnés dans des rôles clichés. Ça ne fait pas longtemps qu’on commence à voir des acteurs comme Tahar Rahim ou Roschdy Zem dans des premiers rôles et des personnages à facettes multiples, reconnaît Rachid Hirchi. Je me souviens que les premiers sketchs de ces artistes abordaient le refus de discothèque. On parle de choses proches de nous. Dans notre pièce, on parle de l’immigration, c’est vrai, mais c’est aussi un large pan de l’histoire belge. »
Et Mohamed Ouachen d’enchaîner : « On ne pourra jamais dire qu’on fait trop de pièces sur l’immigration. S’il y a cent spectacles qui en parlent, tant mieux. Tant que les artistes en parlent avec des sensibilités différentes. Il y a bien eu des tonnes de films sur la seconde guerre mondiale ! »
Le 12 octobre au C. C. de Berchem-Sainte-Agathe. Du 10 au 13 novembre au KVS.