NON à l’extradition d’Ali Aarrass vers le Maroc !



Ali est un citoyen belge, justice égale pour tous les citoyens !

Après plus de deux ans de détention arbitraire en Espagne, Ali risque toujours l’extradition vers la torture. Malgré toutes les démarches effectuées par nos proches et des représentants d’associations pour les Droits de l’Homme et autres, l’Espagne s’entête à vouloir l’extrader. L’Audience nationale espagnole a approuvé son extradition fin 2008 et le Conseil de Ministres espagnol persiste à vouloir l’extrader.

Pourtant, après enquête menée par les autorités espagnoles, le juge Baltazar Garzon a prononcé un non-lieu, aucune charge n’ayant pu être retenue contre lui.

Ali est un citoyen belge, il n’a jamais vécu au Maroc. S’il doit être question d’extradition, que ce soit alors vers la Belgique et non pas vers le Maroc où il risque d’être détenu au secret, de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements, ainsi que d’être victime d’un procès inique.
Ali n’ayant toujours pas été jugé à ce jour, faute de preuves contre lui, la seule raison de sa détention reste la volonté des autorités espagnoles de l’extrader.

Ma mère, ma sœur et moi-même, nous opposons fermement à ce que mon frère, innocent, soit envoyé tel une marchandise à des bourreaux, afin de lui extorquer des aveux sous la torture.
Nous ferons tout ce qu’il y a dans notre pouvoir pour l’aider à sortir de ce cauchemar !

Pour cela nous faisons appel à votre générosité. On aura besoin de votre soutien financier, aucun montant ne sera négligeable, aussi minime soit-il.

Nous avons ouvert, à cet effet, un compte bancaire afin de réceptionner les versements et d’ainsi pouvoir couvrir les frais juridiques et de campagne pour sa libération.

numéro de compte Ali Aarrass :
363 – 4789211 – 70
IBAN : BE60 363 – 4789211 – 70
BIC : BBRU BEBB

Si vous souhaitez avoir d’autres informations relatives au cas de mon frère, vous pouvez me contacter au numéro 0486 / 703 215.

D’avance merci.

Farida Aarrass

Le CDH indigné des propos de l’unique élu du PP sur les Roms


Rédaction en ligne

vendredi 20 août 2010, 21:09

Laurent Louis

Le CDH s’est indigné des propos tenus par l’élu du Parti Populaire (PP) à la Chambre à propos des Roms. Il dénonce l’amalgame, qu’il qualifie de raciste, auquel se livre Laurent Louis en liant la présence de Roms, originaires d’Europe de l’Est, à la délinquance de Belgique.

René Breny – Le Soir

La RTBF a fait état du contenu de la page Facebook du député : il y félicite le président français Nicolas Sarkozy et estime que le problème des Roms se pose également en Belgique. Selon lui, les Roms ne travaillent pas et volent ou se livrent à des trafics pour subsister, et en plus ne parlent pas le français.

Le Centre pour l’égalité des chances s’est ému de ces déclarations et n’exclut pas de porter plainte.

De son côté, le CDH fustige un « amalgame raciste » et dénonce l’absence de tout fondement des allégations du député.

« Restons vigilants ! Aucun député ni parti politique ne peut se situer au-dessus de la loi. Par ailleurs, se définir comme un mandataire populaire ne donne aucune légitimité à des propos populistes », a souligné la députée bruxelloise Céline Fremault.

Vers 18h30, le PP a envoyé un communiqué signé par Joël Rubinfeld.

Il réaffirme le soutien à la politique de sécurité menée en France.

Le PP déplore le « tabou » qui existe en Belgique sur la question des Roms et le « laisser-faire » dans la gestion des flux migratoires. Il ne reprend pas en revanche les autres propos du député.

Source

Un 21 Juillet 2010 Désobéissance Civile Belgique


avec un peu de retard voici :

13 activistes arrêtés administrativement, mercredi 21 juillet 2010, 19:32. La police de la zone Bruxelles-Ixelles a procédé mercredi, vers 16h00, sur la place Royale, à l’arrestation administrative de 13 activistes, en marge du défilé du 21 juillet, a-t-on appris auprès de Christian De Coninck, porte-parole de la polic…e locale … Cette manifestation non-violente visait à dénoncer « le sur-financement de l’armée, au dépens des pensions, de l’éducation et des soins de santé; l’implication de l’armée belge en Afghanistan et de l’Etat belge dans des massacres à travers la vente d’armes et la présence continue d’armes de destruction massive illégales sur la base militaire de Kleine Brogel », peut-on lire dans un communiqué de ‘Désobéissance Civile Belgique’. (Le Soir, Le fil de l’info)

Désobéissance Civile Belgique – Civil Disobedience Belgium
Site: http://desobeissance-civile.be/

Facebook: http://www.facebook.com/group.php?gid…

Blog: http://scapco.over-blog.com

Mail: scapco@hotmail.com

Belgique : « Trois possibilités » pour les germanophones en cas de scission


Le ministre-président du gouvernement de la Communauté germanophone, Karl-Heinz Lambertz, a exposé au magazine allemand Focus les possibilités qui s’offriraient à la plus petite des entités du pays si la Belgique était scindée.
« Trois possibilités » pour les germanophones en cas de scission


Interrogé à ce sujet, M. Lambertz envisage trois hypothèses : le retour à l’Allemagne, le rattachement au Luxembourg ou la création d’un petit État indépendant.

Le ministre a cependant tenu à rappeler qu’une scission de la Belgique n’était pas à l’ordre du jour, même si des tendances séparatistes existent.

« Personnellement, je ne pense pas qu’on se dirige vers une scission. Si malheureusement, ça devait être le cas, nous en serions très affectés mais l’essentiel serait alors de trouver des alternatives », a-t-il conclu.

source

On y croyait…


anniebannie a grandi avec cet hymne et ça fait un peu mal de l’entendre aujourd’hui; mais c’est comme ça. rien à faire. niks te doen

et il y avait aussi celui-ci (je l’ai mis en ligne il y a deux ans sans doute)

FGTB Centrale générale


Le travail décent est impossible sous occupation militaire 

Le 31 mai 2010, l’armée israélienne a attaqué un convoi acheminant 10.000 tonnes d’aide humanitaire vers la Bande de Gaza. Parmi les activistes, non-armés, au moins 10 personnes ont été tuées et 30 autres blessées !

La FGTB est profondément choquée et indignée. Elle déplore ces victimes et demande aux responsables politiques de notre pays et de l’UE de condamner clairement et d’agir en conséquence. Le blocage de la Bande de Gaza a déjà fait trop de victimes parmi la population civile et l’action dans les eaux internationales par Israël remet totalement en question le processus de paix.

Le droit du peuple palestinien à disposer d’un état indépendant est bafoué depuis plus de 60 ans.

La population palestinienne et les travailleurs en particulier sont victimes, de la part de L’Etat israélien, de discriminations, d’exploitation au travail, d’entraves à la libre circulation et de violation de la législation du travail. L’Etat israélien impose au peuple palestinien une politique d’Apartheid semblable à celle appliquée en Afrique du Sud.

À cela il faut ajouter la situation de la population dans la bande de Gaza qui souffre encore et toujours de l’offensive israélienne de décembre 2008 qui a entrainé la mort de 1.450 personnes lors de la démolition massive d’infrastructures. Plus d’une année s’est écoulée depuis lors et Israël met tout en œuvre pour empêcher la reconstruction de Gaza.

Dans de telles circonstances, un développement économique, politique et social n’est pas réalisable. Développer un mouvement syndical est impossible dans une économie de survie.

Face a cette situation, le Congrès appelle les responsables politiques et syndicaux, belges et européens, à défendre les points suivants :

la relance des négociations entre israéliens et palestiniens avec pour objectifs la
création – aux côtés de l’Etat israélien – d’un Etat palestinien viable, continu et indépendant dans les « frontières » de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale dans le respect du droit international et des résolutions des Nations Unies

le démantèlement des colonies de Cisjordanie et de Jérusalem-Est

le démantèlement du Mur de l’Apartheid

le retrait des territoires occupés depuis 1967

la fin de l’agression militaire israélienne et du blocus de la bande de Gaza

respect du droit au retour pour les réfugiés selon résolution 194 de l’AG des Nations Unies.

Le Congrès demande à la FGTB d’exiger du syndicat israélien Histradrut de se distancier clairement de la politique menée par le gouvernement Israélien, faute de quoi cela devrait entrainer sa mise à l’écart de la CSI, pour non respect des règles de la déontologie syndicale, aussi longtemps qu’ils ne se distancient pas de la politique israélienne.

Elle demande également que soit poursuivie la politique de construction de solidarités avec la PGFTU.

Le Congrès demande aux responsables politiques :

L’arrêt de tout de commerce d’armes avec Israël pour l’ensemble des producteurs dans le monde

L’arrêt de l’importation de biens produits dans les colonies en territoires occupés

L’arrêt des campagnes de soutien et coopération économique avec Israël

La FGTB doit s’engager pendant la présidence Belge de l’Union Européenne du 1e juillet 2010 au 31 décembre 2010 à mettre sous pression l’Etat Belge pour établir une résolution européenne qui s’inscrit dans les lignes définies ci-dessus.

Bienvenue chez les chiites*


by mehmet koksal on 30 June 2010

*Un reportage réalisé avec le soutien du Fonds pour le journalisme en Communauté française de Belgique.

« Des musulmans sunnites qui se convertissent au chiisme, ce n’est plus une exception. À Bruxelles, ce sont surtout les Marocains qui décident de franchir le pas » annonçait déjà en janvier 2009 le magazine flamand MO* dans un reportage qui fera beaucoup frémir les autorités marocaines confrontées à ce nouveau danger bruxellois qui menacerait le système religieux musulman (sunnite, malékite) en place à Rabat.

Le chiisme constitue l’une des trois principales branches de l’islam avec le sunnisme et le kharidjisme, il regroupe environ 15 % des musulmans à travers le monde. Les figures importantes de cette confession particulière sont principalement le prophète de l’islam Mohammed, sa fille Fatima et les 12 imams issus de sa famille (du premier imam Ali ibn Abi Talib au douzième imam Muhammad al-Mahdi, l’imam caché). Au niveau international, les chiites occupent l’actualité politique en Iran, au Bahrein, au Liban, en Irak, au Pakistan, en Syrie, en Turquie et en Azerbaïdjan mais la Belgique compte également une petite communauté chiite qui vit relativement discrètement et tente de se développer petit à petit.

suite

Rabat inquiet de l’islam belge


Christophe Lamfalussy , La Libre

Mis en ligne le 28/06/2010

Le Maroc, qui cherche à se préserver des courants extrémistes de l’islam, a envoyé la semaine dernière en Belgique une délégation de femmes prédicatrices pour convaincre les autorités belges que l’islam marocain a fait une véritable révolution ces dernières années et est une alternative à l’islam extrémiste qui s’est développé ces dernières années à Bruxelles.

Depuis 2005, les femmes marocaines peuvent, en effet, suivre une formation d’un an qui en fait des prédicatrices, « des mourchidates  » qui, à l’exception de la conduite des prières à la mosquée, ont les mêmes fonctions que les imams masculins. L’initiative fut prise par le roi du Maroc Mohamed VI après les attentats islamistes de Casablanca, qui firent 45 morts en 2003.

 » Notre action vise non pas à combattre le radicalisme mais à préserver l’identité de l’islam marocain « , nous a dit l’une de ces mourchidates, venues de la région de Rabat, Khadija Aktami.

Les prédicatrices sont une cinquantaine à sortir de promotion chaque année, ce qui représente un quart des novices. Chaque conseil d’ouléma comprend désormais une femme.

Ces mourchidates entrent dans un monde masculin – 50 000 mosquées, 82 000 cadres religieux – mais Rabat espère que le mouvement de féminisation est irréversible.

 » La femme fait la moitié de la société , poursuit la mourchidate, quand on l’interroge sur l’islam féminin. Sa nature est de donner la miséricorde, la clémence. Elle est la mère, l’épouse. Elle est plus patiente . » L’islam marocain est réputé pour sa modération, mais aussi fortement encadré. Il s’appuie sur quatre principes : le rite malékite (qui donne la préférence à la proximité), l’interdiction de l’excommunication, la spiritualité soufie et le rôle du Roi qui est considéré comme « le Commandeur des croyants « .

Rabat suit avec beaucoup d’attention l’évolution de l’islam en Belgique, où vivent au moins 400 000 Belgo-Marocains. Car ceux-ci gardent la nationalité marocaine même s’ils sont devenus Belges et reviennent au pays durant les vacances. Certains importent un islam wahhabite ou chiite qui n’a rien à voir avec l’islam marocain.

 » Nous estimons que 23 000 Marocains ont été convertis au chiisme en Belgique , affirme un diplomate qui demande à ne pas être identifié. Nous sommes effarés de ce que nous voyons à Bruxelles. » Rabat voit dans le chiisme une menace directe à l’autorité du Roi et a rompu l’an dernier ses relations diplomatiques avec l’Iran dans l’espoir de contenir l’essor du chiisme.

 » Nous ne sommes pas dans une politique de prosélytisme « , assure diplomatiquement Hakim El Ghissassi, du ministère des Habous et des Affaires islamiques, lequel accompagnait la délégation des mourchidates qui a fait le tour des partis francophones.

Il n’empêche, le message passe en douceur auprès des politiques belges : le Maroc aimerait bien que l’islam soit mieux contrôlé en Belgique. Et le royaume chérifien regarde avec intérêt la Turquie dont le Diyanet, un département dépendant directement du Premier ministre à Ankara, gère de nombreuses mosquées en Belgique.

Dans les années 90, la Belgique fut l’un des premiers pays européens à instaurer « un Exécutif des Musulmans » pour bannir ce qu’on appelait l’islam des ambassades. Le problème est que cet Exécutif a été miné par les querelles internes et a même subi une descente de police. Plusieurs ministres ont essayé de donner une nouvelle impulsion, sans succès jusqu’ici. Le président actuel de l’Exécutif est un imam turc de Quaregnon, Semsettin Ugurlu.

 » L’Exécutif des Musulmans de Belgique est censé avoir fait la césure avec l’islam des ambassades , dit le député MR Denis Ducarme, auteur de la loi antiburqa. Pour moi, cela a été un échec. Il n’a pas permis d’autogestion. On est encore loin du compte dans la reconnaissance des mosquées. Sur une centaine de mosquées turques, plus de la moitié appartiennent au Diyanet . »

Denis Ducarme prône de nouvelles élections à l’Exécutif et un recensement des imams.  » Quinze pour cent des imams , dit-il, on ne sait pas d’où ils viennent . » Ce sont ces imams ambulants, passant d’un pays européen à un autre, qui avaient inquiété la Sûreté de l’Etat après les attentats de 2001. Le problème est toujours bien présent.

source

Justice, enfin, pour Kimbangu


KIESEL,VERONIQUE

Vendredi 25 juin 2010
Congo Les descendants du fondateur du kimbanguisme veulent la révision du procès

Simon Kimbangu-

Vous avez aimé la plainte récemment déposée contre les responsables belges de l’assassinat de Patrice Lumumba ? Vous allez adorer la demande de révision du procès de Simon Kimbangu qui va être introduite auprès de la Cour de Cassation à Bruxelles avant le 30 juin.

Simon Kimbangu, né en 1889 à Nkamba dans le Bas-Congo, aurait eu une vision religieuse puis aurait guéri miraculeusement une femme en avril 1921. Très vite, la nouvelle se propage et la population congolaise voue un véritable culte à cet homme qui vient de fonder une nouvelle Eglise. Les Congolais se rendent en masse auprès de lui, désertant champs et usines. Des trains spéciaux sont affrétés à Kinshasa… Alors qu’il revendique l’égalité entre Noirs et Blancs face à Dieu, son immense popularité irrite les responsables belges de la colonie.

« Très vite, Simon Kimbangu a été considéré comme un “ danger pour la stabilité de la colonie”, raconte l’avocat Pierre Chomé, en charge du dossier. Pourtant, il était pacifiste, opposé à la polygamie, au fétichisme. Alors que les foules se précipitaient près de lui, la région où il vivait a été déclarée le 2 août 1921 “zone séditieuse” et placée sous contrôle militaire, sous les ordres du commandant de Rossi. Une première tentative d’arrestation de Kimbangu avait eu lieu au printemps, mais il y avait trop de monde autour de lui. Il a finalement été arrêté le 12 septembre, dans une gargote au bord du fleuve, où il avait trouvé refuge. Son procès a été expéditif : le Conseil de guerre était présidé par de Rossi, qui était le seul juge de ce tribunal d’exception. Kimbangu n’a pas été assisté par un avocat, il a dû se défendre tout seul, alors qu’il était enchaîné, notamment au niveau du cou. »

Condamné à mort

Alors que le procureur avait requis la détention à perpétuité, Kimbangu a été condamné à mort le 3 octobre, pour sédition. En novembre, il était gracié par Albert Ier, et sa peine commuée en détention à perpétuité. Il a passé 30 ans en prison, dont l’essentiel en isolement. Il y est mort en 1951. Malgré la répression de l’Etat colonial, l’Eglise kimbanguiste a continué à exister, avant d’être autorisée en décembre 1959. Elle revendique aujourd’hui 17 millions de fidèles.

Simon Kimbangu avait eu trois enfants, qui lui ont donné 24 petits-enfants. Dix-neuf d’entre eux ont décidé d’introduire cette demande. « Nous remplissions les conditions requises pour engager cette procédure, très rare en Belgique, souligne Pierre Chomé. Nous verrons bientôt si la Cour juge notre requête recevable. Il faudra ensuite voir si elle annule le procès, ce qui innocenterait Kimbangu, ou si elle demande un nouveau procès. Elle peut aussi le refuser. Nous ne voulons pas faire le procès de la colonisation, mais nous estimons qu’il est temps de reconnaître qu’il y a eu une erreur majeure de l’Etat belge dans l’administration de la justice. »
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Pour un retrait des troupes belges d’Afghanistan


La Plate-forme Afghanistan réunit plusieurs associations de la société civile qui se prononcent pour le retrait des troupes en Afghanistan. Nous souhaitons interpeler le monde politique et les citoyens sur cette question.

Le 19 mars 2010, le gouvernement belge, aujourd’hui démissionnaire, a décidé de façon unilatérale de prolonger l’engagement des troupes belges en Afghanistan jusqu’à la fin de l’année 2011. Cette décision n’a fait l’objet que d’une simple discussion a posteriori en Commissions réunies des Relations extérieures et de la Défense nationale de la Chambre des Représentants, le 29 mars. Comment une décision aussi grave et importante peut-elle être prise uniquement par le Conseil des ministres sans qu’il n’y ait eu au préalable un débat parlementaire ou même public ? Nous, organisations de la société civile belge, souhaitons rompre ce silence et exprimer notre désapprobation et celle d’une grande partie de l’opinion publique belge à un engagement militaire en Afghanistan.

Ailleurs, les débats sont plus vivaces. Aux Pays-Bas, le gouvernement est tombé en février faute d’un accord pour le prolongement des forces néerlandaises et la décision du retrait des troupes néerlandaises en août 2010 a été maintenue. En Allemagne, les débats font rage entre les formations politiques et dans les médias et plus de 70% de l’opinion publique est opposée à la guerre en Afghanistan. Le Canada a annoncé le retrait de ses troupes en 2011. Et même le président américain a annoncé un début de retrait de ses troupes en juillet 2011. En Belgique, notre gouvernement va contre cette tendance, et sa démarche politique consiste surtout à se faire bien voir de la Maison Blanche et ce malgré le fait que les troupes belges se soient retrouvées ces derniers temps à plusieurs reprises dans de pénibles situations de combat.

Pour motiver cette décision, le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a déclaré qu’une stratégie de sortie ne peut être liée à un calendrier, mais seulement à des résultats. Et le Premier ministre, Yves Leterme d’ajouter que les objectifs à atteindre en Afghanistan sont : sécurité, stabilité, bonne gouvernance, ordre et Etat de droit. Ces déclarations, prononcées en mars 2010, ne tiennent absolument pas compte du résultat catastrophique de 9 ans de guerre en Afghanistan. Il est paradoxal que les combats n’aient fait que renforcer l’insurrection de groupes armés afghans, y compris ceux des Talibans. Au point que les Etats-Unis envisagent de négocier avec les Talibans « les plus modérés ». Le bilan est aussi très lourd pour la population afghane avec près de 10 000 victimes civiles depuis 2001. La présence de plus de 150 000 militaires de l’OTAN a conduit à une extension du conflit à tout le pays et à la région, notamment au Pakistan. L’occupation militaire massive a permis le maintien au pouvoir d’un régime corrompu et autoritaire. Le président Karzai a été réélu grâce à une vaste fraude électorale et au soutien de criminels de guerre notoires, tels que Abdul Rashid Dostum, Gulbuddin Hekmatyar, Mohammed Fahim et Karim Khalili. Ceci ne pouvant être une bonne alternative au pouvoir taliban !

Avec un tel bilan, n’est-il pas irresponsable de la part du gouvernement belge de décider de maintenir les 626 soldats belges et les 6 avions de combat F-16 ainsi que de faire peser sur le contribuable belge le coût de près de 110 millions d’euros rien que pour l’année 2010 ?

Rappelons également que le dernier rapport du bureau des Droits de l’Homme des Nations Unies, publié en mars 2010, tout en décrivant une situation catastrophique en termes de pauvreté, critique fortement les pays donateurs qui via leur aide au développement cherchent à servir avant tout leurs objectifs militaires et politiques dans le pays. Des fonds très importants sont ainsi versés aux PRT (Equipes de reconstruction provinciale), missions confiées aux militaires pour « sécuriser » les travaux de reconstruction, qui sont au centre de la stratégie de l’OTAN dite de « gagner les cœurs et les esprits » en faisant passer pour de l’aide humanitaire des objectifs militaires. Les demandes et les choix des Afghans sont très peu respectés ou pris en compte. Et les organisations humanitaires refusent d’être « protégées » par les forces militaires car cela crée un amalgame dangereux aux yeux de la population afghane qui les identifie aux forces d’occupation. Là aussi l’échec de cette collaboration civilo-militaire est flagrant !

Des leçons doivent être tirées de ce bilan et un changement de cap qui vise une solution politico-diplomatique au conflit doit être décidée par le gouvernement belge. Il est nécessaire que toutes les parties concernées, afghanes ou étrangères, engagent des pourparlers de paix afin de proposer rapidement une alternative stable à la situation actuelle, impliquant le retrait des troupes occidentales. Nous considérons que cette guerre doit prendre fin et que les troupes belges doivent se retirer d’Afghanistan. La population afghane doit pouvoir prendre son avenir en main pour instaurer un Etat démocratique qui mènera à une politique de développement au bénéfice de tous. La contribution des pays donateurs, y compris celle de la Belgique, doit viser uniquement le développement du pays et soutenir la société civile afghane seule à même d’identifier les besoins de sa population.

C’est pourquoi, au vu des prochaines élections fédérales de juin, nous demandons à toutes les formations politiques candidates de se prononcer clairement sur le retrait des troupes belges mobilisées en Afghanistan.

Signataires :
La Plate-forme Afghanistan, CNCD -11.11.11, 11.11.11 – Koepel van de Vlaamse Noord-Zuidbeweging, Coordination Nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie et ses 46 associations membres, Aktie Vredesbelasting (VRAK), Artsen voor Vrede, BRussells Tribunal, CODIP , CSOTAN, FOS – Socialistische Solidariteit, intal, Käthe Kollwitz Vredesloop, KifKif, KP, Leef!, LEF, Mediadoc/De Groene Belg, Vaka / Hand in Hand, Uilekot, Vlaams Palestina Komitee, Vonk, Vrede vzw, Vredesactie, Vredeshuis Aalst, Vrouwen Overleg Komitee (VOK), MIR-Irg

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