Encore les fleurs pour Tel-Aviv


de Parlemento.com

L’agence de presse des minorités
Chocs et dégoûts suite aux fleurs d’un bourgmestre PS pour Tel Aviv

La Ville de Bruxelles, représentée par Freddy Thielemans (PS), participera aux festivités de Tel-Aviv

“Dans le cadre des festivités du 100e anniversaire de la création de Tel-Aviv, des dizaines de milliers de dahlias et de bégonias belges décoreront, du 14 au 17 septembre, la place Itzhak Rabin – l’esplanade la plus importante de la « Ville blanche » israélienne. Ce tapis de fleurs, offert par la ville de Bruxelles, est inspiré par celui qui orne régulièrement la Grand-Place. Pour l’occasion, une équipe de quatre spécialistes belges sera envoyée en Israël pour procéder à l’installation des bulbes“, écrit ce mardi (08/09/09) Serge Dumont, correspondant du quotidien Le Soir en Israël, en précisant que le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans (PS, parti francophone socialiste de gauche) se rendra sur place le mardi (15/09/09) jusqu’au jeudi (17/09/09) pour célébrer la création de la ville de Tel-Aviv.

“Contrairement à ce qui a été publié dans la presse la ville de Bruxelles ne paye pas les fleurs et les techniciens: la ville de Tel-Aviv a acheté les fleurs auprès de la “Associatie van Bloemenhandelaars” et celle-ci fournit les quatre techniciens pour réaliser le tapis. (…) Le bourgmestre a accepté l’invitation de la ville de Tel-Aviv pour être présent à l’inauguration du tapis mardi 15 septembre. Ce voyage est payé par la ville de Tel-Aviv. Après le bourgmestre se rendra à Jerusalem-Est et en Cisjordanie à ses propres frais”, corrige le cabinet de Freddy Thielemans face au tollé que provoque son initiative.

suite

Tapis de bombes, tapis de fleurs


Echange de correspondance entre Freddy Thielemans et Daniel Vanhove

Madame, Monsieur,

J’ai bien reçu votre message et j’ai pris connaissance avec la plus grande attention des interrogations légitimes qu’il soulève.

Si je peux vous remercier de cet accusé de réception, il est clair que la plus grande attention qui aurait soutenu votre lecture est un bluff, étant donné que la réponse que vous m’envoyez est identique à celle adressée aux autres intervenants sur cette question.

Votre envoi relève donc plus d’un formulaire administratif anonyme que d’une réponse attentive comme vous l’affirmez ! Les temps changent Monsieur, il serait utile de vous apercevoir qu’endormir et duper le citoyen n’est plus aussi aisé qu’avant…

Comme plus d’une quinzaine de maires d’Europe et du Monde l’a déjà fait, je me rendrai aux célébrations du centième anniversaire de la Ville de Tel Aviv à l’invitation de son Maire, Monsieur Ron Huldai.

Pour marquer symboliquement l’amitié qui unit nos villes et notre volonté de paix, nous y découvrirons ensemble un tapis de fleurs sur la place qui porte le nom d’Yitzhak Rabin, l’artisan, avec Yasser Arafat, des accords d’Oslo.

Si vous aviez réellement un tant soit peu d’intérêt à ces Accords d’Oslo, vous devriez être alarmé de voir combien il n’en reste rien ! Toutes les instances internationales, les multiples associations et les médias n’ont cessé de le dénoncer depuis des années. Ils ont été tordus, piétinés, violés à maintes reprises par la partie israélienne à laquelle vous tenez tellement à marquer votre dès lors, bien ambiguë amitié ! Et puis, les symboles, c’est parfois bien, la réalité c’est souvent mieux!

Dans une volonté d’ouverture, de dialogue et de paix, et afin de prendre la mesure d’une réalité complexe et parfois tragique de part et d’autre, je me rendrai également en Cisjordanie lors de ce déplacement. J’y porterai avec la même franchise le message de fraternité et de paix qui nous anime.

Au-delà de la formulation plus qu’adroite et « politiquement correcte » de ce paragraphe creux, ces tournures phraséologiques cachent hélas non plus quelque heureux compromis, mais une compromission de plus qui s’inscrit dans la poursuite de la lâcheté politique qui semble animer le PS belge depuis bien des années qu’il manie le double langage. Appliquez donc votre volonté de la manière et aux endroits adéquats et mieux appropriés, cela nous changerait… Si votre message aux Palestiniens est donc aussi vide que celui que vous m’adressez, il y a peu de chance que cela change quoi que ce soit à une paix hautement hypothétique en l’occurrence, et gardez de préférence le silence qui vous permettra peut-être de revoir votre copie du dossier définitivement tragique pour tout observateur avisé de la question…

Je sais les enjeux cruciaux pour la paix dans cette région du Monde à la veille de l’Assemblée générale des Nations Unies qui se tient à New-York ce mois.

Si vous le saviez vraiment, vous sauriez aussi que malgré les retombées négatives pour la population plus de 160 associations palestiniennes demandent le boycott d’Israël sans distinction, ainsi que de plus en plus d’associations et de personnalités israéliennes dont vous devriez vous inspirer en termes de courage et d’honnêteté morale et intellectuelle. Et puisque vous parlez de l’AG des Nations-Unies, je vous conseillerais de vous inspirer un peu des déclarations de son président Miguel d’Escoto Brockmann pour ce dossier…

Je suis convaincu que le maintien du dialogue, à la fois entre les représentants politiques mais aussi entre les peuples, est essentiel pour concrétiser la volonté de paix que je partage avec vous.

Votre conviction n’apporte rien à la chose. L’on peut être tout à fait convaincu et se tromper d’autant plus ! Certains étaient aussi convaincus de servir leur idéal quand ils se sont engagés à la suite de Degrelle… Quant à la volonté de paix que vous déclarez partager avec moi, je ne suis pas certain qu’il s’agisse ni de la même volonté, ni de la même paix, vu la probité qui nous différencie forcément !

Dans ce but, nos villes doivent entretenir l’amitié qui les lie les peuples et favoriser le dialogue. Elles doivent aussi relayer auprès de leur Etats le même message en condamnant toutes les formes de violence.

Il n’existe pas d’amitié entre des villes… cette formule, une fois de plus, est creuse et sans une once d’intérêt. L’amitié peut relier des personnes entre elles, mais non des villes, quelle que soit la formule que vous utilisez pour tenter de manipuler les citoyens et de faire accepter l’inacceptable ! Ou alors, je vous invite à revoir d’urgence certaines notions que la pratique politicienne a complètement dénaturées dans votre mode de pensée et sans doute vos mœurs.

Ce sera l’esprit de la mission que je dirigerai dans les prochains jours.

Vous feriez mieux de rester ici et de repenser profondément le sens de votre engagement politique, pour vous demander s’il est toujours bien en phase avec la population que vous êtes censé représenter… sérieux travail en perspective pour votre esprit semble-t-il ! Depuis le temps que durent ces discours qui ne convainquent plus personne, il serait peut-être utile de vous mettre en marche pour des gestes enfin concrets et qui s’inscrivent dans une volonté affirmée de plus de vraie justice.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations.

Aux dernières informations, les réactions à cet article de Serge Dumont ont soulevé un tel tollé, qu’il semble que vous soyez prêts à tenter de prouver qu’en fin de compte la ville de Bruxelles n’offrirait pas vraiment ce tapis de fleurs à la ville de Tel-Aviv… Prenez garde qu’en voulant tordre la vérité une fois de plus, vous ne fassiez qu’aggraver encore votre cas. La meilleure chose serait de purement et simplement annuler tout ceci. Mais, évidemment, c’est demander beaucoup de courage… denrée devenue rarissime sinon inexistante au sein de la classe politique actuelle…

Freddy THIELEMANS

Bourgmestre de la Ville de Bruxelles

Daniel Vanhove

Membre du Mouvement Citoyen Palestine,

qui a vraiment pris le temps de lire votre réponse pour vous en adresser une, personnalisée…

Tapis de fleurs contre tapis de bombes (première partie)


Lettre adressée par Daniel Vanhove aux autorités de la Ville de Bruxelles en réaction du tapis de fleurs « offert » par la Ville de Bruxelles à Tel Aviv

Salut Karine,

bravo pour la décision de la ville de Bruxelles d’offrir un Tapis de fleurs à la ville de Tel-Aviv !

Quand d’autres acteurs politiques dans le monde ont le courage de participer à divers formes de boycott d’Israël,
quoi d’étonnant à ce que des membres du PS belge poursuivent leur double langage habituel !?
Pourtant, on ne peut pas dire que tu ne sois pas informée de ce qui se passe sur le terrain,
puisque tu as pu voir comme nous, sur place lors d’une mission, ce qu’il en était…
Dis-moi un peu comment on fait pour être d’une telle duplicité sans sourciller ?

Ne t’étonne pas que de nombreux citoyens tournent le dos au PS… une telle attitude est écœurante et me révulse !
Honte à toi et à tout(es) ceux/celles qui d’une manière ou d’une autre,
participent à la poursuite des agissements d’un État raciste et criminel…
et ne venez plus nous faire vos discours moralisateurs et sournois sur le danger d’importer le conflit dans nos pays:
vous en êtes les premiers acteurs qui y participez activement !!
C’est tout simplement abject.

Daniel –

des fleurs pour Tel-Aviv : rectification


Contrairement à ce qui a été publié dans la presse la ville de Bruxelles ne paye pas les fleurs et les techniciens: la ville de Tel-Aviv a acheté les fleurs auprès de la “Associatie van Bloemanhandelaars”et celle ci fournit les quatre techniciens pour réaliser le tapis. La ville de Tel-Aviv a visité la dernière édition du “tapis de fleurs à la grande place” de Bruxelles pour se renseigner et entrer en contact avec les réalisateurs.
Donc d’après la ville il n’y a aucune contribution de la part de la ville de Bxl à ce tapis de Tel-AViv. Elle va communiquer cela aux médias qui ont diffusé l’information incorrecte.

Le bourgemestre a accepté l’invitation de la ville de Tel-Aviv pour être présent à l’inauguration du tapis mardi 15 septembre. Ce voyage est payé par la ville de Tel-Aviv.
Après le bourgemestre se rendra à Jerusalem Est et en Cisjordanie à ses propres frais.

Bruxelles offre un tapis de fleurs à Tel-Aviv


anniebannie :On n’a pas assez d’argent pour l’éducation, mais pour ça, allons-y. C’est une baffe que nos zélus nous donnent.

DUMONT,SERGE

Mardi 8 septembre 2009
Anniversaire Dahlias et bégonias offerts par la capitale belge à la « Ville blanche » israélienne

TEL-AVIV

DE NOTRE CORRESPONDANT

Dans le cadre des festivités du 100e anniversaire de la création de Tel-Aviv, des dizaines de milliers de dahlias et de bégonias belges décoreront, du 14 au 17 septembre, la place Itzhak Rabin – l’esplanade la plus importante de la « Ville blanche » israélienne. Ce tapis de fleurs, offert par la ville de Bruxelles, est inspiré par celui qui orne régulièrement la Grand-Place. Pour l’occasion, une équipe de quatre spécialistes belges sera envoyée en Israël pour procéder à l’installation des bulbes.

C’est la première fois qu’un tel événement culturel se déroulera à Tel-Aviv où la municipalité prévoit une fréquentation importante sur cette place qui peut absorber jusqu’à 50.000 visiteurs en même temps. Outre le maire de Tel-Aviv Ron Huldaï, le bourgmestre de Bruxelles Freddy Thielemans et l’ambassadeur de Belgique Bénédicte Frankinet inaugureront la manifestation.

Les responsables israéliens considèrent le tapis de fleurs offert par Bruxelles comme l’« un des événements phares » des célébrations de la création de Tel-Aviv. L’idée de rendre hommage à la BD belge en décorant des façades de la place Rabin de dessins de Spirou et de Tintin avait aussi été étudiée mais a été abandonnée, notamment pour des raisons budgétaires. Abandonné également, le projet de transformer en « petit Bruxelles » la fameuse place Albert, un endroit ombragé situé dans un quartier chic de Tel-Aviv et dédié au courage du roi des Belges durant la Première Guerre mondiale.

Dans l’entourage de Ron Huldaï, on affirme en tout cas que l’idée du tapis de fleurs est « originale » et qu’elle « va cartonner auprès de la population israélienne ». La plupart des grands médias de l’État hébreu s’intéressent d’ailleurs à l’événement et une chaîne de télévision envisage d’en faire la présentation en direct.

source

Souper de solidarité avec la Palestine


Génération Palestine vous invite: Souper de solidarité avec la Palestine

Cet été encore, Génération Palestine a organisé un voyage de découverte/sensibilstation en Palestine,

à destination de jeunes Européens de tous les horizons.

Ce voyage « Tous témoins, tous acteurs » a permis à l’ensemble des participants

d’acquérir les clés de compréhension du conflit israélo-palestinien.

Désireux de porter le message du peuple palestinien, occupé, opprimé et enfermé, nous organisons un souper de solidarité, l’occasion de témoigner de nos expériences et d’en discuter autour d’un repas, dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

Souper à l’heure de l’iftar

Le mercredi 16 septembre 2009

à partir de 19h00

Bruxelles, quai du commerce, 9

(métro Yser)

9 euros

7 euros (enfants et étudiants)

Réservation: defosseg@hotmail.com

Interdit d’enseigner dans toutes les prisons belges pour des “raisons de sécurité”


Luk Vervaet

1er septembre 2009

Le lundi 10 août 2009, j’ai été informé par la direction de la prison de Saint-Gilles (Bruxelles) que l’accès à la prison, où j’enseigne le néerlandais aux prisonniers depuis plus de cinq ans, m’était désormais interdit. Ils m’ont dit avec insistance que je ne devais pas me présenter aux grilles de la prison le lendemain mardi. Aucune raison ne m’a été communiquée pour la suspension de mon permis d’entrée. La direction de la prison m’a dit que la mesure ne venait pas d’eux, mais « d’en haut ».

Une semaine après, le 17 août, l’association pour laquelle je travaille et qui organise des cours en prison en tant que sous-traitant, a reçu une lettre de la Direction Générale des Institutions Pénitentiaires Belges disant que « à partir de cette date, l’accès à toutes les institutions pénitentiaires était interdit à Luk Vervaet, pour des ‘raisons de sécurité’. »

La lettre était signée par Hans Meurisse, directeur général des prisons en Belgique.

Toutes les prisons belges ont été depuis informées de cette décision.

La lettre ne fournit elle non plus aucune raison ou explication.

Interpellé par téléphone pour connaître les raisons exactes, Hans Meurisse a répondu qu’ « il n’avait pas à se justifier », que « la loi lui donne le droit personnel de prendre ce genre de mesures, sans interférence du ministre ni de quiconque autre » et qu’ « il n’avait pas à s’expliquer sur ce qu’on entend par ‘mesures de sécurité’ ».

Au cours des cinq dernières années, je n’ai reçu aucun avertissement ou remarque sur la sécurité, ni sur mes cours, ni sur mes relations avec les étudiants, le personnel pénitentiaire ou la direction de la prison. Au contraire, j’avais avec chacun d’entre eux de bonnes relations.

Pour justifier la mesure d’exclusion, on pourrait s’attendre à ce que je sois invité pour un entretien pour expliquer cette décision, ou pour me confronter à des faits qui pourraient la justifier. Rien de tel avec la direction générale des prisons, qui se considère au-dessus de la loi et du bon sens communs : je n’ai toujours pas le droit d’avoir connaissance de l’accusation, ni le droit de me défendre.

Bloquer l’accès à mon travail signifie que je serai obligé de démissionner. M’accuser d’être une « menace à la sécurité », sans faits ni preuves, équivaut à de la diffamation et à de la calomnie. Mais tout ceci n’a aucune importance pour la direction des prisons. La ligne dure adoptée par la direction générale est une bonne illustration de la manière dont les choses se passent derrière les murs des prisons. « Pourquoi ? » est une question que vous ne posez jamais. Vos droits démocratiques en tant que citoyen s’arrêtent aux grilles de la prison : à partir de là, vous n’avez plus de droits, que des faveurs. On peut tout vous prendre au nom de la sécurité. Juste un exemple : selon le droit belge, les prisonniers ont le droit de s’organiser, sauf lorsque cela pose un problème de sécurité pour les prisons. Et donc, le résultat est qu’il n’y a aucune organisation de prisonniers, nulle part.

« Raisons de sécurité » : une autre façon de nommer les opinions politiques et l’engagement social ?

Comment expliquer l’intervention soudaine et brutale de l’autorité pénitentiaire ?

Tout d’abord, il y a eu mes visites aux personnes incarcérées, considérées comme ‘les plus dangereux parmi les dangereux’, les Nordine Benallal, Nizar Trabelsi, Musa Ossoglu, Bahar Kimyongür..

Ces visites ont bien été autorisées et tolérées dans le passé. Mais depuis les évasions des prisons des derniers mois, il est possible qu’une visite en prison à ces personnes soit considérée dorénavant comme suspect et un risque éventuel pour la sécurité.

Il y a eu plus de 30 évasions des prisons belges au cours de ces derniers mois. Dans la presse, certains politiciens et journalistes ont même demandé la démission du ministre de la Justice, Stefaan De Clerck. L’évasion la plus spectaculaire fut celle d’Ashraf Sekkaki et de deux de ses compagnons de la prison de Bruges le 23 juillet : un hélicoptère détourné s’est posé dans la prison et est reparti avec les trois prisonniers. Sekkaki et ses deux compagnons ont été ré arrêtés depuis. La Belgique fut sous le choc. La direction des prisons belges a été ridiculisée, en Belgique et à l’étranger, pour mener « une politique de portes ouvertes pendant les vacances. »

Il faut savoir que le cas de Sekkaki est presque un traumatisme personnel pour Hans Meurisse. Lorsqu’il était directeur de prison, Sekkaki l’a personnellement menacé, ainsi que sa famille. Nommé à la tête de l’ensemble des prisons belges, il a en personne mis Sekkaki dans le quartier de haute sécurité de la prison de Bruges, l’AIBV. Sekkaki a réussi à envoyer des lettres au journal belge De Morgen, dans lesquelles il comparait l’AIBV à Guantanamo. Les lettres ont provoqué un scandale et même la presse internationale en a parlé, le quotidien français Le Monde par exemple. Le Ministre de la Justice d’alors, Jo Van Deurzen, a dû se défendre, disant que Sekkaki mentait, qu’il n’y avait rien de tel qu’un Guantanamo belge et que l’incarcération des prisonniers à l’AIBV donnait des résultats satisfaisants. Mais quelques mois après, une émeute a éclaté dans l’unité spéciale, qui a détruit la plupart des cellules. Sekkaki a été autorisé à revenir à la vie de la prison « normale ». Il a semblé que les tenants de la ligne dure de l’administration pénitentiaire avaient reçu un sérieux coup. Puis quelques mois après, Sekkaki s’est échappé et la maison de Meurisse a été placée sous protection de la police.

Il semble maintenant que la ligne dure dans les affaires des prisons belges ait pris le contrôle des opérations : depuis l’évasion de Sekkaki, sans aucune raison objective, plusieurs prisonniers considérés comme constituant un risque d’évasion ont été mis en régime d’isolement sévère (parmi eux 27 prisonniers à Bruges).

Début juillet, j’ai rendu visite à Nordine Benallal, citoyen belge incarcéré dans la prison de haute sécurité néerlandaise de Vught, après son évasion de la prison d’Ittre, également par hélicoptère. Il est possible que mon exclusion fasse partie d’une série de mesures de tolérance zéro pour éliminer tout risque d’évasion, et pour restaurer la confiance du public.

Un deuxième élément qui pourrait être un élément d’explication est l’organisation d’une conférence publique du mouvement Egalité, le 3 juillet, avec Naima Assaiti, épouse de Nizar Trabelsi, et Farida Aarrass, sœur d’Ali Aarrass, contre l’extradition de leurs mari et frère respectifs, l’un aux USA et l’autre au Maroc.

J’ai ouvert et modéré cette conférence.

J’ai rendu visite à Trabelsi quatre fois dans le quartier de haute sécurité de la prison de Lantin (Liège), la dernière fois le 23 juillet. Trabelsi a été condamné à 10 ans de prison pour avoir planifié une attaque terroriste contre une base militaire américaine en Belgique. Il a maintenant purgé huit années de sa peine, la plupart du temps en isolement. Il a constamment été accusé de vouloir s’échapper, d’avoir une influence dangereuse sur les autres prisonniers (musulmans) (« prosélytisme »), pour justifier son maintien, encore et encore, sous conditions spéciales de détention. L’homme qui s’est occupé personnellement des conditions spéciales de détention de Trabelsi était… Hans Meurisse. Approchant de la fin de sa peine, les USA demandent maintenant l’extradition de Trabelsi vers les USA, demande acceptée par la justice belge. L’acte final de la décision d’extradition aura lieu ce mois-ci, devant le tribunal. Ensuite, un avis de la Justice sera communiqué au ministre de la Justice, qui prendra la décision définitive.

Pendant mes visites à Trabelsi, je l’ai convaincu d’écrire, pour le public belge, un livre sur sa vie et son emprisonnement de manière à obtenir du soutien à son refus d’être extradé. En août, il finissait le dernier chapitre de son livre, chapitre traitant de ses nombreux transferts de prison en prison, et de ses conditions de détention. Trabelsi et Sekkaki, l’évadé de Bruges, se connaissaient depuis leur séjour à la prison de Bruges. Selon les autorités carcérales et la presse, Sekkaki correspondait avec Trabelsi. Début août, selon les mêmes sources, des « lames de rasoir » furent découvertes entre « la cellule Nizar Trabelsi et la salle de visite ». Pour le punir, Trabelsi fut (à nouveau) transféré du régime de haute sécurité de la prison de Lantin (quartier de haute sécurité U) à la prison de Bruges (avec un système de haute sécurité encore plus dur, l’AIBV). A compter de ce transfert, toutes les visites ont été interdites, dont la mienne. Seuls ses avocats et son épouse ont le droit de le rencontrer. Nizar Trabelsi est depuis en grève de la faim pour protester contre les accusations et contre son nouveau transfert.

A supposer que mes simples présence et contact avec « le pire du pire » n’étaient plus tolérés par les autorités pénitentiaires et jugés incompatibles avec mon travail d’enseignant en prison, celles-ci auraient pu y mettre un terme. Il n’était pas nécessaire d’intervenir pour m’interdire de faire mon travail d’enseignant, ni d’entrer dans une seule prison de Belgique.

Ce qui pourrait indiquer qu’il s’agit de bien plus que cela, et qu’est visée ma position globale sur la question de l’emprisonnement et de l’incarcération.

Pas de débat public et sociétal sur la prison

Au cours des deux dernières années, j’ai été en conflits avec les ministères belges de la Justice et de l’Intérieur et l’autorité carcérale par des articles, des pétitions et des manifestations à l’extérieur des prisons, vu que toute opposition à l’intérieur est interdite.

Lorsque les ministres Patrick Dewael et Jo Vandeurzen ont lancé l’idée de transformer le Musée de la Prison de la ville de Tongres en une prison pour jeunes rénovée, j’ai lancé une campagne de protestation avec un ancien prisonnier et actuel assistant social, Jean-Marc Mahy : « l’Appel des Cent pour sauver le Musée de la Prison de Tongres ». Pour un groupe de prisonniers hollandais détenus dans les prisons belges, j’ai écrit une lettre ouverte à l’ancien ministre de la Justice belge Jo Van Deurzen et au ministre de la Justice néerlandais Hirsch Ballin, dénonçant leurs conditions de détention. Lorsque l’actuel ministre de la Justice, Stefaan De Clerck, a organisé un colloque « Prison Make » sur son « projet de construire un grand nombre de nouvelles prisons en Belgique comme ‘solution’ à la surpopulation des prisons belges », j’ai lancé une campagne de boycott de la conférence. J’ai écrit nombre d’articles dans la presse belge pour dénoncer la tendance vers davantage d’incarcérations massives et les conditions de détention dans les prisons belges surpeuplées. En 2008, avec plusieurs autres auteurs (dont Loïc Wacquant et Joe Simm), j’ai publié le livre « Condamnés à la prison ? Ecrits sur un monde caché ». En 2009, j’ai été candidat du nouveau mouvement “Egalité” aux élections régionales à Bruxelles, pour lequel j’ai rédigé le programme sur l’incarcération demandant davantage d’écoles, de travail, de logements, au lieu de prisons.

Contre l’esprit dominant de tolérance zéro et la haine comme réponses à tous les problèmes de criminalité et de délinquance, je suis intervenu dans les médias et le débat public sur la condamnation de deux jeunes délinquants et assassins, Adam G. et Hans VT., plaidant pour une reconnaissance d’une responsabilité et culpabilité collectives et recherchant des moyens alternatifs de punition. Dans la même perspective, j’ai travaillé pendant deux ans avec Tinny Mast, mère de deux enfants kidnappés et assassinés, Kim et Ken, qui avait été elle-même maltraitée par le système belge de justice et de police. Notre collaboration a abouti à un livre publié en français et en néerlandais : « Kim et Ken, mes enfants disparus » qui est sorti en 2006. Carine Russo, députée du parti vert Ecolo et mère elle aussi d’un enfant assassiné, en a écrit la préface.

La critique et la liberté d’expression garanties par la Constitution semblent n’être réservées qu’à une partie limitée et universitaire de la société, et tolérées tant qu’elles n’ont pas d’impact sur la réalité.

Les autorités pénitentiaires ne veulent pas de débat public et sociétal sur le contrôle des prisons et la politique destructive et cachée derrière les murs des prisons.

On ne peut pas m’interdire d’exprimer mon opinion sur ce que je vois. La tendance vers l’incarcération massive et de longue durée des pauvres et des illettrés, vers la réintroduction et l’application de la peine de mort en bouclant des gens dans des conditions que nous ne réserverions pas à des animaux et qui les font mourir lentement, vers l’acceptation de conditions de travail et de vie en prison que nous critiquons quotidiennement dans le Tiers Monde.

Ceux qui se taisent et font semblant de ne pas voir l’inacceptable autour d’eux expriment eux aussi une opinion : celle de soutenir une évolution vers un monde de plus en plus inhumain et injuste.

Iftar – Egalité


Rupture de jeûne

EGALITE

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LE DIMANCHE 13 SEPTEMBRE

SALLE DAR SALAM

QUAI DE L’INDUSTRIE,121

1080 MOLENBEEK-SAINT-JEAN

Au programme : 18 h 00 – Accueil : prix de 3 € à l’entrée (ce montant comprend la soupe, dattes, lait, eau)
18 h 30 – Groupe de chant « Rissala » http://www.rissala.be

18 h 50 – Diffusion d’une vidéo de nos actions pour l’égalité

19 h 20 – Intervention de nos invités : Olivia Zemor et Jan Dreeze (thème : le boycott)

20 h 00 – Rupture de jeûne (+ prière d’el maghrab à l’étage pour ceux qui le souhaitent)

21 h 00 – Groupe de chant « Rissala »

21 h 30 – Débat sur les vidéos, ainsi que sur les interventions, tout en dégustant les différents mets qui seront mis en vente sur place à des prix intéressants.

Invités : Olivia Zemor (Euro Palestine) France

Jan Dreeze (COBI) Belgique

Discriminations à l’embauche à l’égard des jeunes immigrés en Belgique


Sont touchés, pas uniquement les immigrés, mais également les Belges au teint foncé ou qui s’appellent Mohammed.

Voir aussi article ici

source : JT 19h30 LAUNE, le 1 septembre 2009
La discrimination à l’embauche est une réalité, elle touche beaucoup de jeunes immigrés en Belgique.
A CV identique, un jeune d’origine belge à plus de chance d’être engagé qu’un jeune d’origine étrangère.

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